ELEMENTS DE REFLEXION POUR
LA CONSECRATION D’UNE COMMUNE AU SACRE-COEUR.
SENS GENERAL.
Au point de départ, il s’agit
de la reconnaissance d’un état de fait, nous n’avons d’existence réelle que
sous la dépendance de Dieu, notre créateur. La création du monde rend compte de
la réalité du monde auquel nous appartenons et de notre existence actuelle dans
ce monde.
Ainsi tout acte de
l’autorité doit tenir compte au moins implicitement de cette dépendance envers
Dieu. Au nom de cette autorité universelle Notre Seigneur envoyant ses
apôtres prêcher dans le monde entier leur déclare : « Toute puissance m’a été
donnée au ciel et sur la terre. Allez et enseignez toutes les nations ».
Cette toute-puissance fait du Christ la
source de tous les biens véritables reçus par les individus, les familles et
les nations. En retour, il y a pour tous ces corps une véritable obligation de
reconnaissance et de soumission à son règne social.
LA SOCIETE
ACTUELLE.
Elle revendique une autonomie
complète vis-à-vis de Dieu, elle s’organise sans Lui et souvent contre Lui. Nous vivons au
niveau social dans une véritable indifférence religieuse, on peut parler sans
exagération d’apostasie des Etats au passé chrétien.
LA SEPARATION
DU TEMPOREL ET DU SPIRITUEL.
Au mieux, on considère la
religion comme une affaire privée. Chacun est donc libre d’en choisir une ou de
les refuser toutes. Quant à la société, Elle doit rester neutre.
D’où des désordre innombrables, dont on
tente en vain de canaliser les conséquences inévitables, violence, négation du
caractère sacré de la vie, drogue, suicide... il n’y a pas de paix sociale sans ordre,
l’ordre étant lui même son principe, chacun doit commencer par occuper sa
place.
Ainsi, en ne tenant pas
compte de la loi éternelle dont Dieu est la source, les lois humaines restent
inadaptées. Leur efficacité est fonction de leur conformité à l’ordre
établi par Dieu.
Tout homme raisonnable sait que
l’organisation sociale impose des liens hiérarchiques où les hommes dépendent
les uns des autres. Pourquoi méconnaître qu’au dessus d’eux existe une autorité
suprême dont dépend notre existence même ?
La paix ne règne pas dans l’ordre social,
si dans l’ordre de l’intelligence, l‘homme ne cherche pas la vérité.
Le pape Pie XI l’affirme :
«Aucune paix durable ne sera possible tant que les hommes et les nations
refuseront de reconnaître la souveraineté de Jésus-Christ ».
Le monde peut donner des paix apparentes,
elles demeurent précaires.
La paix demande l’ordre, selon Saint
Augustin elle est la tranquillité de l’ordre.
L‘ordre temporel et l’ordre spirituel ont
chacun leur domaine propre, mais ils ne sont pas étrangers l’un à l’autre. Le
souverain domaine de Dieu s’étend sur toutes choses, l’autonomie de l’ordre
politique ne se réalise pas sans la dépendance vis à vis du créateur.
L’acte de consécration qui consiste à donner un caractère sacré
à un homme, à une communauté ou une chose, revient à les placer dans cet ordre
réel. Lorsqu’il s’agit de communautés sociales, les consacrer n’est pas autre
chose que de les soumettre aux deux commandements où Notre Seigneur résume
toute la vie divine : primauté de l’amour de Dieu et similitude de l’amour du
prochain.
La véritable dignité de l’homme
est de retrouver l’image et la ressemblance divines qui président à l’acte créateur.
En Jésus-Christ, le Dieu invisible s’est rendu visible, par sa Passion et sa
Résurrection, il restaure en nous l’image du Fils. En nous consacrant à son
amour pour nous, nous acceptons dans la Foi, d’être ses sujets, nous nous
plaçons dans l’ordre voulu par Dieu.
L’absence de reconnaissance de
Dieu par les états a pour conséquence la divinisation de l’état moderne, il
prend la place de Dieu, devient le centre d’un véritable culte et la valeur suprême.
L’acte de consécration est un acte
volontaire, mais il ne fait que traduire la réalité de l’ordre social par
rapport à Dieu.
Un non-croyant n’y perd rien,
s’il est, selon sa nature humaine, raisonnable, il ne peut rien y objecter.
L’histoire illustre sans-cesse que ce qui se fait
contre Dieu se fait contre l’homme. A l’inverse en agissant selon la loi de
Dieu, on agit toujours dans le sens du bien commun.
La consécration d’une commune au Sacré-Coeur par son maire et son conseil
municipal est finalement un acte de
conformité au réel. Un acte de bon sens donnant un caractère sacré à
une reconnaissance de l’ordre du monde.
Car il faut insister, c’est
dans la nature des hommes de reconnaître leur dépendance vis-à-vis de Dieu et
d’en tirer des conséquences pour la société. C’est même le premier pas dans la
découverte de la vérité.
Tant d’hommes frappés par le
malheur où l’angoisse, malgré la formidable puissance dont ils disposent, y
découvrent l’humilité, contre l’orgueil du refus de toute dépendance. Le
drame de l’humanisme moderne est de faire l’homme sauveur de l’homme.
Cet acte de consécration est
donc avant tout la reconnaissance de Dieu, comme source de toute existence. Il
nous relie à la réalité de Dieu au lieu de nous enfermer dans le labyrinthe de
nous -mêmes. Il dispose l’homme à recevoir tous les dons préparés par Dieu à
ceux choisis pour ses enfants.
Sans ce retour à Dieu, il n’y a
pas de progrès humain effectif. Que cette consécration nous apprenne à être des
enfants de Dieu au lieu de nous contenter d’être les éléments matériels d’une
perpétuelle transformation du monde.
Ou Fils de Dieu dans la
puissance de la paternité divine, ou simple instrument d’une puissance
collective ? La consécration nous place dans la famille divine entre les mains
d’un père très bon, très juste, très miséricordieux.
La reconnaissance de cette réalité sera
pour toute la commune un principe d’unité.
LA
CONSECRATION AU SACRE COEUR ET LES RELATIONS DE L’EGLISE ET DE L’ETAT.
La distinction par l’Eglise Catholique du pouvoir temporel et du pouvoir
spirituel est une innovation majeure dans la vie des sociétés. L’antiquité, de nos jours l’Islam, les confondent, le monde moderne les sépare, la
doctrine catholique s’efforce de régler leurs rapports. Au pouvoir
spirituel, le bien commun surnaturel, au pouvoir temporel la charge du bien naturel, mais l’ordre
temporel doit s’efforcer de procurer au plus grand nombre les moyens
d’atteindre leur fin dernière surnaturelle. L’autorité, dont le rôle est de
déterminer ces moyens et de conduire la société à sa fin, ne doit pas perdre de
vue la question du salut éternel. Les chefs de la cité seront jugés là-dessus.
Dans l’acte de consécration, il
n’y a donc ni usurpation du pouvoir spirituel, ni confusion du spirituel et du
temporel. La
base est la reconnaissance de l’origine divine du pouvoir.
Au détenteur de l’autorité
politique d’édifier, d’éduquer son peuple dans le sens du bien afin de le
disposer à ses fins dernières. L’histoire nous fait
mesurer l’impact de la conversion de Constantin. En France le baptême de Clovis
est la naissance spirituelle de notre patrie.
Jean-Paul II le rappelle aux français au
Bourget en 1980 «France, fille aînée de l’Eglise,
es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?».
N’est-ce pas l’écho du Pape St
Pie X adressant à la France cette prophétie: «Réveille dans ton sein, les
sentiments assoupis et le pacte de notre alliance. Et va, fille aînée de l’Eglise, Nation prédestinée, vase d’élection, va porter
comme par le passé, mon nom devant tous les peuples et tous les rois de la
terre.»
Les missions politiques voulues
par Dieu ne manquent pas dans notre histoire nationale. Toutes les époques
comportent des interventions religieuses à accomplir au sein du temporel. L’autonomie
politique n’y est pas remise en cause, mais la Providence marque son existence
en secourant une société qui ne sachant plus d’où elle vient, ne sait plus où
elle va. Les demandes du Sacré-Coeur, son désir brûlant de voir les hommes
et les sociétés se tourner vers lui en se consacrant à son amour pour nous,
s’inscrivent dans cette logique.
L’histoire de la France
témoigne de l’intérêt réciproque des sociétés temporelles et spirituelles à
pouvoir s’appuyer mutuellement. La dérive présente de nos sociétés, l’état
de quasi-illégitimité de nos institutions politiques coupées de la loi
naturelle, nous mettent sous les yeux le caractère
anti-naturel de la séparation du politique et du religieux. Si l’on ne le voit
pas, la réaction inverse de la confusion du spirituel et du temporel dans l’Islam de plus en plus conquérant suffit à ouvrir les yeux.
Par sa doctrine de l’ordre
social, l’Eglise apporte la seule réponse
satisfaisante, elle reconnaît à l’ordre
politique, sa fin propre et elle l’harmonise avec les
fins dernières surnaturelles.
Renier notre histoire n’est pas davantage
possible que de renier ses parents, la France doit revenir au Christ et pour
nous rendre ce retour plus facile, le Christ nous donne son coeur.
SENS
PARTICULIER : La consécration au Sacré-Coeur.
Du culte du Sacré.Coeur, le Pape Pie XII fait le
symbole de la charité divine envers le genre humain. Il est le culte de l’amour. «Dieu est
amour », c’est le mot de St-Jean pour
définir Dieu, c’est cet amour que le Sacré-Coeur de Jésus s’efforce de nous
communiquer et de nous faire mieux comprendre. Depuis le coup de lance du
soldat transperçant le coeur de Jésus sur la Croix, en passant par Ste Gertrude
ou St Jean-Eudes, le culte du Sacré-Coeur n’a cessé
de pénétrer dans la piété chrétienne.
Les révélations reçues par
Sainte Marguerite-Marie au XVIIème siècle à Paray-le-Monial actualisant cette dévotion et y ajoutant
une connotation pour la France. Le Sacré-Coeur a des paroles spéciales de
miséricorde pour la fille aînée de l’Eglise.
Au XVIIème
siècle le Roi Louis XIII opère la consécration de la France à Notre-Dame dans
un acte officiel s’imposant comme une loi publique. Peu de temps après, le Sacré-Coeur fait
part à la visitandine de Paray-le-Monial de son
intention d’être honoré par la Roi et les Princes, «Mon coeur, lui dit-il, veut
régner dans le palais du Roi de France, être peint dans ses étendards et gravé
sur ses armes, afin de les rendre victorieux de tous ses ennemis et de tous les
ennemis de l’Eglise ».
Au lendemain de la commune, à
la suite d’un voeu national voté par le Parlement, s’édifie la basilique du
sacré-Coeur. Peu
après, alors qu’on fête les cent ans de la Révolution, plusieurs évêques
soulignent le caractère public et officiel du culte au Sacré-Coeur. Pour
l’évêque de Poitiers «cette dévotion est un présent particulier de Dieu à la
France, une des richesses nationales de la France» donnée à notre pays, «un
signe de protection et un bouclier contre les ennemis de la religion ».
Pendant la Grande Guerre, un
vaste courant de la population se tourne vers le Sacré-Coeur «Salut et espoir
de la France » et malgré l’opposition des autorités de nombreux drapeaux
régimentaires s’ornent du Sacré-Coeur.
Faut-il rappeler les précieuses
traditions de consécration des maisons et des familles au Sacré-Coeur.
De nos jours plusieurs maires
organisent des cérémonies, où ils consacrent leurs communes au Sacré-Coeur.
Toutes ces initiatives, sont
l’écho du désir de Notre Seigneur déclarant à Sainte Marguerite-Marie : «J’ai
réservé la dévotion à mon Sacré-Coeur pour les derniers siècles, afin de sauver
les hommes par ce dernier bienfait de mon amour et de les enrichir des trésors
dont mon coeur est la source».
ANNEXE: La
consécration à la Sainte Vierge.
Afin de ne pas séparer la Mère
du Fils, pour répondre au désir de la Vierge Marie à Fatima liant la fin de nos
maux actuels à la Consécration du Monde à son Coeur Immaculé, la
Consécration au sacré-Coeur peut se faire conjointement au Coeur Immaculé de
Marie.
Dans une époque où la maternité
est attaquée par des crimes aussi abominables que l’avortement, il est
opportun de nous tourner vers celle qui est la Mère par excellence, Mère de
Dieu et Mère des hommes.
La France est une terre
mariale, les sanctuaires dédiés à Marie, les statues vénérées, les lieux
d’apparition où la Sainte Vierge a visité ses enfants ne se comptent plus.
Médiatrice de toutes les Grâces, refuge
des pécheurs et de ceux qui souffrent, elle ouvre, comme les vierges de
miséricorde son grand manteau pour abriter ses enfants.