COMPENDIUM
DU
CATÉCHISME DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE
(ABRÉGÉ)
LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU
PROPRIO POUR L’APPROBATION ET LA PUBLICATION DU COMPENDIUM DU CATÉCHISME DE L’ÉGLISE
CATHOLIQUE
BENOÎT XVI EN PERPÉTUELLE MÉMOIRE
Il y a vingt ans, débutait l’élaboration du Catéchisme
de l’Église catholique, demandé par l’Assemblée extraordinaire du Synode des
Évêques, à l’occasion du vingtième anniversaire de la clôture du Concile
oecuménique Vatican II.
Je remercie infiniment Dieu, le Seigneur, d’avoir
donné à l’Église catholique ce Catéchisme, promulgué en 1992 par mon vénéré et
bien-aimé Prédécesseur, le Pape Jean-Paul II.
La grande utilité de ce don précieux est confirmée
avant tout par l’accueil, large et positif, qu’il a reçu de la part de l’épiscopat,
auquel il était adressé en tout premier lieu comme texte de référence sûr et
authentique pour l’enseignement de la doctrine catholique et, en particulier
pour l’élaboration des catéchismes locaux. Elle est confirmée aussi par l’accueil
favorable et remarquable qui lui a été réservé par toutes les composantes du
Peuple de Dieu, qui ont pu le connaître et l’apprécier
grâce aux cinquante langues, et plus, dans lesquelles il a été traduit jusqu’à
présent.
Avec une grande joie, j’approuve maintenant et je
promulgue le Compendium de ce Catéchisme.
Il a été vivement souhaité par les participants du
Congrès catéchétique international d’octobre 2002, qui se sont faits ainsi les
interprètes d’une exigence très ressentie dans l’Église.
Accueillant ce désir, mon regretté Prédécesseur décida
en février 2003 la préparation de ce Compendium et en confia la rédaction à une
Commission restreinte de Cardinaux présidée par moi et assistée de quelques
collaborateurs experts. Au cours des travaux, un projet de ce Compendium a été
soumis au jugement de tous les Cardinaux et des Présidents des Conférences
épiscopales qui, à une très large majorité, l’ont accueilli et jugé
favorablement.
Le Compendium que je présente aujourd’hui à l’Église
universelle est une synthèse fidèle et sûre du Catéchisme de l’Église
catholique. Il contient, de façon concise, tous les éléments essentiels et
fondamentaux de la foi de l’Église, de manière à constituer, comme le
souhaitait mon Prédécesseur, une sorte de vade-mecum qui permette aux personnes,
croyantes ou non, d’embrasser d’un regard d’ensemble la totalité du panorama de
la foi catholique.
Dans sa structure, dans son contenu et dans son
langage, il reflète fidèlement le Catéchisme de l’Église catholique, qui, grâce
à l’aide et au stimulant que constitue cette synthèse, pourra être plus
largement connu et approfondi.
Je livre donc avec confiance ce Compendium avant tout
à l’Église entière et à chaque chrétien en particulier, afin qu’en ce troisième
millénaire, chacun puisse, grâce à lui, retrouver un nouvel élan dans l’effort
renouvelé d’évangélisation et d’éducation à la foi qui doit caractériser toute
communauté ecclésiale et tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur
âge ou la nation à laquelle ils appartiennent.
Mais ce Compendium, dans sa brièveté, sa clarté et son
intégralité, s’adresse aussi à toute personne qui, vivant dans un monde
incohérent et aux multiples messages, désire connaître le Chemin de la Vie, la
Vérité confiée par Dieu à l’Église de son Fils.
En lisant cet instrument autorisé qu’est le
Compendium, chacun pourra, grâce notamment à l’intercession de la Très Sainte
Vierge Marie, Mère du Christ et Mère de l’Église, reconnaître et accueillir
toujours mieux la beauté, l’unicité et l’actualité inépuisables du Don par
excellence que Dieu a fait à l’humanité : son Fils unique, Jésus Christ,
qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).
Donné à Rome, le 28 juin 2005, veille de
la Solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, en la première année de mon
Pontificat.
<THÉOPHANE DE CRÈTE (1546), Icône du Christ, Monastère
Stavronikita (Mont Athos)>
L’icône du Christ Pantocrator (Celui qui dirige tout),
d’une rare beauté artistique, rappelle les paroles du Psalmiste : « Tu
es beau, comme aucun des enfants de l’homme, la grâce est répandue sur tes
lèvres » (Ps 44 [45],3). Appliquant cette louange
au Seigneur Jésus, saint Jean Chrysostome écrivait : « Le Christ
était dans la fleur de l’âge, dans la force de l’Esprit, et en lui
resplendissait une double beauté, celle de l’âme et celle du corps » (PG
52,479).
Par son langage figuratif, cette icône constitue la
synthèse des premiers Conciles oecuméniques, parvenant à représenter non
seulement la splendeur de l’humanité mais aussi l’éclat de la divinité de
Jésus. Le Christ est revêtu d’une tunique rouge, couverte d’un manteau bleu
foncé. Ces deux couleurs rappellent sa double nature, tandis que les reflets
dorés évoquent la personne divine du Verbe. De l’épaule droite tombe une étole
dorée, symbole de son sacerdoce éternel. Son visage, majestueux et serein,
encadré par une chevelure abondante, et entouré d’une auréole cruciforme,
traduit le trigramme « Ô ÔN » (« Celui qui est »), que
propose à nouveau la révélation du nom de Dieu dans Ex 3,
En haut, sur les bords de l’icône, se trouvent deux
doubles lettres : « IC - XC » (« Iesus » - « Christus »),
qui constituent le titre de l’image elle-même. La main droite, avec le pouce et
l’annulaire repliés jusqu’à se toucher (pour indiquer la double nature du
Christ dans l’unité de sa personne), est représentée dans le geste typique de
la bénédiction. La main gauche, en revanche,serre le
livre de l’Évangile, orné de trois fermoirs, de perles et de pierres
précieuses. L’Évangile, symbole et synthèse de la Parole de Dieu, a aussi un
signification liturgique, puisqu’au cours de la célébration eucharistique, on
en lit un passage et on récite les paroles mêmes de Jésus au moment de la
consécration.
L’image, qui est une synthèse sublime de données
réalistes et symboliques, est une invitation à contempler et à suivre Jésus.
Aujourd’hui encore, à travers l’Église, son Épouse et son Corps mystique, Jésus
continue de bénir l’humanité et de l’éclairer par son Évangile, véritable livre
de la vérité, du bonheur et du salut de l’homme.
Au mois d’août 386, tandis qu’il se trouvait dans son
jardin, Augustin entendit une voix qui lui disait : « Prends et lis,
prends et lis » (Confessions, 8, 12, 29). Le compendium du Catéchisme de l’Église
catholique, synthèse de l’Évangile de Jésus enseigné par la catéchèse de l’Église,
est une invitation à ouvrir le livre de la vérité et à le lire, et même à le
manger, comme fit le prophète Ézéchiel (cf. Ez 3, 1-4).
INTRODUCTION
1. Le 11 octobre 1992, le Pape Jean-Paul II donnait
aux fidèles du monde entier le Catéchisme de l’Église catholique, le présentant
comme « texte de référence » (JEAN-PAUL II, Const. apost. Fidei
depositum, 11 octobre 1992 : La Documentation catholique 91 (1993), p. 1)
pour une catéchèse renouvelée aux sources vives de la foi. Trente ans après l’ouverture
du Concile Vatican II (1962-1965), était ainsi porté à son heureux terme le
souhait exprimé en 1985 par l’Assemblée extraordinaire du Synode des Évêques,
que soit composé un catéchisme de toute la doctrine catholique, tant pour la
foi que pour la morale.
Cinq ans après, le 15 août 1997, en promulguant l’editio
typica du Catechismus Catholicæ Ecclesiæ, le Souverain Pontife confirmait la
finalité fondamentale de l’œuvre : « Constituer une présentation
complète et intègre de la doctrine catholique, qui permet à chacun de connaître
ce que l’Église professe, célèbre, vit et prie dans sa vie quotidienne »
(JEAN-PAUL II, Lettre apost. Laetamur magnopere, 15 août 1997 : La
Documentation catholique 94 (1997), p. 851).
2. Pour une meilleure mise en valeur du Catéchisme et
pour répondre à une requête née au Congrès catéchétique international de 2002,
Jean-Paul II institua en 2003 une Commission spéciale présidée par le Cardinal
Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lui
confiant la tâche d’élaborer un Compendium du Catéchisme de l’Église
catholique, comportant une formulation plus synthétique du même contenu de foi.
Après deux années de travail, fut préparé un projet de compendium, qui fut
envoyé pour consultation aux Cardinaux et aux Présidents des Conférences
épiscopales. Dans son ensemble, le projet a obtenu un avis positif de la part
de la majorité absolue de ceux qui ont répondu. La Commission a donc procédé à
la révision dudit projet et, compte tenu des propositions d’amélioration qui
étaient parvenues, a préparé le texte définitif du document.
3. Les caractéristiques principales du Compendium sont
au nombre de trois : l’étroite dépendance avec le Catéchisme de l’Église
catholique ; le genre dialogique ; l’utilisation des images dans la
catéchèse.
Tout d’abord, le Compendium n’est pas un ouvrage
indépendant et il n’entend nullement se substituer au Catéchisme de l’Église
catholique ; il y renvoie au contraire continuellement, soit en indiquant
régulièrement les numéros auxquels il se réfère, soit en renvoyant sans cesse à
sa structure, à son déroulement et à son contenu. Le Compendium entend en outre
un renouveau d’intérêt et de ferveur pour le Catéchisme qui, par sa sage présentation et par sa profondeur spirituelle, reste
toujours le texte de base de la catéchèse ecclésiale actuelle.
Comme le Catéchisme, le Compendium est organisé en
quatre parties, qui correspondent aux lois fondamentales de la vie dans le
Christ.
La première partie, intitulée « La profession de
la foi », contient une synthèse opportune de la lex credendi, c’est-à-dire
de la foi professée par l’Église catholique, synthèse tirée du Symbole
apostolique développée par le symbole de Nicée-Constantinople, dont la
proclamation constante au cours des assemblées chrétiennes maintient vivante la
mémoire des principales vérités de la foi.
La deuxième partie, intitulée « La célébration du
mystère chrétien » présente les éléments essentiels de la lex celebrandi.
L’annonce de l’Évangile trouve en effet sa réponse privilégiée dans la vie
sacramentelle. En elle, les fidèles font l’expérience et témoignent, à chaque
instant de leur existence, de l’efficacité salvifique du mystère pascal, par
lequel le Christ a accompli l’œuvre de notre rédemption.
La troisième partie, intitulée « La vie dans le
Christ », rappelle la lex vivendi, à savoir l’engagement auquel les
baptisés sont tenus de manifester, dans leurs comportements et leurs choix
éthiques, leur fidélité à la foi professée et célébrée. Les fidèles sont en
effet appelés par le Seigneur Jésus à accomplir les actions qui sont conformes
à leur dignité de fils du Père, dans la charité de l’Esprit Saint.
La quatrième partie, intitulée « La prière
chrétienne » offre une synthèse de la lex orandi, c’est-à-dire de la vie
de prière. À l’exemple de Jésus, modèle parfait du priant, le chrétien est
appelé lui aussi à dialoguer avec Dieu dans la prière, dont une des expressions
privilégiées est le Notre Père, prière qui nous a été enseignée par Jésus lui-même.
4. Une deuxième caractéristique du Compendium est sa
forme dialogique, qui reprend un ancien genre littéraire catéchétique, fait de
demandes et de réponses. Il s’agit de proposer à nouveau un dialogue idéal
entre le maître et le disciple, par une série incessante de questions qui
attirent le lecteur, l’invitant à avancer dans la découverte d’aspects toujours
nouveaux de la vérité de sa foi. Le genre dialogique contribue aussi à abréger
notablement le texte, le réduisant à l’essentiel, ce qui pourrait favoriser l’assimilation
et la mémorisation éventuelle du contenu.
5. Une troisième caractéristique est la présence de
quelques images, qui marquent les articulations du Compendium. Elles
proviennent d’un très riche patrimoine de l’iconographie chrétienne. Nous apprenons
par la tradition séculaire des conciles que l’image est aussi une prédication
évangélique. En tout temps, les artistes ont offert à la contemplation et à l’admiration
des fidèles les événements marquants du mystère du salut, les présentant avec
la splendeur des couleurs et dans la perfection de la beauté. C’est là un
indice de ce que, aujourd’hui plus que jamais, dans la civilisation de l’image,
l’image sainte peut exprimer beaucoup plus que les paroles elles-mêmes, car son
dynamisme de communication et de transmission du message évangélique est
autrement plus efficace.
6. Quarante ans après la fin du Concile Vatican II et
au cours de l’Année de l’Eucharistie, le Compendium peut représenter un nouvel
instrument pour satisfaire la soif de vérité des fidèles de tous âges et de
toutes conditions, aussi bien que le désir de ceux qui, sans être des fidèles,
ont soif de vérité et de justice. Sa publication aura lieu en la solennité des
saints Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Église universelle et annonciateurs
exemplaires de l’Évangile au monde de leur temps. Ces Apôtres ont vu ce qu’ils
ont prêché et ils ont rendu témoignage à la vérité du Christ jusqu’au martyre.
Imitons-les dans leur élan missionnaire et prions le Seigneur pour que l’Église
suive toujours l’enseignement des Apôtres, par lesquels elle a reçu la première
et joyeuse annonce de la foi.
Le 20 mars 2005, Dimanche des Rameaux.
Joseph Card. Ratzinger,
Président de la Commission spéciale
<GENTILE
DA FABRIANO (1423), L’adoration des Mages, Galerie des Offices, Florence.>
Ce splendide chef d’œuvre de l’Adoration des Mages
(cf. Mt 2, 1-12), représente la révélation de Jésus à tous les peuples. L’incarnation
est un don non seulement à la foi de Marie, de Joseph, des femmes, des bergers,
des gens simples du peuple d’Israël, mais aussi à la foi de ces étrangers venus
de l’Orient, pour adorer le Messie nouveau-né et lui offrir leurs présents :
« En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs
coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la
myrrhe » (Mt 2, 11).
Les Mages constituent les premiers des peuples appelés
à la foi, qui s’approchent de Jésus, non les mains
vides, mais avec les richesses de leurs terres et de leurs cultures.
L’Évangile de Jésus est parole salvifique pour l’humanité
tout entière. Saint Léon le Grand disait : « Que tous les peuples,
représentés par les trois Mages, adorent le Créateur de l’univers, et que Dieu
soit connu non seulement en Judée, mais sur toute la terre pour que, partout en
Israël, grand soit son nom (cf. Ps 75,2) » (Discours 3 pour l’Épiphanie).
La première partie du compendium illustre la rencontre
de Dieu et de l’homme, et la réponse de foi que l’Église, au nom de tous les
hommes, fait au don de l’incarnation rédemptrice du Fils de Dieu et de sa
divine révélation.
PREMIÈRE PARTIE
LA PROFESSION DE LA FOI
PREMIÈRE SECTION - « JE CROIS » - « NOUS
CROYONS »
<BIBLE DE SOUVIGNY, Miniature sur les jours de la
création, Moulins, Bibliothèque municipale.>
Cette miniature présente le cycle complet des six
jours de la création jusqu’à la tentation des premiers parents du genre humain
(cf. Gn 1-3).
« Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Voici l’immensité de la mer,
son grouillement innombrable d’animaux
grands et petits,
ses bateaux qui voyagent,
et Léviathan que tu fis pour qu’il serve à tes jeux.
Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés ». (Ps
103 [104], 24-28.35).
Durant la veillée pascale, l’Église loue le Seigneur
pour l’œuvre encore plus grandiose de la rédemption de l’humanité et du cosmos :
« Dieu éternel et tout-puissant,
toi qui agis toujours avec une sagesse admirable,
Donne aux hommes que tu as rachetés
de comprendre que le sacrifice du Christ, notre Pâque,
est une œuvre plus merveilleuse encore
que l’acte de la création
au commencement du monde ».
1. Quel est le dessein de Dieu sur l’homme ?
Infiniment parfait et bienheureux en Lui-même, Dieu,
dans un dessein de pure bonté, a librement créé l’homme pour le rendre
participant de sa vie bienheureuse. Lorsque les temps furent accomplis, Dieu le
Père a envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur des hommes tombés dans le
péché, pour les appeler dans son Église et pour leur donner d’être ses fils
adoptifs par l’action de l’Esprit Saint et les héritiers de son éternité
bienheureuse.
Chapitre I - L’HOMME EST « CAPABLE » DE DIEU
« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu
nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas
en Toi » (saint Augustin).
2. Pourquoi y a-t-il en l’homme le désir de Dieu ?
En créant l’homme à son image, Dieu lui-même a inscrit
dans son cœur le désir de le voir. Même si un tel désir est ignoré de l’homme,
Dieu ne cesse d’attirer l’homme à lui pour qu’il vive et trouve en Lui la
plénitude de vérité et de bonheur qu’il ne cesse de chercher. Par nature et par
vocation, l’homme est donc un être religieux, capable d’entrer en communion
avec Dieu. Ce lien intime et vital avec Dieu confère à l’homme sa dignité
fondamentale.
3. Peut-on connaître Dieu avec la seule lumière de la raison ?
A partir de la création, c’est-à-dire du monde et de
la personne humaine, l’homme, par sa seule raison, peut avec certitude
connaître Dieu comme origine et fin de l’univers, comme souverain bien, et comme
vérité et beauté infinie.
4. Suffit-il de la lumière de la raison pour connaître le
mystère de Dieu ?
Dans sa connaissance de Dieu par la seule lumière de
sa raison, l’homme rencontre beaucoup de difficultés. De plus, il ne peut
entrer par lui-même dans l’intimité du mystère divin. C’est pourquoi Dieu a
voulu l’éclairer par sa Révélation, non seulement sur les vérités qui dépassent
la compréhension humaine, mais aussi sur les vérités religieuses et morales,
qui, tout en étant en elles-mêmes accessibles à la raison, peuvent ainsi être
connues de tous, sans difficulté, avec une ferme certitude et sans risque d’erreur.
5. Comment parler de Dieu ?
On peut parler de Dieu à tous les hommes et avec tous
les hommes, à partir des perfections de l’homme et des autres créatures, qui
sont un reflet, bien que limité, de la perfection infinie de Dieu. Il faut donc
sans cesse purifier notre langage en ce qu’il a d’imagé et d’imparfait, en
sachant que l’on ne pourra jamais exprimer pleinement l’infini mystère de Dieu.
Chapitre II - DIEU À LA RENCONTRE DE L’HOMME - LA RÉVÉLATION DE DIEU
6. Qu’est-ce que Dieu révèle à l’homme ?
Dans sa bonté et dans sa sagesse, Dieu se révèle à l’homme.
Par les événements et par ses paroles, il se révèle lui-même ainsi que son dessein
de bienveillance, qu’il a établi de toute éternité dans le Christ, en faveur
des hommes. Ce dessein consiste à faire participer, par la grâce de l’Esprit
Saint, tous les hommes à la vie divine, pour qu’ils soient fils adoptifs en son
Fils unique.
7. Quelles sont les premières étapes de la révélation de
Dieu ?
Dès l’origine, Dieu s’est manifesté à nos premiers
parents, Adam et Ève, et il les a invités à une communion intime avec Lui.
Après leur chute, il n’a pas interrompu sa révélation et il a promis le salut
pour toute leur descendance. Après le déluge, il a conclu avec Noé une alliance
entre Lui et tous les êtres vivants.
8. Quelles sont les étapes successives de la révélation de
Dieu ?
Dieu a choisi Abraham, l’appelant à sortir de son pays
pour faire de lui « le père d’un grand nombre de peuples » (Gn 17, 5)
et lui promettant de bénir en lui « toutes les nations de la terre »
(Gn 12, 3). Les descendants d’Abraham seront les dépositaires des promesses
divines faites aux patriarches. Dieu a formé Israël comme son peuple d’élection,
le sauvant de l’esclavage de l’Égypte. Il a conclu avec lui l’Alliance du Sinaï
et, par Moïse, lui a donné sa Loi. Les prophètes ont annoncé une rédemption radicale
du peuple et un salut qui inclura toutes les nations dans une Alliance nouvelle
et éternelle. Du peuple d’Israël, de la race du roi David, naîtra Jésus, le
Messie.
9. Quelle est l’étape dernière et définitive de la
révélation de Dieu ?
Cette étape s’est accomplie par le Verbe incarné,
Jésus Christ, médiateur et plénitude de la révélation. Parce qu’il est le Fils
unique de Dieu fait homme, il est la Parole parfaite et définitive du Père.
Avec l’envoi du Fils et le don de l’Esprit Saint, la Révélation est désormais
pleinement accomplie, même si la foi de l’Église devra en saisir graduellement
toute la portée au cours des siècles.
« Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est
sa Parole unique et définitive, Dieu nous a tout dit en une seule fois dans
cette Parole et il n’a plus rien à dire » (saint Jean de la Croix).
10. Quelle valeur possèdent les révélations privées ?
Tout en n’appartenant pas au dépôt de la foi, elles
peuvent aider à vivre la foi elle-même, à condition qu’elles gardent un étroit
rapport au Christ. Le Magistère de l’Église, auquel il revient d’effectuer un
discernement sur ces révélations privées, ne peut cependant accepter celles qui
prétendent dépasser ou corriger la révélation définitive qui est le Christ.
LA TRANSMISSION DE LA RÉVÉLATION DIVINE
11. Pourquoi et comment doit se transmettre la révélation
divine ?
Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4), c’est-à-dire de
Jésus Christ. C’est pourquoi il est nécessaire que le Christ soit annoncé à
tous les hommes, selon son propre commandement : « Allez et enseignez
toutes les nations » (Mt 28, 19). Cela se réalise par la Tradition
apostolique.
12. En quoi consiste la Tradition apostolique ?
La Tradition apostolique est la transmission du
message du, Christ, qui s’accomplit, depuis les origines du christianisme, par
la prédication, le témoignage, les institutions, le culte, les écrits inspirés.
Les Apôtres ont transmis à leurs successeurs, les Évêques, et, à travers eux, à
toutes les générations, jusqu’à la fin des temps, ce qu’ils ont reçu du Christ
et ce qu’ils ont appris de l’Esprit Saint.
13. Comment se réalise la Tradition apostolique ?
La Tradition apostolique se réalise de deux manières :
par la transmission vivante de la Parole de Dieu (appelée plus simplement la
Tradition) et par la Sainte Écriture, qui est la même annonce du salut,
consignée par écrit.
14. Quel rapport existe-t-il entre la Tradition et la Sainte
Écriture ?
La Tradition et la Sainte Écriture sont reliées et
communiquent étroitement entre elles. En effet, l’une et l’autre rendent le
mystère du Christ présent et fécond dans l’Église, et elles jaillissent d’une
source divine identique. Elles constituent un seul dépôt sacré de la foi, où l’Église
puise sa certitude concernant tout ce qui est révélé.
15. À qui est confié le dépôt de la foi ?
Depuis les Apôtres, le dépôt de la foi est confié à l’ensemble
de l’Église. Avec le sens surnaturel de la foi, le peuple de Dieu tout entier,
assisté de l’Esprit Saint et guidé par le Magistère de l’Église, accueille la
Révélation divine, la comprend toujours plus profondément et s’attache à la
vivre.
16. À qui revient-t-il d’interpréter de façon authentique le
dépôt de la foi ?
L’interprétation authentique du dépôt de la foi
appartient au seul Magistère vivant de l’Église, c’est-à-dire au Successeur de
Pierre, l’Évêque de Rome, et aux Évêques en communion avec lui. Au Magistère,
qui, dans le service de la Parole de Dieu, jouit du charisme certain de la
vérité, il revient aussi de définir les dogmes, qui sont des formulations des
vérités contenues dans la Révélation divine ; ce pouvoir s’étend également
aux vérités qui ont un lien nécessaire avec la Révélation.
17. Quelles sont les relations entre l’Écriture, la
Tradition et le Magistère ?
Écriture, Tradition et Magistère sont si étroitement
unis entre eux qu’aucun n’existe sans les autres. Ensemble, sous l’action de l’Esprit
Saint, ils contribuent efficacement au salut des hommes, chacun selon son mode
propre.
LA SAINTE ÉCRITURE
18. Pourquoi la Sainte Écriture enseigne-t-elle la vérité ?
Parce que Dieu lui-même est l’auteur de la Sainte
Écriture. Elle est donc dite inspirée et elle enseigne sans erreur les vérités
qui sont nécessaires à notre salut. En effet, l’Esprit Saint a inspiré les
auteurs humains, qui ont écrit ce que Dieu veut nous enseigner. Cependant, la
foi chrétienne n’est pas une « religion du Livre », mais de la Parole
de Dieu, « non d’un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant »
(saint Bernard de Clairvaux).
19. Comment lire l’Écriture Sainte ?
La Sainte Écriture doit être lue et interprétée avec l’aide
de l’Esprit Saint et sous la conduite du Magistère de l’Église, selon trois
critères :
1) attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture,
2) lecture de l’Écriture dans la Tradition vivante de
l’Église,
3) respect de l’analogie de la foi, c’est-à-dire de la
cohésion harmonieuse des vérités de la foi entre elles.
20. Qu’est-ce que le canon des Écritures ?
Le canon des Écritures est la liste complète des
écrits sacrés, que la Tradition apostolique a fait discerner à l’Église. Ce
canon comprend quarante-six écrits de l’Ancien Testament et vingt-sept du
Nouveau Testament.
21. Quelle est l’importance de l’Ancien Testament pour les
chrétiens ?
Les chrétiens vénèrent l’Ancien Testament comme vraie
Parole de Dieu. Tous ses écrits sont divinement inspirés et conservent une
valeur permanente. Ils rendent témoignage de la pédagogie de l’amour sauveur de
Dieu. Ils ont surtout été écrits pour préparer l’avènement du Christ, le
Sauveur de l’univers.
22. Quelle est l’importance du Nouveau Testament pour les
chrétiens ?
Le Nouveau Testament, dont l’objet central est Jésus
Christ, nous enseigne la vérité définitive de la Révélation divine. Dans le
Nouveau Testament, les quatre évangiles - Matthieu, Marc, Luc et Jean - sont
les principaux témoignages sur la vie et sur l’enseignement de Jésus ; ils
constituent le cœur de toutes les Écritures et ils occupent une place unique
dans l’Église.
23. Quelle est l’unité entre l’Ancien et le Nouveau
Testament ?
L’Écriture est une, car unique est la Parole de Dieu,
unique le dessein de salut de Dieu, unique l’inspiration divine de l’un et l’autre
Testaments. L’Ancien Testament prépare le Nouveau et le Nouveau accomplit l’Ancien.
Les deux s’éclairent mutuellement.
24. Quelle est la fonction de la Sainte Écriture dans la vie
de l’Église ?
La Sainte Écriture donne soutien et vigueur à la vie
de l’Église. Pour les fils de l’Église, elle est solidité de la foi, nourriture
et source de vie spirituelle. Elle est l’âme de la théologie et de la
prédication pastorale. Le Psalmiste dit qu’elle est « la lumière de mes
pas et la lampe de ma route » (Ps 118 [119], 105). C’est pourquoi l’Église
exhorte à la lecture fréquente de la Sainte Écriture, car « ignorer les
Écritures, c’est ignorer le Christ » (saint Jérôme).
Chapitre III. - LA RÉPONSE DE L’HOMME À DIEU - JE CROIS
25. Quelle est la réponse de l’homme à Dieu qui se révèle ?
Soutenu par la grâce divine, l’homme répond à Dieu par
l’obéissance de la foi, qui consiste à se confier pleinement à Dieu et à
accueillir sa vérité, en tant qu’elle est garantie par Dieu, qui est la Vérité
elle-même.
26. Dans la Sainte Écriture, quels sont les principaux
témoins de l’obéissance de la foi ?
Il y a de nombreux témoins, et particulièrement deux.
Abraham qui, mis à l’épreuve, « eut foi en Dieu » (Rm 4, 3) et qui a
toujours obéi à son appel ; c’est pourquoi il est devenu « le père de
tous ceux qui croiraient » (cf. Rm 4, 11. 18) ; et la Vierge Marie
qui, pendant toute sa vie, a réalisé de la façon la plus parfaite l’obéissance
de la foi : « Fiat mihi secundum verbum tuum - Qu’il me soit fait
selon ta parole » (Lc 1, 38).
27. Que signifie concrètement pour l’homme de croire en Dieu ?
Cela signifie adhérer à Dieu lui-même, en se confiant
à lui et en donnant son assentiment à toutes les vérités qu’il a révélées,
parce que Dieu est la vérité. Cela signifie croire en un seul Dieu en trois
Personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint.
28. Quelles sont les caractéristiques de la foi ?
La foi, don gratuit de Dieu et accessible à ceux qui
la demandent avec humilité, est la vertu surnaturelle nécessaire pour être
sauvé. L’acte de foi est un acte humain, c’est-à-dire un acte de l’intelligence
de l’homme qui, sous la motion de la volonté mue par Dieu, donne librement son
adhésion à la vérité divine. En outre, la foi est certaine, car elle est fondée
sur la Parole de Dieu ; elle est agissante « par la charité »
(Ga 5,6) ; elle grandit en permanence grâce en particulier à l’écoute de
la Parole de Dieu et à la prière. Dès à présent, elle donne l’avant-goût de la
joie du ciel.
29. Pourquoi n’y a-t-il pas contradiction entre la foi et la
science ?
Même si la foi est au-dessus de la raison, il ne
pourra jamais y avoir contradiction entre la foi et la science, parce que l’une
et l’autre ont Dieu pour origine. C’est Dieu lui-même qui donne à l’homme la
lumière de la raison et la foi.
« Crois pour comprendre ; comprends pour
croire » (saint Augustin).
NOUS CROYONS
30. Pourquoi la foi est-elle un acte personnel et en même
temps ecclésial ?
La foi est un acte personnel, parce qu’elle est la
libre réponse de l’homme à Dieu qui se révèle. Mais elle est en même temps un
acte ecclésial qui s’exprime dans la confession de foi : « Nous
croyons ». En effet, c’est l’Église qui croit. De cette manière, avec la
grâce de l’Esprit Saint, elle précède, elle engendre et elle nourrit la foi de
chacun. C’est pourquoi l’Église est Mère et Maîtresse.
« Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église
pour Mère » (saint Cyprien).
31. Pourquoi les énoncés de la foi sont-ils importants ?
Les énoncés de la foi sont importants parce qu’ils
permettent d’exprimer, d’assimiler, de célébrer et de vivre ensemble avec
autrui les vérités de la foi, en utilisant un langage commun.
32. De quelle manière la foi de l’Église est-elle unique ?
Bien que formée de personnes différentes par la
langue, la culture et les coutumes, l’Église professe d’une voix unanime l’unique
foi, reçue d’un seul Seigneur et transmise par l’unique Tradition apostolique.
Elle professe un seul Dieu - Père, Fils et Esprit Saint - et elle enseigne une
seule voie de salut. Aussi, croyons-nous, d’un seul cœur et d’une seule âme, ce
qui est contenu dans la Parole de Dieu, transmise ou écrite, et ce que l’Église
présente comme divinement révélé.
DEUXIÈME SECTION - LA PROFESSION DE LA FOI CHRÉTIENNE
Cette antique mosaïque de la Basilique romaine de
Saint Clément célèbre le triomphe de la croix, mystère central de la foi chrétienne.
On peut y observer la floraison luxuriante d’un pied d’acanthe, duquel partent
de très nombreux rinceaux qui s’étendent dans toutes les directions, avec leurs
fleurs et leurs fruits. La vitalité de cette plante vient de la croix de Jésus,
dont le sacrifice constitue la recréation de l’humanité et du cosmos. Jésus est
le nouvel Adam qui, par le mystère de sa passion, de sa mort et de sa
résurrection, fait refleurir l’humanité, en la réconciliant avec le Père.
Autour du Christ souffrant, il y a douze colombes
blanches qui représentent les douze Apôtres. Au pied de la croix, se trouvent
Marie et Jean, le disciple bien-aimé :
« Jésus, voyant sa mère et près d’elle le
disciple qu’il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils".
Puis il dit au disciple : "Voici ta mère". Et à partir de cette
heure-là, le disciple la prit chez lui ». (Jn 19,26-27).
En haut, apparaît la main du Père, qui offre une
couronne de gloire à son Fils victorieux de la mort par son mystère pascal.
À la base de la plante, un petit cerf combat le
serpent du mal. De cette plante, qui représente l’arbre de la rédemption, naît
une source d’eau jaillissante, qui donne vie aux quatre petits ruisseaux, qui
symbolisent les quatre Évangiles, auxquels s’abreuvent les fidèles, comme le font
les cerfs aux sources d’eau vive. L’Église est représentée, ici, comme un
jardin céleste vivifié par Jésus, véritable arbre de vie.
<Basilique Saint Clément, Rome, Mosaïque de l’abside,
XIIe siècle : détail : la croix, arbre de la vie. Reproduit avec la
permission des Pères Dominicains irlandais>
LE CREDO
Symbole des Apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du
ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous
Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux
enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les
vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église
catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la
résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Symbolum Apostolicum
Credo in Deum Patrem omnipoténtem, Creatórem cæli et
terræ, et in Iesum Christum, Fílium Eius únicum, Dóminum nostrum, qui concéptus
est de Spíritu Sancto, natus ex María Vírgine, passus sub Póntio Piláto,
crucifíxus, mórtuus, et sepúltus, descéndit ad ínferos, tértia die resurréxit a
mórtuis, ascéndit ad cælos, sedet ad déxteram Dei Patris omnipoténtis, inde
ventúrus est iudicáre vivos et mórtuos. Et in Spíritum Sanctum, sanctam
Ecclésiam cathólicam, sanctórum communiónem, remissiónem peccatórum, carnis
resurrectiónem, vitam ætérnam. Amen.
Credo de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en
un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous
les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai
Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et
par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il
descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge
Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit
sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément
aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il
reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son
règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui
donne la vie ; il procède du Père et du Fils ; avec le Père et le
Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les
prophètes. Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je
reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection
des morts et la vie du monde à venir. Amen.
Symbolum Nicænum Constantinopolitanum
Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, Factórem cæli
et terræ, visibílium ómnium et invisibílium Et in unum Dóminum Iesum Christum,
Fílium Dei unigé nitum et ex Patre natum ante ómnia sæcula : Deum de Deo,
Lumen de Lúmine, Deum verum de Deo vero, génitum, non factum, consubstantiálem
Patri : per quem ómnia facta sunt ; qui propter nos hómines et
propter nostram salútem, descéndit de cælis, et incarnátus est de Spíritu
Sancto ex María Vírgine et homo factus est, crucifíxus étiam pro nobis sub
Póntio Piláto, passus et sepúltus est, et resurréxit tértia die secúndum
Scriptúras, et ascéndit in cælum, sedet ad déxteram Patris, et íterum ventúrus
est cum glória, iudicáre vivos et mórtuos, cuius regni non erit finis. Credo in
Spíritum Sanctum, Dóminum et vivificántem, qui ex Patre Filióque procédit, qui
cum Patre et Fílio simul adorátur et conglorificátur, qui locútus est per
prophétas. Et unam sanctam cathólicam et apostólicam Ecclésiam. Confíteor unum
Baptísma in remissiónem peccatórum. Et exspécto resurrectiónem mortuórum, et
vitam ventúri sæculi. Amen.
Chapitre I - Je crois en Dieu le Père - LES SYMBOLES DE LA FOI
33. Qu’est-ce que les Symboles de la foi ?
Ce sont des énoncés organiques, appelés encore « professions
de foi » ou « Credo », par lesquels l’Église, depuis ses
origines, a exprimé de manière synthétique et transmis sa foi dans un langage
normatif et commun à tous les fidèles.
34. Quels sont les plus anciens
Symboles de la foi ?
Ce sont les Symboles baptismaux. Parce que le baptême
est donné « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt
28,19), les vérités de la foi qui y sont professées sont articulées selon leur
référence aux trois Personnes de la Sainte Trinité.
35. Quels sont les plus importants
Symboles de la foi ?
Ce sont le Symbole des Apôtres, qui est l’antique
Symbole baptismal de l’Église de Rome, et le Symbole de Nicée-Constantinople,
fruit des deux premiers Conciles oecuméniques, Nicée (325) et Constantinople
(381). Ils demeurent communs, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises
d’Orient et d’Occident.
« JE CROIS EN DIEU, LE PÈRE TOUT-PUISSANT, CRÉATEUR DU CIEL ET DE
LA TERRE »
36. Pourquoi la profession de foi commence-t-elle par « Je
crois en Dieu » ?
Parce que l’affirmation « Je crois en Dieu »
est la plus importante. Elle est la source de toutes les autres vérités sur l’homme
et sur le monde, et de toute la vie de ceux qui croient en Dieu.
37. Pourquoi professons-nous un seul Dieu ?
Parce que Dieu s’est révélé au peuple d’Israël comme l’Unique,
lorsqu’il dit : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique »
(Dt 6,4), « Il n’y en a pas d’autre » (Is 45,22). Jésus lui-même l’a
confirmé : Dieu est « l’unique Seigneur » (Mc 12,29). Professer
que Jésus et l’Esprit Saint sont, eux aussi, Dieu et Seigneur, n’introduit
aucune division dans le Dieu unique.
38. Par quel nom Dieu se révèle-t-il ?
À Moïse, Dieu s’est révélé comme le Dieu vivant, « Dieu
d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob » (Ex 3, 6). Il lui a révélé son
nom mystérieux : « Je suis Celui qui Est » (YHWH). Déjà, à l’époque
de l’Ancien Testament, le nom ineffable de Dieu fut remplacé par celui de
Seigneur. Ainsi, dans le Nouveau Testament, Jésus, appelé Seigneur, apparaît
comme vrai Dieu.
39. Est-ce que seul Dieu « est » ?
Tandis que les créatures ont reçu de Lui ce qu’elles
sont et ce qu’elles ont, seul Dieu est en lui-même la
plénitude de l’être et de toutes les perfections. Il est « celui qui est »,
sans commencement ni fin. Jésus révèle qu’il porte lui aussi le Nom divin :
« Je suis » (Jn 8, 28).
40. Pourquoi la révélation du nom de Dieu est-elle
importante ?
Par la révélation de son Nom, Dieu fait connaître les
richesses contenues dans son mystère ineffable :
Lui seul existe depuis toujours et pour toujours, Lui qui transcende le monde
et l’histoire. C’est Lui qui a fait le ciel et la terre. Il est le Dieu fidèle ;
toujours proche de son peuple pour le sauver. Il est le Saint par excellence, « riche
en miséricorde » (Ep 2,4), toujours prêt à pardonner. Il est l’être
spirituel, transcendant, tout-puissant, éternel, personnel, parfait. Il est
vérité et amour.
« Dieu est l’être infiniment parfait qu’est la
Sainte Trinité » (saint Toribio de Mogrovejo).
41. En quel sens Dieu est-il la vérité ?
Dieu est la Vérité même et, comme tel, il ne se trompe
ni ne peut tromper. Il « est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui »
(1Jn 1,5). Le Fils éternel de Dieu, Sagesse incarnée, a été envoyé dans le
monde « pour rendre témoignage à la Vérité » (Jn 18,37).
42. Comment Dieu révèle-t-il qu’il est amour ?
Dieu s’est révélé à Israël comme celui dont l’amour
est plus fort que l’amour d’un père ou d’une mère pour
ses enfants, d’un époux pour son épouse. En lui-même, il « est amour »
(1Jn 4,8-16), qui se donne totalement et gratuitement : Il « a tant aimé
le monde qu’il lui a donné son Fils unique, […] pour que, par lui, le monde
soit sauvé » (Jn 3, 16-17). En envoyant son Fils et l’Esprit Saint, Dieu
révèle qu’il est lui-même éternel échange d’amour.
43. Que comporte la foi en un seul Dieu ?
Croire en un seul Dieu comporte de connaître sa
grandeur et sa majesté, de vivre en lui rendant grâce,
d’avoir toujours confiance en lui, même dans l’adversité, de reconnaître l’unité
et la vraie dignité de tous les hommes, créés à son image, d’user avec rectitude
de sa création.
44. Quel est le mystère central de la foi et de la vie
chrétienne ?
Le mystère central de la foi et de la vie chrétienne
est le mystère de la Sainte Trinité. Les chrétiens sont baptisés au nom du Père
et du Fils et du Saint-Esprit.
45. Le mystère de la Sainte Trinité peut-il être connu par
la seule raison humaine ?
Dieu a laissé des traces de son être trinitaire dans
la création et dans l’Ancien Testament ; mais la profondeur de son trésor
comme Trinité sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison humaine, et même à la foi d’Israël, avant l’Incarnation
du Fils de Dieu et l’envoi de l’Esprit Saint. Ce mystère a été révélé par Jésus
Christ et il est à la source de tous les autres mystères.
46. Que Jésus Christ nous révèle-t-il du mystère du Père ?
Jésus Christ nous révèle que Dieu est « Père »,
non seulement parce qu’il est le Créateur de l’univers
et de l’homme, mais surtout parce qu’il engendre éternellement en son sein le
Fils, qui est son Verbe, « reflet resplendissant de la gloire du Père,
expression parfaite de sa substance » (He 1, 3).
47. Qui est l’Esprit Saint, que Jésus Christ nous a révélé ?
Il est la troisième Personne de la Sainte Trinité. Il
est Dieu, uni au Père et au Fils, et égal à eux. Il « procède du Père »
(Jn 15, 26), qui, en tant que principe sans commencement, est l’origine de
toute la vie trinitaire. Il procède aussi du Fils (Filioque), par le don
éternel que le Père fait de lui au Fils. Envoyé par le Père et le Fils incarné,
l’Esprit Saint conduit l’Église à la connaissance de « la Vérité tout
entière » (Jn 16, 13).
48. Comment l’Église exprime-t-elle sa foi trinitaire ?
L’Église exprime sa foi trinitaire en confessant un
seul Dieu en trois Personnes : Père, Fils et Esprit Saint. Les trois Personnes
divines sont un seul Dieu, parce que chacune d’elles est identique à la
plénitude de l’unique et indivisible nature divine. Elles sont réellement
distinctes entre elles par les relations qui les mettent en rapport les unes
avec les autres. Le Père engendre le Fils, le Fils est engendré par le Père, le
Saint-Esprit procède du Père et du Fils.
49. Comment agissent les trois Personnes divines ?
Inséparables dans leur unique nature, les Personnes
divines sont aussi inséparables dans leur action. La Trinité
a une seule et même opération. Mais dans l’unique action divine, chaque
Personne est présente selon le mode qui lui est propre dans la Trinité.
« O mon Dieu, Trinité que j’adore…Pacifiez mon
âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que
je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, tout entière, tout
éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice
(Bienheureuse Élisabeth de la Trinité).
50. Que signifie que Dieu est tout-puissant ?
Dieu s’est révélé comme « le fort, le vaillant »
(Ps 23 [24], 8), celui auquel « rien n’est impossible » (Lc 1, 37).
Sa toute-puissance est universelle, mystérieuse. Elle se manifeste dans le fait
de créer le monde à partir de rien et l’homme par amour, mais surtout dans l’Incarnation
et la Résurrection de son Fils, dans le don de l’adoption filiale et le pardon
des péchés. C’est pourquoi l’Église adresse sa prière au « Dieu tout-puissant
et éternel » (« Omnipotens sempiterne Deus… »).
51. Pourquoi est-il important d’affirmer : « Au
commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1, 1) ?
Parce que la création est le fondement de tous les
projets divins de salut. La création est la manifestation de l’amour tout-puissant
et sage de Dieu ; elle est le premier pas vers l’Alliance du Dieu unique
avec son peuple ; elle est le commencement de l’histoire du salut, qui
culmine avec le Christ ; elle est la première réponse aux interrogations
fondamentales de l’homme sur son origine et sur sa fin.
52. Qui a créé le monde ?
Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont le principe
unique et indivisible du monde, bien que l’œuvre de la
création du monde soit particulièrement attribuée à Dieu le Père.
53. Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde ?
Le monde a été créé pour la gloire de Dieu, qui a
voulu manifester et communiquer sa bonté, sa vérité et
sa beauté. La fin ultime de la création, c’est que Dieu, dans le Christ, puisse
être « tout en tous » (1 Co 15, 28), pour sa gloire et pour notre
bonheur.
« La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la
vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (saint Irénée).
54. Comment Dieu a-t-il créé l’univers ?
Dieu a créé l’univers librement, avec sagesse et
amour. Le monde n’est pas le produit d’une nécessité, d’un destin aveugle ou du
hasard. Dieu a créé « de rien » (ex nihilo ; 2M 7, 28) un monde
ordonné et bon, qu’Il transcende à l’infini. Dieu conserve sa création dans l’être
et Il la soutient, lui donnant la capacité d’agir et la conduisant vers son
achèvement par son Fils et par l’Esprit Saint.
55. En quoi consiste la Providence divine ?
La divine Providence, ce sont les dispositions par
lesquelles Dieu conduit ses créatures vers l’ultime
perfection à laquelle il les a appelées. Dieu est l’auteur souverain de son
dessein. Mais, pour sa réalisation, il utilise aussi la coopération de ses
créatures. En même temps, il leur donne la dignité d’agir par elles-mêmes et d’être
causes les unes des autres.
56. Comment l’homme collabore-t-il avec la divine Providence ?
Tout en respectant sa liberté, Dieu donne à l’homme et
lui demande de collaborer par ses actions, par ses prières, mais aussi par ses
souffrances, en suscitant en lui « le vouloir et le faire selon la bonté
de son dessein » (Ph 2, 13).
57. Si Dieu est tout-puissant et providence, pourquoi alors
le mal existe-t-il ?
Seul l’ensemble de la foi chrétienne peut donner
réponse à cette question, à la fois douloureuse et
mystérieuse. En aucune manière, Dieu n’est la cause du mal, ni directement, ni
indirectement. Il éclaire le mystère du mal par son Fils Jésus Christ, mort et
ressuscité pour vaincre le grand mal moral qu’est le péché des hommes, racine
des autres maux.
58. Pourquoi Dieu permet-il le mal ?
La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait
pas le mal s’il ne faisait pas sortir le bien du mal
lui-même. Cela, Dieu l’a déjà merveilleusement accompli dans la mort et la
résurrection du Christ. En effet, du mal moral le plus grand, la mort de son
Fils, il a tiré les plus grands biens, la glorification du Christ et notre
rédemption.
LE CIEL ET LA TERRE
59. Qu’a créé Dieu ?
La Sainte Écriture dit : « Au commencement
Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1,1). Dans sa profession de foi, l’Église
proclame que Dieu est le créateur de toutes les choses visibles et invisibles,
de tous les êtres spirituels et matériels, c’est-à-dire les anges et le monde
visible, et tout particulièrement l’homme.
60. Qui sont les anges ?
Les anges sont des créatures purement spirituelles,
incorporelles, invisibles et immortelles ; ce sont des êtres personnels,
doués d’intelligence et de volonté. Contemplant sans cesse Dieu face à face,
ils le glorifient ; ils le servent et sont ses messagers pour l’accomplissement
de la mission de salut de tous les hommes.
61. Comment les anges sont-ils présents à la vie de l’Église ?
L’Église s’unit aux anges pour adorer Dieu ; elle
invoque leur assistance et, dans sa liturgie, elle célèbre la mémoire de
certains d’entre eux. « Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme
protecteur et pasteur pour le conduire à la vie » (saint Basile le grand).
62. Qu’enseigne la Sainte Écriture au sujet de la création
du monde visible ?
À travers le récit des « sept jours » de la
création, la Sainte Écriture nous fait connaître la valeur de la création et sa
finalité qui est la louange de Dieu et le service de l’homme. Toute chose doit
son existence à Dieu, de qui elle reçoit sa bonté et sa perfection, ses lois et
sa place dans l’univers.
63. Quelle est la place de l’homme dans la création ?
L’homme est le sommet de la création visible, car il
est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
64. Quel type de liens existe-t-il entre les réalités créées ?
Entre les créatures, il existe une interdépendance et
une hiérarchie voulues par Dieu. En même temps, il existe une unité et une
solidarité entre les créatures, car toutes ont le même créateur, toutes sont
aimées de lui et sont ordonnées à sa gloire. Respecter les lois inscrites dans
la création et les rapports découlant de la nature des choses constitue donc un
principe de sagesse et un fondement de la morale.
65. Quelle relation y a-t-il entre l’œuvre de la création et
celle de la rédemption ?
L’œuvre de la création culmine dans l’œuvre, plus
grande encore, de la rédemption. En effet, cette dernière est le point de
départ de la nouvelle création, dans laquelle tout retrouvera son sens plénier
et son achèvement.
L’HOMME
66. En quel sens l’homme est-il créé à « l’image de
Dieu » ?
L’homme est créé à l’image de Dieu en ce sens qu’il
est capable de connaître et d’aimer librement son créateur. Sur la terre, il
est la seule créature que Dieu a voulue pour elle-même et qu’il a appelée à
participer à sa vie divine, par la connaissance et par l’amour. Parce qu’il est
créé à l’image de Dieu, l’homme a la dignité d’une personne ; il n’est pas
quelque chose, mais quelqu’un, capable de se connaître, de se donner librement
et d’entrer en communion avec Dieu et avec autrui.
67. Dans quel but Dieu a-t-il créé l’homme ?
Dieu a tout créé pour l’homme, mais l’homme a été créé
pour connaître, servir et aimer Dieu, pour lui offrir, dans ce monde, la
création en action de grâce et pour être, dans le ciel, élevé à la vie avec
Dieu. C’est seulement dans le mystère du Verbe incarné que le mystère de l’homme
trouve sa vraie lumière.
L’homme est prédestiné à reproduire l’image du Fils de
Dieu fait homme, qui est lui-même la parfaite « image du Dieu invisible »
(Col 1, 15).
68. Pourquoi les hommes forment-ils une unité ?
Tous les hommes forment l’unité du genre humain, en
raison de leur commune origine, qu’ils tiennent de Dieu. De plus, Dieu, « à
partir d’un seul homme, a créé tous les peuples » (Ac 17, 26). Tous ont un
unique Sauveur. Tous sont appelés à partager l’éternité bienheureuse de Dieu.
69. Dans l’homme, comment l’âme et le corps ne forment-ils
qu’un ?
La personne humaine est un être à la fois corporel et
spirituel. En l’homme, l’esprit et la matière forment une seule nature. Cette
unité est si profonde que, grâce au principe spirituel qu’est l’âme, le corps,
qui est matière, devient un corps humain et vivant, et prend part à la dignité
d’image de Dieu.
70. Qui donne l’âme à l’homme ?
L’âme spirituelle ne vient pas des parents, mais elle
est créée directement par Dieu, et elle est immortelle.
Se séparant du corps au moment de la mort, elle ne meurt pas ; elle s’unira
à nouveau au corps au moment de la résurrection finale.
71. Quel rapport entre l’homme et la femme Dieu a-t-il
établi ?
L’homme et la femme ont été créés par Dieu dans une
égale dignité en tant que personnes humaines et, en
même temps, dans une complémentarité réciproque en tant qu’homme et femme. Dieu
les a voulus l’un pour l’autre, pour une communion de personnes. Ensemble, ils
sont aussi appelés à transmettre la vie humaine, formant dans le mariage « une
seule chair » (Gn 2, 24) et à dominer la terre comme « intendants »
de Dieu.
72. Quelle était la condition originelle de l’homme selon le
projet de Dieu ?
En créant l’homme et la femme, Dieu leur avait donné
une participation spéciale à sa vie divine, dans la
sainteté et la justice. Dans le projet de Dieu, l’homme n’aurait dû ni souffrir
ni mourir. En outre, il régnait une harmonie parfaite de l’homme en lui-même,
entre la créature et le créateur, entre l’homme et la femme, comme aussi entre
le premier couple humain et toute la création.
LA CHUTE
73. Comment comprendre la réalité du péché ?
Dans l’histoire de l’homme, le péché est présent. Une
telle réalité ne s’éclaire pleinement qu’à la lumière de la Révélation divine,
et surtout à la lumière du Christ Sauveur de tous, qui a fait surabonder la
grâce là où le péché a abondé.
74. Qu’est-ce que la chute des anges ?
Par cette expression, on veut signifier que Satan et
les autres démons, dont parlent la Sainte Écriture et la Tradition de l’Église,
alors qu’ils étaient des anges créés bons par Dieu, se sont transformés en
méchants, car, par leur choix libre et irrévocable, ils ont refusé Dieu et son
Règne, donnant ainsi naissance à l’enfer. Ils tentent d’associer l’homme à leur
rébellion contre Dieu ; mais Dieu affirme dans le Christ sa victoire
assurée sur le Malin.
75. En quoi consiste le premier péché de l’homme ?
L’homme, tenté par le démon, a laissé s’éteindre en
son cœur la confiance dans ses rapports avec son Créateur. En lui désobéissant,
il a voulu devenir « comme Dieu », sans Dieu et non selon Dieu (Gn 3,
5). Ainsi, Adam et Ève ont perdu immédiatement, pour eux et pour toute leur
descendance, la grâce de la sainteté et de la justice originelles.
76. Qu’est-ce que le péché originel ?
Le péché originel, avec lequel naissent tous les
hommes, est l’état de privation de sainteté et de justice originelles dans
lequel naissent tous les hommes. C’est un péché que nous avons « contracté »
et non un péché que l’on « commet » ; c’est une condition de
naissance et non un acte personnel. En raison de l’unité originelle de tout le
genre humain, ce péché se transmet aux descendants d’Adam avec la nature
humaine, « non par imitation, mais par propagation ». Cette
transmission reste un mystère que nous ne pouvons saisir pleinement.
77. Quelles sont les autres conséquences provoquées par le
péché originel ?
Par la suite du péché originel, la nature humaine,
sans être entièrement corrompue, est blessée dans ses
forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance, au pouvoir de la
mort ; elle est inclinée au péché. Cette inclination s’appelle
concupiscence.
78. Après le premier péché, qu’a fait Dieu ?
Après le premier péché, le monde a été envahi par les
péchés, mais Dieu n’a pas abandonné l’homme au pouvoir de la mort. Au
contraire, il a annoncé d’une façon mystérieuse - dans le « Protévangile »
(cf. Gn 3, 15) - que le mal serait vaincu et que l’homme serait relevé de la
chute. C’est la première annonce du Messie rédempteur. C’est pourquoi on ira
jusqu’à qualifier la chute d’heureuse faute (felix culpa), car « elle a
mérité un si grand Rédempteur » (Liturgie de la Veillée pascale).
Chapitre II - JE CROIS EN JÉSUS CHRIST, LE FILS UNIQUE DE DIEU
79. Quelle est la Bonne Nouvelle pour l’homme ?
C’est l’annonce de Jésus Christ, « le Fils du
Dieu vivant » (Mt 16, 16), mort et ressuscité. Au temps du roi Hérode et
de l’empereur César Auguste, Dieu a accompli la promesse faite à Abraham et à
sa descendance en envoyant « son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi,
afin de racheter ceux qui sont nés sous la loi, afin de faire de nous des fils »
(Ga 4, 45).
80. Comment s’est répandue la Bonne Nouvelle ?
Dès le début, les premiers disciples ont eu l’ardent
désir d’annoncer Jésus Christ dans le but de conduire tous les hommes à la foi
en lui. Aujourd’hui encore, de la connaissance aimante du Christ naît le désir
d’évangéliser et de catéchiser, c’est-à-dire de révéler en sa personne tout le
dessein de Dieu et de mettre l’humanité en communion avec lui.
« ET EN JÉSUS CHRIST, SON FILS UNIQUE, NOTRE SEIGNEUR »
81. Que signifie le nom de « Jésus » ?
Donné par l’Ange à l’Annonciation, le nom de « Jésus »
signifie « Dieu sauve ». Il exprime son identité et sa mission, car « c’est
Lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Pierre affirme qu’« il
n’y a pas sous le ciel d’autre nom par lequel nous puissions être sauvés »
(Ac 4, 12).
82. Pourquoi Jésus est-il appelé « Christ » ?
« Christ » en grec, « Messie » en
hébreu, signifie « oint ». Jésus est le Christ parce qu’il a été
consacré par Dieu, oint par l’Esprit Saint pour sa mission rédemptrice. Il est
le Messie attendu par Israël, envoyé dans le monde par le Père. Jésus a accepté
le titre de Messie en en précisant toutefois le sens : « Descendu du
Ciel » (Jn 3, 13), crucifié puis ressuscité, il est le Serviteur
souffrant, qui « donne sa vie pour racheter la multitude » (Mt 20,
28). Du nom Christ dérive notre nom de chrétiens.
83. En quel sens Jésus est-il le « Fils unique de Dieu » ?
Il l’est dans un sens unique et parfait. À son Baptême
et à la Transfiguration, la voix du Père désigne Jésus comme son « Fils
bien-aimé ». Se présentant lui-même comme le Fils qui « connaît le
Père » (Mt 11, 27), Jésus affirme sa relation unique et éternelle avec
Dieu son Père. « Il est le Fils unique de Dieu » (1Jn 4, 9), la
deuxième Personne de la Trinité. Il est le centre de la prédication apostolique :
les Apôtres ont vu « sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme
Fils unique » (Jn 1, 14).
84. Que signifie le titre de « Seigneur » ?
Dans la Bible, ce titre désigne d’ordinaire le Dieu
souverain. Jésus se l’attribue et révèle sa souveraineté divine par son pouvoir
sur la nature, sur les démons, sur le péché et sur la mort, et surtout par sa
résurrection. Les premières confessions chrétiennes proclament que la
puissance, l’honneur et la gloire rendus à Dieu le Père le sont aussi à Jésus,
à qui Dieu « a donné un nom au-dessus de tout autre nom » (Ph 2, 9).
Il est le Seigneur du monde et de l’histoire, le seul auquel l’homme doit
soumettre totalement sa liberté personnelle.
« JÉSUS CHRIST A ÉTÉ CONÇU DU SAINT-ESPRIT, EST NÉ DE LA VIERGE
MARIE »
85. Pourquoi le Fils de Dieu s’est-il fait homme ?
Le Fils de Dieu s’est incarné dans le sein de la Vierge
Marie par l’opération du Saint-Esprit, pour nous les hommes et pour notre
salut, c’est-à-dire pour nous réconcilier, nous pécheurs, avec Dieu, pour nous
faire connaître son amour infini, pour être notre modèle de sainteté et pour
nous rendre « participants de la nature divine » (2P 1, 4).
86. Que signifie le mot « Incarnation » ?
L’Église appelle « Incarnation » le mystère
de l’admirable union de la nature divine et de la nature humaine en l’unique
Personne divine du Verbe. Pour accomplir notre salut, le Fils de Dieu s’est
fait « chair » (Jn 1, 14), devenant vraiment homme. La foi en l’Incarnation
est le signe distinctif de la foi chrétienne.
87. Comment Jésus Christ est-il vrai Dieu et vrai homme ?
Jésus Christ est de manière indissociable vrai Dieu et
vrai homme dans l’unité de sa Personne divine. Lui, le
Fils de Dieu, qui est « engendré, non pas créé, de même substance que le
Père », il s’est vraiment fait homme, notre frère, sans pour autant cesser
d’être Dieu, notre Seigneur.
88. Qu’enseigne à ce sujet le Concile de Chalcédoine (en 451) ?
Le Concile de Chalcédoine enseigne à confesser « un
seul et même Fils, Notre Seigneur Jésus Christ, parfait en divinité et parfait
en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme, composé d’une âme rationnelle
et d’un corps, consubstantiel au Père selon la divinité, consubstantiel à nous
selon l’humanité, ‘semblable à nous en tout, à l’exception du péché’ (He 4, 15) ;
engendré du Père avant tous les siècles selon la divinité et, en ces derniers
jours, pour nous et notre salut, né de la Vierge Marie, Mère de Dieu, selon l’humanité ».
89. Comment l’Église exprime-t-elle le mystère de l’Incarnation ?
Elle l’exprime en affirmant que Jésus Christ est vrai
Dieu et vrai homme, avec deux natures, divine et humaine,
non pas confondues, mais unies dans la Personne du Verbe. Néanmoins, dans l’humanité
de Jésus, tout - les miracles, la souffrance et la mort - doit être attribué à
sa Personne divine, qui agit par la nature humaine qu’elle assume.
« Ô Fils unique et Verbe de Dieu, étant immortel,
tu as daigné pour notre salut t’incarner de la Sainte Mère de Dieu et toujours
Vierge Marie… Toi qui es Un de la Sainte Trinité, glorifié avec le Père et le
Saint-Esprit, sauve-nous ! » (Liturgie byzantine de saint Jean Chrysostome).
90. Le Fils de Dieu fait homme avait-il une âme avec une
connaissance humaine ?
Le Fils de Dieu a assumé un corps animé par une âme
humaine raisonnable. Avec son intelligence humaine, Jésus a appris beaucoup par
l’expérience. Mais aussi comme homme, le Fils de Dieu avait une connaissance
intime et immédiate de Dieu son Père. Il pénétrait également les pensées
secrètes des hommes et connaissait pleinement les desseins éternels qu’il est
venu révéler.
91. Comment s’accordent les deux volontés du Verbe incarné ?
Jésus a une volonté divine et une volonté humaine.
Dans sa vie terrestre, le Fils de Dieu a humainement voulu ce qu’il avait
divinement décidé pour notre salut avec le Père et l’Esprit Saint. Sans
résistance ni opposition, la volonté humaine du Christ suit la volonté divine ;
mieux encore, elle lui est soumise.
92. Le Christ avait-il un vrai corps humain ?
Le Christ a assumé un vrai corps humain, par lequel
Dieu invisible s’est rendu visible. Pour cette raison, le Christ peut être
représenté et vénéré au moyen d’images saintes.
93. Que représente le cœur de Jésus ?
Jésus nous a connus et aimés avec un cœur d’homme. Son
cœur transpercé pour notre salut est le symbole de l’amour infini avec lequel
il aime son Père et tous les hommes.
94. « Conçu par l’opération du Saint-Esprit… ».
Que signifie cette expression ?
Elle signifie que la Vierge Marie a conçu dans son
sein le Fils éternel par l’action de l’Esprit Saint et sans le concours d’un
homme : « L’Esprit Saint viendra sur toi » (Lc 1, 35), lui a dit
l’ange à l’Annonciation.
95. « Né de la Vierge Marie ». Pourquoi Marie est-elle
vraiment la Mère de Dieu ?
Marie est vraiment Mère de Dieu parce qu’elle est la
Mère de Jésus (cf. Jn 2, 1 ; 19, 25). En effet, celui qui a été conçu par
l’opération du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son Fils est le Fils
éternel du Père. Il est lui-même Dieu.
96. Que signifie l’« Immaculée Conception » ?
De toute éternité et de façon toute gratuite, Dieu a
choisi Marie pour être la Mère de son Fils. Pour accomplir cette mission, elle
a été immaculée dès sa conception. Cela signifie que, par la grâce de Dieu et
en vue des mérites de Jésus Christ, Marie a été préservée du péché originel dès
sa conception.
97. Comment Marie collabore-t-elle au dessein divin du salut ?
Par la grâce de Dieu, Marie est restée préservée de
tout péché personnel durant toute son existence. Elle
est « pleine de grâce » (Lc 1, 28), la « Toute Sainte ».
Quand l’ange lui annonça qu’elle mettrait au monde « le Fils du Très-Haut »
(Lc 1, 32), elle donna librement son consentement dans « l’obéissance de
la foi » (Rm 1, 5). Marie s’est livrée totalement à la Personne et à l’œuvre
de son Fils Jésus, acceptant de toute son âme la volonté divine du salut.
98. Que signifie la conception virginale de Jésus ?
Elle signifie que Jésus a été conçu dans le sein de la
Vierge par la seule puissance de l’Esprit Saint, sans intervention de l’homme.
Il est Fils du Père céleste selon sa nature divine, Fils de Marie selon sa
nature humaine, mais vraiment Fils de Dieu dans ses deux natures, étant en lui-même
une seule Personne, qui est divine.
99. En quel sens Marie est-elle « toujours vierge » ?
Dans le sens qu’elle est « restée vierge en
concevant son Fils, vierge en l’enfantant, vierge en le
portant, vierge en le nourrissant de son sein, vierge mère, vierge toujours »
(saint Augustin). Cependant, quand les Évangiles parlent de « frères et sœurs
de Jésus », il s’agit de parents proches de Jésus, selon une expression
utilisée dans la Sainte Écriture.
100. De quelle manière la maternité spirituelle de Marie est-elle
universelle ?
Marie a un Fils unique, Jésus, mais, en lui, sa
maternité spirituelle s’étend à tous les hommes, qu’il
est venu sauver. Obéissante aux côtés du nouvel Adam, qui est Jésus Christ, la
Vierge est la nouvelle Ève, la véritable mère des vivants, qui coopère avec son
amour maternel à leur naissance et à leur croissance dans l’ordre de la grâce.
Vierge et Mère, Marie est la figure de l’Église, sa plus parfaite réalisation.
101. En quel sens toute la vie du Christ est-elle Mystère ?
Toute la vie du Christ est un événement de révélation.
Ce qui est visible dans la vie terrestre du Christ conduit à son Mystère
invisible, surtout au Mystère de sa filiation divine : « Qui me voit,
voit le Père » (Jn 14, 9). D’autre part, bien que le salut soit pleinement
accompli par la croix et la résurrection, la vie entière du Christ est Mystère
de salut, car tout ce que Jésus a fait, a dit et a souffert avait pour but de
sauver l’homme déchu et de le rétablir dans sa vocation de fils de Dieu.
102. Quelles ont été les préparations des Mystères de Jésus ?
Avant tout, il y eut durant de nombreux siècles une
longue espérance, que nous revivons pendant la célébration liturgique du temps
de l’Avent. Outre l’attente obscure qu’il a établie dans le cœur des païens,
Dieu a préparé la venue de son Fils à travers l’Ancienne Alliance, jusqu’à Jean-Baptiste,
qui est le dernier et le plus grand des prophètes.
103. Qu’enseigne l’Évangile sur les mystères de la naissance
et de l’enfance de Jésus ?
À Noël, la gloire du Ciel se manifeste dans la
faiblesse d’un nouveau-né. La circoncision de Jésus est le signe de son
appartenance au peuple juif et la préfiguration de notre Baptême. L’Épiphanie
est la manifestation du Roi-Messie d’Israël à toutes les nations. Dans la
Présentation au Temple, en Syméon et Anne, c’est toute l’attente d’Israël qui
vient à la rencontre de son Sauveur. La fuite en Égypte et le massacre des
innocents annoncent que la vie entière du Christ sera sous le signe de la
persécution. Son retour d’Égypte rappelle l’exode et présente Jésus comme le
nouveau Moïse : il est le libérateur véritable et définitif.
104. Quel enseignement nous offre la vie cachée de Jésus à
Nazareth ?
Durant la vie cachée à Nazareth, Jésus reste dans le
silence d’une existence ordinaire. Il nous permet ainsi d’être en communion
avec lui dans la sainteté d’une vie quotidienne faite de prière, de simplicité,
de labeur, d’amour familial. Sa soumission à Marie et à Joseph, son père
putatif, est une image de son obéissance filiale à son Père. Avec leur foi,
Marie et Joseph accueillent le mystère de Jésus, bien qu’ils ne le comprennent
pas toujours.
105. Pourquoi Jésus reçoit-il de Jean le « baptême de
conversion pour le pardon des péchés » (Lc 3, 3 ) ?
Pour commencer sa vie publique et pour anticiper le
Baptême de sa mort, il accepte ainsi, bien que sans
péché, d’être compté parmi les pécheurs, lui, « l’Agneau de Dieu, qui
enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). Le Père le déclare « son Fils
bien-aimé » (Mt 3, 17), et l’Esprit descend sur lui. Le baptême de Jésus
est la préfiguration de notre Baptême.
106. Que nous révèlent les
tentations de Jésus au désert ?
Les tentations de Jésus au désert récapitulent celle d’Adam
au paradis et celles d’Israël dans le désert. Satan
tente Jésus dans son obéissance à la mission confiée par son Père. Le Christ,
nouvel Adam, résiste et sa victoire annonce celle de la passion, obéissance
suprême de son amour filial. L’Église s’unit à ce Mystère tout particulièrement
dans le temps liturgique du Carême.
107. Qui est invité à faire partie du Royaume de Dieu,
annoncé et accompli par Jésus ?
Jésus invite tous les hommes à faire partie du Royaume
de Dieu. Même le pire des pécheurs est appelé à se convertir et à accepter l’infinie
miséricorde du Père. Déjà, sur la terre, le Royaume appartient à ceux qui l’accueillent
d’un cœur humble. C’est à eux que sont révélés ses mystères.
108. Pourquoi le Christ manifeste-t-il le Royaume par des
signes et des miracles ?
Jésus accompagne sa parole de signes et de miracles
pour attester que le Royaume est présent en lui, le
Messie. Bien qu’il guérisse certaines personnes, il n’est pas venu pour
éliminer ici-bas tous les maux, mais avant tout pour libérer les hommes de l’esclavage
du péché. La lutte contre les démons annonce que sa croix l’emportera sur « le
prince de ce monde « (Jn 12, 31).
109. Dans le Royaume, quelle autorité confère le Christ à
ses Apôtres ?
Jésus choisit les Douze, futurs témoins de sa
Résurrection. Il les fait participer à sa mission et à son autorité pour
enseigner, pour pardonner les péchés, pour édifier et pour gouverner l’Église.
Dans ce collège, Pierre reçoit « les clefs du Royaume » (Mt 16, 19)
et occupe la première place, avec la mission de garder la foi dans son
intégrité et de confirmer ses frères.
110. Quelle est la signification de la Transfiguration ?
À la transfiguration apparaît avant tout la Trinité :
« Le Père en sa parole, le Fils dans son humanité,
l’Esprit dans la nuée de lumière » (saint Thomas d’Aquin). En évoquant
avec Moïse et Élie « son départ » (Lc 9, 31), Jésus montre que sa
gloire passe par la croix ; et il anticipe sa résurrection et son retour
dans la gloire, « qui transfigurera notre corps mortel à l’image de son
corps glorieux » (Ph 3, 21).
Tu t’es transfiguré sur la montagne, et, autant qu’ils
en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu, afin
que, lorsqu’ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était
volontaire et qu’ils annoncent au monde que Tu es vraiment le rayonnement du
Père (Liturgie byzantine).
111. Comment advient l’entrée messianique à Jérusalem ?
Au temps fixé, Jésus décide de monter à Jérusalem pour
souffrir sa passion, mourir et ressusciter. Comme Roi-Messie qui manifeste la
venue du Royaume, il entre dans sa ville sur le dos d’un petit âne. Il est
accueilli par des enfants, dont l’acclamation est reprise dans le Sanctus de la
Messe : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna »
(sauve-nous) (Mt 21, 9). La liturgie de l’Église commence la Semaine sainte par
la célébration de cette entrée à Jérusalem.
« JÉSUS CHRIST A SOUFFERT SOUS PONCE PILATE, A ÉTÉ CRUCIFIÉ, EST
MORT ET A ÉTÉ ENSEVELI »
112. Quelle est l’importance du mystère pascal de Jésus ?
Le mystère pascal de Jésus, qui comprend sa passion,
sa mort, sa résurrection et sa glorification, est au centre de la foi
chrétienne. Car le dessein sauveur de Dieu s’est accompli une fois pour toutes
par la mort rédemptrice de son Fils Jésus Christ.
113. Pour quelles accusations Jésus a-t-il été condamné ?
Certains chefs d’Israël ont accusé Jésus d’agir contre
la Loi, contre le temple de Jérusalem et en particulier contre la foi au Dieu
unique, parce qu’il se proclamait Fils de Dieu.
C’est pourquoi ils le livrèrent à Pilate afin qu’il
fût condamné à mort.
114. Quelle a été l’attitude de Jésus envers la Loi d’Israël ?
Jésus n’a pas aboli la Loi donnée par Dieu à Moïse sur
le mont Sinaï, mais il l’a portée à son achèvement en lui donnant son
interprétation définitive. Il est le Législateur divin qui exécute
intégralement cette Loi. D’autre part, par sa mort expiatrice, en Serviteur
fidèle, il offre le seul sacrifice capable de racheter toutes « les fautes
commises par les hommes sous la première Alliance » (He 9, 15).
115. Quelle a été l’attitude de Jésus à l’égard du temple de
Jérusalem ?
Jésus a été accusé d’hostilité envers le Temple.
Pourtant, il l’a vénéré comme « la maison de son Père » (Jn 2, 16).
Il lui a consacré une part importante de son enseignement. Mais il a aussi
prédit sa destruction en relation avec sa propre mort. Il s’est présenté lui-même
comme la demeure définitive de Dieu parmi les hommes.
116. Jésus a-t-il contredit la foi d’Israël au Dieu unique
et sauveur ?
Jésus n’a jamais contredit la foi au Dieu unique, pas
même quand il accomplissait l’œuvre divine par
excellence qui achevait les promesses messianiques et qui le révélait égal à
Dieu : le pardon des péchés. La demande de Jésus de croire en lui et de se
convertir permet de saisir la tragique incompréhension du Sanhédrin, qui a jugé
qu’il méritait la mort pour cause de blasphème.
117. Qui est responsable de la mort de Jésus ?
La passion et la mort de Jésus ne peuvent être
imputées indistinctement ni à tous les Juifs alors vivants,
ni aux Juifs venus ensuite dans le temps et dans l’espace. Tout pécheur
individuel, c’est-à-dire tout homme, est réellement la cause et l’instrument
des souffrances du Rédempteur. Sont plus gravement coupables ceux qui, surtout
s’ils sont chrétiens, retombent souvent dans le péché et se complaisent dans
les vices.
118. Pourquoi la mort du Christ fait-elle partie du dessein
de Dieu ?
Pour réconcilier en lui tous les hommes, voués à la
mort à cause du péché, Dieu a pris l’initiative pleine
d’amour d’envoyer son Fils afin qu’il se soumette à la mort pour les pécheurs.
Annoncée dans l’Ancien Testament, en particulier comme sacrifice du Serviteur
souffrant, la mort du Christ est arrivée « selon les Écritures ».
119. Comment le Christ s’est-il offert lui-même au Père ?
Toute la vie du Christ est offerte librement au Père
pour accomplir son dessein de salut. Il a donné sa vie « en rançon pour la
multitude » (Mc 10, 45). Par là, il réconcilie toute l’humanité avec Dieu.
Sa souffrance et sa mort manifestent que sa propre humanité a été l’instrument
libre et parfait de l’Amour divin qui veut le salut de tous les hommes.
120. Comment s’exprime l’offrande de Jésus lors la dernière
Cène ?
Au cours de la dernière Cène avec ses Apôtres, la
veille de sa passion, Jésus anticipe, c’est-à-dire
signifie et réalise par avance, l’offrande volontaire de lui-même : « Ceci
est mon corps livré pour vous » (Lc 22, 19), « Ceci est mon sang
répandu… » (Mt 26, 28). Ainsi, il a institué en même temps l’Eucharistie
comme « mémorial » (cf. 1Co 11, 25) de son sacrifice et ses Apôtres
comme prêtres de la nouvelle Alliance.
121. Que s’est-il produit lors de l’agonie au jardin de
Gethsémani ?
Malgré l’horreur que cause la mort dans l’humanité
toute sainte de celui qui est l’« Auteur de la
Vie » (Ac 3, 15), la volonté humaine du Fils de Dieu adhère à la volonté
du Père : pour nous sauver, Jésus accepte de porter nos péchés dans son
corps, « en devenant obéissant jusqu’à la mort » (Ph 2, 8).
122. Quels sont les effets du sacrifice du Christ sur la
croix ?
Jésus a librement offert sa vie en sacrifice d’expiation,
c’est-à-dire qu’il a réparé nos fautes par la pleine
obéissance de son amour jusqu’à la mort. Cet « amour jusqu’au bout »
(Jn 13, 1) du Fils de Dieu réconcilie toute l’humanité avec le Père. Le
sacrifice pascal du Christ rachète donc tous les hommes d’une façon unique,
parfaite et définitive, et leur ouvre la communion avec Dieu.
123. Pourquoi Jésus appelle-t-il ses disciples à prendre
leur croix ?
En demandant à ses disciples de prendre leur croix et
de le suivre, Jésus veut associer à son sacrifice rédempteur ceux-là mêmes qui
en sont les premiers bénéficiaires.
124. En quelles conditions était le corps de Jésus lorsqu’il
se trouvait au tombeau ?
Le Christ a connu une vraie mort et une vraie
sépulture. Mais la vertu divine a préservé son corps de la corruption.
« JÉSUS CHRIST EST DESCENDU AUX ENFERS, EST RESSUSCITÉ LE
TROISIÈME JOUR »
125. Que sont « les enfers », où Jésus est
descendu ?
Les « enfers » - qui sont différents de l’enfer
de la damnation - constituaient la situation de tous ceux qui, justes ou
méchants, étaient morts avant le Christ. Avec son âme unie à sa Personne
divine, Jésus a rejoint dans les enfers les justes, qui attendaient leur
Rédempteur pour pouvoir enfin accéder à la vision de Dieu. Après avoir vaincu,
par sa mort, la mort et le diable qui a « le pouvoir de la mort » (He
2, 14), il a libéré les justes en attente du Rédempteur et il leur a ouvert les
portes du Ciel.
126. Quelle est la place de la résurrection du Christ dans
notre foi ?
La résurrection est la vérité la plus haute de notre
foi dans le Christ. Avec la croix, elle représente une part essentielle du
Mystère pascal.
127. Quels « signes » attestent la Résurrection de
Jésus ?
Hormis le signe essentiel que constitue le tombeau
vide, la Résurrection de Jésus est attestée par les
femmes qui, les premières, l’ont rencontré et l’ont annoncé aux Apôtres. Jésus
est « apparu ensuite à Céphas » (Pierre), puis aux Douze. Ensuite, il
est apparu à plus de cinq cents frères à la fois » (1Co 15, 56) et à d’autres
encore. Les Apôtres n’ont pu inventer la résurrection, car elle leur
apparaissait impossible. En effet, Jésus leur a aussi reproché leur
incrédulité.
128. Pourquoi la Résurrection est-elle en même temps un
événement transcendant ?
Tout en étant un événement historique, que l’on peut
constater et qui est attesté par des signes et des
témoignages, la Résurrection, parce qu’elle est l’entrée de l’humanité du Christ
dans la gloire de Dieu, transcende et dépasse l’histoire, comme mystère de la
foi. C’est pour cette raison que le Christ ressuscité ne se manifeste pas au
monde, mais à ses disciples, faisant d’eux ses témoins devant le peuple.
129. Quel est l’état du corps ressuscité de Jésus ?
La Résurrection du Christ n’est pas un retour à la vie
terrestre. Son corps ressuscité est celui qui a été crucifié et qui porte les
signes de sa Passion, mais il participe désormais de la vie divine avec les
propriétés d’un corps glorieux. C’est la raison pour laquelle Jésus ressuscité
est souverainement libre d’apparaître à ses disciples comme il veut, où il veut
et sous des aspects variés.
130. De quelle manière la Résurrection est-elle l’œuvre de
la Sainte Trinité ?
La Résurrection du Christ est une action transcendante
de Dieu. Les trois Personnes agissent ensemble selon le mode qui leur est
propre. Le Père manifeste sa puissance, le Fils « reprend » la vie qu’il
a librement offerte (Jn 10, 17), réunissant son âme et son corps que l’Esprit
Saint vivifie et glorifie
131. Quels sont le sens et la portée de la Résurrection pour
le salut ?
La Résurrection est le point culminant de l’Incarnation.
Elle confirme la divinité du Christ, ainsi que tout ce qu’il a fait et enseigné.
Elle réalise toutes les promesses divines en notre faveur. De plus, le Ressuscité, vainqueur du péché et de la mort, est le
principe de notre justification et de notre résurrection. Dès à présent, elle
nous procure la grâce de l’adoption filiale qui est une participation réelle à
la vie du Fils unique, lequel, à la fin des temps, ressuscitera notre corps.
« JÉSUS EST MONTÉ AU CIEL IL SIÈGE À LA DROITE DU PÈRE TOUT-PUISSANT »
132. Que représente l’Ascension ?
Après quarante jours pendant lesquels il s’est
manifesté à ses Apôtres sous les traits d’une humanité ordinaire qui voilaient
sa gloire de Ressuscité, le Christ est monté au ciel
et s’est assis à la droite du Père. Il est le Seigneur qui règne désormais avec
son humanité dans la gloire éternelle de Fils de Dieu et qui sans cesse
intercède en notre faveur auprès du Père. Il envoie son Esprit et nous donne l’espérance
de le rejoindre un jour, là où il nous a préparé une place.
« D’OÙ IL VIENDRA JUGER LES VIVANTS ET LES MORTS »
133. Comment le Seigneur Jésus règne-t-il aujourd’hui ?
Seigneur du monde et de l’histoire, Chef de son
Église, le Christ glorieux demeure mystérieusement sur la terre, où son Royaume
est déjà présent en germe et en commencement dans l’Église. Un jour, il
reviendra dans la gloire, mais nous n’en connaissons pas l’heure. C’est
pourquoi nous vivons en veillant dans la prière : « Viens, Seigneur »
(Ap 22, 20).
134. Comment s’accomplira la venue du Seigneur dans la
gloire ?
Après le dernier bouleversement cosmique de ce monde
qui passe, la venue glorieuse du Christ arrivera avec le triomphe définitif de
Dieu dans la Parousie du Christ et avec le jugement dernier. Ainsi s’accomplira
le Royaume de Dieu.
135. Comment le Christ jugera-t-il les vivants et les morts ?
Le Christ jugera avec la puissance qu’il s’est acquise comme Rédempteur du monde, venu pour sauver les
hommes. Les secrets des cœurs seront dévoilés, ainsi que la conduite de chacun
envers Dieu et envers son prochain. Tout homme recevra la vie ou sera condamné
pour l’éternité selon ses œuvres. Ainsi s’accomplira « la plénitude du
Christ » (Ep 4, 13), dans laquelle « Dieu sera tout en tous »
(1Co 15, 28).
Chapitre III - JE CROIS AU SAINT-ESPRIT
136. Que veut dire l’Église quand elle professe : « Je
crois au Saint-Esprit » ?
Croire en l’Esprit Saint, c’est professer la troisième
Personne de la Sainte Trinité, qui procède du Père et du Fils, et qui est « adoré
et glorifié avec le Père et le Fils ». L’Esprit « est envoyé […] dans
nos cœurs » (Ga 4, 6) pour que nous recevions la vie nouvelle des enfants
de Dieu.
137. Pourquoi les missions du Fils et de l’Esprit sont-elles
inséparables ?
Dans la Trinité indivisible, le Fils et l’Esprit sont
distincts, mais inséparables. En effet, du commencement à la fin des temps,
quand le Père envoie son Fils, il envoie aussi son Esprit, qui nous unit au
Christ par la foi, afin que nous puissions, comme fils adoptifs, appeler Dieu « Père »
(Rm 8, 15). L’Esprit est invisible, mais nous le connaissons par son action,
lorsqu’il nous révèle le Verbe et qu’il agit dans l’Église.
138. Quels sont les vocables de l’Esprit Saint ?
« Esprit Saint » est le nom propre de la
troisième Personne de la Sainte Trinité. Le Christ l’appelle aussi Esprit
Paraclet (Consolateur, Avocat) et Esprit de Vérité. Le Nouveau Testament l’appelle
encore Esprit du Christ, du Seigneur, de Dieu, Esprit de gloire, de la
promesse.
139. Quels sont les symboles qui représentent le Saint-Esprit ?
Ils sont nombreux. L’eau vive qui jaillit du cœur
transpercé du Christ et abreuve les baptisés ; l’onction avec l’huile, qui
est le signe sacramentel de la Confirmation ; le feu qui transforme ce qu’il
touche ; la nuée, obscure ou lumineuse, où se révèle la gloire divine ;
l’imposition des mains par laquelle l’Esprit est donné ; la colombe qui
descend sur le Christ et demeure sur lui au moment de son baptême.
140. Que signifie « l’Esprit a parlé par les prophètes » ?
Le terme de prophètes s’entend ici de ceux qui furent
inspirés de l’Esprit Saint pour parler au nom de Dieu.
L’Esprit porte les prophéties de l’Ancien Testament à leur plein
accomplissement dans Christ, dont le mystère se dévoile dans le Nouveau
Testament.
141. Quelle est l’action de l’Esprit en Jean-Baptiste ?
L’Esprit remplit Jean-Baptiste, le dernier prophète de
l’Ancien Testament, qui, sous son action, est envoyé
pour « préparer un peuple au Seigneur » (Lc 1, 17), et pour annoncer
la venue du Christ, le Fils de Dieu, celui sur lequel il a vu descendre et
demeurer l’Esprit, celui qui « baptise dans l’Esprit » (Jn 1, 33).
142. Quelle est l’œuvre de l’Esprit en Marie ?
En Marie le Saint-Esprit porte à son achèvement toutes
les attentes de la venue du Christ et sa préparation
dans l’Ancien Testament. D’une manière unique, il la remplit de grâce et rend féconde
sa virginité, pour donner naissance dans la chair au Fils de Dieu. Il fait d’elle
la Mère du « Christ total », c’est-à-dire du Christ Tête et de l’Église
son corps. Marie est présente au milieu des Douze le jour de la Pentecôte,
quand l’Esprit inaugure les « derniers temps » avec la manifestation
de l’Église.
143. Quel rapport y a-t-il entre l’Esprit et le Christ Jésus
dans sa mission terrestre ?
Depuis son Incarnation, le Fils de Dieu est consacré
Messie dans son humanité, par l’onction de l’Esprit.
Il révèle l’Esprit dans son enseignement, accomplissant la promesse faite aux
Pères, et il le communique à l’Église naissante en soufflant sur les Apôtres
après la Résurrection.
144. Qu’est-il arrivé à la Pentecôte ?
Cinquante jours après sa Résurrection, à la Pentecôte,
Jésus Christ glorifié a répandu l’Esprit à profusion et il l’a manifesté comme
Personne divine, de sorte que la Trinité Sainte est pleinement révélée. La
mission du Christ et de l’Esprit devient la mission de l’Église, envoyée pour annoncer
et pour répandre le mystère de la communion trinitaire.
« Nous avons vu la vraie lumière, nous avons reçu
l’Esprit céleste, nous avons trouvé la vraie foi : nous adorons la Trinité
indivisible, car c’est elle qui nous a sauvés » (Liturgie byzantine,
tropaire de la Pentecôte).
145. Quelle est l’action de l’Esprit dans l’Église ?
L’Esprit édifie, anime et sanctifie l’Église. Esprit d’amour,
il restaure chez les baptisés la ressemblance divine perdue à cause du péché et
il les fait vivre dans le Christ de la Vie même de la Sainte Trinité. Il les
envoie témoigner de la Vérité du Christ et il les établit dans leurs fonctions
réciproques, afin que tous portent « le fruit de l’Esprit » (Ga 5,
22).
146. Comment agissent le Christ et son esprit dans le cœur
des fidèles ?
Par l’intermédiaire des sacrements, le Christ
communique son Esprit aux membres de son Corps, ainsi que la grâce de Dieu qui
porte les fruits de la vie nouvelle selon l’Esprit. Enfin, le Saint-Esprit est
le Maître de la prière.
« JE CROIS À LA SAINTE ÉGLISE CATHOLIQUE » - L’Église dans le
dessein de Dieu
147. Que signifie le mot Église ?
Il désigne le peuple que Dieu convoque et rassemble de
tous les confins de la terre, pour constituer l’assemblée de ceux qui, par la
foi et par le Baptême, deviennent fils de Dieu, membres du Christ et temple de
l’Esprit Saint.
148. Dans la Bible, quels sont les autres noms et images qui
désignent l’Église ?
Dans la Sainte Écriture, nous trouvons de nombreuses
images qui mettent en évidence les différents aspects du mystère de l’Église. L’Ancien
Testament privilégie les images liées au peuple de Dieu ; le Nouveau
Testament celles se rattachant au Christ comme Tête de ce peuple, qui est son
Corps ; elles sont tirées de la vie pastorale (bergerie, troupeau,
brebis), de la vie rurale (champ, olivier, vigne), de l’habitat (demeure,
pierre, temple), de la famille (épouse, mère, famille).
149. Quel est le commencement et l’achèvement
de l’Église ?
L’Église a son commencement et son achèvement dans le
dessein éternel de Dieu. Elle a été préparée dans l’Ancienne Alliance par l’élection
d’Israël, signe du rassemblement futur de toutes les nations. Fondée sur la
parole et sur l’action de Jésus Christ, elle s’est accomplie surtout par sa
mort rédemptrice et sa résurrection. Elle s’est manifestée ensuite comme
mystère de salut par l’effusion de l’Esprit Saint à la Pentecôte. Elle aura son
achèvement à la fin des temps comme assemblée céleste de tous les rachetés.
150. Quelle est la mission de l’Église ?
La mission de l’Église est d’annoncer et d’instaurer
au milieu de toutes les nations le Royaume de Dieu inauguré par Jésus Christ.
Elle constitue sur la terre le germe et le commencement de ce Royaume du salut.
151. En quel sens l’Église est-elle Mystère ?
L’Église est mystère parce que, dans sa réalité
visible, elle représente et accomplit une réalité spirituelle,
divine, qui se perçoit uniquement avec les yeux de la foi.
152. Que signifie pour l’Église être sacrement universel du
salut ?
Cela signifie qu’elle est signe et instrument de la
réconciliation et de la communion de toute l’humanité
avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain.
L’Église : peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit
Saint
153. Pourquoi l’Église est-elle le peuple de Dieu ?
L’Église est le peuple de Dieu parce qu’il a plu à
Dieu de sanctifier et de sauver les hommes non pas séparément, mais en les
constituant en un seul peuple, rassemblé dans l’unité du Père, du Fils et de l’Esprit
Saint.
154. Quelles sont les caractéristiques du peuple de Dieu ?
Ce peuple, dont on devient membre par la foi au Christ
et par le Baptême, a pour origine Dieu le Père, pour Chef Jésus Christ, pour
condition la dignité et la liberté des fils de Dieu, pour loi, le commandement
nouveau de l’amour, pour mission d’être le sel de la terre et la lumière du
monde, pour fin le Royaume de Dieu, déjà commencé sur la terre.
155. En quel sens le peuple de Dieu prend-il part aux trois
fonctions du Christ, sacerdotale, prophétique et royale ?
Le peuple de Dieu prend part à la fonction sacerdotale
du Christ parce que les baptisés sont consacrés par l’Esprit
Saint pour offrir des sacrifices spirituels. Il participe à sa fonction
prophétique parce que, grâce au sens surnaturel de la foi, il s’attache de
manière indéfectible à la foi, il en approfondit l’intelligence et il en
devient témoin. Il participe à sa fonction royale par le service, imitant le
Christ Jésus, roi de l’univers, qui s’est fait serviteur de tous, surtout des
pauvres et de ceux qui souffrent.
156. De quelle manière l’Église est-elle corps du Christ ?
Par l’Esprit Saint, le Christ, mort et ressuscité,
unit intimement à lui-même ses fidèles. Ainsi, ceux qui croient au Christ,
parce qu’ils sont étroitement unis à lui, surtout dans l’Eucharistie, sont unis
entre eux par la charité, formant un seul corps, l’Église, dont l’unité se
réalise dans la diversité des membres et des fonctions.
157. Qui est la tête de ce corps ?
Le Christ « est la Tête du corps, c’est-à-dire de
l’Église » (Col 1, 18). L’Église vit de lui, en lui et par lui. Le Christ
et l’Église forment le « Christ total » (saint Augustin). « Tête
et membres, une seule et même personne mystique pour ainsi dire » (saint
Thomas d’Aquin).
158. Pourquoi dit-on de l’Église qu’elle est l’épouse du
Christ ?
Parce que le Seigneur lui-même s’est défini comme l’« Époux »
(Mc 2, 19) qui a aimé l’Église, qui s’est lié à elle
par une Alliance éternelle. Il s’est livré pour elle, afin de la purifier par
son sang, de la « rendre sainte » (Eph 5, 26) et d’en faire la mère
féconde de tous les fils de Dieu. Si le terme de « corps » fait
apparaître l’unité de la « tête » et des membres, le terme « épouse »
met en relief la distinction des deux dans une relation personnelle.
159. Pourquoi diton de l’Église qu’elle est le temple de l’Esprit
Saint ?
Parce que le Saint-Esprit réside dans le corps qui est
l’Église, dans sa Tête et dans ses membres ; en outre, il édifie l’Église
dans la charité, par la Parole de Dieu, les sacrements, les vertus et les
charismes.
« Ce que notre esprit, je veux dire notre âme,
est à nos membres, l’Esprit Saint l’est aux membres du Christ, au Corps du
Christ, je veux dire l’Église (saint Augustin).
160. Les charismes, que sont-ils ?
Les charismes sont des dons particuliers de l’Esprit
Saint impartis aux personnes pour le bien des hommes,
pour les nécessités du monde et spécialement pour l’édification de l’Église. C’est
au Magistère de l’Église qu’il revient de les discerner.
L’Église est une, sainte, catholique et apostolique
161. Pourquoi l’Église est-elle une ?
L’Église est une, parce qu’elle a comme origine et
comme modèle l’unité d’un seul Dieu, dans la Trinité des Personnes ; comme
fondateur et comme tête, Jésus Christ, qui rassemble tous les peuples dans l’unité
d’un seul corps ; comme âme, l’Esprit Saint, qui unit tous les fidèles
dans la communion dans le Christ. Elle a une seule foi, une seule vie
sacramentelle, une seule succession apostolique, une espérance commune et la
même charité.
162. Où subsiste l’unique Église du Christ ?
Comme société constituée et organisée dans le monde, l’unique
Église du Christ subsiste (subsistit in) dans l’Église catholique, gouvernée
par le successeur de Pierre et par les Évêques en communion avec lui. C’est
seulement par elle que l’on peut atteindre la plénitude des moyens de salut,
car le Seigneur a confié tous les biens de la Nouvelle Alliance au seul collège
apostolique, dont la tête est Pierre.
163. Comment considérer les chrétiens non catholiques ?
Dans les Églises et Communautés ecclésiales, qui se
sont séparées de la pleine communion de l’Église
catholique, se rencontrent de nombreux éléments de sanctification et de vérité.
Tous ces éléments de bien proviennent du Christ et tendent vers l’unité
catholique. Les membres de ces Églises et Communautés sont incorporés au Christ
par le Baptême ; nous les reconnaissons donc comme des frères.
164. Comment s’engager en faveur de l’unité des chrétiens ?
Le désir de rétablir l’union entre tous les chrétiens
est un don du Christ et un appel de l’Esprit Saint. Il concerne toute l’Église
et il s’accomplit par la conversion du cœur, la prière, la connaissance
fraternelle réciproque, le dialogue théologique.
165. En quel sens l’Église est-elle sainte ?
L’Église est sainte parce que le Dieu très saint en
est l’auteur. Le Christ s’est livré lui-même pour elle, afin de la sanctifier
et de la rendre sanctifiante. L’Esprit Saint la vivifie par la charité. En elle
réside la plénitude des moyens du salut. La sainteté est la vocation de chacun
de ses membres et le but de toute son action. L’Église compte en son sein la
Vierge Marie et d’innombrables saints, qui sont ses modèles et ses
intercesseurs. La sainteté de l’Église est la source de la sanctification pour
ses fils, qui, sur la terre, se reconnaissent tous pécheurs et qui ont toujours
besoin de se convertir et de se purifier.
166. Pourquoi l’Église est-elle appelée catholique ?
L’Église est catholique, c’est-à-dire universelle,
parce que le Christ est présent en elle. « Là où est le Christ Jésus, là
est l’Église catholique » (saint Ignace d’Antioche). Elle annonce la
totalité et l’intégralité de la foi. Elle contient et elle administre la
plénitude des moyens du salut. Elle est envoyée en mission à toutes les
nations, à toutes les époques et à quelque culture qu’elles appartiennent.
167. Une Église particulière est-elle catholique ?
Est catholique toute Église particulière (c’est-à-dire
un diocèse ou une éparchie) formée par la communauté
des chrétiens qui sont en communion dans la foi et dans les sacrements avec
leur Évêque ordonné dans la succession apostolique et avec l’Église de Rome,
qui « préside à la charité » (saint Ignace d’Antioche).
168. Qui fait partie de l’Église catholique ?
Tous les hommes, sous diverses formes, appartiennent
ou sont ordonnés à l’unité catholique du peuple de
Dieu. Est pleinement incorporé à l’Église catholique celui qui, ayant l’Esprit
du Christ, est uni à elle par les liens de la profession de foi, des
sacrements, du gouvernement ecclésiastique et de la communion. Les baptisés qui
ne réalisent pas pleinement cette unité catholique sont dans une certaine
communion, bien qu’imparfaite, avec l’Église catholique.
169. Quel est le rapport de l’Église catholique avec le
peuple juif ?
L’Église catholique reconnaît son rapport avec le
peuple juif dans le fait que Dieu a élu ce dernier,
avant tous les autres, pour accueillir sa Parole. C’est au peuple juif qu’appartiennent
« l’adoption des fils, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses
de Dieu ; ils ont les patriarches, et c’est de leur race que le Christ est
né selon la chair » (Rm 9,4.5). À la différence des autres religions non
chrétiennes, la foi juive est déjà réponse à la Révélation du Dieu de l’Ancienne
Alliance.
170. Quel lien existe-t-il entre l’Église catholique et les
religions non chrétiennes ?
C’est un lien issu avant tout de l’origine et de la fin communes de tout le genre humain. L’Église
catholique reconnaît que ce qu’il y a de bon et de vrai dans les autres religions
vient de Dieu. C’est un rayon de sa vérité. Cela peut disposer à l’accueil de l’Évangile
et pousser à l’unité de l’humanité dans l’Église du Christ.
171. Que signifie l’affirmation « Hors de l’Église pas
de salut » ?
Cela signifie que tout salut vient du Christ-Tête par
l’intermédiaire de l’Église, qui est son Corps. Ne peuvent donc pas être sauvés
ceux qui, sachant l’Église fondée par le Christ et nécessaire au salut, ne
veulent pas y entrer, ni y persévérer. D’autre part, grâce au Christ et à son
Église, peuvent parvenir au salut éternel ceux qui, sans faute de leur part,
ignorent l’Évangile du Christ et son Église, mais recherchent Dieu sincèrement
et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent de faire sa volonté, reconnue à
travers ce que leur dicte leur conscience.
172. Pourquoi l’Église doit-elle annoncer l’Évangile au
monde entier ?
Parce que le Christ l’a commandé : « Allez
et enseignez toutes les nations, baptisant au nom de
Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19). Ce commandement
missionnaire du Seigneur a sa source dans l’amour éternel de Dieu, qui a envoyé
son Fils et son Esprit parce qu’« il veut que tous les hommes soient
sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2, 4).
173. Comment l’Église est-elle missionnaire ?
Guidée par l’Esprit Saint, l’Église poursuit tout au
long de l’histoire la mission du Christ lui-même. Les
chrétiens doivent donc annoncer à tous la Bonne Nouvelle apportée par le
Christ, en suivant le même chemin que lui, en étant prêts également au
sacrifice jusqu’au martyre.
174. Pourquoi l’Église est-elle apostolique ?
L’Église est apostolique par son origine, parce qu’elle
a « pour fondations les Apôtres » (Ep 2, 20) ; par son
enseignement, qui est celui des Apôtres ; par sa structure, parce qu’elle
est édifiée, sanctifiée et gouvernée, jusqu’au retour du Christ, par les
Apôtres, grâce à leurs successeurs, les Évêques en communion avec le successeur
de Pierre.
175. En quoi consiste la mission des Apôtres ?
Le mot Apôtre signifie envoyé. Jésus, l’Envoyé du
Père, appela à lui les Douze, choisis parmi ses disciples, et il les institua
ses Apôtres, faisant d’eux les témoins de sa résurrection et les fondements de
son Église. Il leur donna mandat de poursuivre sa mission, leur disant : « Comme
mon Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20, 21), et il leur
promit d’être avec eux jusqu’à la fin du monde.
176. Qu’est-ce que la succession apostolique ?
La succession apostolique est la transmission, par le
sacrement de l’Ordre, de la mission et de l’autorité
des Apôtres à leurs successeurs, les Évêques. Par cette transmission, l’Église
demeure en communion de foi et de vie avec son origine, tandis qu’au long des
siècles, elle exerce son apostolat par la diffusion du Royaume du Christ sur la
terre.
Les fidèles : hiérarchie, laïcs, vie consacrée
177. Qui sont les fidèles ?
Les fidèles sont ceux qui, incorporés au Christ par le
Baptême, sont établis membres du peuple de Dieu.
Rendus participants, selon leur condition propre, aux fonctions sacerdotale,
prophétique et royale du Christ, ils sont appelés à exercer la mission confiée
par Dieu à l’Église. Entre eux, demeure une véritable égalité en raison de leur
dignité de fils de Dieu.
178. Comment le peuple de Dieu est-il composé ?
Dans l’Église, par institution divine, il y a les
ministres sacrés, qui ont reçu le sacrement de l’Ordre
et qui forment la hiérarchie de l’Église. Les autres sont appelés laïcs. Des
uns et des autres sont issus des fidèles qui se consacrent à Dieu de façon particulière
par la profession des conseils évangéliques : la chasteté dans le célibat,
la pauvreté et l’obéissance.
179. Pourquoi le Christ a-t-il institué la hiérarchie
ecclésiastique ?
Le Christ a institué la hiérarchie ecclésiastique en
vue de la mission de paître le peuple de Dieu en son nom ; et c’est
pourquoi il lui a donné l’autorité. La hiérarchie est composée des ministres
sacrés : Évêques, prêtres, diacres. Par le sacrement de l’Ordre, les
Évêques et les prêtres agissent, dans l’exercice de leur ministère, au nom et
dans la personne du Christ-Tête. Les diacres servent le peuple de Dieu dans la
diaconie (service) de la parole, de la liturgie et de la charité.
180. Comme se réalise la dimension collégiale du ministère
ecclésial ?
À l’exemple des douze Apôtres, choisis et envoyés
ensemble par le Christ, l’union des membres de la
hiérarchie ecclésiastique est au service de la communion de tous les fidèles.
Tout Évêque exerce son ministère comme membre du collège épiscopal, en
communion avec le Pape, ayant avec lui à prendre part à la sollicitude de l’Église
universelle. Les prêtres exercent leur ministère au sein du presbyterium de l’Église
particulière en communion avec l’Évêque et sous son autorité.
181. Pourquoi le ministère ecclésial a-t-il aussi un
caractère personnel ?
Le ministère ecclésial a aussi un caractère personnel,
parce que, en vertu du sacrement de l’Ordre, chacun
est responsable devant le Christ, qui l’a personnellement appelé en lui
confiant une mission.
182. Quelle est la mission du Pape ?
Le Pape, Évêque de Rome et successeur de saint Pierre,
est principe perpétuel et visible, et fondement de l’unité de l’Église. Il est
le vicaire du Christ, la Tête du collège des Évêques et le pasteur de toute l’Église,
sur laquelle il a, par institution divine, un pouvoir plénier, suprême,
immédiat et universel.
183. Quelle est la charge du Collège des Évêques ?
Le Collège des Évêques, en communion avec le Pape et
jamais sans lui, exerce aussi sur l’Église un pouvoir
suprême et plénier.
184. Comment les Évêques exercent-ils leur mission d’enseigner ?
En communion avec le Pape, les Évêques ont le devoir d’annoncer
l’Évangile à tous, fidèlement et avec autorité. Ils
sont les témoins authentiques de la foi apostolique, revêtus de l’autorité du
Christ. Grâce au sens surnaturel de la foi, le Peuple de Dieu, guidé par le
Magistère vivant de l’Église, adhère indéfectiblement à la foi.
185. Quand s’exerce l’infaillibilité du Magistère ?
L’infaillibilité s’exerce quand le Souverain Pontife,
en vertu de son autorité de suprême Pasteur de l’Église, ou le Collège des
Évêques en communion avec le Pape, surtout lorsqu’ils sont rassemblés en
Concile oecuménique, déclarent par un acte définitif une doctrine relative à la
foi ou à la morale, ou encore quand le Pape et les Évêques, dans leur magistère
ordinaire, sont unanimes à déclarer une doctrine comme définitive. À cet
enseignement, tout fidèle doit adhérer dans l’obéissance de la foi.
186. Comment les Évêques exercent-ils leur ministère de
sanctification ?
Les Évêques sanctifient l’Église en dispensant la
grâce du Christ par le ministère de la Parole et des
sacrements, en particulier l’Eucharistie, et aussi par la prière, tout comme
par leur exemple et leur travail.
187. Comment les Évêques exercent-ils leur fonction de
gouvernement ?
En tant que membre du collège épiscopal, tout Évêque
porte de manière collégiale la sollicitude de toutes
les Églises particulières et de l’Église entière, en union avec les autres
Évêques unis au pape. L’Évêque à qui est confiée une Église particulière la
gouverne avec l’autorité du pouvoir sacré qui lui est propre, ordinaire et
immédiat, pouvoir exercé au nom du Christ, le Bon Pasteur, en communion avec
toute l’Église et sous la conduite du successeur de Pierre.
188. Quelle est la vocation des fidèles laïcs ?
Les fidèles laïcs ont pour vocation propre de
rechercher le Royaume de Dieu, en éclairant et en
gérant les réalités temporelles selon Dieu. Ils réalisent ainsi l’appel à la
sainteté et à l’apostolat, adressé à tous les baptisés.
189. Comment les fidèles laïcs participent-ils à la fonction
sacerdotale du Christ ?
Ils y participent en offrant - comme sacrifice
spirituel « offert à Dieu par Jésus Christ » (1P 2, 5), pardessus
tout dans l’Eucharistie - leur propre vie, avec leurs actions, leurs prières et
leurs engagements apostoliques, leur vie de famille et leur travail quotidien,
les difficultés de la vie supportées en patience et les moments de détente
corporelle et spirituelle. De cette manière, les laïcs qui s’engagent pour le
Christ et qui sont consacrés par l’Esprit Saint offrent eux aussi à Dieu le
monde lui-même.
190. Comment prennent-ils part à sa fonction prophétique ?
Ils y participent en accueillant toujours plus dans la
foi la Parole du Christ et en l’annonçant au monde par
le témoignage de leur vie, ainsi que par la parole, l’action évangélisatrice et
la catéchèse. Une telle action évangélisatrice acquiert une efficacité
particulière du fait qu’elle s’accomplit dans les conditions ordinaires de la
vie dans le monde.
191. Comment participent-ils à sa fonction royale ?
Les laïcs participent à la fonction royale du Christ
en ayant reçu de lui le pouvoir de vaincre le péché,
en eux-mêmes et dans le monde, par le renoncement personnel et par la sainteté
de leur vie. Ils exercent divers ministères au service de la communauté et ils
imprègnent de valeur morale les activités temporelles de l’homme et les
institutions de la société.
192. Qu’est-ce que la vie consacrée ?
C’est un état de vie reconnu par l’Église. Il est une
réponse libre à un appel particulier du Christ, dans lequel les personnes
consacrées se donnent totalement à Dieu et tendent à la perfection de la
charité sous la motion de l’Esprit Saint. Cette consécration se caractérise par
la pratique des conseils évangéliques.
193. Que procure la vie consacrée à la mission de l’Église ?
La vie consacrée participe à la mission de l’Église
par un don total de soi au Christ et à ses frères, témoignant de l’espérance du
Royaume des cieux.
JE CROIS À LA COMMUNION DES SAINTS
194. Que signifie l’expression communion des saints ?
Cette expression signifie avant tout la participation
commune de tous les membres de l’Église aux réalités saintes (sancta) : la
foi, les sacrements, en particulier l’Eucharistie, les charismes et les autres
dons spirituels. À la source de la communion, il y a la charité, qui « ne
cherche pas son intérêt » (1Co 13, 5), mais qui pousse les fidèles à « mettre
tout en commun » (Ac 4, 32), même leurs biens matériels, pour le service
des plus pauvres.
195. Que signifie encore la communion des saints ?
Elle désigne également la communion entre les
personnes saintes (sancti), à savoir entre ceux qui, par la grâce, sont unis au
Christ mort et ressuscité. Les uns sont en pèlerinage sur la terre, d’autres,
ayant quitté cette vie, achèvent leur purification, soutenus aussi par nos
prières, d’autres enfin jouissent déjà de la gloire de Dieu et intercèdent pour
nous. Tous ensemble, ils forment dans le Christ une unique famille, l’Église, à
la louange et à la gloire de la Trinité.
Marie, Mère du Christ, Mère de l’Église
196. En quel sens la Bienheureuse Vierge Marie est-elle Mère
de l’Église ?
La bienheureuse Vierge Marie est Mère de l’Église dans
l’ordre de la grâce parce qu’elle a donné naissance à Jésus, le Fils de Dieu,
Tête de son Corps qui est l’Église. En mourant sur la croix, Jésus l’a donnée
comme mère à son disciple, par ces mots : « Voici ta mère » (Jn
19, 27).
197. Comment la Vierge Marie aide-t-elle l’Église ?
Après l’ascension de son Fils, la Vierge Marie a aidé,
par ses prières, les débuts de l’Église et, même après son assomption au ciel,
elle continue d’intercéder pour ses enfants, d’être pour tous un modèle de foi
et de charité, et d’exercer sur eux une influence salutaire, qui vient de la
surabondance des mérites du Christ. Les fidèles voient en elle une icône et une
anticipation de la résurrection qui les attend, et ils l’invoquent sous les
titres d’avocate, d’auxiliatrice, de secours, de médiatrice.
198. Quel type de culte convient-il à la Sainte Vierge ?
C’est un culte particulier, mais qui diffère
essentiellement du culte d’adoration, réservé uniquement à la Sainte Trinité.
Ce culte de vénération spéciale trouve une expression particulière dans les fêtes
liturgiques dédiées à la Mère de Dieu ainsi que dans les prières mariales,
comme le Rosaire, résumé de tout l’Évangile.
199. Comment la bienheureuse Vierge Marie est-elle l’icône
eschatologique de l’Église ?
En regardant Marie, toute sainte et déjà glorifiée en
son corps et en son âme, l’Église contemple en elle ce qu’elle même est appelée
à être sur la terre et ce qu’elle sera dans la patrie céleste.
« JE CROIS À LA RÉMISSION DES PÉCHÉS »
200. Comment les péchés sont-ils remis ?
Le premier et le principal sacrement pour le pardon
des péchés est le Baptême. Pour les péchés commis
après le Baptême, le Christ a institué le sacrement de la Réconciliation ou de
la Pénitence, par lequel le baptisé est réconcilié avec Dieu et avec l’Église.
201. Pourquoi l’Église a-t-elle le pouvoir de pardonner les
péchés ?
L’Église a la mission et le pouvoir de pardonner les
péchés, parce que c’est le Christ lui-même qui les lui a conférés : « Recevez
l’Esprit Saint. Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront
remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui seront
maintenus » (Jn 20, 22-23).
« JE CROIS À LA RÉSURRECTION DE LA CHAIR »
202. Que signifie le terme chair ? Quelle est son
importance ?
Le terme chair désigne l’homme dans sa condition de
faiblesse et de mortalité. « La chair est le pivot du salut »
(Tertullien). En effet, nous croyons en Dieu, créateur de la chair ; nous
croyons au Verbe fait chair pour racheter la chair, nous croyons en la
résurrection de la chair, achèvement de la création et de la rédemption de la
chair.
203. Que signifie la « résurrection de la chair » ?
Cela signifie que l’état définitif de l’homme ne sera
pas seulement l’âme spirituelle séparée du corps, mais que nos corps mortels
sont aussi appelés à reprendre vie un jour.
204. Quel rapport y a-t-il entre la résurrection du Christ
et la nôtre ?
De même que le Christ est vraiment ressuscité des
morts et vit pour toujours, de même, il nous ressuscitera tous, au dernier
jour, avec un corps incorruptible, « ceux qui ont fait le bien
ressuscitant pour entrer dans la vie, et ceux qui ont fait le mal ressuscitant
pour être jugés » (Jn 5, 29).
205. À la mort, qu’arrivera-t-il à notre corps et à notre
âme ?
À la mort, l’âme et le corps sont séparés, le corps
tombe en corruption, tandis que l’âme, qui est
immortelle, va vers le jugement de Dieu et attend d’être réunie au corps quand
il sera transformé, lors du retour du Seigneur. Comprendre comment se produira
la résurrection dépasse les capacités de notre imagination et de notre
entendement.
206. Que signifie mourir dans le Christ Jésus ?
Cela signifie mourir dans la grâce de Dieu, sans péché
mortel. Celui qui croit au Christ et qui suit son exemple peut ainsi
transformer sa mort en acte d’obéissance et d’amour envers le Père. « Cette
parole est sûre : si nous mourons avec lui, avec lui nous vivrons »
(2Tm 2, 11).
« JE CROIS À LA VIE ÉTERNELLE »
207. Qu’est-ce que la vie éternelle ?
La vie éternelle est la vie qui commence aussitôt
après la mort. Elle n’aura pas de fin. Elle sera précédée pour chacun par un
jugement particulier prononcé par le Christ, juge des vivants et des morts, et
elle sera scellée au jugement final.
208. Qu’est ce que le jugement particulier ?
C’est le jugement de rétribution immédiate que chacun,
à partir de sa mort, reçoit de Dieu en son âme immortelle, en relation avec sa
foi et ses œuvres. Cette rétribution consiste dans l’accession à la béatitude
du ciel, aussitôt ou après une purification proportionnée, ou au contraire à la
condamnation éternelle de l’enfer.
209. Qu’entend-on par « ciel » ?
On entend par « ciel » l’état de bonheur
suprême et définitif. Ceux qui meurent dans la grâce de Dieu et qui n’ont
besoin d’aucune purification ultérieure sont réunis autour de Jésus et de
Marie, des anges et des saints. Ils forment ainsi l’Église du ciel, où ils
voient Dieu « face à face » (1Co 13, 12) ; ils vivent en
communion d’amour avec la Sainte Trinité et ils intercèdent pour nous.
« La vie subsistante et vraie, c’est le Père qui,
par le Fils et l’Esprit Saint, déverse sur tous sans exception les dons
célestes. Grâce à sa miséricorde, nous aussi, hommes, nous avons reçu la
promesse indéfectible de la vie éternelle » (saint Cyrille de Jérusalem).
210. Qu’est-ce que le purgatoire ?
Le purgatoire est l’état de ceux qui meurent dans l’amitié
divine, mais qui, tout en étant assurés de leur salut éternel, ont encore
besoin de purification pour entrer dans la béatitude du ciel.
211. Comment pouvons-nous contribuer à la purification des
âmes du purgatoire ?
En vertu de la communion des saints, les fidèles qui
sont encore en pèlerinage sur la terre peuvent aider les âmes du purgatoire, en
offrant pour elles des prières de suffrage, en particulier le Sacrifice
eucharistique, mais aussi des aumônes, des indulgences et des œuvres de
pénitence.
212. En quoi consiste l’enfer ?
Il consiste dans la damnation éternelle de ceux qui,
par libre choix, meurent en état de péché mortel. La
peine principale de l’enfer est la séparation éternelle de Dieu. C’est en Dieu
seul que l’homme possède la vie et le bonheur pour lesquels il a été créé et
auxquels il aspire. Le Christ exprime cette réalité par ces mots : « Allez-vous-en
loin de moi, maudits, dans le feu éternel » (Mt 25, 41).
213. Comment concilier l’existence de l’enfer et l’infinie
bonté de Dieu ?
S’il veut que « tous parviennent au repentir »
(2P 3, 9), Dieu a toutefois créé l’homme libre et responsable,
et il respecte ses décisions. C’est donc l’homme lui-même qui, en pleine
autonomie, s’exclut volontairement de la communion avec Dieu, si, jusqu’au
moment de sa mort, il persiste dans le péché mortel, refusant l’amour
miséricordieux de Dieu.
214. En quoi consistera le jugement dernier ?
Le jugement dernier (universel) consistera dans la
sentence de vie bienheureuse ou de condamnation
éternelle, que le Seigneur Jésus, lors de son retour comme juge des vivants et
des morts, prononcera pour « les justes et les pécheurs » (Ac 24,
15), rassemblés tous ensemble devant lui. A la suite de ce jugement dernier, le
corps ressuscité participera à la rétribution que l’âme a reçue dans le
jugement particulier.
215. Quand ce jugement arrivera-t-il ?
Ce jugement se produira à la fin du monde, dont seul
Dieu connaît le jour et l’heure.
216. Que signifie l’espérance des cieux nouveaux et de la
nouvelle terre ?
Après le jugement dernier, l’univers lui-même, délivré
de l’esclavage de la corruption, participera à la
gloire du Christ avec l’inauguration des « cieux nouveaux » et de la « nouvelle
terre » (2P 3, 13). Ainsi, sera atteinte la plénitude du Royaume de Dieu,
c’est-à-dire l’accomplissement définitif du dessein sauveur de Dieu : « Récapituler
toutes choses dans le Christ, dans le ciel et sur la terre » (Ep 1, 10).
Dieu sera alors « tout en tous » (1Co 15, 28), pour la vie éternelle.
« Amen »
217 - Que signifie le mot amen, qui conclut notre profession
de foi ?
Le mot juif amen qui conclut aussi le dernier livre de
l’Écriture Sainte, ainsi que certaines prières du Nouveau Testament et les prières
liturgiques de l’Église, signifie notre « oui » confiant et total à
ce que nous avons professé de croire, nous confiant entièrement à celui qui est
l’« Amen » définitif (Ap 3, 14), le Christ Seigneur.
Dans la peinture, ici représentée, Jésus s’approchent des Apôtres près de la table et, l’un après l’autre,
il leur donne la communion. C’est un genre pictural qui montre la grande piété
eucharistique de l’Église tout au long des siècles.
« Sine dominico non possumus » disait martyr
Eméritus, au début du IVe siècle, durant l’une des plus impitoyables
persécutions contre les chrétiens, celle de Dioclétien, en 304 après Jésus-Christ.
Accusé d’avoir participé à l’Eucharistie avec sa communauté, il admet sans
réticence : « Sans l’Eucharistie, nous ne pouvons vivre ». Et
une des martyrs ajoute : « Oui, je suis allée à l’assemblée et j’ai
célébré la cène du Seigneur avec mes frères, parce que je suis chrétienne »
(Passion des martyrs d’Abitina, c. 11 ; 7,16). À cause de leur fidélité
eucharistique, 49 martyrs nord-africains furent condamnés à mort. Jésus
Eucharistie était la vie véritable pour Saturnin et ses compagnons martyrs d’Abitina,
en Afrique proconsulaire. Ils préférèrent mourir plutôt que de se priver de la
nourriture eucharistique, pain de la vie éternelle.
Saint Thomas d’Aquin avait l’habitude, à mi-journée,
de descendre à l’église et, plein de confiance et d’abandon, d’apposer son
front contre le tabernacle dans un colloque intime avec Jésus Eucharistie. Ce
grand théologien médiéval est aussi connu pour avoir composé l’Office de la
Fête du Corpus Domini, dans lequel il exprime pleinement sa profonde dévotion
eucharistique.
L’Hymne des Louanges (Verbum supernum prodiens), est
la synthèse de la spiritualité eucharistique catholique :
« Sur le point d’être livré à la mort, par le
traître à ses complices,
[Jésus] se donna lui-même à ses disciples comme
nourriture de vie.
Il leur donna sous une double espèce, sa Chair et son
Sang ;
afin que, par cette double substance, il nourrisse l’homme
tout entier.
En naissant, il se donna comme compagnon,
en s’asseyant à table avec eux, comme nourriture,
en mourant, comme récompense ».
Thomas d’Aquin, qui appelait l’Eucharistie « sommet
et perfection de toute la vie spirituelle », ne fait qu’exprimer la conscience
de foi de l’Église, qui croit en l’Eucharistie, présence vivante de Jésus au
milieu de nous et nourriture indispensable à la vie spirituelle. L’Eucharistie
constitue le fil rouge qui, à partir de la dernière Cène, relie tous les
siècles de l’histoire de l’Église jusqu’à nous aujourd’hui. Les paroles de la
consécration : « Ceci est mon Corps » et « Ceci est mon
Sang », ont été prononcées, toujours et partout, même dans les goulags,
dans les camps de concentration, dans les milliers de prisons qui existent
encore aujourd’hui. C’est sur cet horizon eucharistique que l’Église fonde sa
vie, sa communion et sa mission.
<JOOS VAN WASSENHOVEN, Jésus donne la communion aux
Apôtres, Galerie nationale des Marches, Urbino>
DEUXIÈME PARTIE
LA CÉLÉBRATION DU MYSTÈRE CHRÉTIEN
PREMIÈRE SECTION - L’ÉCONOMIE SACRAMENTELLE
Le sacrifice de la croix est la source de l’économie
sacramentelle de l’Église. Dans l’image, Marie, symbole de l’Église, recueille
de sa main gauche du côté transpercé de Jésus, le sang et l’eau, symboles des
sacrements de l’Église :
« Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il
était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec
sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau »
(Jn 19, 33-34).
Saint Augustin commente : « Notre Seigneur
Jésus Christ, qui en souffrant, a offert pour nous ce qu’il avait pris de nous
en naissant, devenu pour l’éternité le plus grand des prêtres, disposa que l’on
offrit le sacrifice que vous voyez, c’est-à-dire son corps et son sang. En
effet, son corps, déchiré par la lance, répandit l’eau et le sang, avec
lesquels il remit nos péchés. En vous rappelant cette grâce, en vous redonnant
la santé (car, de plus, c’est Dieu qui le fait en vous), apprêtez-vous, avec
crainte et trépidation, à participer de cet autel. Reconnaissez dans le pain,
le même [corps] que vous avez pendu sur la croix, et dans le calice, le même
[sang] qui jaillit de son côté. Les sacrifices antiques du peuple de Dieu, dans
leur multiple variété, préfiguraient aussi cet unique sacrifice qui devait
venir. Et le Christ est en même temps l’agneau, en vertu de l’innocence de son
âme pure, et le bouc, à cause de sa chair, semblable à celle du péché. Et tout
ce qui est préfiguré de nombreuses et diverses manières dans les sacrifices de
l’Ancien Testament, se réfère seulement à ce [sacrifice], qui a été révélé dans
le Nouveau Testament.
Prenez donc et mangez le Corps du Christ, vous qui
êtes maintenant devenus membres du Christ, dans le Corps du Christ ;
prenez et buvez-vous le sang du Christ. Pour ne pas vous séparer, mangez ce qui
vous unit ; pour ne pas vous considérer comme peu de chose, buvez votre
prix. Comme il se transforme en vous lorsque vous en mangez et buvez, de même,
vous aussi, vous vous transformez dans le Corps du Christ, si dans votre vie,
vous vivez dans l’obéissance et dans la piété. En effet, déjà proche de sa
passion, célébrant la Pâque avec ses disciples, il prit le pain, le bénit en
disant : "Ceci est mon corps qui sera livré pour vous". De la
même manière, après l’avoir béni, il donna le calice, en disant :
"Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera versé pour
la multitude en rémission des péchés". Cela, vous le lisiez déjà et vous l’entendiez
de l’Évangile, cependant vous ne saviez pas que cette Eucharistie est le Fils
lui-même ; mais à présent, avec le cœur purifié dans une conscience sans
tâche, et avec le corps lavé dans une eau pure, approchez-vous de lui et vous
serez illuminés, et vos visages ne rougiront pas » (Discours 228 B).
<Chapelle « Redemptoris Mater », Mosaïque de la
paroi de l’Incarnation, Cité du Vatican.>
218. Qu’est-ce que la Liturgie ?
La Liturgie est la célébration du Mystère du Christ,
en particulier de son Mystère pascal. Dans la liturgie, par l’intermédiaire de
l’exercice de la fonction sacerdotale de Jésus Christ, est signifiée et
réalisée, par des signes, la sanctification des hommes. Le Corps mystique du
Christ, à savoir la tête et les membres, exerce le culte public qui est dû à Dieu.
219. Quelle est la place de la Liturgie dans la vie de l’Église ?
Action sacrée par excellence, la liturgie constitue le
sommet vers lequel tend l’action de l’Église et en
même temps la source d’où provient sa force de vie. Par la liturgie, le Christ
continue dans son Église, avec elle et par elle l’œuvre de notre rédemption.
220. En quoi consiste l’économie sacramentelle ?
L’économie sacramentelle consiste dans le fait de
communiquer les fruits de la rédemption du Christ par la célébration des sacrements
de l’Église, en tout premier lieu de l’Eucharistie, « jusqu’à ce qu’il
revienne » (1Co 11, 26).
Chapitre I - Le mystère pascal dans la vie de l’Église - LA LITURGIE, ŒUVRE
DE LA SAINTE TRINITÉ
221. Comment le Père est-il la source et la fin de la
liturgie ?
Dans la liturgie, le Père nous comble de ses
bénédictions en son Fils incarné, mort et ressuscité pour nous, et il répand
dans nos cœurs l’Esprit Saint. En même temps, l’Église bénit le Père par l’adoration,
la louange, l’action de grâces, et elle implore le don de son Fils et de l’Esprit
Saint.
222. Quelle est l’œuvre du Christ dans la liturgie ?
Dans la liturgie, le Christ signifie et accomplit
principalement son Mystère pascal. En donnant l’Esprit Saint aux Apôtres, il
leur a donné, ainsi qu’à leurs successeurs, le pouvoir de réaliser l’œuvre du
salut par le Sacrifice eucharistique et par les sacrements, où il agit lui-même
pour communiquer sa grâce aux fidèles de tous les temps et dans le monde
entier.
223. Dans la liturgie, comment le Saint-Esprit agit-il par
rapport à l’Église ?
Dans la liturgie s’opère la coopération la plus
étroite de l’Esprit Saint et de l’Église. L’Esprit Saint prépare l’Église à
rencontrer son Seigneur. Il rappelle le Christ à la foi de l’assemblée et le
lui manifeste. Il rend présent et actualise le mystère du Christ ; il unit
l’Église à la vie et à la mission du Christ, et il fait fructifier en elle le
don de la communion.
LE MYSTÈRE PASCAL DANS LES SACREMENTS DE L’ÉGLISE
224. Pourquoi les sacrements ? Combien y en a-t-il ?
Les sacrements sont des signes sensibles et efficaces
de la grâce, institués par le Christ et confiés à l’Église, par lesquels nous
est donnée la vie divine. Ils sont au nombre de sept : le Baptême, la
Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Onction des malades, l’Ordre et le
Mariage.
225. Quel est le rapport des sacrements avec le Christ ?
Les mystères de la vie du Christ constituent le
fondement de ce que maintenant, par les ministres de l’Église, le Christ
dispense dans les sacrements.
« Ce qui était visible dans notre Sauveur est
passé dans les sacrements » (saint Léon le Grand).
226. Quel est le lien des sacrements avec l’Église ?
Le Christ a confié les sacrements à son Église. Ils
sont « de l’Église » en un double sens : ils sont « par l’Église »,
parce qu’ils sont action de l’Église, qui est le sacrement de l’action du
Christ ; ils sont « pour l’Église », en ce sens qu’ils édifient
l’Église.
227. Qu’est-ce que le caractère sacramentel ?
C’est un sceau spirituel conféré par les sacrements du
Baptême, de la Confirmation et de l’Ordre. Il est promesse et garantie de la
protection divine. En vertu de ce sceau, le chrétien est configuré au Christ ;
il participe de diverses manières à son sacerdoce. Il fait partie de l’Église
selon des états et des fonctions différents. Il a ainsi pour vocation le culte
divin et le service de l’Église. Puisque leur caractère est indélébile, les
sacrements qui l’impriment ne sont reçus qu’une seule fois dans la vie.
228. Quel est le rapport des sacrements avec la foi ?
Non seulement les sacrements supposent la foi, mais
encore, par les paroles et les éléments rituels, ils
la nourrissent, la fortifient et l’expriment. En célébrant les sacrements, l’Église
confesse la foi apostolique. De là vient l’ancien adage « lex orandi, lex
credendi », ce qui veut dire : l’Église croit comme elle prie.
229. Pourquoi les sacrements sont-ils efficaces ?
229. Pourquoi les sacrements sont-ils efficaces ?
Les sacrements sont efficaces ex opere operato (« par
le fait même que l’action sacramentelle est accomplie »). C’est en effet
le Christ qui agit en eux et qui communique la grâce qu’ils signifient,
indépendamment de la sainteté personnelle du ministre ; toutefois les
fruits du sacrement dépendent aussi des dispositions de ceux qui les reçoivent.
230. Pourquoi les sacrements sont-ils nécessaires au salut ?
Même s’ils ne sont pas tous donnés à chaque croyant,
les sacrements sont nécessaires à ceux qui croient au
Christ, parce qu’ils confèrent les grâces sacramentelles, le pardon des péchés,
l’adoption comme fils de Dieu, la conformation au Christ Seigneur et l’appartenance
à l’Église. L’Esprit Saint guérit et transforme ceux qui les reçoivent.
231. Qu’est-ce que la grâce sacramentelle ?
La grâce sacramentelle est la grâce de l’Esprit Saint,
donnée par le Christ et propre à chaque sacrement.
Cette grâce aide le fidèle sur le chemin de la sainteté ; elle aide aussi
l’Église à croître dans la charité et dans son témoignage.
232. Quel est le rapport des sacrements avec la vie
éternelle ?
Dans les sacrements, l’Église reçoit déjà une
anticipation de la vie éternelle, tout en demeurant « dans
l’attente de la bienheureuse espérance et de la manifestation de la gloire de
notre Dieu et Seigneur Jésus Christ » (Tt 2, 13).
Chapitre II La célébration sacramentelle du Mystère pascal
CÉLÉBRER LA LITURGIE DE L’ÉGLISE - Qui célèbre ?
233. Qui agit dans la liturgie ?
Dans la liturgie, c’est le Christ total (« Christus
Totus »), Tête et Corps, qui agit. En tant que Souverain Prêtre, il
célèbre avec son Corps, qui est l’Église du ciel et de la terre.
234. Qui célèbre la liturgie céleste ?
La liturgie céleste est célébrée par les anges, les
saints de l’Ancienne et de la Nouvelle Alliance, en particulier par la Mère de
Dieu, les Apôtres, les martyrs et une « multitude immense » que nul
ne peut dénombrer, « de toutes nations, races, peuples et langues »
(Ap 7, 9). Quand nous célébrons dans les sacrements le mystère du salut, nous
prenons part à cette liturgie éternelle.
235. Comment l’Église de la terre célèbre-t-elle la liturgie ?
L’Église sur la terre célèbre la liturgie en tant que
peuple sacerdotal, au sein duquel chacun agit selon sa fonction propre, dans l’unité
de l’Esprit Saint. Les baptisés s’offrent en sacrifice spirituel, les ministres
ordonnés célèbrent selon l’Ordre qu’ils ont reçu pour le service de tous les
membres de l’Église ; Évêques et prêtres agissent dans la personne du
Christ Tête.
Comment célébrer ?
236. Comment est célébrée la liturgie ?
La célébration liturgique est composée de signes et de
symboles, dont la signification, enracinée dans la création et dans les
cultures humaines, se précise dans les événements de l’Ancienne Alliance et s’accomplit
pleinement dans la Personne et dans les œuvres du Christ.
237. D’où proviennent les signes sacramentels ?
Certains proviennent de la création (la lumière, l’eau,
le feu, le pain, le vin, l’huile) ; d’autres proviennent de la vie sociale
(laver, oindre, rompre le pain) ; d’autres encore, de l’histoire du salut
dans l’Ancienne Alliance (les rites de la Pâque, les sacrifices, l’imposition
des mains, les consécrations). De tels signes, dont certains sont prescrits et
immuables, assumés par le Christ, sont porteurs de l’action du salut et de la sanctification.
238. Quel lien existe-t-il entre les gestes et les paroles
dans la célébration sacramentelle ?
Dans la célébration sacramentelle, gestes et paroles
sont étroitement liés. En effet, même si les gestes symboliques sont déjà en
eux-mêmes un langage, il est pourtant nécessaire que les paroles rituelles les
accompagnent et les vivifient. Inséparables à la fois comme signes et
enseignement, les paroles et les gestes liturgiques le sont aussi parce qu’ils
réalisent ce qu’ils signifient.
239. Selon quels critères le chant et la musique ont-ils
leur rôle dans la célébration liturgique ?
Le chant et la musique sont en connexion étroite avec
l’action liturgique ; ils doivent donc respecter les critères suivants :
conformité à la doctrine catholique des textes, tirés de préférence de l’Écriture
et des sources liturgiques, beauté expressive de la prière, qualité de la
musique, participation de l’assemblée, richesse culturelle du peuple de Dieu,
caractère sacré et solennel de la célébration. « Qui chante prie deux fois
(saint Augustin).
240. Quel est le but des images saintes ?
L’image du Christ est l’icône liturgique par
excellence ; les autres images représentant la Vierge et les saints
signifient le Christ qui est glorifié en eux. Elles proclament le message
évangélique lui-même que la Sainte Écriture transmet par la parole. Elles
contribuent à réveiller et à nourrir la foi des croyants.
Quand célébrer ?
241. Quel est le centre du temps liturgique ?
Le centre du temps liturgique est le dimanche,
fondement et cœur de toute l’année liturgique, qui, chaque année, a son sommet
à Pâques, la fête des fêtes.
242. Quel est le rôle de l’année liturgique ?
Au cours de l’année liturgique, l’Église célèbre la
totalité du Mystère du Christ, de son Incarnation jusqu’à son retour dans la
gloire. Certains jours, l’Église vénère avec une affection spéciale la
bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, et elle fait aussi mémoire des saints,
qui ont vécu pour le Christ, qui ont souffert avec lui et qui sont avec lui
dans la gloire.
243. Qu’est-ce que la liturgie des Heures ?
La liturgie des Heures, prière publique et habituelle
de l’Église, est la prière du Christ avec son Corps. Par elle, le Mystère du
Christ, que nous célébrons dans l’Eucharistie, sanctifie et transfigure le
temps de chaque jour. Elle se compose principalement de Psaumes et d’autres
textes bibliques, ainsi que de lectures des Pères et des maîtres spirituels.
Où célébrer ?
244. L’Église a-t-elle besoin de lieux pour célébrer la
liturgie ?
Le culte « en esprit et en vérité » (Jn 4,
24) de la Nouvelle Alliance n’est lié à aucun lieu en particulier, car le
Christ est le véritable temple de Dieu, grâce auquel les chrétiens et l’Église
entière deviennent, sous l’action de l’Esprit Saint, temples du Dieu vivant.
Toutefois, le Peuple de Dieu, dans sa condition terrestre, a besoin de lieux où
la communauté peut se rassembler pour célébrer la liturgie.
245. Que sont les édifices sacrés ?
Ils sont les maisons de Dieu, symbole de l’Église qui
vit en tel lieu précis et symbole de la demeure
céleste. Ce sont des lieux de prière dans lesquels l’Église célèbre surtout l’Eucharistie
et adore le Christ, réellement présent dans le tabernacle.
246. Quels sont les endroits privilégiés à l’intérieur des
édifices sacrés ?
Ce sont : l’autel, le tabernacle, le lieu où sont
conservés le saint chrême et les autres huiles saintes,
le siège de l’Évêque (cathèdre) ou du curé, l’ambon, la cuve baptismale, le
confessionnal.
LA DIVERSITÉ LITURGIQUE ET L’UNITÉ DU MYSTÈRE
247. Pourquoi l’unique Mystère du Christ est-il célébré au
sein de l’Église selon différentes traditions liturgiques ?
Parce que l’insondable richesse du Mystère du Christ
ne peut être épuisée par une seule tradition liturgique. Depuis l’origine, cette
richesse a donc trouvé, dans les différents peuples et les différentes
cultures, des expressions qui se caractérisent par une variété et une
complémentarité admirables.
248. Quel est le critère qui garantit l’unité dans cette
pluralité ?
C’est la fidélité à la Tradition apostolique, à savoir
la communion dans la foi et dans les sacrements reçus des Apôtres, communion
signifiée et garantie par la succession apostolique. L’Église est catholique :
elle peut donc intégrer dans son unité toutes les véritables richesses des
différentes cultures.
249. Tout est-il immuable dans la liturgie ?
Dans la liturgie, surtout dans la liturgie des
sacrements, il y a des éléments immuables, parce qu’ils sont d’institution
divine, dont l’Église est la fidèle gardienne. Il y a aussi des éléments
susceptibles de changement, qu’elle a le pouvoir et parfois le devoir d’adapter
aux cultures des différents peuples.
DEUXIÈME SECTION - LES SEPT SACREMENTS DE L’ÉGLISE
Les sept Sacrements de l’Église
le
Baptême,
la Confirmation,
l’Eucharistie,
la
Pénitence,
l’Onction
des malades,
l’Ordre,
le
Mariage.
Septem Ecclesiæ Sacramenta
Baptísmum,
Confirmátio,
Eucharístia,
Pæniténtia,
Unctio infirmórum,
Ordo,
Matrimónium.
Les sacrements de l’Église sont le fruit du sacrifice
rédempteur de Jésus en croix. Le triptyque représente une église où sont
célébrés les sept sacrements. Au centre, se dresse, de manière prédominante, la
croix. Au pied du Crucifié, se trouve Marie, brisée, soutenue par Jean, ainsi
que les pieuses femmes. En arrière plan, un prêtre célébrant élève l’hostie
après la consécration pour indiquer que le sacrifice de la croix est
réactualisé dans la célébration eucharistique sous les espèces du pain et du
vin. Dans la partie gauche, qui montre une chapelle latérale, sont représentés
les sacrements du Baptême, de la Confirmation, administrée par l’Évêque, et de
la Pénitence. Dans la partie droite, par contre, sont représentés les
sacrements de l’Ordre, administré également par l’Évêque, du Mariage et de l’Onction
des malades.
<ROGIER VAN DER WEYDEN, triptyque des sept sacrements,
koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Anvers.>
250. Comment se distinguent les sacrements ?
On distingue : les sacrements de l’initiation
chrétienne (Baptême, Confirmation et Eucharistie), les sacrements de la
guérison (Pénitence et Onction des malades), les sacrements au service de la
communion et de la mission (Ordre et Mariage). Ils concernent les moments
importants de la vie chrétienne. Tous sont ordonnés à l’Eucharistie « comme
à leur fin spécifique » (saint Thomas d’Aquin).
Chapitre I - LES SACREMENTS DE L’INITIATION CHRÉTIENNE
251. Comment se réalise l’initiation chrétienne ?
Elle se réalise par les sacrements qui posent les
fondements de la vie chrétienne. Renés par le Baptême, les fidèles sont
fortifiés par la Confirmation et se nourrissent de l’Eucharistie.
LE SACREMENT DU BAPTÊME
252. Quels sont les noms du premier sacrement de l’initiation ?
Il prend d’abord le nom de Baptême en raison du rite
central de la célébration. Baptiser veut dire « plonger » dans l’eau.
Celui qui est baptisé est plongé dans la mort du Christ et il ressuscite avec
lui comme « créature nouvelle » (2Co 5, 17). On l’appelle encore « bain
de la régénération et de la rénovation dans l’Esprit Saint » (Tt 3, 5) et « illumination »,
parce que le baptisé devient « fils de la lumière » (Ep 5, 8).
253. Comment le baptême est-il préfiguré dans l’Ancienne
Alliance ?
Dans l’Ancienne Alliance, on trouve diverses
préfigurations du Baptême : l’eau, source de vie et de mort, l’arche de
Noé, qui sauve par l’eau, le passage de la Mer Rouge, qui a délivré Israël de
la servitude en Égypte, la traversée du Jourdain, qui fait entrer Israël dans
la Terre promise, image de la vie éternelle.
254. Qui porte ces préfigurations à leur accomplissement ?
C’est Jésus Christ qui, au début de sa vie publique,
se fait baptiser dans le Jourdain par Jean-Baptiste. Sur la croix, de son côté
transpercé, jaillissent le sang et l’eau, signes du Baptême et de l’Eucharistie.
Après sa Résurrection, il a confié aux Apôtres la mission suivante : « Allez,
enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du
Saint-Esprit » (Mt 28, 19).
255. Depuis quand et à qui l’Église administre-t-elle le
Baptême ?
Depuis le jour de la Pentecôte, l’Église administre le
Baptême à ceux qui croient en Jésus Christ.
256. Quel est le rite essentiel du Baptême ?
Le rite essentiel de ce sacrement consiste à plonger
dans l’eau le candidat ou à verser de l’eau sur sa
tête, en prononçant l’invocation : au nom du Père, et du Fils, et du Saint
Esprit.
257. Qui peut recevoir le Baptême ?
Toute personne non encore baptisée peut recevoir ce
sacrement.
258. Pourquoi l’Église baptise-t-elle les petits enfants ?
Parce que, étant nés avec le péché originel, les
petits enfants ont besoin d’être délivrés du pouvoir
du Malin et d’être introduits dans le royaume de la liberté des fils de Dieu.
259. Que demande-t-on à un baptisé ?
À tout baptisé, on demande de faire la profession de
foi, qui est exprimée personnellement dans le cas d’un
adulte, ou par les parents et par l’Église dans le cas d’un petit enfant. Le
parrain ou la marraine, et la communauté ecclésiale entière ont, eux aussi, une
part de responsabilité dans la préparation au Baptême (catéchuménat), de même
que dans le développement de la foi et de la grâce baptismale.
260. Qui peut baptiser ?
Les ministres ordinaires du Baptême sont l’Évêque et
les prêtres ; dans l’Église latine, il y a également
le diacre. En cas de nécessité, toute personne peut baptiser, pourvu qu’elle
ait l’intention de faire ce que fait l’Église. Celui qui baptise verse de l’eau
sur la tête du candidat et prononce la formule baptismale trinitaire : « Je
te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ».
261. Le Baptême est-il nécessaire pour être sauvé ?
Le Baptême est nécessaire pour ceux auxquels l’Évangile
a été annoncé et qui ont la possibilité de demander ce sacrement.
262. Peut-on être sauvé sans le Baptême ?
Parce que le Christ est mort pour le salut de tous les
hommes, peuvent aussi être sauvés sans le Baptême ceux qui sont morts à cause
de la foi (Baptême du sang), les catéchumènes et de même ceux qui, sous la
motion de la grâce, sans avoir la connaissance du Christ ni de l’Église,
recherchent sincèrement Dieu et s’efforcent d’accomplir sa volonté (Baptême de
désir). Quant aux petits enfants morts sans Baptême, l’Église dans sa liturgie
les confie à la miséricorde de Dieu.
263. Quels sont les effets du Baptême ?
Le Baptême remet le péché originel, tous les péchés
personnels et les peines dues au péché. Il fait participer à la vie divine
trinitaire par la grâce sanctifiante, par la grâce de la justification qui
incorpore au Christ et à son Église. Il donne part au sacerdoce du Christ et il
constitue le fondement de la communion avec tous les chrétiens. Il dispense les
vertus théologales et les dons de l’Esprit Saint. Le baptisé appartient pour
toujours au Christ : il est marqué du sceau indélébile du Christ
(caractère).
264. Quel sens revêt le nom chrétien donné au Baptême ?
Tout nom est important puisque que Dieu connaît chacun
par son nom, c’est-à-dire par son caractère unique. Au
Baptême, le chrétien reçoit dans l’Église un nom particulier, de préférence
celui d’un saint, qui offre au baptisé un modèle de sainteté et qui l’assure de
son intercession auprès de Dieu.
LE SACREMENT DE LA CONFIRMATION
265. Quelle est la place de la Confirmation dans le dessein
divin du salut ?
Dans l’Ancienne Alliance, les prophètes ont annoncé le
don de l’Esprit du Seigneur au Messie attendu et à
tout le peuple messianique. Toute la vie et la mission du Christ se déroulent
dans une totale communion avec l’Esprit Saint. Les Apôtres le reçoivent à la
Pentecôte et annoncent les « merveilles de Dieu » (Ac 2, 11). Par l’imposition
des mains, ils transmettent aux nouveaux baptisés le don de l’Esprit lui-même.
Tout au long des siècles, l’Église a continuellement vécu de l’Esprit et l’a
transmis à ses fils.
266. Pourquoi parle-t-on de la Chrismation ou de la Confirmation ?
On dit Chrismation (dans les Églises orientales on
parle de Chrismation avec le saint myron, qui veut dire saint-chrême), parce
que le rite essentiel en est l’onction. On l’appelle Confirmation, parce qu’elle
confirme et renforce la grâce baptismale.
267. Quel est le rite essentiel de la Confirmation ?
Le rite essentiel de la Confirmation est l’onction
avec le saint-chrême (huile parfumée, consacrée par l’Évêque).
Il s’effectue par l’imposition des mains par le ministre, qui prononce les paroles
sacramentelles propres au sacrement. En Occident, cette onction est faite sur
le front des baptisés avec ces paroles : « Sois marqué de l’Esprit
Saint, le don de Dieu ». Dans les Églises orientales de rite byzantin, l’onction
est faite aussi sur d’autres parties du corps, avec la formule : « Je
te marque du don de l’Esprit Saint ».
268. Quel est l’effet de la Confirmation ?
L’effet de la Confirmation est l’effusion particulière
de l’Esprit Saint, comme à la Pentecôte. Cette effusion imprime dans l’âme un
caractère indélébile et elle augmente la grâce baptismale. Elle enracine plus
profondément la filiation divine. Elle unit plus fermement au Christ et à son
Église. Elle renforce dans l’âme les dons de l’Esprit Saint et elle confère une
force particulière pour témoigner de la foi chrétienne.
269. Qui peut recevoir ce sacrement ?
Toute personne qui a déjà été baptisée peut et doit le
recevoir, et cela une seule fois. Pour le recevoir efficacement, le baptisé
doit être en état de grâce.
270. Qui est le ministre de la Confirmation ?
À l’origine, le ministre en est l’Évêque. Ainsi est
manifesté le lien du confirmé avec l’Église dans sa dimension apostolique.
Quand c’est le prêtre qui confère ce sacrement - comme cela est habituellement
le cas en Orient et dans des circonstances particulières en Occident -, le lien
avec l’Évêque et avec l’Église est manifesté par le prêtre, collaborateur de l’Évêque
et par le saint-chrême consacré par l’Évêque lui-même.
LE SACREMENT DE L’EUCHARISTIE
271. Qu’est-ce que l’Eucharistie ?
L’Eucharistie est le sacrifice même du Corps et du
Sang du Seigneur Jésus, qu’il a instituée pour perpétuer
au long des siècles jusqu’à son retour le sacrifice de la croix, confiant ainsi
à son Église le mémorial de sa Mort et de sa Résurrection. L’Eucharistie est le
signe de l’unité, le lien de la charité, le repas pascal, où l’on reçoit le
Christ, où l’âme est comblée de grâce et où est donné le gage de la vie
éternelle.
272. Quant le Christ a-t-il institué l’Eucharistie ?
Il l’a instituée le Jeudi saint, « la nuit même
où il était livré » (1Co 11, 23), alors qu’il célébrait la dernière Cène
avec ses Apôtres.
273. Comment l’a-t-il instituée ?
Après avoir réuni ses Apôtres au Cénacle, Jésus prit
le pain dans ses mains, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez,
et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ». Puis il
prit dans ses mains la coupe remplie de vin et leur dit : « Prenez,
et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’Alliance
nouvelle et éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en
rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi ».
274. Que représente l’Eucharistie dans la vie de l’Église ?
Elle est la source et le sommet de toute la vie
chrétienne. Dans l’Eucharistie culminent l’action sanctifiante de Dieu envers
nous et le culte que nous lui rendons. L’Eucharistie renferme tout le bien
spirituel de l’Église : le Christ lui-même, notre Pâque. La communion de
la vie divine et l’unité du Peuple de Dieu sont exprimées et réalisées par l’Eucharistie.
À travers la célébration eucharistique, nous nous unissons déjà à la liturgie
du Ciel et nous anticipons la vie éternelle.
275. Comment désigne-t-on ce sacrement ?
La richesse insondable de ce sacrement se manifeste
par différents noms, qui en traduisent les aspects
particuliers. Les plus communs sont : Eucharistie, Sainte Messe, Cène du
Seigneur, Fraction du pain, Célébration eucharistique, Mémorial de la passion,
de la mort et de la résurrection du Seigneur, Saint Sacrifice, Sainte et Divine
Liturgie, Saints Mystères, Saint-Sacrement de l’autel, Communion.
276. Quelle est la place de l’Eucharistie dans le plan divin
du salut ?
Dans l’Ancienne Alliance, l’Eucharistie est préfigurée
surtout par le repas pascal célébré chaque année par
les Hébreux avec les pains azymes, en souvenir du départ précipité et
libérateur de l’Égypte. Jésus l’a annoncée dans son enseignement et il l’a
instituée en célébrant la dernière Cène avec ses Apôtres, au cours du repas
pascal. Fidèle au commandement du Seigneur : « Vous ferez cela, en
mémoire de moi » (1Co 11, 24), l’Église a toujours célébré l’Eucharistie,
surtout le dimanche, jour de la Résurrection de Jésus.
277. Comment se déroule la célébration de l’Eucharistie ?
Elle se déroule en deux grandes parties, qui forment
un seul acte cultuel : la liturgie de la Parole, qui comprend la
proclamation et l’écoute de la Parole de Dieu, et la liturgie eucharistique,
qui comprend la présentation du pain et du vin, la prière ou anaphore comportant
les paroles de la consécration, et la communion.
278. Qui est le ministre du sacrement de l’Eucharistie ?
C’est le prêtre (Évêque ou prêtre) validement ordonné,
qui agit dans la Personne du Christ Tête et au nom de l’Église.
279. Quels sont éléments essentiels et nécessaires pour l’Eucharistie ?
Ce sont le pain de blé et le vin de la vigne.
280. En quel sens l’Eucharistie est-elle mémorial du
sacrifice du Christ ?
L’Eucharistie est mémorial en ce sens qu’elle rend
présent et actualise le sacrifice que le Christ a offert à son Père, une fois
pour toutes, sur la croix, en faveur de l’humanité. Le caractère sacrificiel de
l’Eucharistie se manifeste dans les paroles mêmes de l’institution : « Ceci
est mon corps livré pour vous » et « Cette coupe est la nouvelle
Alliance en mon sang répandu pour vous » (Lc 22, 19-20). Le sacrifice de
la croix et le sacrifice de l’Eucharistie sont un unique sacrifice. La victime
et celui qui l’offre sont identiques. Seule la manière de l’offrir diffère. Le
sacrifice est sanglant sur la croix, non sanglant dans l’Eucharistie.
281. De quelle manière l’Église participe-t-elle au
sacrifice eucharistique ?
Dans l’Eucharistie, le sacrifice du Christ devient
aussi le sacrifice des membres de son Corps. La vie des fidèles, leur louange,
leur action, leur prière, leur travail, sont unis à
ceux du Christ. En tant que sacrifice, l’Eucharistie est aussi offerte pour
tous les fidèles, pour les vivants et les défunts, en réparation des péchés de
tous les hommes, et pour obtenir de Dieu des bienfaits spirituels et temporels.
De plus, l’Église du ciel est présente dans l’offrande du Christ.
282. Comment Jésus est-il présent dans l’Eucharistie ?
Jésus Christ est présent dans l’Eucharistie d’une
façon unique et incomparable. Il est présent en effet de manière vraie, réelle,
substantielle : avec son Corps et son Sang, avec son Âme et sa divinité.
Dans l’Eucharistie, est donc présent de manière sacramentelle, c’est-à-dire
sous les espèces du pain et du vin, le Christ tout entier, Dieu et homme.
283. Que signifie la transsubstantiation ?
La transsubstantiation signifie la conversion de toute
la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la
substance du vin en la substance de son Sang. Cette conversion se réalise au
cours de la prière eucharistique, par l’efficacité de la parole du Christ et de
l’action de l’Esprit Saint. Toutefois, les apparences sensibles du pain et du
vin, c’est-à-dire les « espèces eucharistiques », demeurent inchangées.
284. La fraction du pain divise-t-elle le Christ ?
La fraction du pain ne divise pas le Christ. Il est
tout entier et intégralement présent en chacune des espèces eucharistiques et
en chacune de leurs parties.
285. Jusqu’à quand demeure la présence eucharistique du
Christ ?
Elle demeure tant que subsistent les espèces
eucharistiques.
286. Quelle sorte de culte est-il dû au sacrement de l’Eucharistie ?
C’est le culte de latrie, c’est-à-dire l’adoration
réservée à Dieu seul, soit durant la célébration eucharistique,
soit en dehors d’elle. L’Église conserve en effet avec le plus grand soin les
hosties consacrées ; elle les porte aux malades et aux personnes qui sont
dans l’impossibilité de participer à la Messe. Elle présente l’hostie à l’adoration
solennelle des fidèles, la porte en procession, et elle invite à la visite
fréquente et à l’adoration du Saint-Sacrement, conservé dans le tabernacle.
287. Pourquoi l’Eucharistie est-elle le banquet pascal ?
L’Eucharistie est le banquet pascal parce que le
Christ, accomplissant sacramentellement sa pâque, nous
donne son Corps et son Sang offerts en nourriture et en boisson. Il nous unit à
lui et entre nous dans son sacrifice.
288. Que signifie l’autel ?
L’autel est le symbole du Christ lui-même, présent
comme victime sacrificielle (autel-sacrifice de la
croix) et comme nourriture céleste qui se donne à nous (autel-table
eucharistique).
289. Quand l’Église fait-elle obligation de participer à la
Messe ?
L’Église fait obligation aux fidèles de participer à
la Messe tous les dimanches et aux fêtes de précepte, et elle recommande d’y
participer aussi les autres jours.
290. Quand doit-on communier ?
L’Église recommande aux fidèles qui prennent part à la
Messe de recevoir aussi, avec les dispositions
voulues, la Communion, en en prescrivant l’obligation au moins à Pâques.
291. Qu’est-il exigé pour recevoir la Communion ?
Pour recevoir la Communion, il faut être pleinement
incorporé à l’Église catholique et être en état de
grâce, c’est-à-dire sans conscience d’avoir commis de péché mortel. Celui qui
est conscient d’avoir commis un péché grave doit recevoir le sacrement de la
Réconciliation avant d’accéder à la Communion. Il importe aussi d’avoir un
esprit de recueillement et de prière, d’observer le jeûne prescrit par l’Église
et d’avoir des attitudes corporelles dignes (gestes, vêtements), comme marques
de respect envers le Christ.
292. Quels sont les fruits de la Communion ?
La Communion fait grandir notre union au Christ et
avec son Église. Elle maintient et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême
et à la Confirmation, et elle accroît l’amour envers le prochain. En nous
fortifiant dans la charité, elle efface les péchés véniels et nous préserve,
pour l’avenir, des péchés mortels.
293. Quand est-il possible d’administrer la Communion à d’autres
chrétiens ?
Les ministres catholiques administrent licitement la
Communion aux membres des Églises orientales qui ne
sont pas en pleine communion avec l’Église catholique, mais qui la demandent de
leur plein gré, avec les dispositions requises. Quant aux membres des autres
Communautés ecclésiales, les ministres catholiques administrent licitement la
Communion aux fidèles qui, en raison d’une nécessité grave, la demandent de
leur plein gré, qui sont bien disposés et qui manifestent la foi catholique à l’égard
du sacrement.
294. Pourquoi l’Eucharistie est-elle « gage de la
gloire à venir » ?
Parce que l’Eucharistie comble de toutes les grâces et
bénédictions du Ciel, elle nous rend forts pour notre pèlerinage en cette vie
et elle fait désirer la vie éternelle, nous unissant déjà au Christ assis à la
droite du Père, à l’Église du ciel, à la bienheureuse Vierge Marie et à tous
les saints.
Dans l’Eucharistie, nous « rompons un même pain
qui est remède d’immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en
Jésus Christ pour toujours » (saint Ignace d’Antioche).
Chapitre II - LES SACREMENTS DE GUÉRISON
295. Pourquoi le Christ a-t-il institué les sacrements de la
Pénitence et de l’Onction des malades ?
Le Christ, médecin de l’âme et du corps, les a
institués parce que la vie nouvelle qu’il nous a donnée par les sacrements de l’initiation
chrétienne peut être affaiblie et même perdue à cause du péché. C’est pourquoi
le Christ a voulu que l’Église continue son œuvre de guérison et de salut,
grâce aux deux sacrements de guérison.
LE SACREMENT DE PÉNITENCE ET DE RÉCONCILIATION
296. Comment est appelé ce sacrement ?
Il est appelé sacrement de Pénitence, de
Réconciliation, du Pardon, de la Confession, de la Conversion.
297. Pourquoi y a-t-il un sacrement de la Réconciliation
après le Baptême ?
Parce que la vie nouvelle de la grâce, reçue au
Baptême, n’a pas supprimé la faiblesse de la nature humaine, ni l’inclination
au péché (c’est-à-dire la concupiscence), le Christ a institué ce sacrement
pour la conversion des baptisés qui se sont éloignés de lui par le péché.
298. Quand ce sacrement fut-il institué ?
Le Christ ressuscité a institué ce sacrement quand il
est apparu à ses Apôtres, le soir de Pâques, et qu’il leur a dit : « Recevez
l’Esprit Saint ; tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui
seront remis ; tout homme à qui vous maintiendrez ses péchés, ils lui
seront maintenus » (Jn 20, 22-23).
299. Les baptisés ont-ils besoin de se convertir ?
L’appel du Christ à la conversion retentit en
permanence dans la vie des baptisés. La conversion est un combat continuel de
toute l’Église, qui est sainte, mais qui, en son sein, comprend des pécheurs.
300. Qu’est-ce que la pénitence intérieure ?
C’est l’élan du « cœur brisé » (Ps 50 [51],19), poussé par la grâce divine à répondre à l’amour
miséricordieux de Dieu. La pénitence implique douleur et aversion vis-à-vis des
péchés commis, ferme propos de ne plus pécher à l’avenir et confiance dans le
secours de Dieu. Elle se nourrit de l’espérance en la miséricorde divine.
301. Sous quelles formes s’exprime la pénitence dans la vie
chrétienne ?
La pénitence s’exprime sous des formes très variées,
en particulier par le jeûne, la prière, l’aumône. Ces
formes de pénitence, et d’autres encore, peuvent être pratiquées par le
chrétien dans sa vie quotidienne, notamment pendant le temps du Carême et le
vendredi, qui est jour de pénitence.
302. Quels sont les éléments essentiels du sacrement de la
Réconciliation ?
Ils sont au nombre de deux : les actes accomplis
par l’homme qui se convertit sous l’action de l’Esprit
Saint et l’absolution du prêtre qui, au nom de Christ, accorde le pardon et
précise les modalités de la satisfaction.
303. Quels sont les actes du pénitent ?
Il faut : un sérieux examen de conscience ;
la contrition (ou repentir), qui est parfaite quand elle
est motivée par l’amour envers Dieu, et imparfaite quand elle est fondée sur d’autres
motifs et qu’elle inclut le propos de ne plus pécher ; la confession, qui
consiste dans l’aveu des péchés devant le prêtre ; la satisfaction, à
savoir l’accomplissement de certains actes de pénitence que le confesseur
impose au pénitent, afin de réparer le dommage causé par le péché.
304. Quels péchés faut-il confesser ?
On doit confesser tous les péchés graves qui n’ont pas
encore été confessés et dont on se souvient après un
sérieux examen de conscience. La confession des péchés graves est l’unique
moyen ordinaire pour obtenir le pardon.
305. Quand faut-il confesser les péchés graves ?
Tout fidèle ayant atteint l’âge de raison est tenu à l’obligation
de confesser ses péchés graves au moins une fois dans
l’année et, de toute façon, avant de recevoir la Communion.
306. Pourquoi les péchés véniels sont-il aussi objet de la
confession sacramentelle ?
Bien que la confession des péchés véniels ne soit pas
nécessaire au sens strict, elle est vivement
recommandée par l’Église, parce qu’elle contribue à former la conscience droite
et à lutter contre les inclinations mauvaises, pour se laisser guérir par le
Christ et progresser dans la vie de l’Esprit.
307. Qui est le ministre du sacrement ?
Le Christ a confié le ministère de la Réconciliation à
ses Apôtres, aux Évêques, leurs successeurs, et aux
prêtres, leurs collaborateurs, qui deviennent ainsi les instruments de la
miséricorde et de la justice de Dieu. Ils exercent le pouvoir de pardonner les
péchés au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
308. À qui est réservée l’absolution de certains péchés ?
L’absolution de certains péchés particulièrement
graves (comme ceux qui sont punis d’excommunication)
est réservée au Siège apostolique ou à l’Évêque du lieu ou aux prêtres
autorisés par eux, bien que tout prêtre puisse absoudre de tout péché et de
toute excommunication quiconque est en danger de mort.
309. Le confesseur est-il tenu au secret ?
Étant donné la délicatesse et la grandeur de ce
ministère et le respect dû aux personnes, tout confesseur
est tenu, sans exception aucune et sous peine de sanctions très sévères, de garder
le sceau sacramentel, c’est-à-dire l’absolu secret au sujet des péchés dont il
a connaissance par la confession.
310. Quels sont les effets de ce sacrement ?
Les effets du sacrement de la Pénitence sont : la
réconciliation avec Dieu, et donc le pardon des péchés ;
la réconciliation avec l’Église ; le retour dans l’état de grâce s’il
avait été perdu ; la rémission de la peine éternelle méritée à cause des
péchés mortels et celle, au moins en partie, des peines temporelles qui sont
les conséquences du péché ; la paix et la sérénité de la conscience, ainsi
que la consolation spirituelle ; l’accroissement des forces spirituelles
pour le combat chrétien.
311. En certaines circonstances, peut-on célébrer ce
sacrement par une confession générale et l’absolution collective ?
Dans les cas de grave nécessité (comme le danger
imminent de mort), on peut recourir à la célébration
communautaire de la Réconciliation avec confession générale et absolution
collective, dans le respect des normes de l’Église et avec le propos de
confesser individuellement les péchés graves, en temps voulu.
312. Qu’est-ce que les indulgences ?
Les indulgences sont la rémission devant Dieu de la
peine temporelle due pour les péchés dont la faute est
déjà pardonnée. À certaines conditions, le fidèle acquiert cette rémission,
pour lui-même ou pour les défunts, par le ministère de l’Église qui, en tant
que dispensatrice de la rédemption, distribue le trésor des mérites du Christ
et des saints.
LE SACREMENT DE L’ONCTION DES MALADES
313. Comment est vécue la maladie dans l’Ancien Testament ?
Dans l’Ancien Testament, l’homme a fait l’expérience,
durant les périodes de maladie, de ses limites, percevant en même temps que la
maladie est liée de façon mystérieuse au péché. Les prophètes ont entrevu qu’elle
pouvait avoir aussi une valeur rédemptrice pour ses péchés personnels et pour
ceux des autres. C’est ainsi que la maladie était vécue devant Dieu, auquel l’homme
demandait sa guérison.
314. Quel sens a la compassion de Jésus pour les malades ?
La compassion de Jésus pour les malades et les
nombreuses guérisons qu’il opérait sont un signe évident qu’avec lui est arrivé
le Royaume de Dieu, et donc la victoire sur le péché, sur la souffrance et sur
la mort. Par sa passion et sa mort, il donne un sens nouveau à la souffrance,
qui, si elle est unie à la sienne, peut devenir un moyen de purification et de
salut pour nous et pour les autres.
315. Quel est le comportement de l’Église envers les malades ?
Ayant reçu du Seigneur le commandement de guérir les
malades, l’Église s’emploie à le réaliser par les soins qu’elle leur apporte,
ainsi que par la prière d’intercession avec laquelle elle les accompagne. Elle
dispose surtout d’un sacrement spécifique en leur faveur, institué par le
Christ lui-même et attesté par saint Jacques : « Si l’un de vous est
malade, qu’il appelle ceux qui dans l’Église exercent la fonction d’Anciens :
ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du
Seigneur » (Jc 5, 14-15).
316. Qui peut recevoir le sacrement de l’Onction des malades ?
Tout fidèle peut le recevoir lorsqu’il commence à se
trouver en danger de mort en raison de la maladie ou
de son âge. Le même fidèle peut le recevoir de nouveau plusieurs fois, si l’on
constate une aggravation de la maladie ou dans le cas d’une autre maladie
grave. La célébration du sacrement doit être précédée, si possible, de la
confession individuelle du malade.
317. Qui administre le sacrement ?
Il ne peut être administré que par les prêtres
(Évêques ou prêtres).
318. Comment est-il célébré ?
La célébration de ce sacrement consiste
essentiellement dans l’onction d’huile, si possible bénie
par l’Évêque, onction faite sur le front et sur les mains du malade (dans le
rite romain), ou encore sur d’autres parties du corps (dans d’autres rites).
Elle s’accompagne de la prière du prêtre, qui implore la grâce spéciale du
sacrement.
319. Quels sont les effets du sacrement ?
Le sacrement confère une grâce spéciale, qui unit plus
intimement le malade à la Passion du Christ, pour son bien et pour le bien de
toute l’Église. Elle lui apporte le réconfort, la paix, le courage et le pardon
des péchés si le malade n’a pu se confesser. Le sacrement procure aussi
parfois, si Dieu le veut, le rétablissement de la santé physique. De toute
manière, l’onction des malades prépare au passage vers la Maison du Père.
320. Qu’est-ce que le Viatique ?
Le Viatique est l’Eucharistie reçue par ceux qui vont
quitter cette vie terrestre et qui préparent leur
passage vers la vie éternelle. Reçue au moment de passer de ce monde au Père,
la Communion au Corps et au Sang du Christ mort et ressuscité est semence de
vie éternelle et puissance de résurrection.
Chapitre III - LES SACREMENTS AU SERVICE DE LA COMMUNION ET DE LA
MISSION
321. Quels sont les sacrements au service de la communion et
de la mission ?
Deux sacrements, l’Ordre et le Mariage, confèrent une
grâce spéciale pour une mission particulière dans l’Église, au service de l’édification
du peuple de Dieu. Ils contribuent en particulier à la communion ecclésiale et
au salut d’autrui.
LE SACREMENT DE L’ORDRE
322. Qu’est ce que le sacrement de l’Ordre ?
C’est le sacrement par lequel la mission confiée par
le Christ à ses Apôtres continue à être exercée dans l’Église, jusqu’à la fin
des temps.
323. Pourquoi l’appelle-t-on sacrement de l’Ordre ?
Ordre indique un corps de l’Église, dans lequel on est
intégré au moyen d’une consécration spéciale (Ordination). Par un don
particulier du Saint-Esprit, cette consécration permet d’exercer un pouvoir
sacré au nom et par l’autorité du Christ pour le service du Peuple de Dieu.
324. Quelle est la place du sacrement de l’Ordre dans le
dessein divin du salut ?
Dans l’Ancien Testament, il y a des préfigurations de
ce sacrement : le service des Lévites, de même que le sacerdoce d’Aaron et
l’institution des soixante-dix Anciens (cf. Nb 11, 25). Ces préfigurations ont
leur accomplissement dans le Christ Jésus qui, par le sacrifice de la croix,
est le « seul médiateur entre Dieu et les hommes » (1Tm 2,5), « Grand-prêtre
selon le sacerdoce de Melchisédech » (He 5, 10). L’unique sacerdoce du
Christ se rend présent par le sacerdoce ministériel.
« Aussi le Christ est-il le seul vrai prêtre, les
uns et les autres n’étant que ses ministres » (saint Thomas d’Aquin).
325. Quels sont les différents degrés du sacrement de l’Ordre ?
Il se compose de trois degrés, qui sont irremplaçables
pour la structure organique de l’Église : l’épiscopat,
le presbytérat et le diaconat.
326. Quel est l’effet de l’Ordination épiscopale ?
L’ordination épiscopale confère la plénitude du
sacrement de l’Ordre. Elle fait de l’Évêque le successeur légitime des Apôtres
et l’intègre au collège épiscopal, lui faisant partager avec le Pape et les
autres Évêques la sollicitude pour toutes les Églises. Elle donne mission d’enseigner,
de sanctifier et de gouverner.
327. Quelle est la fonction de l’Évêque dans l’Église
particulière qui lui est confiée ?
L’Évêque, auquel est confiée une Église particulière,
est le principe visible et le fondement de l’unité de
cette Église, envers laquelle, comme vicaire du Christ, il remplit la charge
pastorale, aidé par ses prêtres et ses diacres.
328. Quel est l’effet de l’Ordination presbytérale ?
L’onction de l’Esprit Saint marque le prêtre d’un
caractère spirituel indélébile ; elle le configure
au Christ prêtre et le rend capable d’agir au nom du Christ Tête. Coopérateur
de l’Ordre épiscopal, il est consacré pour annoncer l’Évangile, célébrer le
culte divin, surtout l’Eucharistie, dont il tire la force pour son ministère,
et pour être le pasteur des fidèles.
329. Comment le prêtre exerce-t-il son ministère ?
Bien qu’ordonné pour une mission universelle, il l’exerce
dans une Église particulière, lié par une fraternité
sacerdotale avec les autres prêtres, formant ensemble le « presbyterium »
qui, en communion avec l’Évêque et sous sa dépendance, porte la responsabilité
de l’Église particulière.
330. Quel est l’effet de l’Ordination diaconale ?
Le diacre, configuré au Christ serviteur de tous, est
ordonné pour le service de l’Église. Sous l’autorité de son Évêque, il exerce
ce service dans le cadre du ministère de la parole, du culte divin, de la
charge pastorale et de la charité.
331. Comment se célèbre le sacrement de l’Ordre ?
Pour chacun des trois degrés, le sacrement de l’Ordre
est conféré par l’imposition des mains sur la tête de
l’ordinand par l’Évêque, qui prononce la prière consécratoire solennelle. Par
cette prière, l’Évêque prie Dieu d’envoyer sur l’ordinand une effusion spéciale
de l’Esprit Saint et de ses dons, en vue du ministère.
332. Qui peut conférer le sacrement ?
Il appartient aux Évêques validement ordonnés, en tant
que successeurs des Apôtres, de conférer les trois
degrés du sacrement de l’Ordre.
333. Qui peut recevoir le sacrement de l’Ordre ?
Ne peut recevoir validement le sacrement de l’Ordre qu’un
baptisé de sexe masculin. L’Église se reconnaît liée par ce choix fait par le
Seigneur lui-même. Personne ne peut exiger de recevoir le sacrement de l’Ordre.
Mais il revient à l’autorité de l’Église de considérer l’aptitude des
candidats.
334. Le célibat est-il requis de celui qui reçoit le
sacrement ?
Le célibat est toujours requis pour l’épiscopat. Pour
le presbytérat, dans l’Église latine sont choisis de manière ordinaire des
hommes croyants qui vivent dans le célibat et qui veulent le garder « à
cause du Royaume des cieux » (Mt 19, 12). Dans les Églises orientales, on
n’accepte pas le mariage après l’ordination. Des hommes déjà mariés peuvent eux
aussi accéder au diaconat permanent.
335. Quels sont les effets du sacrement de l’Ordre ?
Ce sacrement donne une effusion particulière de l’Esprit
Saint, qui configure l’ordinand au Christ dans sa triple fonction de Prêtre,
Prophète et Roi, selon les degrés respectifs du sacrement. L’ordination confère
un caractère spirituel indélébile, c’est pourquoi il ne peut être répété ni
conféré pour un temps limité.
336. Avec quelle autorité est exercé
le sacerdoce ministériel ?
Dans l’exercice de leur ministère sacré, les prêtres
ordonnés parlent et agissent, non pas en vertu d’une
autorité propre, ni même par mandat ou délégation de la communauté, mais dans
la Personne du Christ Tête et au nom de l’Église. De ce fait, le sacerdoce
ministériel se différencie radicalement, et pas seulement par une différence de
degré, du sacerdoce commun des fidèles, au service duquel le Christ l’a
institué.
LE SACREMENT DE MARIAGE
337. Quel est le dessein de Dieu sur l’homme et sur la femme ?
Dieu, qui est amour et qui a créé l’homme par amour, l’a
appelé à aimer. En créant l’homme et la femme, il les a appelés, dans le
Mariage, à une intime communion de vie et d’amour entre eux, « à cause de
cela, ils ne sont plus deux, mais un seul » (Mt 19, 6). En les bénissant,
Dieu leur a dit : « Soyez féconds et multipliez-vous » (Gn 1,
28).
338. Pour quelles fins Dieu a-t-il institué le Mariage ?
L’union matrimoniale de l’homme et de la femme, fondée
et structurée par les lois du Créateur, est ordonnée par nature à la communion
et au bien des conjoints, à la génération et à l’éducation des enfants. Selon
le plan originel de Dieu, l’union matrimoniale est indissoluble, comme Jésus
Christ l’a affirmé : « Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare
pas » (Mc 10, 9).
339. Comment le péché menace-t-il le Mariage ?
À cause du premier péché, qui a causé aussi la rupture
de la communion, donnée par le Créateur, entre l’homme et la femme, l’union
matrimoniale est très souvent menacée par la discorde et l’infidélité.
Cependant, dans son infinie miséricorde, Dieu donne à l’homme et à la femme la
grâce de réaliser leur union de vie selon son dessein divin originaire.
340. Qu’enseigne l’Ancien Testament sur le Mariage ?
Tout particulièrement à travers la pédagogie de la Loi
et des prophètes, Dieu aide son peuple à faire mûrir progressivement en lui la
conscience de l’unicité et de l’indissolubilité du Mariage. L’alliance nuptiale
de Dieu avec Israël prépare et préfigure l’Alliance nouvelle, accomplie par le
Fils de Dieu, Jésus Christ, avec l’Église, son épouse.
341. Quelle est la nouveauté apportée au Mariage par le
Christ ?
Jésus Christ a non seulement restauré l’ordre initial
voulu par Dieu, mais il donne la grâce pour vivre le Mariage dans sa dignité
nouvelle de sacrement, qui est le signe de son amour sponsal pour l’Église :
« Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a
aimé l’Église » (Ep 5, 25).
342. Le Mariage est-il une obligation pour tous ?
Le mariage n’est pas une obligation pour tous. En
particulier, Dieu appelle certains hommes et certaines femmes à suivre le
Seigneur Jésus dans la voie de la virginité et du célibat pour le Royaume des
cieux, les faisant renoncer au grand bien du mariage pour se soucier des choses
du Seigneur et chercher à lui plaire. Ainsi ils deviennent le signe de la
primauté absolue de l’amour du Christ et de l’ardente attente de sa venue
glorieuse.
343. Comment se célèbre le sacrement de Mariage ?
Puisque le mariage établit les conjoints dans un état
public de vie dans l’Église, sa célébration liturgique
est publique, en présence du prêtre (ou du témoin qualifié de l’Église) et des
autres témoins.
344. Qu’est-ce que le consentement matrimonial ?
Le consentement matrimonial est la volonté expresse d’un
homme et d’une femme de se donner mutuellement et définitivement l’un à l’autre,
dans le but de vivre une alliance d’amour fidèle et fécond. Étant donné que le
consentement fait le Mariage, il est indispensable et irremplaçable. Pour
rendre valide le Mariage, le consentement doit avoir comme objet le véritable
Mariage ; et il doit être un acte humain, conscient et libre, hors de
toute violence et de toute contrainte.
345. Qu’est-il exigé quand l’un des époux n’est pas
catholique ?
Pour être licites, les mariages mixtes (entre un
catholique et un baptisé non catholique) requièrent la
permission de l’autorité ecclésiastique. Les mariages avec disparité de culte
(entre un catholique et un non-baptisé) ont besoin d’une dispense pour être
valides. Dans tous les cas, il est indispensable que les conjoints n’excluent
pas la reconnaissance des fins et des propriétés essentielles du mariage, et
que la partie catholique accepte les engagements, connus aussi de l’autre
conjoint, de garder sa foi et d’assurer le Baptême et l’éducation catholique
des enfants.
346. Quels sont les effets du sacrement de Mariage ?
Le sacrement de Mariage crée entre les époux un lien
perpétuel et exclusif. Dieu lui-même ratifie le consentement des époux. Ainsi,
le mariage conclu et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissout. D’autre
part, le sacrement donne aux époux la grâce nécessaire pour parvenir à la
sainteté dans la vie conjugale, et dans l’accueil responsable et l’éducation
des enfants.
347. Quels sont les péchés qui sont gravement contre le
sacrement de mariage ?
Ce sont : l’adultère ; la polygamie parce qu’elle
s’oppose à l’égale dignité de l’homme et de la femme,
à l’unité et l’exclusivité de l’amour conjugal ; le refus de la fécondité,
qui prive la vie conjugale du don des enfants ; et le divorce, qui va contre
l’indissolubilité.
348. Quand l’Église admet-elle la séparation physique des
époux ?
L’Église admet la séparation physique des époux
lorsque leur cohabitation est devenue, pour des motifs graves, pratiquement impossible, même si elle souhaite leur réconciliation. Mais
aussi longtemps que vit son conjoint, aucun des époux n’est libre de contracter
une nouvelle union, à moins que leur mariage ne soit nul et déclaré tel par l’autorité
ecclésiastique.
349. Quelle est la position de l’Église à l’égard des
divorcés remariés ?
Fidèle au Seigneur, l’Église ne peut reconnaître comme
Mariage l’union des divorcés remariés civilement. « Celui
qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers
elle. Si une femme a renvoyé son mari pour en épouser un autre, elle est
coupable d’adultère » (Mc 10, 1112). À leur égard, l’Église fait preuve d’une
sollicitude attentive, les invitant à une vie de foi, à la prière, aux œuvres
de charité et à l’éducation chrétienne de leurs enfants. Mais aussi longtemps
que dure leur situation, qui est objectivement contraire à la loi de Dieu, ils
ne peuvent recevoir l’absolution sacramentelle, ni accéder à la communion
eucharistique, ni exercer certaines responsabilités dans l’Église.
350. Pourquoi la famille chrétienne est-elle aussi appelée
Église domestique ?
Parce que la famille manifeste et révèle la nature de
l’Église comme famille de Dieu, qui est d’être
communion et famille. Chacun de ses membres, selon son rôle propre, exerce le
sacerdoce baptismal, contribuant à faire de la famille une communauté de grâce
et de prière, une école de vertus humaines et chrétiennes, le lieu de la
première annonce de la foi aux enfants.
Chapitre IV Les autres célébrations liturgiques - LES SACRAMENTAUX
351. Que sont les sacramentaux ?
Ce sont des signes sacrés institués par l’Église dans
le but de sanctifier certaines circonstances de la vie. Ils comportent une
prière accompagnée du signe de la croix et d’autres signes. Parmi les
sacramentaux, les bénédictions occupent une place importante. Elles sont une
louange à Dieu et une prière pour obtenir ses dons ; de même, il y a les
consécrations de personnes et la consécration d’objets dont l’usage est réservé
au culte divin.
352. Qu’est-ce qu’un exorcisme ?
On a affaire à un exorcisme lorsque l’Église demande,
avec son autorité, au nom de Jésus, qu’une personne ou un objet soit protégé
contre l’emprise du Malin et soustrait à son empire. Sous sa forme simple, il
est pratiqué lors de la célébration du Baptême. L’exorcisme solennel, appelé
grand exorcisme, ne peut être pratiqué que par un prêtre et avec la permission
de l’Évêque.
353. Quelles sont les formes de piété populaire qui
accompagnent la vie sacramentelle de l’Église ?
Le sens religieux du peuple chrétien a, de tout temps,
trouvé son expression dans des formes variées de piété qui entourent la vie
sacramentelle de l’Église, telles que la vénération des reliques, les visites aux sanctuaires, les pèlerinages, les
processions, le chemin de Croix, le Rosaire. À la lumière de la foi, l’Église
éclaire et favorise les formes authentiques de piété populaire.
LES FUNÉRAILLES CHRÉTIENNES
354. Quel rapport y a-t-il entre les sacrements et la mort
du chrétien ?
Le chrétien qui meurt dans le Christ parvient, au
terme de son existence terrestre, à la plénitude de la vie nouvelle commencée
au Baptême, renforcée par la Confirmation et nourrie de l’Eucharistie,
anticipation du banquet céleste. Le sens de la mort chrétienne se manifeste à
la lumière de la Mort et de la Résurrection du Christ, notre unique espérance.
Le chrétien qui meurt dans le Christ Jésus part « pour habiter chez le
Seigneur » (2Co 5, 8).
355. Qu’expriment les funérailles ?
Tout en étant célébrées selon différents rites qui
correspondent aux situations et aux traditions locales, les funérailles
expriment le caractère pascal de la mort chrétienne dans l’espérance de la
résurrection, ainsi que le sens de la communion avec le défunt, surtout par la
prière pour la purification de son âme.
356. Quels sont les moments principaux des funérailles ?
Habituellement, les obsèques comprennent quatre
moments principaux : l’accueil de la dépouille mortelle par la communauté,
accompagné de paroles de réconfort et d’espérance, la liturgie
de la Parole, le sacrifice eucharistique et l’adieu par lequel l’âme du défunt
est confiée à Dieu, source de vie éternelle, tandis que le corps est enseveli
dans l’attente de la résurrection.
TROISIÈME PARTIE
LA VIE DANS LE CHRIST
<JACOB COPISTE, Illustration du Quatrième Évangile
Bibliothèque des Pères Méchitaristes, Vien.>
L’illustration présente la dernière Cène avec l’institution
de l’Eucharistie, dans la grande salle recouverte de tapis, à l’étage supérieur
(cf. Mc 14, 15) :
« Pendant le repas, Jésus prit du pain, prononça
la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant :
“Prenez, mangez : ceci est mon corps”. Puis, prenant une coupe et rendant
grâces, il la leur donna, en disant : “Buvez-en tous, car ceci est mon
sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés” »
(Mt 26, ).
Dans l’image, Jésus est avec les Apôtres autour d’une
table en forme de calice. Sur la table se trouvent les espèces eucharistiques :
le pain et le vin. La salle, qui s’ouvre sur un arrière-plan architectural très
élaboré, avec des édifices et un tabernacle circulaire à sept colonnes,
symbolise l’Église, demeure du Christ eucharistique. Un détail significatif est
donné par l’Apôtre Jean, qui appuie sa tête sur la poitrine de Jésus (cf. Jn
13, 25). Il indique la communion d’amour que l’Eucharistie réalise dans le
fidèle. C’est la réponse du disciple à l’invitation du maître : « Moi,
je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je
demeure, celui-là donne beaucoup de fruit […]. Demeurez dans mon amour. Si vous
êtes fidèles à mes commandements, vous demeurerez dans mon amour » (Jn 15,
5.9-10).
L’Eucharistie est communion avec Jésus et nourriture
spirituelle, pour soutenir le bon combat quotidien du fidèle appelé à observer les
commandements :
« Le Sauveur […] est toujours et pleinement
présent à ceux qui vivent en lui : il pourvoit à tous leurs besoins, il
est tout pour eux et il ne permet pas qu’ils tournent leur regard vers quoi que
ce soit d’autre, ni qu’ils cherchent autre chose en dehors de lui. En effet,
les saints n’ont besoin de rien d’autre que de lui : il les engendre, il
les fait grandir et il les nourrit, il est lumière et souffle, en eux il modèle
pour lui le regard, il l’illumine à travers lui et enfin, il s’offre lui-même à
leur regard. À la fois, il nourrit et il est nourriture ; c’est lui qui
présente le pain de vie, et ce qu’il présente n’est autre que lui-même ;
la vie des vivants, le parfum de celui qui respire, le vêtement pour celui qui
veut l’endosser. C’est encore lui qui nous permet d’avancer, et il est le
chemin, et aussi le lieu du repos, et le terme. Nous sommes les membres, il est
la tête : est-il nécessaire de combattre ? Il combat avec nous, et c’est
lui qui donne la victoire à celui qui s’est fait honneur. Sommes-nous
vainqueurs ? Il est lui la couronne. Ainsi, de toute part, il reconduit à
lui notre esprit et il ne permet pas qu’il se tourne vers quelque chose d’autre,
ni qu’il ne s’éprenne d’autre chose […]. De ce que nous avons dit, il découle
clairement que la vie en Christ ne concerne pas seulement l’avenir, mais qu’elle
est déjà en ce moment présent, grâce aux saints qui vivent et opèrent en elle »
(Nicolas Cabasilas, La vie dans le Christ, 1, ).
PREMIÈRE SECTION - LA VOCATION DE L’HOMME : LA VIE DANS L’ESPRIT
Marie, la Panaghía (la toute sainte), est le chef d’œuvre
de l’Esprit Saint Panághion.
De sa conception immaculée jusqu’à son Assomption
glorieuse au ciel, sa vie est entièrement soutenue par l’amour divin. L’Esprit
d’amour du Père et du Fils fait de Marie une créature nouvelle, la nouvelle
Ève, dont le cœur et l’esprit sont orientés à l’adoration et à l’obéissance du
Père céleste, dont elle est la fille préférée ; à l’accueil et au service
du Fils, dont elle est la mère, le disciple et une proche ; à la
correspondance et à la collaboration avec l’Esprit Saint, dont elle est le
sanctuaire précieux.
Dans cette image, Marie est entourée d’anges musiciens
et en fête. Sa tête est surplombée par la splendeur de l’amour divin de l’Esprit
Saint, qui est symbolisé par une colombe. Marie est la mère et la protectrice
de l’Église (à ses pieds, on entrevoit un édifice sacré). Grâce à son efficace
intercession maternelle auprès de Jésus, elle fait pleuvoir sur l’Église l’abondance
des grâces célestes (indiquées par le rosier fleuri).
En bas, à gauche, l’Apôtre Jean, qui contemple l’Immaculée,
symbolise tout fidèle, qui voit en la Bienheureuse Vierge le modèle parfait et,
en même temps, le maître et le guide dans la vie de l’Esprit.
L’Abbé cistercien Christian (XIIe siècle) a réfléchi
sur le partage des expériences spirituelles des Apôtres avec Marie. En les
comparant aux douze étoiles, qui couronnent la Bienheureuse Vierge, l’Abbé
écrivait :
« Ils se réunissaient fréquemment autour de la
Vierge très prudente, comme des disciples autour de leur maître, pour apprendre
plus pleinement la vérité sur les gestes qu’elle accomplissait ; vérité qu’ils
auraient à prêcher aux autres au moment opportun. Étant divinement consacrée et
instruite, elle était comme une authentique bibliothèque de sagesse céleste,
car, dans la vie quotidienne, elle avait été proche, en tant que compagne
singulière, de la Sagesse elle-même, c’est-à-dire de son Fils, apprenant par cœur
et conservant fidèlement les choses vues et entendues » (Sermon I sur l’Assomption
de la Bienheureuse Marie).
<EL GRECO, Saint Jean contemple l’Immaculée Conception,
Musée de la Sainte Croix, Tolède (Espagne).>
357. Comment la vie morale du chrétien est-elle liée à la
foi et aux sacrements ?
Ce que professe le Symbole de la foi, les sacrements
le communiquent. Par eux en effet, les fidèles reçoivent la grâce du Christ et
les dons de l’Esprit Saint, qui les rendent capables de vivre la vie nouvelle
de fils de Dieu dans le Christ accueilli avec la foi.
« Chrétien, reconnais ta dignité » (saint
Léon le grand).
Chapitre I - La dignité de la personne humaine
L’HOMME, IMAGE DE DIEU
358. Quelle est le fondement de la dignité de l’homme ?
La dignité de la personne humaine s’enracine dans sa
création à l’image et à la ressemblance de Dieu. Dotée d’une âme spirituelle et
immortelle, d’intelligence et de volonté libre, la personne humaine est
ordonnée à Dieu et appelée, en son âme et en son corps, à la béatitude
éternelle.
NOTRE VOCATION AU BONHEUR
359. Comment l’homme parvient-il à la béatitude ?
L’homme parvient à la béatitude en raison de la grâce
du Christ, qui le rend participant de sa vie divine.
Dans l’Évangile, le Christ montre aux siens la route qui conduit au bonheur
sans fin : les Béatitudes. La grâce du Christ agit aussi en tout homme
qui, suivant sa conscience droite, recherche et aime le vrai et le bien, et
évite le mal.
360. Les Béatitudes sont-elles importantes pour nous ?
Les Béatitudes sont au centre de la prédication de
Jésus ; elles reprennent et portent à leur perfection les promesses de
Dieu, faites depuis Abraham. Elles expriment le visage même de Jésus, elles
caractérisent l’authentique vie chrétienne et elles révèlent à l’homme la fin
ultime de sa conduite : la béatitude éternelle.
361. Quel est, pour l’homme, le rapport entre les Béatitudes
et le désir de bonheur ?
Les Béatitudes répondent au désir inné de bonheur que
Dieu a déposé dans le cœur de l’homme pour l’attirer à lui et que lui seul peut
combler.
362. Qu’est ce que la béatitude éternelle ?
Elle est la vision de Dieu dans la vie éternelle, où
nous serons pleinement « participants de la nature
divine » (2P 1, 4), de la gloire du Christ et de la jouissance de la vie
trinitaire. La béatitude dépasse les capacités humaines. Elle est un don
surnaturel et gratuit de Dieu, comme la grâce qui y conduit. La béatitude
promise nous place devant des choix moraux décisifs concernant les biens
terrestres, nous incitant à aimer Dieu pardessus tout.
LA LIBERTÉ DE L’HOMME
363. Qu’est-ce que la liberté ?
C’est le pouvoir donné par Dieu à l’homme d’agir ou de
ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi soi-même des actions
délibérées. La liberté caractérise les actes proprement humains. Plus on fait
le bien, et plus on devient libre. La liberté tend à sa perfection quand elle
est ordonnée à Dieu, notre bien suprême et notre béatitude. La liberté implique
aussi la possibilité de choisir entre le bien et le mal. Le choix du mal est un
abus de notre liberté, qui conduit à l’esclavage du péché.
364. Quel rapport existe-t-il entre liberté et
responsabilité ?
La liberté rend l’homme responsable de ses actes dans
la mesure où ils sont volontaires, même si l’imputabilité et la responsabilité
d’une action peuvent être diminuées et parfois supprimées, en raison de l’ignorance,
de l’inadvertance, de la violence subie, de la crainte, des affections
immodérées, des habitudes.
365. Pourquoi tout homme a-t-il le droit d’exercer sa
liberté ?
À tout homme appartient le droit d’exercer sa liberté,
car celle-ci est inséparable de sa dignité de personne humaine. Un tel droit
doit donc toujours être respecté, notamment en matière morale et religieuse. Il
doit être civilement reconnu et protégé, dans les limites du bien commun et de
l’ordre public juste.
366. Quelle place tient la liberté humaine dans l’ordre du
salut ?
Notre liberté est fragile à cause du premier péché.
Cette fragilité devient plus aiguë avec les péchés ultérieurs. Mais le Christ « nous
a libérés, pour que nous soyons vraiment libres » (Ga 5, 1). Par sa grâce,
l’Esprit Saint nous conduit à la liberté spirituelle, pour faire de nous ses
libres collaborateurs, dans l’Église et dans le monde.
367. Quelles sont les sources de la moralité des actes
humains ?
La moralité des actes humains dépend de trois sources :
l’objet choisi, c’est-à-dire un bien véritable ou
apparent, l’intention du sujet qui agit, c’est-à-dire la fin qui motive l’acte,
les circonstances de l’acte, y compris les conséquences.
368. Quand l’acte est-il moralement bon ?
L’acte est moralement bon quand il y a en même temps
la bonté de l’objet, de la fin et des circonstances. L’objet
du choix peut à lui seul vicier toute une action, même si l’intention est
bonne. Il n’est pas permis de faire le mal pour qu’en résulte un bien. Une fin mauvaise peut corrompre l’acte, même si son objet en soi
est bon. À l’inverse, une fin bonne ne rend pas bonne
une conduite qui est mauvaise en raison de son objet, car la fin ne justifie
pas les moyens. Les circonstances peuvent atténuer ou augmenter la
responsabilité de l’auteur, mais elles ne peuvent modifier la qualité morale
des actes eux-mêmes. Elles ne rendent jamais bonne une action mauvaise en soi.
369. Y a-t-il des actes toujours illicites ?
Il y a des actes dont le choix est toujours illicite
en raison de, leur objet (par exemple le blasphème, l’homicide,
l’adultère). Leur choix comporte un désordre de la volonté, à savoir un mal
moral qui ne peut être justifié par la considération des biens qui pourraient
éventuellement en résulter.
LA MORALITÉ DES PASSIONS
370. Que sont les passions ?
Les passions sont les affections, les émotions ou les
mouvements de la sensibilité - composantes naturelles
du psychisme humain -, qui poussent à agir ou à ne pas agir en vue de ce qui
est ressenti comme bon ou comme mauvais. Les principales passions sont l’amour
et la haine, le désir et la crainte, la joie, la tristesse, la colère. La
passion primordiale est l’amour, provoqué par l’attirance du bien. On n’aime
que le bien, réel ou apparent.
371. Les passions sont-elles moralement bonnes ou mauvaises ?
Parce qu’elles sont des mouvements de la sensibilité,
les passions ne sont, en elles-mêmes, ni bonnes, ni mauvaises. Elles sont
bonnes lorsqu’elles contribuent à une action bonne, et mauvaises
dans le cas contraire. Elles peuvent être assumées dans les vertus ou
perverties dans les vices.
LA CONSCIENCE MORALE
372. Qu’est-ce que la conscience morale ?
Présente au plus intime de la personne, la conscience
morale est un jugement de la raison qui, au moment
opportun, enjoint à l’homme d’accomplir le bien et d’éviter le mal. Grâce à
elle, la personne humaine perçoit la qualité morale d’un acte à accomplir ou
déjà accompli, permettant d’en assumer la responsabilité. Quand il écoute sa
conscience morale, l’homme prudent peut entendre la voix de Dieu qui lui parle.
373. Qu’implique la dignité de la personne en ce qui
concerne la conscience morale ?
La dignité de la personne humaine implique la
rectitude de la conscience morale, c’est-à-dire qu’elle soit en accord avec ce
qui est juste et bon au regard de la raison et de la Loi divine. Au titre de
cette dignité personnelle, l’homme ne doit pas être contraint d’agir contre sa
conscience, et on ne doit même pas l’empêcher, dans les limites du bien commun,
d’agir en conformité avec sa conscience, surtout en matière religieuse.
374. Comment se forme la conscience morale pour qu’elle soit
droite et véridique ?
La conscience morale droite et véridique se forme par
l’éducation, l’intégration de la Parole de Dieu et de l’enseignement de l’Église.
Elle est soutenue par les dons du Saint-Esprit et aidée par les conseils de
personnes sages. En outre, la prière et l’examen de conscience contribuent
beaucoup à la formation morale.
375. Quelles normes la conscience doit-elle toujours suivre ?
Les trois règles principales sont : 1) Il n’est
jamais permis de faire le mal pour qu’il en résulte un
bien ; 2) La Règle d’or : « Tout ce que vous voudriez que les
autres fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux, vous aussi » (Mt
7, 12) ; 3) La charité passe toujours par le respect du prochain et de sa
conscience, même si cela ne signifie pas accepter comme un bien ce qui est
objectivement un mal.
376. La conscience morale peut-elle porter des jugements
erronés ?
La personne doit toujours obéir au jugement certain de
sa conscience ; mais elle peut émettre aussi des
jugements erronés, pour des raisons qui ne sont pas toujours exemptes de
culpabilité personnelle. On ne peut cependant imputer à la personne le mal
accompli par ignorance involontaire, même s’il reste objectivement un mal. C’est
pourquoi il est nécessaire de tout mettre en œuvre pour corriger la conscience
morale de ses erreurs.
LES VERTUS
377. Qu’est-ce que la vertu ?
La vertu est une disposition habituelle et ferme à
faire le bien. « Le but d’une vie vertueuse consiste à devenir semblable à
Dieu » (saint Grégoire de Nysse). Il existe des vertus, humaines et des
vertus théologales.
378. Qu’est-ce que les vertus humaines ?
Les vertus humaines sont des dispositions habituelles
et stables de l’intelligence et de la volonté, qui règlent nos actes, ordonnent
nos passions et guident notre conduite selon la raison et la foi. Acquises et
renforcées par les actes moralement bons et répétés, elles sont purifiées et
élevées par la grâce divine.
379. Quelles sont les principales vertus humaines ?
Ce sont les vertus appelées cardinales. Toutes les
autres se regroupent autour d’elles et elles constituent les fondements de la
vie vertueuse. Ce sont : la prudence, la justice, la force et la
tempérance.
380. Qu’est-ce que la prudence ?
La prudence dispose la raison à discerner en toute
circonstance notre véritable bien et à choisir les moyens appropriés pour l’atteindre.
Elle guide les autres vertus, en leur indiquant leur règle et leur mesure.
381. Qu’est-ce que la justice ?
La justice consiste dans la volonté constante et ferme
de donner à autrui ce qui lui est dû. La justice envers Dieu est appelée « vertu
de religion ».
382. Qu’est-ce que la force ?
La force assure la fermeté dans les difficultés et la
constance dans la recherche du bien ; elle peut
aller jusqu’à la capacité de faire éventuellement le sacrifice de sa vie pour
défendre une juste cause.
383. Qu’est-ce que la tempérance ?
La tempérance modère l’attrait des plaisirs, assure la
maîtrise de la volonté sur les instincts et rend
capable d’équilibre dans l’usage des biens créés.
384. Qu’est-ce que les vertus théologales ?
Ce sont les vertus qui ont Dieu lui-même pour origine,
pour motif et pour objet immédiat. Infuses en l’homme avec la grâce
sanctifiante, elles rendent capables de vivre en relation avec la Trinité ;
elles fondent et animent l’agir moral du chrétien, en vivifiant les vertus
humaines. Elles sont le gage de la présence et de l’action de l’Esprit Saint
dans les facultés humaines.
385. Quelles sont les vertus théologales ?
Ce sont la foi, l’espérance et la charité.
386. Qu’est-ce que la foi ?
La foi est la vertu théologale par laquelle nous
croyons en Dieu et à tout ce qu’il nous a révélé, et
que l’Église nous propose de croire, parce que Dieu est la vérité même. Par la
foi, l’homme s’en remet librement à Dieu. C’est pourquoi le croyant cherche à
connaître et à faire sa volonté, car la foi « agit par la charité »
(Ga 5,6).
387. Qu’est-ce que l’espérance ?
L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous
désirons et attendons de Dieu la vie éternelle comme
notre bonheur, mettant notre confiance dans les promesses du Christ et comptant
sur l’appui de la grâce du Saint-Esprit pour mériter la vie éternelle et pour
persévérer jusqu’à la fin de notre vie sur la terre.
388. Qu’est-ce que la charité ?
La charité est la vertu théologale par laquelle nous
aimons Dieu pardessus tout et notre prochain comme nous-mêmes,
par amour de Dieu. Jésus en a fait le commandement nouveau, la plénitude de la
Loi. Elle est le « lien de la perfection » (Col 3, 14), le fondement
des autres vertus, qu’elle anime, inspire et ordonne. Sans elle, « je ne
suis rien et… rien ne me sert » (1Co 13, 13).
389. Qu’est-ce que les dons du Saint-Esprit ?
Les dons du Saint-Esprit sont des dispositions
permanentes qui rendent l’homme docile à suivre les
inspirations divines. Ils sont au nombre de sept : la sagesse, l’intelligence,
le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu.
390. Qu’est-ce que les fruits de l’Esprit Saint ?
Les fruits de l’Esprit Saint sont des perfections
formées en nous comme des prémices de la gloire
éternelle. La tradition de l’Église en donne douze : « la charité, la
joie, la paix, la patience, la longanimité, la bonté, la bénignité, la
mansuétude, la fidélité, la modestie, la continence, la chasteté » (Ga 5
vulg.).
LE PÉCHÉ
391. Qu’implique pour nous l’accueil de la miséricorde de
Dieu ?
Elle implique la reconnaissance de nos fautes et le
repentir de nos péchés. Dieu lui-même, par sa Parole et son Esprit, éclaire nos
péchés, nous assure la vérité de notre conscience et l’espérance du pardon.
392. Qu’est-ce que le péché ?
Le péché est « une parole, un acte ou un désir
contraires à la Loi éternelle » (saint Augustin). Il est une offense à
Dieu, par désobéissance à son amour. Il blesse la nature de l’homme et porte
atteinte à la solidarité humaine. Le Christ, dans sa Passion, éclaire pleinement
la gravité du péché et il le vainc par sa miséricorde.
393. Y a-t-il plusieurs sortes de péchés ?
La variété des péchés est grande. On peut les
distinguer selon leur objet, ou selon les vertus ou les commandements auxquels
ils s’opposent. On peut les ranger aussi selon qu’ils concernent directement
Dieu, le prochain ou nous-mêmes. En outre, on peut distinguer les péchés en
pensée, en paroles, par action ou par omission.
394. Comment se distinguent les péchés en fonction de leur
gravité ?
On distingue le péché mortel et le péché véniel.
395. Quand commet-on le péché mortel ?
On commet le péché mortel quand il y a à la fois
matière grave, pleine conscience et propos délibéré.
Le péché mortel détruit en nous la charité, nous prive de la grâce sanctifiante
et conduit à la mort éternelle de l’enfer s’il n’y a
pas de repentir. Il est pardonné ordinairement par les sacrements du Baptême,
de la Pénitence ou Réconciliation.
396. Quand commet-on le péché véniel ?
Le péché véniel, qui est radicalement différent du
péché mortel, est commis quand sa matière est légère,
ou même si elle est grave mais sans qu’il y ait pleine conscience ou total
consentement. Il ne rompt pas l’alliance avec Dieu, mais il affaiblit la
charité. Il traduit un attrait désordonné pour les biens créés. Il empêche les
progrès de l’âme dans l’exercice des vertus et dans la pratique du bien moral.
Il mérite des peines temporelles purificatoires.
397. Comment le péché prolifère-t-il en nous ?
Le péché crée un entraînement au péché, et, par sa
répétition, il engendre le vice.
398. Qu’est-ce que les vices ?
Étant contraires aux vertus, les vices sont des
habitudes perverses qui obscurcissent la conscience et inclinent au mal. Ils
peuvent être rattachés aux sept péchés que l’on appelle les péchés capitaux :
l’orgueil, l’avarice, l’envie, la colère, la luxure, la gourmandise, la paresse
ou acédie.
399. Avons-nous une responsabilité dans les péchés commis
par autrui ?
Nous avons une responsabilité lorsqu’il y a de notre
part une coopération coupable.
400. Qu’est ce que les structures de péché ?
Ce sont des situations sociales ou des institutions
contraires à la loi divine ; elles sont la manifestation
et le résultat de péchés personnels.
Chapitre II La communauté humaine
LA PERSONNE ET LA SOCIÉTÉ
401. En quoi consiste la dimension sociale de l’homme ?
En même temps qu’il est appelé personnellement à la
béati tude, l’homme a une dimension sociale, qui est
une composante essentielle de sa nature et de sa vocation. Tous les hommes sont
en effet appelés à la même fin, Dieu lui-même. Il existe une certaine
ressemblance entre la communion des Personnes divines et la fraternité que les
hommes doivent instaurer entre eux, dans la vérité et dans la charité. L’amour
du prochain est inséparable de l’amour pour Dieu.
402. Quel est le rapport entre la personne et la société ?
Le principe, le sujet et la fin de toutes les
institutions sociales sont et doivent être la personne. Certaines sociétés,
telles que la famille et la cité, lui sont nécessaires. D’autres associations
lui sont aussi utiles, tant à l’intérieur de la société politique que sur le
plan international, dans le respect du principe de subsidiarité.
403. Que signifie le principe de subsidiarité ?
Ce principe signifie qu’une société d’ordre supérieur
ne doit pas assumer des fonctions qui reviennent à une société d’ordre
inférieur, la privant de ses compétences. Elle doit plutôt la soutenir en cas
de nécessité.
404. Que requiert d’autre un authentique vivre ensemble
humain ?
Il requiert le respect de la justice, une juste
hiérarchie des valeurs, la subordination des dimensions
physiques et instinctives aux dimensions intérieures et spirituelles ; En
particulier, là où le péché pervertit le climat social, il faut faire appel à la
conversion des cœurs et à la grâce de Dieu, afin d’obtenir des changements
sociaux qui soient réellement au service de toute personne et de toute la
personne. La charité, qui exige la justice et rend capable de la pratiquer, est
le plus grand commandement social.
LA PARTICIPATION À LA VIE SOCIALE
405. Quel est le fondement de l’autorité dans la société ?
Toute communauté humaine a besoin d’une autorité
légitime qui assure l’ordre et contribue à la réalisation du bien commun. Cette
autorité trouve son fondement dans la nature humaine, parce qu’elle correspond
à l’ordre établi par Dieu.
406. Quand l’autorité s’exerce-t-elle de manière légitime ?
L’autorité s’exerce de manière légitime quand elle
agit pour le bien commun et qu’elle utilise pour l’atteindre des moyens
moralement licites. C’est pourquoi les régimes politiques doivent être
déterminés par la libre décision des citoyens et ils doivent respecter le
principe de l’« état de droit », dans lequel est souveraine la loi et
non pas la volonté arbitraire des hommes. Les lois injustes et les mesures
contraires à l’ordre moral n’obligent pas les consciences.
407. Qu’est-ce que le bien commun ?
Par bien commun, on entend l’ensemble des conditions
de la vie sociale qui permettent aux groupes et aux personnes d’atteindre leur
perfection.
408. Que comporte le bien commun ?
Le bien commun comporte le respect et la promotion des droits
fondamentaux de la personne ; le développement des biens spirituels et
temporels des personnes et de la société ; la paix et la sécurité de tous.
409. Où se réalise d’une façon plus complète le bien commun ?
La réalisation la plus complète du bien commun se
trouve dans la communauté politique, qui défend et promeut le bien des citoyens
et des corps intermédiaires, sans négliger le bien universel de la famille humaine.
410. Comment l’homme prend-il part à la réalisation du bien
commun ?
Tout homme, selon la place qu’il occupe et le rôle qu’il
joue, a sa part dans la promotion du bien commun :
par le respect des lois justes et dans la prise en charge des domaines dont il
assume la responsabilité personnelle, tels le soin de sa famille et l’engagement
dans son travail. Les citoyens doivent aussi, dans la mesure du possible,
prendre une part active à la vie publique.
LA JUSTICE SOCIALE
411. Comment la société assure-t-elle la justice sociale ?
La société assure la justice sociale quand elle
respecte la dignité et les droits de la personne, qui constituent la fin propre de la société. D’autre part, la société
recherche la justice sociale, qui est liée au bien commun et à l’exercice de l’autorité,
quand elle accomplit les conditions qui permettent aux associations et aux
individus d’obtenir ce à quoi ils ont droit.
412. Quel est le fondement de l’égalité entre les hommes ?
Tous les hommes jouissent d’une égale dignité et des
mêmes droits fondamentaux, en tant qu’ils sont créés à l’image du Dieu unique
et qu’ils sont dotés d’une âme raisonnable ; ils ont même nature et même
origine, et ils sont appelés, dans le Christ, unique Sauveur, à la même
béatitude divine.
413. Comment évaluer les inégalités entre les hommes ?
Il y a des inégalités iniques sur les plans économique
et social, qui frappent des millions d’êtres humains. Elles sont en
contradiction ouverte avec l’Évangile et sont contraires à la justice, à la
dignité des personnes, à la paix. Mais il y a aussi des différences entre les
hommes, causées par divers facteurs, qui appartiennent au plan de Dieu. Il veut
en effet que chacun reçoive d’autrui ce dont il a besoin et que ceux qui ont
des « talents » particuliers les partagent avec les autres. Ces
différences encouragent et souvent obligent les personnes à la magnanimité, à
la bienveillance et au partage. Elles incitent les cultures à s’enrichir les
unes les autres.
414. Comment s’exprime la solidarité humaine ?
La solidarité, qui découle de la fraternité humaine et
chrétienne, se manifeste en premier lieu dans la juste répartition des biens,
dans la rémunération équitable du travail et dans l’engagement pour un ordre
social plus juste. La vertu de solidarité pratique aussi le partage des biens
spirituels de la foi, encore plus importants que les biens matériels.
Chapitre III Le salut de Dieu : la Loi et la grâce
LA LOI MORALE
415. Qu’est-ce que la loi morale ?
La loi morale est l’œuvre de la Sagesse divine. Elle
prescrit à l’homme les voies et les règles de conduite qui mènent à la
béatitude promise et qui proscrivent les chemins qui éloignent de Dieu.
416. En quoi consiste la loi morale naturelle ?
La loi naturelle, inscrite par le Créateur dans le cœur
de tout homme, consiste en une participation à la
sagesse et à la bonté de Dieu. Elle exprime le sens moral originel, qui permet
à l’homme de discerner, par la raison, le bien et le mal. Elle est universelle
et immuable, et elle pose les bases des devoirs et des droits fondamentaux de
la personne, ainsi que de la communauté humaine et de la loi civile elle-même.
417. Cette loi est-elle accessible à tous ?
À cause du péché, la loi naturelle n’est pas toujours
perçue par tous avec une clarté égale et immédiate. C’est pourquoi « Dieu
a écrit sur les tables de la Loi ce que les hommes ne lisaient pas dans leurs cœurs »
(saint Augustin).
418. Quel est le rapport entre la loi naturelle et la Loi
ancienne ?
La Loi ancienne est le premier état de la Loi révélée.
Elle exprime de nombreuses vérités qui sont naturellement accessibles à la
raison et qui se trouvent ainsi confirmées et authentifiées dans les Alliances
du salut. Ses prescriptions morales, qui sont résumées dans les Dix
Commandements du Décalogue, posent les fondements de la vocation de l’homme.
Elles proscrivent ce qui est contraire à l’amour de Dieu et du prochain, et
elles commandent ce qui leur est essentiel.
419. Comment se situe la Loi ancienne dans le plan du salut ?
La Loi ancienne permet de connaître bon nombre de
vérités accessibles à la raison. Elle montre ce que l’on doit faire ou ne pas
faire, et surtout, à la manière d’un sage pédagogue, elle prépare et dispose à
la conversion et à l’accueil de l’Évangile. Cependant, tout en étant sainte,
spirituelle et bonne, la Loi ancienne est encore imparfaite, car elle ne donne
pas par elle-même la force et la grâce de l’Esprit pour être observée.
420. Qu’est-ce que la Loi nouvelle ou Loi évangélique ?
La Loi nouvelle ou Loi évangélique, proclamée et
réalisée par le Christ, est la plénitude et l’accomplissement
de la Loi divine, naturelle et révélée. Elle se résume dans le commandement de l’amour
de Dieu et du prochain, et de l’amour des uns envers les autres comme le Christ
nous a aimés. Elle est aussi une réalité intérieure à l’homme : la grâce
du Saint-Esprit, qui rend possible un tel amour. Elle est « la loi de
liberté » (Ga 1, 25), car elle incline à agir spontanément sous l’impulsion
de la charité. « La Loi nouvelle est d’abord la grâce même de l’Esprit
Saint, qui est donnée aux croyants dans le Christ » (saint Thomas d’Aquin).
421. Où se trouve la Loi nouvelle ?
La Loi nouvelle se trouve dans toute la vie et la
prédication du Christ, et dans la catéchèse morale des Apôtres. Le Discours sur
la Montagne en est la principale expression.
GRÂCE ET JUSTIFICATION
422. Qu’est-ce que la justification ?
La justification est l’œuvre la plus excellente de l’amour
de Dieu. Elle est l’action miséricordieuse et gratuite de Dieu qui nous remet
nos péchés et qui nous rend justes et saints dans tout notre être. Cela se
réalise par la grâce de l’Esprit Saint, qui nous a été méritée par la passion
du Christ et qui nous est donnée par le Baptême. La justification ouvre la voie
à la libre réponse de l’homme, c’est-à-dire à la foi au Christ et à la
collaboration avec la grâce de l’Esprit Saint.
423. Qu’est-ce que la grâce qui justifie ?
La grâce est le don gratuit que Dieu nous donne afin
de nous rendre participants de sa vie trinitaire et capables
d’agir par amour pour lui. Elle est appelée grâce habituelle, ou sanctifiante
ou déifiante, parce qu’elle sanctifie et divinise. Elle est surnaturelle, parce
qu’elle dépend entièrement de l’initiative gratuite de Dieu et qu’elle dépasse
les capacités de l’intelligence et des forces humaines. Elle échappe donc à
notre expérience.
424. Quelles sont les autres sortes de grâce ?
Hormis la grâce habituelle, il y a les grâces
actuelles (dons circonstanciés), les grâces sacramentelles (dons propres à
chaque sacrement), les grâces spéciales ou charismes (qui ont comme finalité le
bien commun de l’Église), parmi lesquels il y a les grâces d’état, qui
accompagnent l’exercice des ministères ecclésiaux et des responsabilités de l’existence.
425. Quel rapport y a-t-il entre la grâce et la liberté
humaine ?
La grâce prévient, prépare et suscite la libre réponse
de l’homme. Elle répond aux profondes aspirations de la liberté humaine, l’invite
à coopérer et la mène à la perfection.
426. Qu’est-ce que le mérite ?
Le mérite est ce qui donne droit à la récompense pour
une action bonne. Dans ses rapports avec Dieu, l’homme, de lui-même, ne peut
rien mériter, ayant tout reçu gratuitement de Dieu. Néanmoins, Dieu lui donne
la possibilité d’acquérir des mérites par son union à la charité du Christ,
source de nos mérites devant Dieu. Les mérites des bonnes œuvres doivent donc
être attribués avant tout à la grâce divine, et ensuite à la volonté libre de l’homme.
427. Quels biens pouvons-nous mériter ?
Sous la motion de l’Esprit Saint, nous pouvons
mériter, pour nous-mêmes et pour autrui, les grâces
utiles pour nous sanctifier et pour parvenir à la vie éternelle, ainsi que les
biens temporels qui nous sont nécessaires, selon le dessein de Dieu. Nul ne
peut mériter la grâce première, qui est à l’origine de la conversion et de la
justification.
428. Sommes-nous tous appelés à la sainteté chrétienne ?
Tous les fidèles sont appelés à la sainteté
chrétienne. Elle est la plénitude de la vie chrétienne et la perfection de la
charité ; elle se réalise dans l’union intime avec le Christ et, en lui,
avec la Sainte Trinité. Le chemin de sanctification du chrétien, après être
passé par la croix, aura son achèvement dans la résurrection finale des justes,
dans laquelle Dieu sera tout en tous.
L’ÉGLISE, MÈRE ET ÉDUCATRICE
429. Comment l’Église nourrit-elle la vie morale du chrétien ?
L’Église est la communauté où le chrétien accueille la
Parole de Dieu et les enseignements de la « Loi du Christ » (Ga 6,
2). Il y reçoit la grâce des sacrements. Il s’y unit à l’offrande eucharistique
du Christ, en sorte que sa vie morale soit un culte spirituel. Il y apprend l’exemple
de sainteté de la Vierge Marie et des saints.
430. Pourquoi le Magistère de l’Église intervient-il dans le
domaine moral ?
Il revient au Magistère de l’Église d’annoncer la foi
à croire et à appliquer dans la vie concrète. Cette tâche s’étend aussi aux
préceptes spécifiques de la loi naturelle, parce que leur observance est nécessaire
pour le salut.
431. Quelle est la finalité des préceptes de l’Église ?
Les cinq préceptes de l’Église ont pour but de
garantir aux fidèles le minimum indispensable en ce
qui concerne l’esprit de prière, la vie sacramentelle, l’engagement moral, et
la croissance de l’amour de Dieu et du prochain.
432. Quels sont les préceptes de l’Église ?
Ce sont les suivants : 1) participer à la Messe
le dimanche et les autres fêtes de précepte, et se libérer
des travaux et des activités qui pourraient empêcher la sanctification de ces
jours-là ; 2) confesser ses fautes en recevant le sacrement de la
Réconciliation au moins une fois par an ; 3) recevoir le sacrement de l’Eucharistie
au moins à Pâques ; 4) s’abstenir de manger de la viande et jeûner aux
jours fixés pas l’Église ; 5) subvenir aux besoins matériels de l’Église,
chacun selon ses possibilités.
433. Pourquoi la vie morale des chrétiens est-elle
indispensable pour l’annonce de l’Évangile ?
Par leur vie conforme au Seigneur Jésus, les chrétiens
attirent les hommes à la foi au vrai Dieu ; ils édifient l’Église ;
ils pénètrent le monde de l’esprit de l’Évangile et préparent la venue du
Royaume de Dieu.
DEUXIÈME SECTION - LES DIX COMMANDEMENTS
Un jeune posa à Jésus cette question : « “Maître,
que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?”. Jésus lui
répondit : “Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le
aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi” »
(Mt 19, 17-21).
Suivre Jésus implique que l’on observe des
commandements. L’ancienne loi n’est pas abolie, mais l’homme est invité à la
retrouver en la personne du divin Maître, qui la réalise parfaitement en lui-même,
en révèle pleinement le sens et en atteste la pérennité.
L’image de cette section représente Jésus, qui
instruisait les disciples dans le sermon sur la montagne (cf. Mt 5 ;7). Les éléments les plus importants de cet enseignement
sont : les béatitudes, le perfectionnement de l’ancienne loi, la prière du
Notre Père, les indications sur le jeûne, l’invitation faite aux disciples d’être
sel de la terre et lumière du monde.
Avec son élévation de la terre et sa proximité du
ciel, la montagne indique un lieu privilégié de rencontre avec Dieu. Jésus
comme Maître, assis sur le roc qui constitue une cathèdre située en bonne
place, avec l’index de la main droite pointé vers le ciel, indique la
provenance divine de ses paroles de vie et de bonheur. Le rouleau qu’il tient
dans la main gauche montre que sa doctrine est complète, doctrine qu’il remet
avec confiance aux Apôtres, les invitant à prêcher l’Évangile à tous les
peuples, en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Les douze Apôtres, placés en couronne aux pieds du
Maître, ont tous une auréole pour indiquer leur fidélité à Jésus et leur
témoignage de sainteté dans l’Église. Un seul, à demi caché, à droite, a une
auréole noire, pour évoquer son infidélité à la Bonne Nouvelle. L’annonce du
royaume de Dieu prêché par Jésus ne fut pas parole vide et inconsistante, mais
action efficace et valable. À ce propos, l’épisode du paralytique de
Capharnaüm, rapporté par trois des synoptiques, est significatif : « Jésus
monta en barque, traversa le lac et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voilà
qu’on lui apportait un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus
dit au paralysé : “Confiance, mon fils, tes péchés sont pardonnés”. Or,
quelques scribes se disaient : “Cet homme blasphème”. Mais Jésus,
connaissant leurs pensées, leur dit : “Pourquoi avez-vous en vous-mêmes
des pensées mauvaises ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? De dire :
‘Tes péchés sont pardonnés’, ou bien de dire : ‘Lève toi et marche’ ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur
la terre, de pardonner les péchés…” alors, il dit au paralysé : “Lève-toi,
prends ta civière, et rentre chez toi” » (Mt 9, 16).
Dans cet événement, la guérison physique n’est rien d’autre
que la face visible du miracle spirituel de la libération du péché. Guérir et
pardonner restent les gestes typiques de la pédagogie de Jésus divin Maître.
<FRA ANGELICO, Le sermon sur la montagne, Musée de Saint
Marc, Florence.>
Exode 20, 2-17 :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait
sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres
dieux que moi. Tu ne feras aucune idole, aucune image de ce qui est là-haut
dans les cieux, ou en bas sur la terre, ou dans les eaux par-dessous la terre.
Tu ne te prosterneras pas devant ces images, pour leur rendre un culte. Car
moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux : chez ceux qui me
haïssent, je punis la faute des pères sur les fils, jusqu’à la troisième et la
quatrième génération ; mais ceux qui m’aiment et observent mes
commandements, je leur garde ma fidélité jusqu’à la millième génération. Tu n’invoqueras
pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal, car le Seigneur ne laissera pas
impuni celui qui invoque son Nom pour le mal. Tu feras du sabbat un mémorial,
un jour sacré. Pendant six jours tu travailleras, et tu feras tout ton ouvrage ;
mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton
Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton
serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui réside dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils
contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur
a béni le jour du sabbat et l’a consacré. Honore ton père et ta mère, afin d’avoir
longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu. Tu ne commettras pas
de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne
porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras pas la
maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain,
ni son serviteur, ni sa servante, ni son boeuf, ni son âne : rien de ce
qui lui appartient ».
Deutéronome
5, 6-21 :
« Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait
sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage. Tu n’auras pas d’autres dieux
que moi… Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal. Observe
le jour du sabbat comme un jour sacré. Honore ton père et ta mère. Tu ne
commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne commettras
pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne
convoiteras pas la femme de ton prochain, tu ne désireras rien de ce qui
appartient à ton prochain.
Formule
catéchétique :
Un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement. Son
saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment. Le jour du Seigneur
garderas, en servant Dieu dévotement. Honore ton père
et ta mère. Tu ne tueras pas. Tu ne commettras pas d’adultère. Tu ne voleras
pas. Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. Tu ne convoiteras
pas la femme de ton prochain. Tu ne désireras rien de ce qui est à ton
prochain.
434. « Maître, que faut-il faire pour obtenir la vie
éternelle ? » (Mt 19,16)
Au jeune homme qui l’interroge, Jésus répond : « Si
tu veux entrer dans la vie, observe les commandements »,
puis il ajoute : « Viens et suis-moi » (Mt 19,16-21). Suivre
Jésus implique d’observer les commandements. La Loi n’est pas abolie ;
mais l’homme est invité à la retrouver dans la personne du Divin Maître, qui la
réalise parfaitement en lui-même, qui en révèle la pleine signification et qui
en atteste la pérennité.
435. Comment Jésus interprète-t-il la Loi ?
Jésus l’interprète à la lumière du double et unique
commandement de la charité, qui est la plénitude de la
Loi : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute
ton âme et de tout ton esprit. C’est le plus grand et le premier des
commandements. Et le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain
comme toi-même. Ces deux commandements contiennent toute la Loi et les
Prophètes » (Mt 22, 37-40).
436. Que signifie « Décalogue » ?
Décalogue signifie « Dix paroles » (Ex 34,
28). Ces paroles résument la Loi donnée par Dieu au peuple d’Israël dans le
contexte de l’Alliance avec Moïse. Présentant les commandements de l’amour de
Dieu (dans les trois premiers commandements) et de l’amour du prochain (dans
les sept autres), elles tracent pour le peuple élu et pour toute personne le
chemin d’une vie libérée de l’esclavage du péché.
437. Quel est le lien du Décalogue avec l’Alliance ?
Le Décalogue se comprend à la lumière de l’Alliance,
dans laquelle Dieu se révèle, faisant connaître sa
volonté. En observant les commandements, le peuple exprime son appartenance à
Dieu et répond avec gratitude à son initiative d’amour.
438. Quelle importance l’Église donne-t-elle au Décalogue ?
Fidèle à l’Écriture et à l’exemple du Christ, l’Église
reconnaît au Décalogue une importance et une signification primordiales. Les
chrétiens sont tenus de l’observer.
439. Pourquoi le Décalogue constitue-t-il une unité
organique ?
Les Dix Commandements constituent un ensemble
organique et indissociable, parce que chaque commandement renvoie aux autres et
à tout le Décalogue. Transgresser un commandement, c’est donc enfreindre toute
la Loi.
440. Pourquoi le Décalogue oblige-t-il gravement ?
Parce que le Décalogue énonce les devoirs fondamentaux
de l’homme envers Dieu et envers le prochain.
441. Est-il possible d’observer le Décalogue ?
Oui, parce que le Christ, sans lequel nous ne pouvons
rien faire, nous rend capables de l’observer par le
don de son Esprit et de sa grâce.
Chapitre I - « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,de toute ton âme et de tout ton esprit »
LE PREMIER COMMANDEMENT : JE SUIS LE SEIGNEUR TON DIEU. TUN’AURAS
PAS D’AUTRE DIEU
442. Qu’implique la déclaration divine : « Je suis
le Seigneur ton Dieu » (Ex 20, 2) ?
Pour le fidèle, elle implique de garder et d’exercer
les trois vertus théologales, et d’éviter les péchés
qui s’y opposent. La foi croit en Dieu et repousse ce qui lui est contraire,
comme par exemple le doute volontaire, l’incrédulité, l’hérésie, l’apostasie,
le schisme. L’espérance attend avec confiance la vision bienheureuse de Dieu et
son aide, évitant le désespoir et la présomption. La charité aime Dieu
pardessus tout : il faut donc repousser l’indifférence, l’ingratitude, la
tiédeur, l’acédie ou indolence spirituelle, et la haine de Dieu, qui naît de l’orgueil.
443. Qu’implique la Parole du Seigneur : « Adore
le Seigneur ton Dieu, à lui seul tu rendras un culte » (Mt 4, 10) ?
Elle implique d’adorer Dieu comme le Seigneur de tout
ce qui existe ; de lui rendre le culte qui lui est dû de façon
individuelle et communautaire ; de le prier par la louange, l’action de
grâces et la supplication ; de lui offrir des sacrifices, avant tout le
sacrifice spirituel de notre vie, uni au sacrifice parfait du Christ ; de
garder les promesses et les vœux faits à Dieu.
444. De quelle manière la personne met-elle en œuvre son
droit de rendre à Dieu un culte en vérité et en liberté ?
Tout homme a le droit et le devoir moral de chercher
la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son
Église, et quand il l’a connue, de l’embrasser et de lui être fidèle, en
rendant à Dieu un culte authentique. En même temps, la dignité de la personne
humaine requiert qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa
conscience, ni, dans les limites de l’ordre public, empêché d’agir selon sa
conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres.
445. Qu’est-ce que Dieu interdit quand il commande : « Tu
n’auras pas d’autres dieux devant Moi » (Ex 20, 2) ?
Ce commandement proscrit : le polythéisme, et l’idolâtrie
qui divinise une créature, le pouvoir, l’argent, même le démon ; la
superstition, qui est une déviance du culte dû au vrai Dieu et qui s’exprime
encore sous diverses formes de divinisation, de magie, de sorcellerie et de
spiritisme ; l’irréligion qui s’exprime par l’action de tenter Dieu, en
paroles ou en actes, par le sacrilège, qui profane des personnes ou des choses
sacrées, surtout l’Eucharistie, par la simonie, par laquelle on entend acheter
ou vendre des réalités spirituelles ; l’athéisme, qui rejette l’existence
de Dieu, se fondant souvent sur une fausse conception de l’autonomie humaine ;
l’agnosticisme, pour lequel on ne peut rien savoir de Dieu et qui comprend
aussi l’indifférentisme et l’athéisme pratique.
446. Le commandement de Dieu : « Tu ne te feras
aucune image sculptée » (Ex 20, 3) interdit-il le culte des images ?
Dans l’Ancien Testament, ce commandement interdisait
de représenter Dieu absolument transcendant. À partir
de l’incarnation du Fils de Dieu, le culte chrétien des images saintes est
justifié (comme l’affirme le deuxième concile de Nicée en 787), parce qu’il se
fonde sur le mystère du Fils de Dieu fait homme, en qui le Dieu transcendant se
rend visible. Il ne s’agit pas d’une adoration de l’image, mais d’une
vénération de celui qui est représenté en elle : le Christ, la Vierge, les
Anges et les Saints.
LE DEUXIÈME COMMANDEMENT : TU NE PRONONCERAS PAS LE NOM DE DIEU EN
VAIN
447. Comment respecte-t-on la sainteté du Nom de Dieu ?
On respecte le Saint Nom de Dieu en l’invoquant, en le
bénissant, en le louant et en le glorifiant. Il faut
donc éviter l’abus d’en appeler au Nom de Dieu pour justifier un délit et tout
usage inconvenant de son Nom, tels le blasphème, qui par nature est un péché
grave, les jurons et l’infidélité aux promesses faites au Nom de Dieu.
448. Pourquoi le faux serment est-il interdit ?
Parce qu’il met en cause Dieu, qui est la vérité même,
pris à témoin d’un mensonge.
« Ne jurer ni par le Créateur, ni par la
créature, si ce n’est avec vérité, nécessité et révérence » (saint Ignace
de Loyola).
449. Qu’est ce que le parjure ?
Le parjure consiste à faire, sous serment, une
promesse avec l’intention de ne pas la tenir, ou de
violer la promesse faite sous serment. C’est un péché grave contre Dieu, qui
est toujours fidèle à ses promesses.
LE TROISIÈME COMMANDEMENT : SE SOUVENIR DE SANCTIFIER LES JOURS
FESTIFS
450. Pourquoi Dieu a-t-il « béni et déclaré saint le
jour du sabbat » (Ex 20, 11) ?
Le jour du sabbat, on fait mémoire du repos de Dieu le
septième jour de la création, comme aussi de la
libération d’Israël de l’esclavage d’Égypte et de l’Alliance établie par Dieu
avec son peuple.
451. Comment se comporte Jésus par rapport au sabbat ?
Jésus reconnaît la sainteté du sabbat et, avec son
autorité divine, il en donne l’interprétation authentique :
« Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat » (Mc
2, 27).
452. Pour quel motif le dimanche a-t-il été substitué au
sabbat pour les chrétiens ?
Le dimanche est le jour de la résurrection du Christ.
Comme « premier jour de la semaine » (Mc 16, 2), il rappelle la
première création ; comme « huitième jour », jour qui suit le
sabbat, il signifie la nouvelle création inaugurée par la résurrection du
Christ. Ainsi, il est devenu pour les chrétiens le premier de tous les jours et
de toutes les fêtes : le jour du Seigneur, qui, dans sa Pâque, porte à son
achèvement le sabbat juif et annonce le repos éternel de l’homme en Dieu.
453. Comment sanctifie-t-on le dimanche ?
Les chrétiens sanctifient le dimanche et les autres
fêtes de précepte en participant à l’Eucharistie du Seigneur et en s’abstenant
aussi des activités qui empêchent de rendre le culte à Dieu, qui troublent la
joie propre au jour du Seigneur et la nécessaire détente de l’esprit et du
corps. Peuvent être accomplies ce jour-là les activités liées aux nécessités
familiales ou aux services de grande utilité sociale, à condition qu’elles ne
constituent pas des habitudes préjudiciables à la sanctification du dimanche,
ni à la vie de famille ou à la santé.
454. Pourquoi la reconnaissance civile du dimanche comme
jour festif est-elle importante ?
Pour que soit donnée à tous la possibilité effective
de jouir d’un repos suffisant et d’un temps libre
permettant de cultiver la vie religieuse, familiale, culturelle et sociale ;
de disposer d’un temps propice à la méditation, à la réflexion, au silence et à
l’étude ; de se consacrer aux bonnes œuvres, en particulier au profit des
malades et des personnes âgées.
Chapitre II - « Tu aimeras ton prochain comme toi-même »
LE QUATRIÈME COMMANDEMENT : HONORE TON PÈRE ET TA MÈRE
455. Que commande le quatrième commandement ?
Il commande d’honorer et de respecter nos parents et
ceux que Dieu, pour notre bien, a revêtus de son
autorité.
456. Quel est la nature de la famille dans le plan de Dieu ?
Un homme et une femme unis par le mariage forment
ensemble, avec leurs enfants, une famille. Dieu a
institué la famille et l’a dotée de sa constitution fondamentale. Le mariage et
la famille sont ordonnés au bien des époux, à la procréation et à l’éducation
des enfants. Entre les membres d’une famille s’établissent des relations
personnelles et des responsabilités primordiales. Dans le Christ, la famille
devient une église domestique, parce qu’elle est communauté de foi, d’espérance
et d’amour.
457. Quelle place tient la famille dans la société ?
La famille est la cellule originelle de la société
humaine et précède toute reconnaissance de la part de
l’autorité publique. Les principes et les valeurs de la famille constituent le
fondement de la vie sociale. La vie de famille est une initiation à la vie en
société.
458. Quels sont les devoirs de la société dans ses rapports
à la famille ?
La société a le devoir de soutenir et d’affermir le
mariage et la famille, en respectant aussi le principe
de subsidiarité. Les pouvoirs publics doivent respecter, protéger et favoriser
la vraie nature du mariage et de la famille, la morale publique, les droits des
parents et la prospérité des foyers.
459. Quels sont les devoirs des enfants envers leurs parents ?
Les enfants doivent respect (piété filiale), reconnaissance,
docilité et obéissance envers leurs parents,
contribuant ainsi, par les bonnes relations entre frères et sœurs, au progrès
de l’harmonie et de la sainteté de toute la vie familiale. Si les parents se
trouvent dans une situation d’indigence, de maladie, d’isolement ou de
vieillesse, les enfants adultes doivent leur fournir un soutien moral et
matériel.
460. Quels sont les devoirs des parents envers leurs enfants ?
Participants de la paternité divine, les parents sont
les premiers responsables de l’éducation de leurs
enfants et les premiers à leur annoncer la foi. Ils ont le devoir d’aimer et de
respecter leurs enfants comme personnes et comme fils de Dieu. Ils ont à
pourvoir, autant que faire se peut, à leurs besoins matériels et spirituels,
choisissant pour eux une école appropriée et leur prodiguant de prudents
conseils pour choisir leur profession et leur état de vie. En particulier, ils
ont pour mission de les éduquer à la foi chrétienne.
461. Comment les parents éduquent-ils leurs enfants à la foi
chrétienne ?
Principalement par l’exemple, la prière, la catéchèse
familiale et la participation à la vie ecclésiale.
462. Les liens de famille sont-ils un bien absolu ?
Les liens de famille, bien qu’ils soient importants,
ne sont pas absolus, parce que la première vocation du
chrétien est de suivre Jésus en l’aimant : « Qui aime son père et sa
mère plus que moi, n’est pas digne de moi. Qui aime sa fille ou son fils plus
que moi n’est pas digne de moi » (Mt 10, 37). Les parents doivent aider
avec joie leurs enfants à suivre Jésus, dans tous les états de vie, même dans
la vie consacrée ou dans le ministère sacerdotal.
463. Comment doit s’exercer l’autorité dans les différents
domaines de la société civile ?
Elle doit toujours s’exercer comme un service, en
respectant les droits fondamentaux de l’homme, une
juste hiérarchie des valeurs, les lois, la justice distributive et le principe
de subsidiarité. Dans l’exercice de l’autorité, chacun doit rechercher l’intérêt
de la communauté au lieu du sien propre. Ses décisions doivent s’inspirer de la
vérité sur Dieu, sur l’homme et sur le monde.
464. Quels sont les devoirs des citoyens dans leurs rapports
avec les autorités civiles ?
Ceux qui sont soumis à l’autorité doivent considérer
leurs supérieurs comme des représentants de Dieu,
offrant leur collaboration loyale pour le bon fonctionnement de la vie publique
et sociale. Cela comporte l’amour et le service de la patrie, le droit et le
devoir de voter, le paiement des impôts, la défense du pays et le droit à une
critique constructive.
465. Quand le citoyen doit-il ne pas à obéir aux autorités
civiles ?
Le citoyen ne doit pas, en conscience, obéir quand les
prescriptions des autorités civiles s’opposent aux
exigences de l’ordre moral : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux
hommes » (Ac 5, 29).
LE CINQUIÈME COMMANDEMENT : NE PAS TUER
466. Pourquoi faut-il respecter la vie humaine ?
Parce que la vie humaine est sacrée. Dès son origine,
elle comporte l’action créatrice de Dieu et demeure pour toujours dans une
relation spéciale avec le Créateur, son unique fin. Il n’est permis à personne
de détruire directement un être humain innocent, car cela est gravement
contraire à la dignité de la personne et à la sainteté du Créateur. « Vous
ne ferez pas mourir l’innocent et le juste » (Ex 23, 7).
467. Pourquoi la légitime défense des personnes et des
sociétés n’est-elle pas contraire à cette règle absolue ?
Par la légitime défense, on fait le choix de se
défendre et de mettre en valeur le droit à la vie, la sienne
propre ou celle d’autrui, et non le choix de tuer. Pour qui a
la responsabilité de la vie d’autrui, la légitime défense peut être aussi un
devoir grave. Toutefois, elle ne doit pas comporter un usage de la violence
plus grande que ce qui est nécessaire.
468. À quoi sert une peine ?
Une peine infligée par l’autorité publique légitime a
pour but de réparer le désordre introduit par la
faute, de défendre l’ordre public et la sécurité des personnes, et de
contribuer à l’amendement du coupable.
469. Quelle peine peut-on infliger ?
La peine infligée doit être proportionnée à la gravité
du délit. Aujourd’hui, étant donné les possibilités dont l’État dispose pour
réprimer le crime en rendant inoffensif le coupable, les cas d’absolue
nécessité de la peine de mort « sont désormais très rares, sinon même
pratiquement inexistants » (Evangelium vitæ). Quand les moyens non
sanglants sont suffisants, l’autorité se limitera à ces moyens, parce qu’ils
correspondent mieux aux conditions concrètes du bien commun, ils sont plus
conformes à la dignité de la personne et n’enlèvent pas définitivement, pour le
coupable, la possibilité de se racheter.
470. Qu’interdit le cinquième commandement ?
Le cinquième commandement interdit comme gravement
contraires à la loi morale : L’homicide direct et volontaire, ainsi que la
coopération à celui-ci ;
l’avortement direct, recherché comme fin et comme
moyen, ainsi que la coopération à cet acte, avec la peine d’excommunication,
parce que l’être humain, dès sa conception, doit être défendu et protégé de
manière absolue dans son intégrité ;
l’euthanasie directe, qui consiste à mettre fin, par un acte ou
par l’omission d’une action requise, à la vie de personnes handicapées, malades
ou proches de la mort ;
le suicide et la coopération volontaire à celui-ci,
parce qu’il est une offense grave au juste amour de Dieu, de soi-même et du
prochain ; quant à la responsabilité, elle peut être aggravée en raison du
scandale ou diminuée par des troubles psychiques particuliers ou par de graves
craintes.
471. Quelles procédures médicales sont autorisées quand la
mort est considérée comme imminente ?
Les soins habituellement dus à une personne malade ne
peuvent être légitimement interrompus. Par contre,
sont légitimes le recours à des analgésiques n’ayant pas comme finalités la
mort, ainsi que le renoncement à « l’acharnement thérapeutique », c’est-à-dire,
à l’usage de procédés médicaux disproportionnés et sans espoir raisonnable d’une
issue favorable.
472. Pourquoi la société doit-elle protéger tout embryon ?
Le droit inaliénable à la vie de tout individu humain,
dès sa conception, est un élément constitutif de la
société civile et de sa législation. Quand l’État ne met pas sa force au
service des droits de tous, et en particulier des plus faibles, parmi lesquels
les enfants conçus non encore nés, ce sont les fondements mêmes de l’état de
droit qui sont minés.
473. Comment éviter le scandale ?
Le scandale, qui consiste à porter autrui à faire le
mal, est à éviter en respectant l’âme et le corps de
la personne. Si l’on porte délibérément autrui au péché grave, on commet une
faute grave.
474. Quels devoirs avons-nous envers le corps ?
Nous devons porter une attention raisonnable à la
santé physique, la nôtre et celle d’autrui, en évitant le culte du corps et
toutes sortes d’excès. Doivent aussi être évités l’usage de stupéfiants, qui
causent de graves dommages à la santé et à la vie humaine, et aussi l’abus de
nourriture, d’alcool, de tabac et de médicaments.
475. Quand les expérimentations scientifiques, médicales et
psychologiques sont-elle moralement légitimes sur les individus ou sur des
groupes humains ?
Elles sont moralement légitimes si elles sont au
service du bien intégral de la personne et de la société,
sans risques disproportionnés pour la vie et l’intégrité physique ou psychique
des individus, qui doivent être, au préalable, informés et consentants.
476. Avant et après la mort, le prélèvement et le don d’organes
sont-ils autorisés ?
Le prélèvement d’organes est moralement acceptable
avec le consentement du donneur et sans risques
excessifs pour lui. Pour que soit réalisé l’acte noble du don d’organes après
la mort, on doit être pleinement certain de la mort réelle du donneur.
477. Quelles sont les pratiques contraires au respect de l’intégrité
corporelle de la personne humaine ?
Ce sont : les enlèvements et les prises d’otages
de personnes, le terrorisme, la torture, les violences, la stérilisation
directe. Les amputations et les mutilations d’une personne ne sont moralement
acceptables qu’à des fins thérapeutiques pour la
personne elle-même.
478. Comment doit-on prendre soin des mourants ?
Les mourants ont le droit de vivre dans la dignité les
derniers moments de leur vie terrestre, et surtout
avec le soutien de la prière et des sacrements, qui les préparent à rencontrer
le Dieu vivant.
479. Comment doivent être traités les corps des défunts ?
Les corps des défunts doivent être traités avec
respect et charité. L’incinération est permise à condition qu’elle soit réalisée
sans mettre en cause la foi en la résurrection des corps.
480. Que demande le Seigneur à toute personne en ce qui
concerne la paix ?
Le Seigneur, qui a proclamé « bienheureux les
artisans de paix » (Mt 5, 9), demande la paix du cœur
et dénonce l’immoralité de la colère, qui est un désir de vengeance pour le mal
subi, et la haine, qui porte à désirer le mal pour le prochain. Ces
comportements, s’ils sont volontaires et consentis dans des matières de grande
importance, sont des péchés graves contre la charité.
481. Qu’est-ce que la paix dans le monde ?
La paix dans le monde, qui est requise pour le respect
et le développement de la vie humaine, n’est pas
simplement l’absence de la guerre ou l’équilibre de forces opposées ; elle
est « tranquillité de l’ordre » (saint Augustin), « fruit de la
justice » (Is 32, 17) et effet de la charité. La paix terrestre est image
et fruit de la paix du Christ.
482. Que réclame la paix dans le monde ?
La paix dans le monde réclame une distribution
équitable et, la protection des biens des personnes,
la libre communication entre les êtres humains, le respect de la dignité des
personnes et des peuples, la pratique assidue de la justice et de la
fraternité.
483. Quand peut-on moralement consentir à l’usage de la
force militaire ?
Le recours à la force militaire est moralement
justifié par la présence simultanée des conditions suivantes : la
certitude d’un dommage subi grave et durable ; l’inefficacité de toute
solution pacifique ; les conditions sérieuses d’un succès ; l’absence
de maux plus grands, étant bien considérée la puissance actuelle des moyens de
destruction.
484. En cas de menace de guerre, à qui appartient-il d’apprécier
de manière rigoureuse de telles conditions ?
Cela appartient au jugement prudent des Gouvernants,
aux quels revient aussi le droit d’imposer aux
citoyens l’obligation de la défense nationale, étant sauf le droit personnel à
l’objection de conscience, obligation qui peut être réalisée par d’autres
formes de service de la communauté humaine.
485. En cas de guerre, que demande la loi morale ?
La loi morale demeure toujours valide, même en cas de
guerre. Elle demande que soient traités avec humanité les non combattants, les
soldats blessés et les prisonniers. Les actes délibérément contraires au droit
des gens et les ordres qui les commandent sont des crimes que l’obéissance
aveugle ne suffit pas à excuser. Il faut condamner les destructions massives,
ainsi que l’extermination d’un peuple ou d’une minorité ethnique. Ce sont des
péchés très graves et on est moralement tenu de résister aux ordres de ceux qui
les commandent.
486. Que faut-il faire pour éviter la guerre ?
On doit faire ce qui est raisonnablement possible pour
éviter à tout prix la guerre, étant donné les maux et
les injustices qu’elle provoque. En particulier, il faut éviter l’accumulation
et le commerce des armes non dûment réglementées par les pouvoirs légitimes ;
les injustices, surtout économiques et sociales ; les discriminations
ethniques et religieuses ; l’envie, la défiance, l’orgueil et l’esprit de
vengeance. Tout ce qui est fait pour vaincre ces désordres et d’autres encore
contribue à édifier la paix et à éviter la guerre.
LE SIXIÈME COMMANDEMENT : TU NE COMMETTRAS PAS D’ADULTÈRE
487. Quel est le devoir de la personne humaine en ce qui
concerne son identité sexuelle ?
Dieu a créé l’homme, homme et femme, avec la même
dignité personnelle. Il a inscrit en chacun la vocation à l’amour et à la
communion. Il revient à chacun d’accepter sa propre identité sexuelle, en en
reconnaissant l’importance pour toute la personne, la spécificité et la
complémentarité.
488. Qu’est-ce que la chasteté ?
La chasteté est l’intégration réussie de la sexualité
dans la personne. La sexualité devient vraiment humaine quand elle est intégrée
de manière juste dans la relation de personne à personne. La chasteté est une
vertu morale, un don de Dieu, une grâce, un fruit de l’Esprit.
489. Que comporte la vertu de chasteté ?
Elle comporte l’apprentissage de la maîtrise de soi,
en tant qu’expression de la liberté humaine orientée
au don de soi. Dans ce but, une éducation intégrale et permanente est
nécessaire ; elle se réalise par étapes graduelles de croissance.
490. De quels moyens dispose-t-on pour aider à vivre la
chasteté ?
Les moyens à disposition sont nombreux : la grâce
de Dieu, le secours des sacrements, la prière, la connaissance de soi, la
pratique d’une ascèse adaptée aux diverses situations, l’exercice des vertus
morales, en particulier de la vertu de tempérance, qui vise à faire en sorte
que les passions soient guidées par la raison.
491. De quelle manière tous les baptisés sont-ils appelés à
vivre la chasteté ?
Tous les baptisés, suivant le Christ modèle de
chasteté, sont appelés à mener une vie chaste, selon
leur état de vie : les uns, en vivant dans la virginité ou dans le célibat
consacré, manière éminente de se consacrer plus facilement à Dieu d’un cœur
sans partage ; les autres, s’ils sont mariés, en pratiquant la chasteté
conjugale ; s’ils ne sont pas mariés, en vivant la chasteté dans la
continence.
492. Quels sont les principaux péchés contre la chasteté ?
Sont des péchés gravement contraires à la chasteté,
chacun selon la nature de son objet : l’adultère, la masturbation, la
fornication, la pornographie, la prostitution, le viol, les actes homosexuels.
Ces péchés sont l’expression du vice de la luxure. Commis sur des mineurs, de
tels actes sont un attentat encore plus grave contre leur intégrité physique et
morale.
493. Pourquoi le sixième commandement, bien qu’il dise « Tu
ne commettras pas d’adultère », interdit-il tous les péchés contre la
chasteté ?
Bien que, dans le texte biblique du Décalogue, on lise
« Tu ne commettras pas d’adultère » (Ex, 20, 14), la Tradition de l’Église
suit intégralement les enseignements moraux de l’Ancien et du Nouveau
Testament, et considère le sixième commandement comme englobant tous les péchés
contre la chasteté.
494. Quel est le devoir des autorités civiles en ce qui
concerne la chasteté ?
Parce qu’elles sont tenues de promouvoir le respect de
la dignité de la personne, les autorités civiles doivent contribuer à créer un
climat favorable à la chasteté, même en empêchant, par des lois appropriées, la
diffusion de certaines des graves offenses à la chasteté précédemment évoquées,
surtout en vue de protéger les mineurs et les personnes les plus fragiles.
495. Quels sont les biens de l’amour conjugal auquel est
ordonnée la sexualité ?
Les biens de l’amour conjugal qui, pour les baptisés,
est sanctifié par le sacrement de mariage sont : l’unité, la fidélité, l’indissolubilité
et l’ouverture à la fécondité.
496. Quelle signification a l’acte conjugal ?
L’acte conjugal a une double signification :
unitive (la donation réciproque des époux), et procréatrice (l’ouverture à la
transmission de la vie). Nul ne doit briser le lien indissociable que Dieu a
voulu entre les deux significations de l’acte conjugal, en excluant l’une ou l’autre
d’entre elles.
497. Quand la régulation des naissances est-elle morale ?
La régulation des naissances, qui représente un des
aspects de la paternité et de la maternité responsables,
est objectivement conforme à la morale quand elle se vit entre les époux sans
contrainte extérieure, ni par égoïsme, mais pour des motifs sérieux et par des
méthodes conformes aux critères objectifs de moralité, à savoir par la
continence périodique et le recours aux périodes infécondes.
498. Quels sont les moyens de régulation des naissances qui
sont immoraux ?
Est intrinsèquement immorale toute action - comme, par
exemple, la stérilisation directe ou la contraception -
qui, en prévision de l’acte conjugal ou dans sa réalisation ou encore dans ses
conséquences naturelles, se propose, comme but et comme moyen, d’empêcher la
procréation.
499. Pourquoi l’insémination et la fécondation artificielles
sont-elles immorales ?
Elles sont immorales parce qu’elles dissocient la
procréation de l’acte par lequel les époux se donnent l’un à l’autre,
instaurant de ce fait une domination de la technique sur l’origine et la destinée de la personne humaine. En outre, l’insémination et
la fécondation hétérologues, par le recours à des techniques qui font
intervenir une personne étrangère au couple, lèsent le droit de l’enfant à
naître d’un père et d’une mère connus de lui et liés entre eux par le mariage
et ayant le droit exclusif de ne devenir parents que l’un par l’autre.
500. Comment doit-on considérer un enfant ?
L’enfant est un don de Dieu, le don le plus excellent
du mariage. Il n’existe pas un droit d’avoir des enfants (l’enfant dû à tout
prix). Il existe au contraire le droit pour l’enfant d’être le fruit de l’acte
conjugal de ses parents ainsi que le droit d’être respecté comme personne dès
le moment de sa conception.
501. Que peuvent faire les époux, lorsqu’ils n’ont pas d’enfants ?
Si le don de l’enfant ne leur a pas été fait, les
époux, après avoir épuisé les recours légitimes de la
médecine, peuvent marquer leur générosité par l’accueil ou par l’adoption, ou
encore par l’accomplissement de services exigeants à l’égard d’autrui. Ils
réalisent ainsi une précieuse fécondité spirituelle.
502. Quelles sont les offenses à la dignité du mariage ?
Ce sont : l’adultère, le divorce, la polygamie ;
l’inceste, l’union libre (cohabitation, concubinage), l’acte sexuel avant le
mariage ou en dehors du mariage.
LE SEPTIÈME COMMANDEMENT : TU NE VOLERAS PAS
503. Que déclare le septième commandement ?
Il déclare la destination et la distribution
universelles des biens, la propriété privée, le respect des
personnes et de leurs biens, et le respect de l’intégrité de la création. Dans
ce commandement, l’Église trouve aussi le fondement de sa doctrine sociale, qui
comprend la rectitude dans l’action, que ce soit dans le domaine économique,
dans la vie sociale et politique, dans le droit et le devoir du travail humain,
dans la justice et la solidarité entre les nations, ou dans l’amour pour les
pauvres.
504. Quelles sont les conditions du droit à la propriété
privée ?
Le droit à la propriété privée existe à condition que
la propriété soit acquise ou reçue de manière juste et
que demeure primordiale la destination universelle des biens afin de satisfaire
les besoins fondamentaux de tous les hommes.
505. Quelle est la finalité de la propriété privée ?
La propriété privée a pour finalité de garantir la
liberté et la dignité des individus, les aidant à satisfaire
les besoins fondamentaux de ceux dont ils ont la responsabilité et aussi de
ceux qui vivent dans la nécessité.
506. Que prescrit le septième commandement ?
Le septième commandement prescrit le respect des biens
d’autrui, par la pratique de la justice et de la charité, de la tempérance et
de la solidarité. Il exige en particulier : le respect des promesses et
des contrats stipulés, la réparation de toute injustice commise et la restitution
des biens volés ; le respect de l’intégrité de la création, grâce à un
usage prudent et modéré des ressources minérales, végétales et animales qui
existent dans l’univers, avec une attention spéciale aux espèces menacées d’extinction.
507. Quel comportement doit avoir l’homme envers les animaux ?
L’homme doit traiter avec bienveillance les animaux,
qui sont des créatures de Dieu, en évitant à leur égard soit un amour excessif,
soit un usage aveugle, surtout pour des expérimentations scientifiques
effectuées au-delà des limites raisonnables et avec d’inutiles souffrances pour
les animaux eux-mêmes.
508. Qu’interdit le septième commandement ?
Le septième commandement interdit avant tout le vol,
qui consiste en l’usurpation du bien d’autrui contre
la volonté raisonnable du propriétaire. Il en va de même dans le fait de payer
des salaires injustes, de spéculer sur la valeur des biens pour en tirer des
avantages au détriment d’autrui, de contrefaire des chèques ou des factures. Il
est interdit en outre de commettre des fraudes fiscales ou commerciales, d’infliger
volontairement un dommage aux propriétés privées ou publiques, de pratiquer
aussi l’usure, la corruption, l’abus privé des biens sociaux, les travaux mal
exécutés de manière consciente, le gaspillage.
509. Quel est le contenu la doctrine sociale de l’Église ?
La doctrine sociale de l’Église, en tant que
développement organique de la vérité de l’Évangile sur la dignité de la
personne humaine et sa dimension sociale, contient des principes de réflexion,
formule des critères de jugement, et présente des normes et des orientations
pour l’action.
510. Quand l’Église intervient-elle en matière sociale ?
L’Église intervient en portant un jugement moral en
matière économique et sociale, quand cela est exigé par les droits primordiaux
de la personne, par le bien commun ou par le salut des âmes.
511. Comment doit s’exercer la vie sociale et économique ?
La vie sociale et économique doit s’exercer selon ses
méthodes propres, dans le cadre de l’ordre moral, pour
le service de l’homme dans son intégralité et pour le service de toute la
communauté humaine, dans le respect de la justice sociale. Elle doit avoir l’homme
comme auteur, centre et fin.
512. Qu’est-ce qui s’oppose à la doctrine sociale de l’Église ?
S’opposent à la doctrine sociale de l’Église les
systèmes économiques et sociaux qui sacrifient les
droits primordiaux des personnes ou qui font du profit leur règle exclusive et
leur fin ultime. C’est pourquoi l’Église réfute les idéologies associées au
cours de la période moderne au « communisme » ou aux autres formes
athées et totalitaires de « socialisme ». En outre, dans la pratique
du « capitalisme », elle réfute l’individualisme et le primat absolu
de la loi du marché sur le travail humain.
513. Quel est le sens du travail pour l’homme ?
Pour l’homme, le travail est un devoir et un droit,
grâce auquel il coopère avec Dieu créateur. En effet, en travaillant avec soin
et compétence, la personne met en œuvre des capacités inscrites dans sa nature,
manifeste les dons du Créateur et les talents qu’il a reçus ; elle
subvient à ses besoins et à ceux de ses proches ; et elle sert la
communauté humaine. En outre, avec la grâce de Dieu, le travail peut être un
moyen de sanctification et de collaboration avec le Christ pour le salut d’autrui.
514. À quel type de travail toute personne a-t-elle droit ?
L’accès à un travail sûr et honnête doit être ouvert à
tous,, sans discrimination injuste, dans le respect de
la libre initiative économique et d’une rétribution équitable.
515. Quelle est la responsabilité de l’État en ce qui
concerne le travail ?