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Catéchisme
Grands catéchismes

 

 

 

Le Dogme

 

 

Abbé A. Boulenger,

La doctrine catholique, Tome I "Le dogme"

Paris-Lyon, éd. Emmanuel Vitte, 1927, 197 pages.

 

 

lere LEÇON PRÉLIMINAIRE
La destinée de l'homme

 

1° Le problème de la destinée

a)        origine de l'homme

b)        fin de l'homme

c)         moyens qui conduisent à la fin

2° Le Catéchisme donne la solution du problème

3° Sa nature

a)        La destinée n'est pas d'ordre naturel

b)        L'homme appelé au bonheur du ciel

4° Son caractère

a)        gratuite de la part de Dieu

b)        obligatoire du côté de l'homme

5° Devoirs qu'elle impose

a)        Etude de la religion

b)        Obéissance aux prescriptions de la religion

6° L'irréligion est

a)        une ingratitude

b)        une folie

1. Mots

 

Destinée : a) pris au sens général, le mot destinée signifie la fin, le but auquel un être tend, b) dans un sens particulier, et par rapport à l'homme, la destinée est la question de la vie future c'est-à-dire des récompenses ou des punitions que la vie future nous réserve.

 

Catéchisme ou catéchèse (du grec « catechesis » instruction) a) Instruction religieuse par demandes et par réponses. Dans la primitive Église, l'enseignement était toujours oral et donné aux catéchumènes avant leur baptême. Quand l'usage fut répandu de baptiser tous les nouveaux-nés, la catéchèse fut renvoyée aux années qui précèdent la première communion. b) En tant que livre, le catéchisme date de l'époque du protestantisme. On en fit alors de nombreuses publications pour répondre aux petits livres où les protestants exprimaient leurs idées nouvelles.

 

Les catéchismes les plus célèbres après le catéchisme du Concile de Trente qui contient une explication théologique de toute la doctrine chrétienne sont ~ : 1° au XVIIè' siècle, le Catéchisme de Saint Sulpice, publié sous la direction de M. Olier; 2° le catéchisme de Veaux publié par Bossuet en 1686 ; 3° au XIXè` siècle, après le Concordat, le catéchisme impérial. Ce catéchisme fini contenait, entre autres, les devoirs envers Napoléon 1" ~ , sous peine d'encourir la damnation éternelle, fut imposé, en 1806, à toute la France, par l'empereur, d'accord avec le cardinal-légat Caprara, qui donna l'approbation canonique sans consulter le pape Pie VII et contre le gré du cardinal-secrétaire, Consalvi. Ce catéchisme rencontra une assez vive opposition de la part de certains évêques français et belges; il fut supprimé à la Restauration.

DEVELOPPEMENT . I. Le problème de la destinée.

 

Le problème de la destinée pourrait se formuler ainsi : étant donné que la vie présente n'est qu'un passage, il nous faut rechercher quelle est notre origine, quelle est notre fin et quels moyens doivent nous conduire à notre fin. Ce problème qui se pose nécessairement à notre esprit est aussi celui qu'il importe le plus de bien résoudre. À vrai dire, la destinée n'est que la question de la fin de l'homme ; mais Comme le point d'arrivée se rattache forcément au point de départ et qu'on n'atteint un but qu'à condition de prendre le chemin qui y mène, il s'ensuit que les trois questions ~ : origine, fin et moyens d'arriver à la fin, sont inséparables et demandent une solution

 

3. II. Le Catéchisme résout le problème de la destinée.

 

C'est la religion qui nous donne la solution du problème de la destinée. Or la religion se trouve exposée dans un petit livre qui s'appelle le Catéchisme : « Il y a un petit livre, qu'on fait apprendre aux enfants et sur lequel on les interroge à l'Église, dit le célèbre Jouffroy. Lisez ce petit livre, qui est le Catéchisme, vous y trouverez une solution à toutes les questions que j'ai posées ; oui, à toutes sans exception. Demandez au chrétien d'où vient l'espèce humaine, il le sait; où elle va, il le sait; comment elle y va, il le sait. Demandez à ce pauvre enfant qui, de sa vie, n y a songé, pourquoi il est ici-bas, ce qu'il deviendra après sa mort, il vous fera une réponse sublime... Voilà ce que j'appelle une grande religion, je la reconnais à ce signe qu'elle ne laisse sans réponse aucune des questions qui intéressent l'humanité ».

 

4. III. Nature de la destinée.

 

La première question qui se pose au sujet de la destinée, c'est d'en savoir la nature. Dieu, que la raison et la révélation nous montrent comme notre créateur et comme un créateur intelligent et sage, n'a pu nous créer sans nous imposer un but à atteindre. Mais quel est ce but ? L'homme est-il fait pour un bonheur éphémère : jouissances du corps et jouissances de l'esprit auxquelles la mort mettrait un terme ? Ou bien, au contraire, la mort n'est-elle qu'une transition et doit-elle conduire l'homme à sa véritable destinée ? Et, dans ce dernier cas, de quel ordre est notre destinée ? Est-elle d'ordre naturel et consiste-elle dans l'épanouissement de nos facultés ? Est-elle d'ordre surnaturel et élève-elle l'homme au-dessus de sa nature ? À toutes ces questions, notre religion donne une réponse. Elle nous dit, en effet, que l'homme est avant tout créé pour la gloire de Dieu et non pour la jouissance terrestre, et qu'il est ici-bas pour gagner le ciel et devenir « participant de la vie divine ».

 

5. IV. La destinée est-elle libre ou obligatoire?

Il a plu à Dieu d'élever l'homme à un état surnaturel et de lui en accorder la pleine réalisation dans une vie ultérieure. Mais cette destinée surnaturelle, l'homme est-il libre de l'accepter ou de la rejeter ? À cette nouvelle question d'importance capitale, le Catéchisme répond que la destinée surnaturelle, si elle est gratuite de la part de Dieu, est en même temps obligatoire du côté de l'homme. « Dieu nous la donne par bonté et il pousse la bonté jusqu'à nous l'imposer, afin que par notre caprice nous ne soyons pas privés d'un tel privilège. Nous ne sommes donc pas libres d'accepter ou de refuser. » (Vacant, D. T. C. , art. Destinée)

 

6.     V. Devoirs que nous impose la poursuite de la destinée.

 

Si la destinée est à la fois d'ordre surnaturel et de caractère obligatoire, il résulte que tout homme doit prendre les moyens qui sont adaptés à la fin que Dieu lui propose.

 

a) Le premier devoir qui s'impose, c'est par conséquent l'étude de la religion qui règle les rapports entre le Créateur et ses créatures. b) Une fois la religion connue, le second devoir c'est l'obéissance à ses prescriptions : ~ adhésion de l'esprit aux vérités qu'elle enseigne et pratique de ses commandements. Puisque Dieu a voulu faire de notre vie un temps d'épreuve et qu'il nous a donné la liberté pour nous laisser le choix et le mérite de notre destinée, nous devons prendre les moyens d'atteindre la fin que Dieu nous propose et d'obtenir la récompense céleste.

 

7.     VI. Que penser de l'irréligion.

 

Notre destinée future nous commande d'étudier et de pratiquer la religion. Elle seule, en effet, nous révèle le mystère de notre existence ; elle seule nous apprend que Dieu nous a mis au monde pour le connaître, l'aimer, le servir, et par ce moyen, acquérir la vie éternelle.

 

Il suit de là que l'irréligion est : a) une ingratitude, puisque l'homme irréligieux entend se passer de Dieu, le supprimer ou l'ignorer ; et b) une folie. Car l'homme est au moins certain d'une chose, c'est qu'il mourra, et, quelque incroyant qu'il puisse être, il lui est impossible d'affirmer avec certitude que son âme finira avec son corps. Ne pas se tenir sur ses gardes et vivre comme si Dieu n'existait pas est donc une imprévoyance insensée et le plus grand des malheurs.

 

Conclusion pratique.

 

1 ° Puisque la science de la religion est la plus importante, la seule nécessaire même, c'est un devoir rigoureux pour nous de l'étudier et d'en acquérir une connaissance sérieuse et éclairée. Dans l'autre monde, Dieu ne nous demandera pas si nous avons été riches et savants, mais si nous avons connu notre religion et surtout si nous l'avons mise en pratique.

 

2° « Je n'entends pas qu'on puisse être vertueux sans religion, dit Jean-Jacques Rousseau, j'eus longtemps cette opinion trompeuse dont je suis bien désabusé.» « L'ignorance du vrai Dieu est pour les États la plus grande des calamités.» Platon.

 

LECTURES.

 

1. Blanche de Castille. ~ On raconte que cette reine, la mère de saint Louis, que non seulement elle instruisait elle-même son fils sur les choses de la religion, mais qu'elle faisait en outre le catéchisme à d'autres enfants du royaume.

2. Napoléon catéchiste. Pendant plus de deux ans, Napoléon fit le catéchisme à la fille du général Bertrand, son compagnon de captivité à Sainte-Hélène. Quand l'enfant eut atteint sa douzième année, l'empereur lui dit : ~ « Maintenant, mon enfant, je crois que tu es assez instruite sur la religion, il faut songer à la première Communion. Je vais faire venir deux prêtres de France, l'un qui te préparera à bien vivre, et l'autre qui m'apprendra à bien mourir. » Et il fit ainsi.

 

QUESTIONNAIRE.

 

1.    Qu'est-ce que le problème de la destinée ?

2.    Le catéchisme résout- il le problème de la destinée ?

3.    De quelle nature est la destinée ? Est-elle d'ordre naturel et se termine-t-elle à la mort ?

4.    La destinée est-elle libre on obligatoire ?

5.    Quels sont les devoirs que nous impose la destinée ?

6.    Que penser de l'irréligion ?

 

DEVOIRS ÉCRITS. 1 ° Quelle est, à votre point de vue, la chose la plus importante de la vie ? Est-ce, la santé, le plaisir, la gloire on bien une carrière honorable ? 2° Comment jugez-vous ceux qui prétendent que la religion n'est pas nécessaire ?

ème LEÇON PRÉLIMINAIRE La Religion chrétienne.

 

11 Est la vraie religion.

21 Origine du nom chrétien.

31 Comment on devient chrétien.

40 Marque du Chrétien

A) Le signe de croix

~

a)         manières de le faire

b)         usage

B) Symbole des apôtres

50 La doctrine catholique

A)        Le Dogme

B)        La Morale

C)       Les Moyens de sanctification

D)       Le Culte

8. Mots

 

Religion. Ce mot d'origine latine vient: a) selon les uns (Cicéron, de « relegere» recueillir, considérer avec soin (contraire de « neglegere », laisser de côté, négliger) parce que l'homme religieux traite avec grand soin et profond respect les choses qui concernent le culte de Dieu ;

b) selon les autres (Lactance, saint Jérôme, saint Augustin), de «religare» relier, parce que la religion a pour fondement le lien qui rattache l'homme à Dieu.

 

Quoi qu'il en soit de l'étymologie, le mot religion est employé dans différents sens. Il signifie: ~ a) Doctrine. Professer la religion chrétienne, c'est admettre la doctrine, l'enseignement de Jésus-Christ: ~ c'est croire les vérités qu'il a enseignées et pratiquer les devoirs qu'il a commandés. b) Église. Appartenir à la religion chrétienne, c'est faire partie de l'Église catholique, c'est-à-dire de la Société fondée par Jésus-Christ dont les membres ont la même croyance, le même culte et le même chef ~ c) Piété. Cette personne a beaucoup de religion = a beaucoup de piété, de foi, de dévotion. d) Ordre religieux. Entrer en religion c'est se faire religieux (chartreux, trappiste, franciscain, carmélite etc.).

 

Le mot est employé ici dans le premier sens.

 

Chrétien. (du latin «Christus» le Christ, en vieux français christien, chrestien). D'après l'étymologie du mot, le chrétien est un disciple de Jésus-Christ. Être disciple d'un maître, c'est croire tout ce que ce maître enseigne.

 

NOTA. Les noms propres « Christian» « Christiane » ne sont autres que le vieux mot français « christien ».

 

Signe de croix. a) Un signe est une chose qui en indique une autre: ex. la fumée est le signe du feu. Le signe de la Croix est la marque distinctive du chrétien ; c'est sa profession de foi extérieure. Quand on fait ce signe, on proclame qu'on appartient à la religion chrétienne. b) La Croix est un instrument de supplice formé de deux pièces de bois placées en travers l'une de l'autre, et sur lequel on attachait autrefois dans certains pays les criminels condamnés à mort. La Croix a été choisie comme un signe du chrétien, parce que Notre-Seigneur Jésus-Christ est mort par le supplice de la croix pour nous racheter de nos péchés (V. N° 96) La vraie Croix, c'est la croix sur laquelle Jésus-Christ est mort.

DÉVELOPPEMENT

 

9.      I. La Religion chrétienne.

 

Nous avons vu (N° 6) que l'étude de la religion s'impose à nous comme le premier devoir de notre vie. Mais quelle religion faut-il étudier ? Elles sont en effet plusieurs qui se partagent le monde. Les trois principales sont le bouddhisme, le mahométisme et le christianisme. Peut-on dire que ces religions sont également bonnes ? Ce serait une erreur de le prétendre. Sans doute, toutes les religions ont du bon, parce qu'elles contiennent toutes des parcelles de vérité, mais il est clair qu'une seule peut être d'origine divine, car Dieu ne peut enseigner des doctrines qui se contredisent. Or la religion qui contient toute la vérité, qui, seule, est d'origine divine, c'est la religion chrétienne, comme la preuve en est faite par un travail préliminaire qui s'appelle l'apologétique. C'est donc celle que nous devons étudier et mettre en pratique.

 

10.  Il. Origine du nom chrétien.

Les religions se désignent généralement par le nom de leur fondateur ex.: Mahométisme, du nom de Mahomet, Luthéranisme, du nom de Luther. Le Christianisme est donc la religion établie par Jésus-Christ, et les chrétiens ce sont ceux qui professent cette religion.

Aussitôt que le Christ se mit à prêcher son Évangile, il y eut des hommes qui suivirent ses enseignements. Ces hommes étaient des chrétiens en fait ; mais s'ils étaient disciples de Jésus-Christ, ils n'en portaient pas encore le nom. Entre eux, ils s'appelaient choisis, élus (Rom., VIII, 33 Colos., III, 12) ; disciples (Act., IX, 26 ; XI, 29) ; frères (Act., II, 29, 37 ; III, 17 ; VI, 3 ; VII, 2); saints (Rom., VIII, 27 ; XV, 25 ; XVI, 15) ; croyants (Act., V, 14).

Quant aux Juifs, ils leur donnaient avec mépris le nom de « Nazaréens ». Ils se seraient bien gardés de les appeler chrétiens : c'eût été reconnaître que ce Jésus qu'ils avaient crucifié était vraiment le Christ, et qu'ils s'étaient trompés en attendant un Messie glorieux qui devait les délivrer du joug romain et leur donner la domination du monde.

 

C'est en l'an 43, à Antioche, dans le temps où saint Paul et saint Barnabé y étaient allés prêcher et avaient fait de nombreuses conversions que ce nom fut donné pour la première fois par les Gentils aux nouveaux disciples du Christ (Act., XI, 26). Dans la bouche des habitants d'Antioche, l'épithète de chrétiens n'a d'autre but que de désigner une secte qui a déjà pris une certaine importance. Mais par la suite, le mot « chrétien» devint une expression de dédain, par laquelle on dénonçait les disciples du Christ. La preuve en est que saint Pierre exhorte les fidèles à se glorifier d'avoir à souffrir à cause de Jésus-Christ. (I Pierre, IV, 16).

 

11.     III. Comment on devient chrétien.

 

Le baptême est la porte d'entrée de la religion chrétienne. Il ne suffit donc pas, pour être chrétien, de naître de parents chrétiens, comme on est Français quand on est né en France. Il y a une condition préliminaire et absolument indispensable: c'est de recevoir le baptême et c'est là la plus grande faveur que Dieu puisse nous octroyer. Dieu n'est pas obligé, en effet, de nous faire cette grâce. Un homme riche qui adopte un enfant pauvre, le traite en fils et lui laisse sa fortune, est à l'égard de cet enfant un grand bienfaiteur. Voilà ce que Dieu nous a fait le jour de notre baptême, et ce dont nous devons lui garder une profonde reconnaissance.

 

12.     IV. Les marques du chrétien. Le signe de la Croix.

 

10 Les marques du chrétien. ~ Il faut entendre par marques du chrétien les signes par lesquels il se fait reconnaître comme tel. Les deux principales sont: le signe de la Croix et le symbole des Apôtres. Nous allons dire ici quelques mots de la première. Quant à la seconde, elle doit faire l'objet spécial de notre étude et nous aurons à nous en occuper à partir de la leçon suivante jusqu'à la fin de cette première partie de la Doctrine catholique qui est l'exposition du Dogme.

21 Le signe de la Croix. Le signe de la Croix est pour le chrétien la profession de foi la plus courte et la plus significative qu'il puisse faire. Ce signe a été choisi comme marque du chrétien pour trois raisons : a) D'abord la Croix a été l'instrument par lequel nous avons été rachetés. b) Elle est le meilleur moyen d'honorer Jésus-Christ, puisqu'on la traçant sur nous, nous montrons que, loin d'en rougir, nous en sommes fiers et nous la considérons comme un signe glorieux. c) La Croix, chère à notre divin Maître, doit nous gagner ses faveurs et mettre le démon en fuite.

C'est pourquoi la Croix tient une si grande place dans la religion chrétienne. Elle se dresse au sommet des églises. À l'intérieur, elle est partout: sur l'autel, sur la chaire de vérité, sur les confessionnaux, etc. Le prêtre ne récite pas un office, n'administre pas un sacrement sans faire le signe de la croix à plusieurs reprises. Au saint Sacrifice de la Messe, les signes de la croix qu'il fait sur lui-même ou qu'il trace sur le calice sont très nombreux. Aux Messes solennelles, il encense la Croix sur l'autel et ne passe jamais devant elle sans la saluer.

 

13. V. Manières de faire le signe de la Croix. Son usage.

 

10 Manières de faire le signe de la Croix. Elles sont trois. a) L'on fait le signe de la Croix en traçant sur soi-même une grande croix, dont l'un des bras va du front à la poitrine et l'autre de l'épaule gauche à la droite, et en accompagnant ce geste des paroles: « Au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.» Ainsi sont rappelés les trois Mystères. Le Mystère de la Sainte Trinité est rappelé par les paroles qu'on prononce, et les Mystères de l'Incarnation et de la Rédemption le sont par le signe de la Croix lui-même. b) Il y a le signe de la croix que l'on fait avec le pouce sur le front, sur la bouche, et sur la poitrine : sur le front pour indiquer qu'on ne rougit pas d'être chrétien, sur la bouche, pour dire qu'on est prêt à confesser sa religion, et sur la poitrine pour montrer qu'on l'aime de tout son coeur. c) Les évêques et les prêtres donnent leur bénédiction en traçant une croix dans l'air.

 

21 Usage. Les premiers chrétiens faisaient probablement le signe de la Croix sur le front seulement'. C'était un signe qui leur servait à se reconnaître entre eux et qui était déjà d'un fréquent usage, ainsi que le témoignent ces paroles de Tertullien (vers l'an 200 après J.C.). « Avant toutes nos actions, quand nous prenons nos habits, quand nous allons au bain, à table, au lit, nous formons la Croix sur notre front.»

C'est au VIIIè` siècle que l'on a adopté officiellement l'usage actuel du grand signe de Croix.

14. VI. La doctrine chrétienne. Division du Catéchisme.

La doctrine ou religion chrétienne, enseignée par Notre-Seigneur et transmise par les Apôtres et par leurs successeurs, c'est-à-dire par l'autorité de l'Église, est l'ensemble des vérités que tout chrétien doit connaître et des devoirs qu'il doit pratiquer.

Le Catéchisme, qui en est l'exposé, comprend quatre parties :

~

 

Première Partie : Le Dogme ou les vérités qu'il faut croire (Explication du Symbole des Apôtres).

1 Les premiers chrétiens, tout en vénérant la Croix, ne la représentèrent pas sur leurs monuments, à cause du discrédit de cet instrument du supplice. La Croix fut symbolisée par le monogramme du Christ formé des lettres grecques X et P (monogramme = chiffre ou caractère composé des principales lettres d'un nom). C'est seulement au Vè` siècle, quand le christianisme avait triomphé du paganisme, que la Croix avec l'image du Christ (crucifix) fait son apparition. Il reste deux monuments de cette époque. L'un est une sculpture sur bois des portes de Sainte-Sabine à Rome et l'autre un Christ en ivoire conservé au British Museum à Londres. Le Christ est représenté vivant, les yeux ouverts et comme dans le triomphe. À partir du XIIè' siècle, on change l'attitude ; on lui croise les jambes (crucifié avec trois clous au lieu de quatre) et on donne à sa figure l'expression de souffrance. (V. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes.)

Deuxième Partie : La Morale ou les devoirs qu'il faut accomplir (Explication des Commandements de Dieu et de l'Église).

Troisième Partie: Les Moyens de sanctification que Dieu a mis à notre disposition et qui nous sont nécessaires pour croire et agir en chrétiens (Grâce, Prière et Sacrements). Quatrième Partie : Le Culte ou Liturgie, c'est-à-dire l'ensemble de tout ce qui concourt à l'exercice public du culte que nous rendons à Dieu.

 

Conclusion pratique.

 

1 ° Considérer le titre de chrétien comme une grâce incomparable que Dieu nous a faite au jour de notre Baptême.

2° Bien faire le signe de la Croix. Le faire, le matin en s'éveillant, le soir avant de se coucher, avant et après le travail, avant et après les repas ainsi que dans les tentations. Braver le respect humain et ne pas craindre de faire le signe de Croix en public.

3° Étudier la doctrine chrétienne avec foi et application pour ne rien ignorer de ce qu'un chrétien digne de ce nom doit savoir.

 

LECTURES.

 

I ° HISTOIRE DE LA VRAIE CROLV La Croix sur laquelle les Juifs firent mourir Notre-Seigneur avait été enterrée avec celles des deux voleurs qui furent crucifiés en même temps que lui. Trois cents ans plus tard, il y eut à Rome une impératrice appelée sainte Hélène. Comme elle était chrétienne, et que l'Empire romain avait conquis la Judée, d'ailleurs déjà avant Notre-Seigneur, elle fit faire des fouilles à Jérusalem sur la montagne du Calvaire où Notre-Seigneur était mort. L'on retrouva bientôt trois croix. Mais comment distinguer la vraie, celle de Notre-Seigneur, des deux autres ?

L'on s'adressa à l'évêque de la ville, saint Macaire. Et voici ce que ce dernier imagina. Il y avait à Jérusalem une femme très malade, que les médecins ne pouvaient guérir. L'évêque se mit d'abord à prier Dieu de tout son coeur. Puis il fit toucher les trois croix à la malade. À la première et à la seconde, aucun effet ne se produisit. Mais à la troisième, la malade se leva ; elle était guérie. La dernière, qu'elle venait de toucher, l'avait sauvée : ~ c'était la croix de Notre-Seigneur ; le miracle en était une preuve assez éclatante2. L'Église fête ce souvenir le 3 mai. (Invention de la sainte Croix.)

 

2° LE LABARUMDE CONSTANTIN. L'empereur Constantin était en guerre avec Maxence, qui voulait la détrôner. Un jour, il vit dans le ciel une croix de feu avec cette inscription : « C'est par ce signe que tu vaincras. In hoc signo vinces. » ~ Aussitôt Constantin fit représenter ~ sur son étendard (labarum) une croix avec le monogramme du Christ et il remporta la victoire la plus complète sur son adversaire. À partir de cette date, il protégea les chrétiens et promulgua en 313 l'édit de Milan qui établissait la liberté religieuse et faisait rendre aux chrétiens leurs biens confisqués.

z Ce pieux récit est considéré de nos jours par certains historiens comme une légende. I1 y a aussi des écrivains qui prétendent que ce n'est pas l'impératrice Hélène qui aurait retrouvé la vraie Croix ; ils s'appuient sur ce fait que l'historien Eusèbe, qui raconte son histoire, ne mentionne la chose nulle part. Peu importe d'ailleurs que ce soit sainte Hélène ou quelque autre qui ait retrouvé la vraie Croix, le fait n'a aucune conséquence pour la foi.

3° RACONTER LES ORIGINES DE LA FRANCE CHRÉTIENNE. Le christianisme implanté déjà dans la Gaule, à partir du IIè' siècle, par saint Pothin et saint Irénée à Lyon, par saint Denis à Paris, saint Hilaire à Poitiers, saint Martin à Tours. Conversion de la France au catholicisme. Le roi Clovis et trois mille guerriers se font baptiser à Reims après la victoire de Tolbiac remportée sur les Alamans.

QUESTIONNAIRE.

1.    Y a-t-il plusieurs religions ? Citez les principales. Sont-elles toutes également bonnes ? Quelle est la vraie religion ?

2.    Quelle est l'origine du nom chrétien ? Quels furent les premiers chrétiens ? Comment s'appelaient-ils entre eux ? Comment les Juifs les appelaient-ils ? Où le titre de chrétien fut-il donné pour la première fois aux disciples du Christ ?

3.    Quelle est la porte d'entrée de la religion chrétienne ? Est-ce une grande grâce que de recevoir le baptême ?

4.    Quelles sont les deux marques principales du chrétien ? Pourquoi le signe de la croix est-il la marque du chrétien ? Quelle place tient le signe de la croix dans la religion chrétienne ?

5.    Quelles sont-les différentes manières de faire le signe de la croix ?À quelle époque monte l'usage du signe de croix ?

~

6.    Qu'est-ce que la doctrine chrétienne ? En combien de parties se divise l'exposé de la doctrine chrétienne ?

DEVOIRS ÉCRITS. 1 ° Y a-t-il plusieurs façons de reconnaître un chrétien ? 2° Si vous ne saviez pas qu'une personne est baptisée, n'y aurait-il pas un autre moyen de connaître sa religion ? 3 ° Que faut-il faire pour être bon chrétien ?

~

3è-Q LEÇON
Le Dogme. Le Symbole des Apôtres.

11 Définition

a)        vérité révélée

b)        vérité définie

2° Objet

a)        vérité inaccessibles à la raison

b)        vérités accessibles à la raison

c)         Faits historiques

31 Ses sources

A)                 Écriture Sainte

a)              Définition

b)              Inspiration

c)              Canon

1. Ancien Testament

2. Nouveau Testament

d) Les divers sens de la Bible

      B)            Tradition