COMPENDIUM
DU
CATÉCHISME DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE
(ABRÉGÉ)
LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU
PROPRIO POUR L’APPROBATION ET LA PUBLICATION DU COMPENDIUM DU CATÉCHISME DE L’ÉGLISE
CATHOLIQUE
BENOÎT XVI EN PERPÉTUELLE MÉMOIRE
Il y a vingt ans, débutait l’élaboration du Catéchisme
de l’Église catholique, demandé par l’Assemblée extraordinaire du Synode des
Évêques, à l’occasion du vingtième anniversaire de la clôture du Concile
oecuménique Vatican II.
Je remercie infiniment Dieu, le Seigneur, d’avoir
donné à l’Église catholique ce Catéchisme, promulgué en 1992 par mon vénéré et
bien-aimé Prédécesseur, le Pape Jean-Paul II.
La grande utilité de ce don précieux est confirmée
avant tout par l’accueil, large et positif, qu’il a reçu de la part de l’épiscopat,
auquel il était adressé en tout premier lieu comme texte de référence sûr et
authentique pour l’enseignement de la doctrine catholique et, en particulier
pour l’élaboration des catéchismes locaux. Elle est confirmée aussi par l’accueil
favorable et remarquable qui lui a été réservé par toutes les composantes du
Peuple de Dieu, qui ont pu le connaître et l’apprécier
grâce aux cinquante langues, et plus, dans lesquelles il a été traduit jusqu’à
présent.
Avec une grande joie, j’approuve maintenant et je
promulgue le Compendium de ce Catéchisme.
Il a été vivement souhaité par les participants du
Congrès catéchétique international d’octobre 2002, qui se sont faits ainsi les
interprètes d’une exigence très ressentie dans l’Église.
Accueillant ce désir, mon regretté Prédécesseur décida
en février 2003 la préparation de ce Compendium et en confia la rédaction à une
Commission restreinte de Cardinaux présidée par moi et assistée de quelques
collaborateurs experts. Au cours des travaux, un projet de ce Compendium a été
soumis au jugement de tous les Cardinaux et des Présidents des Conférences
épiscopales qui, à une très large majorité, l’ont accueilli et jugé
favorablement.
Le Compendium que je présente aujourd’hui à l’Église
universelle est une synthèse fidèle et sûre du Catéchisme de l’Église
catholique. Il contient, de façon concise, tous les éléments essentiels et
fondamentaux de la foi de l’Église, de manière à constituer, comme le
souhaitait mon Prédécesseur, une sorte de vade-mecum qui permette aux personnes,
croyantes ou non, d’embrasser d’un regard d’ensemble la totalité du panorama de
la foi catholique.
Dans sa structure, dans son contenu et dans son
langage, il reflète fidèlement le Catéchisme de l’Église catholique, qui, grâce
à l’aide et au stimulant que constitue cette synthèse, pourra être plus
largement connu et approfondi.
Je livre donc avec confiance ce Compendium avant tout
à l’Église entière et à chaque chrétien en particulier, afin qu’en ce troisième
millénaire, chacun puisse, grâce à lui, retrouver un nouvel élan dans l’effort
renouvelé d’évangélisation et d’éducation à la foi qui doit caractériser toute
communauté ecclésiale et tous ceux qui croient au Christ, quel que soit leur
âge ou la nation à laquelle ils appartiennent.
Mais ce Compendium, dans sa brièveté, sa clarté et son
intégralité, s’adresse aussi à toute personne qui, vivant dans un monde
incohérent et aux multiples messages, désire connaître le Chemin de la Vie, la
Vérité confiée par Dieu à l’Église de son Fils.
En lisant cet instrument autorisé qu’est le
Compendium, chacun pourra, grâce notamment à l’intercession de la Très Sainte
Vierge Marie, Mère du Christ et Mère de l’Église, reconnaître et accueillir
toujours mieux la beauté, l’unicité et l’actualité inépuisables du Don par
excellence que Dieu a fait à l’humanité : son Fils unique, Jésus Christ,
qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6).
Donné à Rome, le 28 juin 2005, veille de
la Solennité des saints Apôtres Pierre et Paul, en la première année de mon
Pontificat.
<THÉOPHANE DE CRÈTE (1546), Icône du Christ, Monastère
Stavronikita (Mont Athos)>
L’icône du Christ Pantocrator (Celui qui dirige tout),
d’une rare beauté artistique, rappelle les paroles du Psalmiste : « Tu
es beau, comme aucun des enfants de l’homme, la grâce est répandue sur tes
lèvres » (Ps 44 [45],3). Appliquant cette louange
au Seigneur Jésus, saint Jean Chrysostome écrivait : « Le Christ
était dans la fleur de l’âge, dans la force de l’Esprit, et en lui
resplendissait une double beauté, celle de l’âme et celle du corps » (PG
52,479).
Par son langage figuratif, cette icône constitue la
synthèse des premiers Conciles oecuméniques, parvenant à représenter non
seulement la splendeur de l’humanité mais aussi l’éclat de la divinité de
Jésus. Le Christ est revêtu d’une tunique rouge, couverte d’un manteau bleu
foncé. Ces deux couleurs rappellent sa double nature, tandis que les reflets
dorés évoquent la personne divine du Verbe. De l’épaule droite tombe une étole
dorée, symbole de son sacerdoce éternel. Son visage, majestueux et serein,
encadré par une chevelure abondante, et entouré d’une auréole cruciforme,
traduit le trigramme « Ô ÔN » (« Celui qui est »), que
propose à nouveau la révélation du nom de Dieu dans Ex 3,
En haut, sur les bords de l’icône, se trouvent deux
doubles lettres : « IC - XC » (« Iesus » - « Christus »),
qui constituent le titre de l’image elle-même. La main droite, avec le pouce et
l’annulaire repliés jusqu’à se toucher (pour indiquer la double nature du
Christ dans l’unité de sa personne), est représentée dans le geste typique de
la bénédiction. La main gauche, en revanche,serre le
livre de l’Évangile, orné de trois fermoirs, de perles et de pierres
précieuses. L’Évangile, symbole et synthèse de la Parole de Dieu, a aussi un
signification liturgique, puisqu’au cours de la célébration eucharistique, on
en lit un passage et on récite les paroles mêmes de Jésus au moment de la
consécration.
L’image, qui est une synthèse sublime de données
réalistes et symboliques, est une invitation à contempler et à suivre Jésus.
Aujourd’hui encore, à travers l’Église, son Épouse et son Corps mystique, Jésus
continue de bénir l’humanité et de l’éclairer par son Évangile, véritable livre
de la vérité, du bonheur et du salut de l’homme.
Au mois d’août 386, tandis qu’il se trouvait dans son
jardin, Augustin entendit une voix qui lui disait : « Prends et lis,
prends et lis » (Confessions, 8, 12, 29). Le compendium du Catéchisme de l’Église
catholique, synthèse de l’Évangile de Jésus enseigné par la catéchèse de l’Église,
est une invitation à ouvrir le livre de la vérité et à le lire, et même à le
manger, comme fit le prophète Ézéchiel (cf. Ez 3, 1-4).
INTRODUCTION
1. Le 11 octobre 1992, le Pape Jean-Paul II donnait
aux fidèles du monde entier le Catéchisme de l’Église catholique, le présentant
comme « texte de référence » (JEAN-PAUL II, Const. apost. Fidei
depositum, 11 octobre 1992 : La Documentation catholique 91 (1993), p. 1)
pour une catéchèse renouvelée aux sources vives de la foi. Trente ans après l’ouverture
du Concile Vatican II (1962-1965), était ainsi porté à son heureux terme le
souhait exprimé en 1985 par l’Assemblée extraordinaire du Synode des Évêques,
que soit composé un catéchisme de toute la doctrine catholique, tant pour la
foi que pour la morale.
Cinq ans après, le 15 août 1997, en promulguant l’editio
typica du Catechismus Catholicæ Ecclesiæ, le Souverain Pontife confirmait la
finalité fondamentale de l’œuvre : « Constituer une présentation
complète et intègre de la doctrine catholique, qui permet à chacun de connaître
ce que l’Église professe, célèbre, vit et prie dans sa vie quotidienne »
(JEAN-PAUL II, Lettre apost. Laetamur magnopere, 15 août 1997 : La
Documentation catholique 94 (1997), p. 851).
2. Pour une meilleure mise en valeur du Catéchisme et
pour répondre à une requête née au Congrès catéchétique international de 2002,
Jean-Paul II institua en 2003 une Commission spéciale présidée par le Cardinal
Joseph Ratzinger, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, lui
confiant la tâche d’élaborer un Compendium du Catéchisme de l’Église
catholique, comportant une formulation plus synthétique du même contenu de foi.
Après deux années de travail, fut préparé un projet de compendium, qui fut
envoyé pour consultation aux Cardinaux et aux Présidents des Conférences
épiscopales. Dans son ensemble, le projet a obtenu un avis positif de la part
de la majorité absolue de ceux qui ont répondu. La Commission a donc procédé à
la révision dudit projet et, compte tenu des propositions d’amélioration qui
étaient parvenues, a préparé le texte définitif du document.
3. Les caractéristiques principales du Compendium sont
au nombre de trois : l’étroite dépendance avec le Catéchisme de l’Église
catholique ; le genre dialogique ; l’utilisation des images dans la
catéchèse.
Tout d’abord, le Compendium n’est pas un ouvrage
indépendant et il n’entend nullement se substituer au Catéchisme de l’Église
catholique ; il y renvoie au contraire continuellement, soit en indiquant
régulièrement les numéros auxquels il se réfère, soit en renvoyant sans cesse à
sa structure, à son déroulement et à son contenu. Le Compendium entend en outre
un renouveau d’intérêt et de ferveur pour le Catéchisme qui, par sa sage présentation et par sa profondeur spirituelle, reste
toujours le texte de base de la catéchèse ecclésiale actuelle.
Comme le Catéchisme, le Compendium est organisé en
quatre parties, qui correspondent aux lois fondamentales de la vie dans le
Christ.
La première partie, intitulée « La profession de
la foi », contient une synthèse opportune de la lex credendi, c’est-à-dire
de la foi professée par l’Église catholique, synthèse tirée du Symbole
apostolique développée par le symbole de Nicée-Constantinople, dont la
proclamation constante au cours des assemblées chrétiennes maintient vivante la
mémoire des principales vérités de la foi.
La deuxième partie, intitulée « La célébration du
mystère chrétien » présente les éléments essentiels de la lex celebrandi.
L’annonce de l’Évangile trouve en effet sa réponse privilégiée dans la vie
sacramentelle. En elle, les fidèles font l’expérience et témoignent, à chaque
instant de leur existence, de l’efficacité salvifique du mystère pascal, par
lequel le Christ a accompli l’œuvre de notre rédemption.
La troisième partie, intitulée « La vie dans le
Christ », rappelle la lex vivendi, à savoir l’engagement auquel les
baptisés sont tenus de manifester, dans leurs comportements et leurs choix
éthiques, leur fidélité à la foi professée et célébrée. Les fidèles sont en
effet appelés par le Seigneur Jésus à accomplir les actions qui sont conformes
à leur dignité de fils du Père, dans la charité de l’Esprit Saint.
La quatrième partie, intitulée « La prière
chrétienne » offre une synthèse de la lex orandi, c’est-à-dire de la vie
de prière. À l’exemple de Jésus, modèle parfait du priant, le chrétien est
appelé lui aussi à dialoguer avec Dieu dans la prière, dont une des expressions
privilégiées est le Notre Père, prière qui nous a été enseignée par Jésus lui-même.
4. Une deuxième caractéristique du Compendium est sa
forme dialogique, qui reprend un ancien genre littéraire catéchétique, fait de
demandes et de réponses. Il s’agit de proposer à nouveau un dialogue idéal
entre le maître et le disciple, par une série incessante de questions qui
attirent le lecteur, l’invitant à avancer dans la découverte d’aspects toujours
nouveaux de la vérité de sa foi. Le genre dialogique contribue aussi à abréger
notablement le texte, le réduisant à l’essentiel, ce qui pourrait favoriser l’assimilation
et la mémorisation éventuelle du contenu.
5. Une troisième caractéristique est la présence de
quelques images, qui marquent les articulations du Compendium. Elles
proviennent d’un très riche patrimoine de l’iconographie chrétienne. Nous apprenons
par la tradition séculaire des conciles que l’image est aussi une prédication
évangélique. En tout temps, les artistes ont offert à la contemplation et à l’admiration
des fidèles les événements marquants du mystère du salut, les présentant avec
la splendeur des couleurs et dans la perfection de la beauté. C’est là un
indice de ce que, aujourd’hui plus que jamais, dans la civilisation de l’image,
l’image sainte peut exprimer beaucoup plus que les paroles elles-mêmes, car son
dynamisme de communication et de transmission du message évangélique est
autrement plus efficace.
6. Quarante ans après la fin du Concile Vatican II et
au cours de l’Année de l’Eucharistie, le Compendium peut représenter un nouvel
instrument pour satisfaire la soif de vérité des fidèles de tous âges et de
toutes conditions, aussi bien que le désir de ceux qui, sans être des fidèles,
ont soif de vérité et de justice. Sa publication aura lieu en la solennité des
saints Apôtres Pierre et Paul, colonnes de l’Église universelle et annonciateurs
exemplaires de l’Évangile au monde de leur temps. Ces Apôtres ont vu ce qu’ils
ont prêché et ils ont rendu témoignage à la vérité du Christ jusqu’au martyre.
Imitons-les dans leur élan missionnaire et prions le Seigneur pour que l’Église
suive toujours l’enseignement des Apôtres, par lesquels elle a reçu la première
et joyeuse annonce de la foi.
Le 20 mars 2005, Dimanche des Rameaux.
Joseph Card. Ratzinger,
Président de la Commission spéciale
<GENTILE
DA FABRIANO (1423), L’adoration des Mages, Galerie des Offices, Florence.>
Ce splendide chef d’œuvre de l’Adoration des Mages
(cf. Mt 2, 1-12), représente la révélation de Jésus à tous les peuples. L’incarnation
est un don non seulement à la foi de Marie, de Joseph, des femmes, des bergers,
des gens simples du peuple d’Israël, mais aussi à la foi de ces étrangers venus
de l’Orient, pour adorer le Messie nouveau-né et lui offrir leurs présents :
« En entrant dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à genoux, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs
coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la
myrrhe » (Mt 2, 11).
Les Mages constituent les premiers des peuples appelés
à la foi, qui s’approchent de Jésus, non les mains
vides, mais avec les richesses de leurs terres et de leurs cultures.
L’Évangile de Jésus est parole salvifique pour l’humanité
tout entière. Saint Léon le Grand disait : « Que tous les peuples,
représentés par les trois Mages, adorent le Créateur de l’univers, et que Dieu
soit connu non seulement en Judée, mais sur toute la terre pour que, partout en
Israël, grand soit son nom (cf. Ps 75,2) » (Discours 3 pour l’Épiphanie).
La première partie du compendium illustre la rencontre
de Dieu et de l’homme, et la réponse de foi que l’Église, au nom de tous les
hommes, fait au don de l’incarnation rédemptrice du Fils de Dieu et de sa
divine révélation.
PREMIÈRE PARTIE
LA PROFESSION DE LA FOI
PREMIÈRE SECTION - « JE CROIS » - « NOUS
CROYONS »
<BIBLE DE SOUVIGNY, Miniature sur les jours de la
création, Moulins, Bibliothèque municipale.>
Cette miniature présente le cycle complet des six
jours de la création jusqu’à la tentation des premiers parents du genre humain
(cf. Gn 1-3).
« Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
Tout cela, ta sagesse l’a fait ;
la terre s’emplit de tes biens.
Voici l’immensité de la mer,
son grouillement innombrable d’animaux
grands et petits,
ses bateaux qui voyagent,
et Léviathan que tu fis pour qu’il serve à tes jeux.
Tous, ils comptent sur toi
pour recevoir leur nourriture au temps voulu.
Tu donnes : eux, ils ramassent ;
tu ouvres la main : ils sont comblés ». (Ps
103 [104], 24-28.35).
Durant la veillée pascale, l’Église loue le Seigneur
pour l’œuvre encore plus grandiose de la rédemption de l’humanité et du cosmos :
« Dieu éternel et tout-puissant,
toi qui agis toujours avec une sagesse admirable,
Donne aux hommes que tu as rachetés
de comprendre que le sacrifice du Christ, notre Pâque,
est une œuvre plus merveilleuse encore
que l’acte de la création
au commencement du monde ».
1. Quel est le dessein de Dieu sur l’homme ?
Infiniment parfait et bienheureux en Lui-même, Dieu,
dans un dessein de pure bonté, a librement créé l’homme pour le rendre
participant de sa vie bienheureuse. Lorsque les temps furent accomplis, Dieu le
Père a envoyé son Fils comme Rédempteur et Sauveur des hommes tombés dans le
péché, pour les appeler dans son Église et pour leur donner d’être ses fils
adoptifs par l’action de l’Esprit Saint et les héritiers de son éternité
bienheureuse.
Chapitre I - L’HOMME EST « CAPABLE » DE DIEU
« Tu es grand, Seigneur, et louable hautement… Tu
nous as faits pour Toi et notre cœur est sans repos tant qu’il ne se repose pas
en Toi » (saint Augustin).
2. Pourquoi y a-t-il en l’homme le désir de Dieu ?
En créant l’homme à son image, Dieu lui-même a inscrit
dans son cœur le désir de le voir. Même si un tel désir est ignoré de l’homme,
Dieu ne cesse d’attirer l’homme à lui pour qu’il vive et trouve en Lui la
plénitude de vérité et de bonheur qu’il ne cesse de chercher. Par nature et par
vocation, l’homme est donc un être religieux, capable d’entrer en communion
avec Dieu. Ce lien intime et vital avec Dieu confère à l’homme sa dignité
fondamentale.
3. Peut-on connaître Dieu avec la seule lumière de la raison ?
A partir de la création, c’est-à-dire du monde et de
la personne humaine, l’homme, par sa seule raison, peut avec certitude
connaître Dieu comme origine et fin de l’univers, comme souverain bien, et comme
vérité et beauté infinie.
4. Suffit-il de la lumière de la raison pour connaître le
mystère de Dieu ?
Dans sa connaissance de Dieu par la seule lumière de
sa raison, l’homme rencontre beaucoup de difficultés. De plus, il ne peut
entrer par lui-même dans l’intimité du mystère divin. C’est pourquoi Dieu a
voulu l’éclairer par sa Révélation, non seulement sur les vérités qui dépassent
la compréhension humaine, mais aussi sur les vérités religieuses et morales,
qui, tout en étant en elles-mêmes accessibles à la raison, peuvent ainsi être
connues de tous, sans difficulté, avec une ferme certitude et sans risque d’erreur.
5. Comment parler de Dieu ?
On peut parler de Dieu à tous les hommes et avec tous
les hommes, à partir des perfections de l’homme et des autres créatures, qui
sont un reflet, bien que limité, de la perfection infinie de Dieu. Il faut donc
sans cesse purifier notre langage en ce qu’il a d’imagé et d’imparfait, en
sachant que l’on ne pourra jamais exprimer pleinement l’infini mystère de Dieu.
Chapitre II - DIEU À LA RENCONTRE DE L’HOMME - LA RÉVÉLATION DE DIEU
6. Qu’est-ce que Dieu révèle à l’homme ?
Dans sa bonté et dans sa sagesse, Dieu se révèle à l’homme.
Par les événements et par ses paroles, il se révèle lui-même ainsi que son dessein
de bienveillance, qu’il a établi de toute éternité dans le Christ, en faveur
des hommes. Ce dessein consiste à faire participer, par la grâce de l’Esprit
Saint, tous les hommes à la vie divine, pour qu’ils soient fils adoptifs en son
Fils unique.
7. Quelles sont les premières étapes de la révélation de
Dieu ?
Dès l’origine, Dieu s’est manifesté à nos premiers
parents, Adam et Ève, et il les a invités à une communion intime avec Lui.
Après leur chute, il n’a pas interrompu sa révélation et il a promis le salut
pour toute leur descendance. Après le déluge, il a conclu avec Noé une alliance
entre Lui et tous les êtres vivants.
8. Quelles sont les étapes successives de la révélation de
Dieu ?
Dieu a choisi Abraham, l’appelant à sortir de son pays
pour faire de lui « le père d’un grand nombre de peuples » (Gn 17, 5)
et lui promettant de bénir en lui « toutes les nations de la terre »
(Gn 12, 3). Les descendants d’Abraham seront les dépositaires des promesses
divines faites aux patriarches. Dieu a formé Israël comme son peuple d’élection,
le sauvant de l’esclavage de l’Égypte. Il a conclu avec lui l’Alliance du Sinaï
et, par Moïse, lui a donné sa Loi. Les prophètes ont annoncé une rédemption radicale
du peuple et un salut qui inclura toutes les nations dans une Alliance nouvelle
et éternelle. Du peuple d’Israël, de la race du roi David, naîtra Jésus, le
Messie.
9. Quelle est l’étape dernière et définitive de la
révélation de Dieu ?
Cette étape s’est accomplie par le Verbe incarné,
Jésus Christ, médiateur et plénitude de la révélation. Parce qu’il est le Fils
unique de Dieu fait homme, il est la Parole parfaite et définitive du Père.
Avec l’envoi du Fils et le don de l’Esprit Saint, la Révélation est désormais
pleinement accomplie, même si la foi de l’Église devra en saisir graduellement
toute la portée au cours des siècles.
« Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est
sa Parole unique et définitive, Dieu nous a tout dit en une seule fois dans
cette Parole et il n’a plus rien à dire » (saint Jean de la Croix).
10. Quelle valeur possèdent les révélations privées ?
Tout en n’appartenant pas au dépôt de la foi, elles
peuvent aider à vivre la foi elle-même, à condition qu’elles gardent un étroit
rapport au Christ. Le Magistère de l’Église, auquel il revient d’effectuer un
discernement sur ces révélations privées, ne peut cependant accepter celles qui
prétendent dépasser ou corriger la révélation définitive qui est le Christ.
LA TRANSMISSION DE LA RÉVÉLATION DIVINE
11. Pourquoi et comment doit se transmettre la révélation
divine ?
Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et
parviennent à la connaissance de la vérité » (1Tm 2,4), c’est-à-dire de
Jésus Christ. C’est pourquoi il est nécessaire que le Christ soit annoncé à
tous les hommes, selon son propre commandement : « Allez et enseignez
toutes les nations » (Mt 28, 19). Cela se réalise par la Tradition
apostolique.
12. En quoi consiste la Tradition apostolique ?
La Tradition apostolique est la transmission du
message du, Christ, qui s’accomplit, depuis les origines du christianisme, par
la prédication, le témoignage, les institutions, le culte, les écrits inspirés.
Les Apôtres ont transmis à leurs successeurs, les Évêques, et, à travers eux, à
toutes les générations, jusqu’à la fin des temps, ce qu’ils ont reçu du Christ
et ce qu’ils ont appris de l’Esprit Saint.
13. Comment se réalise la Tradition apostolique ?
La Tradition apostolique se réalise de deux manières :
par la transmission vivante de la Parole de Dieu (appelée plus simplement la
Tradition) et par la Sainte Écriture, qui est la même annonce du salut,
consignée par écrit.
14. Quel rapport existe-t-il entre la Tradition et la Sainte
Écriture ?
La Tradition et la Sainte Écriture sont reliées et
communiquent étroitement entre elles. En effet, l’une et l’autre rendent le
mystère du Christ présent et fécond dans l’Église, et elles jaillissent d’une
source divine identique. Elles constituent un seul dépôt sacré de la foi, où l’Église
puise sa certitude concernant tout ce qui est révélé.
15. À qui est confié le dépôt de la foi ?
Depuis les Apôtres, le dépôt de la foi est confié à l’ensemble
de l’Église. Avec le sens surnaturel de la foi, le peuple de Dieu tout entier,
assisté de l’Esprit Saint et guidé par le Magistère de l’Église, accueille la
Révélation divine, la comprend toujours plus profondément et s’attache à la
vivre.
16. À qui revient-t-il d’interpréter de façon authentique le
dépôt de la foi ?
L’interprétation authentique du dépôt de la foi
appartient au seul Magistère vivant de l’Église, c’est-à-dire au Successeur de
Pierre, l’Évêque de Rome, et aux Évêques en communion avec lui. Au Magistère,
qui, dans le service de la Parole de Dieu, jouit du charisme certain de la
vérité, il revient aussi de définir les dogmes, qui sont des formulations des
vérités contenues dans la Révélation divine ; ce pouvoir s’étend également
aux vérités qui ont un lien nécessaire avec la Révélation.
17. Quelles sont les relations entre l’Écriture, la
Tradition et le Magistère ?
Écriture, Tradition et Magistère sont si étroitement
unis entre eux qu’aucun n’existe sans les autres. Ensemble, sous l’action de l’Esprit
Saint, ils contribuent efficacement au salut des hommes, chacun selon son mode
propre.
LA SAINTE ÉCRITURE
18. Pourquoi la Sainte Écriture enseigne-t-elle la vérité ?
Parce que Dieu lui-même est l’auteur de la Sainte
Écriture. Elle est donc dite inspirée et elle enseigne sans erreur les vérités
qui sont nécessaires à notre salut. En effet, l’Esprit Saint a inspiré les
auteurs humains, qui ont écrit ce que Dieu veut nous enseigner. Cependant, la
foi chrétienne n’est pas une « religion du Livre », mais de la Parole
de Dieu, « non d’un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant »
(saint Bernard de Clairvaux).
19. Comment lire l’Écriture Sainte ?
La Sainte Écriture doit être lue et interprétée avec l’aide
de l’Esprit Saint et sous la conduite du Magistère de l’Église, selon trois
critères :
1) attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture,
2) lecture de l’Écriture dans la Tradition vivante de
l’Église,
3) respect de l’analogie de la foi, c’est-à-dire de la
cohésion harmonieuse des vérités de la foi entre elles.
20. Qu’est-ce que le canon des Écritures ?
Le canon des Écritures est la liste complète des
écrits sacrés, que la Tradition apostolique a fait discerner à l’Église. Ce
canon comprend quarante-six écrits de l’Ancien Testament et vingt-sept du
Nouveau Testament.
21. Quelle est l’importance de l’Ancien Testament pour les
chrétiens ?
Les chrétiens vénèrent l’Ancien Testament comme vraie
Parole de Dieu. Tous ses écrits sont divinement inspirés et conservent une
valeur permanente. Ils rendent témoignage de la pédagogie de l’amour sauveur de
Dieu. Ils ont surtout été écrits pour préparer l’avènement du Christ, le
Sauveur de l’univers.
22. Quelle est l’importance du Nouveau Testament pour les
chrétiens ?
Le Nouveau Testament, dont l’objet central est Jésus
Christ, nous enseigne la vérité définitive de la Révélation divine. Dans le
Nouveau Testament, les quatre évangiles - Matthieu, Marc, Luc et Jean - sont
les principaux témoignages sur la vie et sur l’enseignement de Jésus ; ils
constituent le cœur de toutes les Écritures et ils occupent une place unique
dans l’Église.
23. Quelle est l’unité entre l’Ancien et le Nouveau
Testament ?
L’Écriture est une, car unique est la Parole de Dieu,
unique le dessein de salut de Dieu, unique l’inspiration divine de l’un et l’autre
Testaments. L’Ancien Testament prépare le Nouveau et le Nouveau accomplit l’Ancien.
Les deux s’éclairent mutuellement.
24. Quelle est la fonction de la Sainte Écriture dans la vie
de l’Église ?
La Sainte Écriture donne soutien et vigueur à la vie
de l’Église. Pour les fils de l’Église, elle est solidité de la foi, nourriture
et source de vie spirituelle. Elle est l’âme de la théologie et de la
prédication pastorale. Le Psalmiste dit qu’elle est « la lumière de mes
pas et la lampe de ma route » (Ps 118 [119], 105). C’est pourquoi l’Église
exhorte à la lecture fréquente de la Sainte Écriture, car « ignorer les
Écritures, c’est ignorer le Christ » (saint Jérôme).
Chapitre III. - LA RÉPONSE DE L’HOMME À DIEU - JE CROIS
25. Quelle est la réponse de l’homme à Dieu qui se révèle ?
Soutenu par la grâce divine, l’homme répond à Dieu par
l’obéissance de la foi, qui consiste à se confier pleinement à Dieu et à
accueillir sa vérité, en tant qu’elle est garantie par Dieu, qui est la Vérité
elle-même.
26. Dans la Sainte Écriture, quels sont les principaux
témoins de l’obéissance de la foi ?
Il y a de nombreux témoins, et particulièrement deux.
Abraham qui, mis à l’épreuve, « eut foi en Dieu » (Rm 4, 3) et qui a
toujours obéi à son appel ; c’est pourquoi il est devenu « le père de
tous ceux qui croiraient » (cf. Rm 4, 11. 18) ; et la Vierge Marie
qui, pendant toute sa vie, a réalisé de la façon la plus parfaite l’obéissance
de la foi : « Fiat mihi secundum verbum tuum - Qu’il me soit fait
selon ta parole » (Lc 1, 38).
27. Que signifie concrètement pour l’homme de croire en Dieu ?
Cela signifie adhérer à Dieu lui-même, en se confiant
à lui et en donnant son assentiment à toutes les vérités qu’il a révélées,
parce que Dieu est la vérité. Cela signifie croire en un seul Dieu en trois
Personnes : le Père, le Fils et l’Esprit Saint.
28. Quelles sont les caractéristiques de la foi ?
La foi, don gratuit de Dieu et accessible à ceux qui
la demandent avec humilité, est la vertu surnaturelle nécessaire pour être
sauvé. L’acte de foi est un acte humain, c’est-à-dire un acte de l’intelligence
de l’homme qui, sous la motion de la volonté mue par Dieu, donne librement son
adhésion à la vérité divine. En outre, la foi est certaine, car elle est fondée
sur la Parole de Dieu ; elle est agissante « par la charité »
(Ga 5,6) ; elle grandit en permanence grâce en particulier à l’écoute de
la Parole de Dieu et à la prière. Dès à présent, elle donne l’avant-goût de la
joie du ciel.
29. Pourquoi n’y a-t-il pas contradiction entre la foi et la
science ?
Même si la foi est au-dessus de la raison, il ne
pourra jamais y avoir contradiction entre la foi et la science, parce que l’une
et l’autre ont Dieu pour origine. C’est Dieu lui-même qui donne à l’homme la
lumière de la raison et la foi.
« Crois pour comprendre ; comprends pour
croire » (saint Augustin).
NOUS CROYONS
30. Pourquoi la foi est-elle un acte personnel et en même
temps ecclésial ?
La foi est un acte personnel, parce qu’elle est la
libre réponse de l’homme à Dieu qui se révèle. Mais elle est en même temps un
acte ecclésial qui s’exprime dans la confession de foi : « Nous
croyons ». En effet, c’est l’Église qui croit. De cette manière, avec la
grâce de l’Esprit Saint, elle précède, elle engendre et elle nourrit la foi de
chacun. C’est pourquoi l’Église est Mère et Maîtresse.
« Nul ne peut avoir Dieu pour Père qui n’a pas l’Église
pour Mère » (saint Cyprien).
31. Pourquoi les énoncés de la foi sont-ils importants ?
Les énoncés de la foi sont importants parce qu’ils
permettent d’exprimer, d’assimiler, de célébrer et de vivre ensemble avec
autrui les vérités de la foi, en utilisant un langage commun.
32. De quelle manière la foi de l’Église est-elle unique ?
Bien que formée de personnes différentes par la
langue, la culture et les coutumes, l’Église professe d’une voix unanime l’unique
foi, reçue d’un seul Seigneur et transmise par l’unique Tradition apostolique.
Elle professe un seul Dieu - Père, Fils et Esprit Saint - et elle enseigne une
seule voie de salut. Aussi, croyons-nous, d’un seul cœur et d’une seule âme, ce
qui est contenu dans la Parole de Dieu, transmise ou écrite, et ce que l’Église
présente comme divinement révélé.
DEUXIÈME SECTION - LA PROFESSION DE LA FOI CHRÉTIENNE
Cette antique mosaïque de la Basilique romaine de
Saint Clément célèbre le triomphe de la croix, mystère central de la foi chrétienne.
On peut y observer la floraison luxuriante d’un pied d’acanthe, duquel partent
de très nombreux rinceaux qui s’étendent dans toutes les directions, avec leurs
fleurs et leurs fruits. La vitalité de cette plante vient de la croix de Jésus,
dont le sacrifice constitue la recréation de l’humanité et du cosmos. Jésus est
le nouvel Adam qui, par le mystère de sa passion, de sa mort et de sa
résurrection, fait refleurir l’humanité, en la réconciliant avec le Père.
Autour du Christ souffrant, il y a douze colombes
blanches qui représentent les douze Apôtres. Au pied de la croix, se trouvent
Marie et Jean, le disciple bien-aimé :
« Jésus, voyant sa mère et près d’elle le
disciple qu’il aimait, dit à sa mère : "Femme, voici ton fils".
Puis il dit au disciple : "Voici ta mère". Et à partir de cette
heure-là, le disciple la prit chez lui ». (Jn 19,26-27).
En haut, apparaît la main du Père, qui offre une
couronne de gloire à son Fils victorieux de la mort par son mystère pascal.
À la base de la plante, un petit cerf combat le
serpent du mal. De cette plante, qui représente l’arbre de la rédemption, naît
une source d’eau jaillissante, qui donne vie aux quatre petits ruisseaux, qui
symbolisent les quatre Évangiles, auxquels s’abreuvent les fidèles, comme le font
les cerfs aux sources d’eau vive. L’Église est représentée, ici, comme un
jardin céleste vivifié par Jésus, véritable arbre de vie.
<Basilique Saint Clément, Rome, Mosaïque de l’abside,
XIIe siècle : détail : la croix, arbre de la vie. Reproduit avec la
permission des Pères Dominicains irlandais>
LE CREDO
Symbole des Apôtres
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du
ciel et de la terre. Et en Jésus Christ, son Fils unique, notre Seigneur ;
qui a été conçu du Saint-Esprit, est né de la Vierge Marie, a souffert sous
Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux
enfers ; le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux,
est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant, d’où il viendra juger les
vivants et les morts. Je crois en l’Esprit Saint, à la sainte Église
catholique, à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la
résurrection de la chair, à la vie éternelle. Amen.
Symbolum Apostolicum
Credo in Deum Patrem omnipoténtem, Creatórem cæli et
terræ, et in Iesum Christum, Fílium Eius únicum, Dóminum nostrum, qui concéptus
est de Spíritu Sancto, natus ex María Vírgine, passus sub Póntio Piláto,
crucifíxus, mórtuus, et sepúltus, descéndit ad ínferos, tértia die resurréxit a
mórtuis, ascéndit ad cælos, sedet ad déxteram Dei Patris omnipoténtis, inde
ventúrus est iudicáre vivos et mórtuos. Et in Spíritum Sanctum, sanctam
Ecclésiam cathólicam, sanctórum communiónem, remissiónem peccatórum, carnis
resurrectiónem, vitam ætérnam. Amen.
Credo de Nicée-Constantinople
Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant,
Créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. Je crois en
un seul Seigneur, Jésus Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous
les siècles : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai
Dieu, né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et
par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il
descendit du ciel ; par l’Esprit Saint, il a pris chair de la Vierge
Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit
sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément
aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il
reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son
règne n’aura pas de fin. Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui
donne la vie ; il procède du Père et du Fils ; avec le Père et le
Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les
prophètes. Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je
reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection
des morts et la vie du monde à venir. Amen.
Symbolum Nicænum Constantinopolitanum
Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, Factórem cæli
et terræ, visibílium ómnium et invisibílium Et in unum Dóminum Iesum Christum,
Fílium Dei unigé nitum et ex Patre natum ante ómnia sæcula : Deum de Deo,
Lumen de Lúmine, Deum verum de Deo vero, génitum, non factum, consubstantiálem
Patri : per quem ómnia facta sunt ; qui propter nos hómines et
propter nostram salútem, descéndit de cælis, et incarnátus est de Spíritu
Sancto ex María Vírgine et homo factus est, crucifíxus étiam pro nobis sub
Póntio Piláto, passus et sepúltus est, et resurréxit tértia die secúndum
Scriptúras, et ascéndit in cælum, sedet ad déxteram Patris, et íterum ventúrus
est cum glória, iudicáre vivos et mórtuos, cuius regni non erit finis. Credo in
Spíritum Sanctum, Dóminum et vivificántem, qui ex Patre Filióque procédit, qui
cum Patre et Fílio simul adorátur et conglorificátur, qui locútus est per
prophétas. Et unam sanctam cathólicam et apostólicam Ecclésiam. Confíteor unum
Baptísma in remissiónem peccatórum. Et exspécto resurrectiónem mortuórum, et
vitam ventúri sæculi. Amen.
Chapitre I - Je crois en Dieu le Père - LES SYMBOLES DE LA FOI
33. Qu’est-ce que les Symboles de la foi ?
Ce sont des énoncés organiques, appelés encore « professions
de foi » ou « Credo », par lesquels l’Église, depuis ses
origines, a exprimé de manière synthétique et transmis sa foi dans un langage
normatif et commun à tous les fidèles.
34. Quels sont les plus anciens
Symboles de la foi ?
Ce sont les Symboles baptismaux. Parce que le baptême
est donné « au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Mt
28,19), les vérités de la foi qui y sont professées sont articulées selon leur
référence aux trois Personnes de la Sainte Trinité.
35. Quels sont les plus importants
Symboles de la foi ?
Ce sont le Symbole des Apôtres, qui est l’antique
Symbole baptismal de l’Église de Rome, et le Symbole de Nicée-Constantinople,
fruit des deux premiers Conciles oecuméniques, Nicée (325) et Constantinople
(381). Ils demeurent communs, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises
d’Orient et d’Occident.
« JE CROIS EN DIEU, LE PÈRE TOUT-PUISSANT, CRÉATEUR DU CIEL ET DE
LA TERRE »
36. Pourquoi la profession de foi commence-t-elle par « Je
crois en Dieu » ?
Parce que l’affirmation « Je crois en Dieu »
est la plus importante. Elle est la source de toutes les autres vérités sur l’homme
et sur le monde, et de toute la vie de ceux qui croient en Dieu.
37. Pourquoi professons-nous un seul Dieu ?
Parce que Dieu s’est révélé au peuple d’Israël comme l’Unique,
lorsqu’il dit : « Écoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’Unique »
(Dt 6,4), « Il n’y en a pas d’autre » (Is 45,22). Jésus lui-même l’a
confirmé : Dieu est « l’unique Seigneur » (Mc 12,29). Professer
que Jésus et l’Esprit Saint sont, eux aussi, Dieu et Seigneur, n’introduit
aucune division dans le Dieu unique.
38. Par quel nom Dieu se révèle-t-il ?
À Moïse, Dieu s’est révélé comme le Dieu vivant, « Dieu
d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob » (Ex 3, 6). Il lui a révélé son
nom mystérieux : « Je suis Celui qui Est » (YHWH). Déjà, à l’époque
de l’Ancien Testament, le nom ineffable de Dieu fut remplacé par celui de
Seigneur. Ainsi, dans le Nouveau Testament, Jésus, appelé Seigneur, apparaît
comme vrai Dieu.
39. Est-ce que seul Dieu « est » ?
Tandis que les créatures ont reçu de Lui ce qu’elles
sont et ce qu’elles ont, seul Dieu est en lui-même la
plénitude de l’être et de toutes les perfections. Il est « celui qui est »,
sans commencement ni fin. Jésus révèle qu’il porte lui aussi le Nom divin :
« Je suis » (Jn 8, 28).
40. Pourquoi la révélation du nom de Dieu est-elle
importante ?
Par la révélation de son Nom, Dieu fait connaître les
richesses contenues dans son mystère ineffable :
Lui seul existe depuis toujours et pour toujours, Lui qui transcende le monde
et l’histoire. C’est Lui qui a fait le ciel et la terre. Il est le Dieu fidèle ;
toujours proche de son peuple pour le sauver. Il est le Saint par excellence, « riche
en miséricorde » (Ep 2,4), toujours prêt à pardonner. Il est l’être
spirituel, transcendant, tout-puissant, éternel, personnel, parfait. Il est
vérité et amour.
« Dieu est l’être infiniment parfait qu’est la
Sainte Trinité » (saint Toribio de Mogrovejo).
41. En quel sens Dieu est-il la vérité ?
Dieu est la Vérité même et, comme tel, il ne se trompe
ni ne peut tromper. Il « est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui »
(1Jn 1,5). Le Fils éternel de Dieu, Sagesse incarnée, a été envoyé dans le
monde « pour rendre témoignage à la Vérité » (Jn 18,37).
42. Comment Dieu révèle-t-il qu’il est amour ?
Dieu s’est révélé à Israël comme celui dont l’amour
est plus fort que l’amour d’un père ou d’une mère pour
ses enfants, d’un époux pour son épouse. En lui-même, il « est amour »
(1Jn 4,8-16), qui se donne totalement et gratuitement : Il « a tant aimé
le monde qu’il lui a donné son Fils unique, […] pour que, par lui, le monde
soit sauvé » (Jn 3, 16-17). En envoyant son Fils et l’Esprit Saint, Dieu
révèle qu’il est lui-même éternel échange d’amour.
43. Que comporte la foi en un seul Dieu ?
Croire en un seul Dieu comporte de connaître sa
grandeur et sa majesté, de vivre en lui rendant grâce,
d’avoir toujours confiance en lui, même dans l’adversité, de reconnaître l’unité
et la vraie dignité de tous les hommes, créés à son image, d’user avec rectitude
de sa création.
44. Quel est le mystère central de la foi et de la vie
chrétienne ?
Le mystère central de la foi et de la vie chrétienne
est le mystère de la Sainte Trinité. Les chrétiens sont baptisés au nom du Père
et du Fils et du Saint-Esprit.
45. Le mystère de la Sainte Trinité peut-il être connu par
la seule raison humaine ?
Dieu a laissé des traces de son être trinitaire dans
la création et dans l’Ancien Testament ; mais la profondeur de son trésor
comme Trinité sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison humaine, et même à la foi d’Israël, avant l’Incarnation
du Fils de Dieu et l’envoi de l’Esprit Saint. Ce mystère a été révélé par Jésus
Christ et il est à la source de tous les autres mystères.
46. Que Jésus Christ nous révèle-t-il du mystère du Père ?
Jésus Christ nous révèle que Dieu est « Père »,
non seulement parce qu’il est le Créateur de l’univers
et de l’homme, mais surtout parce qu’il engendre éternellement en son sein le
Fils, qui est son Verbe, « reflet resplendissant de la gloire du Père,
expression parfaite de sa substance » (He 1, 3).
47. Qui est l’Esprit Saint, que Jésus Christ nous a révélé ?
Il est la troisième Personne de la Sainte Trinité. Il
est Dieu, uni au Père et au Fils, et égal à eux. Il « procède du Père »
(Jn 15, 26), qui, en tant que principe sans commencement, est l’origine de
toute la vie trinitaire. Il procède aussi du Fils (Filioque), par le don
éternel que le Père fait de lui au Fils. Envoyé par le Père et le Fils incarné,
l’Esprit Saint conduit l’Église à la connaissance de « la Vérité tout
entière » (Jn 16, 13).
48. Comment l’Église exprime-t-elle sa foi trinitaire ?
L’Église exprime sa foi trinitaire en confessant un
seul Dieu en trois Personnes : Père, Fils et Esprit Saint. Les trois Personnes
divines sont un seul Dieu, parce que chacune d’elles est identique à la
plénitude de l’unique et indivisible nature divine. Elles sont réellement
distinctes entre elles par les relations qui les mettent en rapport les unes
avec les autres. Le Père engendre le Fils, le Fils est engendré par le Père, le
Saint-Esprit procède du Père et du Fils.
49. Comment agissent les trois Personnes divines ?
Inséparables dans leur unique nature, les Personnes
divines sont aussi inséparables dans leur action. La Trinité
a une seule et même opération. Mais dans l’unique action divine, chaque
Personne est présente selon le mode qui lui est propre dans la Trinité.
« O mon Dieu, Trinité que j’adore…Pacifiez mon
âme. Faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que
je ne Vous y laisse jamais seul, mais que je sois là, tout entière, tout
éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice
(Bienheureuse Élisabeth de la Trinité).
50. Que signifie que Dieu est tout-puissant ?
Dieu s’est révélé comme « le fort, le vaillant »
(Ps 23 [24], 8), celui auquel « rien n’est impossible » (Lc 1, 37).
Sa toute-puissance est universelle, mystérieuse. Elle se manifeste dans le fait
de créer le monde à partir de rien et l’homme par amour, mais surtout dans l’Incarnation
et la Résurrection de son Fils, dans le don de l’adoption filiale et le pardon
des péchés. C’est pourquoi l’Église adresse sa prière au « Dieu tout-puissant
et éternel » (« Omnipotens sempiterne Deus… »).
51. Pourquoi est-il important d’affirmer : « Au
commencement, Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1, 1) ?
Parce que la création est le fondement de tous les
projets divins de salut. La création est la manifestation de l’amour tout-puissant
et sage de Dieu ; elle est le premier pas vers l’Alliance du Dieu unique
avec son peuple ; elle est le commencement de l’histoire du salut, qui
culmine avec le Christ ; elle est la première réponse aux interrogations
fondamentales de l’homme sur son origine et sur sa fin.
52. Qui a créé le monde ?
Le Père, le Fils et l’Esprit Saint sont le principe
unique et indivisible du monde, bien que l’œuvre de la
création du monde soit particulièrement attribuée à Dieu le Père.
53. Pourquoi Dieu a-t-il créé le monde ?
Le monde a été créé pour la gloire de Dieu, qui a
voulu manifester et communiquer sa bonté, sa vérité et
sa beauté. La fin ultime de la création, c’est que Dieu, dans le Christ, puisse
être « tout en tous » (1 Co 15, 28), pour sa gloire et pour notre
bonheur.
« La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, et la
vie de l’homme, c’est la vision de Dieu » (saint Irénée).
54. Comment Dieu a-t-il créé l’univers ?
Dieu a créé l’univers librement, avec sagesse et
amour. Le monde n’est pas le produit d’une nécessité, d’un destin aveugle ou du
hasard. Dieu a créé « de rien » (ex nihilo ; 2M 7, 28) un monde
ordonné et bon, qu’Il transcende à l’infini. Dieu conserve sa création dans l’être
et Il la soutient, lui donnant la capacité d’agir et la conduisant vers son
achèvement par son Fils et par l’Esprit Saint.
55. En quoi consiste la Providence divine ?
La divine Providence, ce sont les dispositions par
lesquelles Dieu conduit ses créatures vers l’ultime
perfection à laquelle il les a appelées. Dieu est l’auteur souverain de son
dessein. Mais, pour sa réalisation, il utilise aussi la coopération de ses
créatures. En même temps, il leur donne la dignité d’agir par elles-mêmes et d’être
causes les unes des autres.
56. Comment l’homme collabore-t-il avec la divine Providence ?
Tout en respectant sa liberté, Dieu donne à l’homme et
lui demande de collaborer par ses actions, par ses prières, mais aussi par ses
souffrances, en suscitant en lui « le vouloir et le faire selon la bonté
de son dessein » (Ph 2, 13).
57. Si Dieu est tout-puissant et providence, pourquoi alors
le mal existe-t-il ?
Seul l’ensemble de la foi chrétienne peut donner
réponse à cette question, à la fois douloureuse et
mystérieuse. En aucune manière, Dieu n’est la cause du mal, ni directement, ni
indirectement. Il éclaire le mystère du mal par son Fils Jésus Christ, mort et
ressuscité pour vaincre le grand mal moral qu’est le péché des hommes, racine
des autres maux.
58. Pourquoi Dieu permet-il le mal ?
La foi nous donne la certitude que Dieu ne permettrait
pas le mal s’il ne faisait pas sortir le bien du mal
lui-même. Cela, Dieu l’a déjà merveilleusement accompli dans la mort et la
résurrection du Christ. En effet, du mal moral le plus grand, la mort de son
Fils, il a tiré les plus grands biens, la glorification du Christ et notre
rédemption.
LE CIEL ET LA TERRE
59. Qu’a créé Dieu ?
La Sainte Écriture dit : « Au commencement
Dieu créa le ciel et la terre » (Gn 1,1). Dans sa profession de foi, l’Église
proclame que Dieu est le créateur de toutes les choses visibles et invisibles,
de tous les êtres spirituels et matériels, c’est-à-dire les anges et le monde
visible, et tout particulièrement l’homme.
60. Qui sont les anges ?
Les anges sont des créatures purement spirituelles,
incorporelles, invisibles et immortelles ; ce sont des êtres personnels,
doués d’intelligence et de volonté. Contemplant sans cesse Dieu face à face,
ils le glorifient ; ils le servent et sont ses messagers pour l’accomplissement
de la mission de salut de tous les hommes.
61. Comment les anges sont-ils présents à la vie de l’Église ?
L’Église s’unit aux anges pour adorer Dieu ; elle
invoque leur assistance et, dans sa liturgie, elle célèbre la mémoire de
certains d’entre eux. « Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme
protecteur et pasteur pour le conduire à la vie » (saint Basile le grand).
62. Qu’enseigne la Sainte Écriture au sujet de la création
du monde visible ?
À travers le récit des « sept jours » de la
création, la Sainte Écriture nous fait connaître la valeur de la création et sa
finalité qui est la louange de Dieu et le service de l’homme. Toute chose doit
son existence à Dieu, de qui elle reçoit sa bonté et sa perfection, ses lois et
sa place dans l’univers.
63. Quelle est la place de l’homme dans la création ?
L’homme est le sommet de la création visible, car il
est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu.
64. Quel type de liens existe-t-il entre les réalités créées ?
Entre les créatures, il existe une interdépendance et
une hiérarchie voulues par Dieu. En même temps, il existe une unité et une
solidarité entre les créatures, car toutes ont le même créateur, toutes sont
aimées de lui et sont ordonnées à sa gloire. Respecter les lois inscrites dans
la création et les rapports découlant de la nature des choses constitue donc un
principe de sagesse et un fondement de la morale.
65. Quelle relation y a-t-il entre l’œuvre de la création et
celle de la rédemption ?
L’œuvre de la création culmine dans l’œuvre, plus
grande encore, de la rédemption. En effet, cette dernière est le point de
départ de la nouvelle création, dans laquelle tout retrouvera son sens plénier
et son achèvement.
L’HOMME
66. En quel sens l’homme est-il créé à « l’image de
Dieu » ?
L’homme est créé à l’image de Dieu en ce sens qu’il
est capable de connaître et d’aimer librement son créateur. Sur la terre, il
est la seule créature que Dieu a voulue pour elle-même et qu’il a appelée à
participer à sa vie divine, par la connaissance et par l’amour. Parce qu’il est
créé à l’image de Dieu, l’homme a la dignité d’une personne ; il n’est pas
quelque chose, mais quelqu’un, capable de se connaître, de se donner librement
et d’entrer en communion avec Dieu et avec autrui.
67. Dans quel but Dieu a-t-il créé l’homme ?
Dieu a tout créé pour l’homme, mais l’homme a été créé
pour connaître, servir et aimer Dieu, pour lui offrir, dans ce monde, la
création en action de grâce et pour être, dans le ciel, élevé à la vie avec
Dieu. C’est seulement dans le mystère du Verbe incarné que le mystère de l’homme
trouve sa vraie lumière.
L’homme est prédestiné à reproduire l’image du Fils de
Dieu fait homme, qui est lui-même la parfaite « image du Dieu invisible »
(Col 1, 15).
68. Pourquoi les hommes forment-ils une unité ?
Tous les hommes forment l’unité du genre humain, en
raison de leur commune origine, qu’ils tiennent de Dieu. De plus, Dieu, « à
partir d’un seul homme, a créé tous les peuples » (Ac 17, 26). Tous ont un
unique Sauveur. Tous sont appelés à partager l’éternité bienheureuse de Dieu.
69. Dans l’homme, comment l’âme et le corps ne forment-ils
qu’un ?
La personne humaine est un être à la fois corporel et
spirituel. En l’homme, l’esprit et la matière forment une seule nature. Cette
unité est si profonde que, grâce au principe spirituel qu’est l’âme, le corps,
qui est matière, devient un corps humain et vivant, et prend part à la dignité
d’image de Dieu.
70. Qui donne l’âme à l’homme ?
L’âme spirituelle ne vient pas des parents, mais elle
est créée directement par Dieu, et elle est immortelle.
Se séparant du corps au moment de la mort, elle ne meurt pas ; elle s’unira
à nouveau au corps au moment de la résurrection finale.
71. Quel rapport entre l’homme et la femme Dieu a-t-il
établi ?
L’homme et la femme ont été créés par Dieu dans une
égale dignité en tant que personnes humaines et, en
même temps, dans une complémentarité réciproque en tant qu’homme et femme. Dieu
les a voulus l’un pour l’autre, pour une communion de personnes. Ensemble, ils
sont aussi appelés à transmettre la vie humaine, formant dans le mariage « une
seule chair » (Gn 2, 24) et à dominer la terre comme « intendants »
de Dieu.
72. Quelle était la condition originelle de l’homme selon le
projet de Dieu ?
En créant l’homme et la femme, Dieu leur avait donné
une participation spéciale à sa vie divine, dans la
sainteté et la justice. Dans le projet de Dieu, l’homme n’aurait dû ni souffrir
ni mourir. En outre, il régnait une harmonie parfaite de l’homme en lui-même,
entre la créature et le créateur, entre l’homme et la femme, comme aussi entre
le premier couple humain et toute la création.
LA CHUTE
73. Comment comprendre la réalité du péché ?
Dans l’histoire de l’homme, le péché est présent. Une
telle réalité ne s’éclaire pleinement qu’à la lumière de la Révélation divine,
et surtout à la lumière du Christ Sauveur de tous, qui a fait surabonder la
grâce là où le péché a abondé.
74. Qu’est-ce que la chute des anges ?
Par cette expression, on veut signifier que Satan et
les autres démons, dont parlent la Sainte Écriture et la Tradition de l’Église,
alors qu’ils étaient des anges créés bons par Dieu, se sont transformés en
méchants, car, par leur choix libre et irrévocable, ils ont refusé Dieu et son
Règne, donnant ainsi naissance à l’enfer. Ils tentent d’associer l’homme à leur
rébellion contre Dieu ; mais Dieu affirme dans le Christ sa victoire
assurée sur le Malin.
75. En quoi consiste le premier péché de l’homme ?
L’homme, tenté par le démon, a laissé s’éteindre en
son cœur la confiance dans ses rapports avec son Créateur. En lui désobéissant,
il a voulu devenir « comme Dieu », sans Dieu et non selon Dieu (Gn 3,
5). Ainsi, Adam et Ève ont perdu immédiatement, pour eux et pour toute leur
descendance, la grâce de la sainteté et de la justice originelles.
76. Qu’est-ce que le péché originel ?
Le péché originel, avec lequel naissent tous les
hommes, est l’état de privation de sainteté et de justice originelles dans
lequel naissent tous les hommes. C’est un péché que nous avons « contracté »
et non un péché que l’on « commet » ; c’est une condition de
naissance et non un acte personnel. En raison de l’unité originelle de tout le
genre humain, ce péché se transmet aux descendants d’Adam avec la nature
humaine, « non par imitation, mais par propagation ». Cette
transmission reste un mystère que nous ne pouvons saisir pleinement.
77. Quelles sont les autres conséquences provoquées par le
péché originel ?
Par la suite du péché originel, la nature humaine,
sans être entièrement corrompue, est blessée dans ses
forces naturelles, soumise à l’ignorance, à la souffrance, au pouvoir de la
mort ; elle est inclinée au péché. Cette inclination s’appelle
concupiscence.
78. Après le premier péché, qu’a fait Dieu ?
Après le premier péché, le monde a été envahi par les
péchés, mais Dieu n’a pas abandonné l’homme au pouvoir de la mort. Au
contraire, il a annoncé d’une façon mystérieuse - dans le « Protévangile »
(cf. Gn 3, 15) - que le mal serait vaincu et que l’homme serait relevé de la
chute. C’est la première annonce du Messie rédempteur. C’est pourquoi on ira
jusqu’à qualifier la chute d’heureuse faute (felix culpa), car « elle a
mérité un si grand Rédempteur » (Liturgie de la Veillée pascale).
Chapitre II - JE CROIS EN JÉSUS CHRIST, LE FILS UNIQUE DE DIEU
79. Quelle est la Bonne Nouvelle pour l’homme ?
C’est l’annonce de Jésus Christ, « le Fils du
Dieu vivant » (Mt 16, 16), mort et ressuscité. Au temps du roi Hérode et
de l’empereur César Auguste, Dieu a accompli la promesse faite à Abraham et à
sa descendance en envoyant « son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi,
afin de racheter ceux qui sont nés sous la loi, afin de faire de nous des fils »
(Ga 4, 45).
80. Comment s’est répandue la Bonne Nouvelle ?
Dès le début, les premiers disciples ont eu l’ardent
désir d’annoncer Jésus Christ dans le but de conduire tous les hommes à la foi
en lui. Aujourd’hui encore, de la connaissance aimante du Christ naît le désir
d’évangéliser et de catéchiser, c’est-à-dire de révéler en sa personne tout le
dessein de Dieu et de mettre l’humanité en communion avec lui.
« ET EN JÉSUS CHRIST, SON FILS UNIQUE, NOTRE SEIGNEUR »
81. Que signifie le nom de « Jésus » ?
Donné par l’Ange à l’Annonciation, le nom de « Jésus »
signifie « Dieu sauve ». Il exprime son identité et sa mission, car « c’est
Lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Mt 1, 21). Pierre affirme qu’« il
n’y a pas sous le ciel d’autre nom par lequel nous puissions être sauvés »
(Ac 4, 12).
82. Pourquoi Jésus est-il appelé « Christ » ?
« Christ » en grec, « Messie » en
hébreu, signifie « oint ». Jésus est le Christ parce qu’il a été
consacré par Dieu, oint par l’Esprit Saint pour sa mission rédemptrice. Il est
le Messie attendu par Israël, envoyé dans le monde par le Père. Jésus a accepté
le titre de Messie en en précisant toutefois le sens : « Descendu du
Ciel » (Jn 3, 13), crucifié puis ressuscité, il est le Serviteur
souffrant, qui « donne sa vie pour racheter la multitude » (Mt 20,
28). Du nom Christ dérive notre nom de chrétiens.
83. En quel sens Jésus est-il le « Fils unique de Dieu » ?
Il l’est dans un sens unique et parfait. À son Baptême
et à la Transfiguration, la voix du Père désigne Jésus comme son « Fils
bien-aimé ». Se présentant lui-même comme le Fils qui « connaît le
Père » (Mt 11, 27), Jésus affirme sa relation unique et éternelle avec
Dieu son Père. « Il est le Fils unique de Dieu » (1Jn 4, 9), la
deuxième Personne de la Trinité. Il est le centre de la prédication apostolique :
les Apôtres ont vu « sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme
Fils unique » (Jn 1, 14).
84. Que signifie le titre de « Seigneur » ?
Dans la Bible, ce titre désigne d’ordinaire le Dieu souverain.