Extrait du « Cahier
Saint Raphaël » n° 61, décembre 2000 : Musique de vie, musique de
mort. (3, rue Coypel, 78000 Versailles). [http://www.acimps.org/]
Dr. Minh Dung NGHIEM
Le travail du Dr. Nghiem, nous a paru digne de publication par son
sérieux scientifique et les conclusions intéressantes auxquelles il aboutit. Nous l’en remercions. Cela
ne signifie pas que nous adoptions toutes les affirmations de l’auteur
notamment celles qui ont trait au catholicisme.
Musique, intelligence et personnalité
Comment fonctionne le
cerveau ?
Les types de cerveaux selon la
maturation.
Le mécanisme de l’action de la
musique sur l’homme.
L’excitation par le tam-tam :
la transe.
Culture tam-tam, drogue et
gauchisme.
Conséquences de la culture
tam-tam.
« Au bout d’une dizaine d’années d’enquête, j’ai compris qu’il y a là un problème
politique, le mondialisme, qui est ici un moyen d’obliger les gens à
acheter une seule culture, afin de
gagner beaucoup d’argent. » (déclaration de l’auteur)
Tout le monde croit que « la musique adoucit les mœurs », que c’est un « art mineur »,
un divertissement mondain etc. Rares sont ceux qui savent qu’elle peut rendre
les gens violents, les transformant en sauvages, et enfin progrès technique
peut avoir des effets néfastes sur nos enfants ! Dans cet article, nous ne
traiterons pas des effets pervers de la télévision sur l’esprit des jeunes, car
ce sujet a déjà été étudié[1].
Dès les années 1980, certains jeunes « font du cinéma » et parlent en
« photo langage » (sic), ils raisonnent « par images » suivant la « mentalité
primitive », étudiée au début de ce siècle, par Levy-Bruhl. L’abus de la
télévision, et sans doute aussi du cinéma ou de la BD – soit de tout ce qui
stimule les mécanismes du raisonnement analogique du cerveau – risque d’arrêter
la maturation mentale des enfants. Nous avons publié les résultats d’une
enquête sur les effets de différentes musiques sur le cerveau des enfants. Ils
montrent que les « musiques jeunes » à base de tam-tam qui peuvent
mener à la transe sont susceptibles d’arrêter la formation de l’intelligence et
de la personnalité de l’homme. Inversement, la musique baroque permet une
meilleure intégration dans la civilisation occidentale, gréco-latine et
judéo-chrétienne[2].
Depuis
les années
1960-1970, grâce à l’étude des cas d’épileptiques ayant subi une
commissurotomie[3] (afin
d’empêcher la propagation des ondes électriques et de prévenir ainsi la
généralisation des crises d’épilepsie, rebelle au traitement médical de
l’époque), on sait que l’homme dispose de deux cerveaux :
§
Le cerveau gauche,
« intellectuel », siège de la conscience (faculté de percevoir et de
reconnaître le monde grâce à sa capacité d’analyse, de conceptualisation et de
symbolisation, enfin de « raisonnement digital et numérique », par
association de circuits de neurones, de propositions, de concepts, comme
lorsqu’on compte sur ses doigts).
§
Le cerveau droit,
« émotionnel », siège de l’inconscient ou faculté de comprendre par
intuition et donc de percevoir et appréhender globalement l’allure générale
des choses, leur aspect agréable ou nuisible, les impressions, les images.
C’est donc le cerveau du raisonnement analogique par image, de la sensibilité,
des émotions (colère, terreur), de l’humeur (joie, plaisir, dégoût, tristesse),
de l’imagination, de la rêverie, de la créativité.
Il faudrait encore ajouter
le « cerveau reptilien » découvert par le neurochirurgien Mac Lean
dans les années 1950. Faisant partie fonctionnellement du cerveau droit, il
contient le centre de l’agressivité (instinct de tuer), le centre de la
jouissance (centre hédonique), le centre de la sexualité. Il contrôle les
émotions, l’humeur et les fonctions végétatives (température et constantes
biologiques du corps, rythme cardiaque etc.).
Il convient de rappeler le
schéma de l’évolution cérébrale au cours de la maturation de l’homme, qui
s’effectue d’une part suivant le développement en fonction de l’âge et d’autre
part selon la complexité de la civilisation. On peut dire en substance que tout
au long de sa croissance et de sa maturation, l’enfant apprend à connaître et
reconnaître, en organisant sa mémoire et sa sensibilité d’abord, et ensuite sa
faculté d’analyse et de comparaison. En Europe, grâce à l’éducation,
c’est-à-dire l’initiation aux usages et aux arts – ce qui se fait, ce qui ne se
fait pas, le bien, le mal, le beau, le laid, etc. – il forme ses goûts et ses
aspirations, (fondés directement ou indirectement sur le christianisme), en structurant
son cerveau droit. L’instruction, en organisant le cerveau gauche, favorise le
sens de l’analyse, de la conceptualisation – ce qui est typiquement
latin ; les peuples germaniques préfèrent l’empirisme – et enfin le sens
critique.
A mesure que la raison de
l’enfant se développe, la maîtrise de ses émotions s’affirme et sa personnalité
se stabilise. Ainsi, si il l’âge de 2 a 3 ans, lors de la « crise du
moi », l’enfant reste encore un être instable et violent (passant du coq a
l’âne, d’une image à l’autre), faisant usage surtout de son cerveau droit, de la « mentalité primitive » de
Lévy-Bruhl, à l’âge de raison de l’Eglise Catholique, vers 10- 12
ans, il devient un être raisonnable, du moins s’il a reçu une bonne éducation
européenne. Il a alors des sentiments conformes à l’éthique de la société de
ses parents, il est capable de contrôler ses émotions et ses sentiments, de
penser par concepts et de raisonner de manière hypothético-déductive, ce qui
dénote la prédominance du cerveau gauche, but de l’instruction de l’école
occidentale. On y reviendra.
L’évolution de la
civilisation affecte elle aussi la maturation du cerveau humain. La
civilisation comprend les moyens (techniques, lois, institutions, arts etc.)
permettant la réalisation de la culture des hommes : leur vision du monde,
leurs aspirations. Le professeur Changeux, du Collège de France, a pu affirmer
qu’elle est la mémoire extra-cérébrale de l’homme. Bref, dans les cas heureux,
elle encadre le développement cérébral des populations. L’évolution spontanée
du cerveau mène à ce que Lévi-Strauss, de l’Académie française, nomme,
« la pensée sauvage », c’est-à-dire la pensée vierge, non
spécialisée, non modifiée par une instruction particulière cherchant à
favoriser une fonction mentale spéciale, par exemple le sens critique ou la
conceptualisation comme dans l’école française idéale.
Cette « pensée
sauvage » s’observe chez les primitifs de tous les temps et chez les
Européens jusqu’au XVIème siècle. Nous avons remarqué qu’elle s’accompagne
de la personnalité « hystérique » décrite par les médiévistes tels
que J. Huizinga, Marc Bloc et les explorateurs depuis le XVIème
siècle : en contraste avec leur apparence athlétique, les
« sauvages » - les ethnologues disent aujourd’hui : primitifs[4]
- ont un tempérament fragile : abattement facile, cruauté, violence, crise
de « pâmoison », émotivité excessive, instabilité des sentiments, de
la volonté, tendance à la transe, à l’illusion, à l’hallucination etc. Aussi,
pour être complet, il faudrait appeler « mentalité sauvage »
l’association de la pensée sauvage à la personnalité hystérique, qui serait la
personnalité naturelle de l’homme. Quoi qu’il en soit, l’absence d’éducation
produit la mentalité sauvage. Quand on vous demande d’être naturel, ce n’est pas
qu’on veuille vous voir sauvage, bien au contraire, c’est qu’on vous souhaite
d’être encore mieux éduqué ! c’est que l’éducation sert principalement à
freiner le cerveau reptilien.
En France, au XIème
et au XIIème siècles, on inventa la rhétorique du comportement
sexuel, et l’amour courtois civilisa la sexualité de l’homme en la contrôlant.
La religion chrétienne, religion de l’amour et de la miséricorde, essayait
péniblement de bloquer le centre de l’agressivité, de la cruauté et de la violence,
de supprimer les tendances naturelles à l’envi, la jalousie et à la haine
stimulées par les idéologies fondées sur l’égalitarisme. Les difficultés rencontrées
dans cette lutte confuse entre le Bien et le Mal n’ont pas empêché les pays
judéo-chrétiens d’être les seuls, au XXème siècle, à renoncer à la
cruauté officielle (peine de mort, tortures, mutilation etc.), du moins en
principe, dans leurs lois.
[…][5]
La musique agit par la
mélodie, l’harmonie, la masse orchestrale et le rythme.
1) La mélodie, ou suite des
tonalités (tons, notes) ou air de la chanson, est perçue par le cerveau droit
qui peut concevoir un plaisir esthétique, agissant sur l’humeur et
conditionnant, semble-t-il, la sensibilité d’un peuple. Jusqu’au XVIIIème
siècle, la France a été réputée championne dans le domaine de la mélodie.
Depuis son goût musical est discuté...
2) La dominante harmonique,
dépendant des relations entre les sons aigus et les sons graves, leur
codification, dans le contrepoint, permet de combiner plusieurs mélodies
ensemble en produisant un effet agréable pour la sensibilité européenne
(musique baroque). La partie harmonique de la musique est perçue par la
fonction analytique du cerveau gauche ; elle provoque l’éveil et elle est
réputée développer l’intellect, en augmentant le Q.I. (quotient intellectuel).
3) La masse orchestrale, ou
puissance sonore des instruments de musique. La loi reconnaît que les sons sont
dangereux pour l’oreille au-dessus de 85 décibels. Or l’écoute des
« musiques jeunes » et des « musiques nouvelles » se fait
souvent dans une ambiance sonore de plus de 120 décibels (concerts rock,
discothèques, baladeurs). Aussi la surdité (en général partielle) est-elle en
croissance continue dans les pays occidentaux malgré les mises en garde du
corps médical. Car on a réussi à inculquer aux gens que la jeunesse idéale doit
aimer le bruit et la violence.
4) Le rythme, ou suite
périodique combinant des éléments longs et des éléments courts (notes blanches
et noires ou mouvements de danse). On peut le produire soit avec des battements
du tam-tam ou de tout autre instrument de percussion de la batterie ou encore
par le synthétiseur qui imite ces instruments de percussion - ces procédés
simplistes rythment les musiques dites « jeunes »,
« nouvelles » ou « modernes » - soit par la combinaison
tonale et harmonique des sons provenant de plusieurs instruments de musique
(violons, trompettes et harpe par exemple). Ce dernier type de rythme, obtenu
sans intervention d’aucun instrument de percussion, est celui de la musique
européenne par excellence.
Seule une oreille exercée
peut reconnaître et percevoir le rythme européen Aussi, la plupart du temps,
nos « jeunes » éduqués – si l’on peut dire – par les médias ne l’entendent
pas et s’endorment littéralement en écoutant de la musique classique !
comme si leur cerveau gauche était privé de la fonction d’analyse tonale et
harmonique et ne recevait aucune information (stimulation) à partir d’une
composante rythmique complexe.
La musique est faite de
composantes acoustiques : celles-ci sont des quantités d’énergie qui
déclenchent des puisions électriques dans l’oreille interne
Elles se propagent vers le
cerveau sous la forme de trains d’ondes parfaitement identifiés par les appareils
des ingénieurs du son.
Ces trains d’ondes
empruntent différents circuits nerveux pour être analysés, identifiés,
comparés etc. Leur passage dépolarise ces circuits qui ensuite se restaurent pour
pouvoir recueillir les ondes suivantes. Si la fréquence est trop grande,
certains circuits n’ont pas le temps de récupérer avant l’arrivée de nouvelles
ondes, aussi leur conduction finit par se bloquer : c’est la tétanisation.
Il s’ensuit que certaines parties du cerveau (les organes servant à la perception
fine des sons, par exemple) se coupent du monde extérieur, qui cesse d’être
perçu et reconnu. Pendant ce temps où la perception est comme suspendue,
annihilée, le cerveau droit émotionnel continue à être stimulé par certains
battements (qui sont des informations plus grossières) dont les voies de
conduction restent, elles, actives. Bref, la transe serait un état de conscience altérée où le cerveau
intellectuel est perturbé puisque coupé du monde extérieur et le cerveau
émotionnel excité au maximum.
Cet
état peut aboutir à l’orgasme avec stimulation du centre
hédonique et sécrétion d’encéphalines
et d’endorphines ; d’où l’insensibilité à la brûlure et aux blessures par
armes blanches (cf. sorciers ou médiums marchant sur la braise et se
transperçant le corps). Il est souvent suivi d’un oubli total de la crise. C’est
d’autant plus grave que, pendant la transe, l’individu peut se livrer à des
actes de violence, des « crimes des foules » (cf. effet de groupe).
Les rythmes trop lents
apaisent et endorment. Les rythmes moyennement rapides, accompagnant une belle
mélodie, excitent, produisant plaisir et joie (rythme des danses européennes
avec de 40 à 70 mesures par minute). Au-delà de 90 à 100 temps forts par minute,
comme dans les danses afro, la musique excite et exalte – si toutefois on est
suffisamment africanisé pour l’aimer – au point de produire la transe. Mais il
semble bien qu’il faut pour cela avoir un tempérament qui y prédispose, la
« personnalité hystérique ».
La transe s’observe :
1) Lors des séances
d’audition du tam-tam.
§
Cérémonies
chez les primitifs, mais cela pourrait aussi se produire dans nos messes rock ou
blues !
§
Audition
de musique tam-tam ou analogue (rock, rap, techno etc.). Certes, dans le bon
jazz, il n’y a pas de batterie : la musique est « syncopée » (avec
un son émis à un temps faible pour se continuer au temps fort suivant avec une allure
saccadée imitant le tam-tam).
C’est d’ailleurs au cours
d’une audition publique de jazz, dans les années 1920 qu’on a vu pour la
première fois en France des auditeurs se battre et casser chaises et
fauteuils !
2) Lors des rassemblements
de « Jeunes ».
§
« Manifs »
politiques, syndicales et autres assemblées.
§
Rassemblements
sportifs (hooliganisme).
Ici le désordre vient de ce
que l’on appelle « l’effet de groupe », mis en évidence d’abord chez les animaux (puisque l’homme a été considéré,
à tort, comme un animal raisonnable, donc guidé par la raison !). En effet,
les entomologistes, spécialistes des insectes, ont constaté que le fait de
vivre en bande modifie la forme, la couleur et le comportement des sauterelles.
Ensuite on a observé que des mammifères (bisons, gazelles, écureuils etc.),
habituellement craintifs à l’état isolé, deviennent indifférents au danger et
à la souffrance en troupeaux de centaines de milliers, voire de millions
d’individus ; ils courent alors tout droit pour mourir écrasés contre une
falaise ou noyés dans la mer.
L’effet de groupe, qui
résulterait de l’intensité des excitations réciproques, semble se retrouver
aussi chez l’homme. Car on peut approuver, dans les assemblées politiques et
syndicales dominées par des agitateurs, des motions qu’on désapprouve ensuite
en retrouvant la solitude et ses esprits. Cela se voit couramment dans les
périodes troublées, comme par exemple en mai 68.
Ces états de conscience
altérée bien connus des agitateurs politiques et des meneurs de
« manifs » peuvent être identifiés à la transe observée chez les
amateurs de tam-tam saccageant les salles de concert, et même peut-être chez le
loubard sur le point de commettre un acte de violence.
L’auteur se souvient d’avoir
entendu, pendant son internat, un psychiatre affirmer, certes en plaisantant,
que le sadique jouit (orgasme) pendant son crime. Et l’on sait que la transe
aboutit à l’orgasme.
Les non-médecins qui
s’intéressent à ces états de conscience altérée veulent à la différence des
médecins, faire la distinction entre la transe et l’extase. Pour les sciences
humaines, la transe s’accompagne d’agitation et de tremblements avec
obnubilation de la conscience tandis que l’extase, qui caractérise les chamans et les saints de toutes les
religions, se manifeste par le calme, la sérénité et la sur-conscience, une
conscience ayant des dimension impénétrables pour le vulgaire. L’extase (ecstasy en anglais) serait accessible
aux pratiquants des « expériences psychédéliques » (c’est-à-dire
expérience montrant des manifestations de l’âme) produites par l’absorption du
LSD, de la mescaline, de cactus ou de champignons hallucinogènes.
Ce sont surtout les adeptes
du New Age et des technos parades et les gay
qui adoptent avec enthousiasme ce point de vue et demandent la
« libéralisation de la drogue » !
Pour trancher : faut-il
hospitaliser pour bilan neurologique un saint en méditation ? L’examen des
drogués semble suffisant car on sait, depuis au moins vingt ans, que les
utilisateurs de LSD peuvent avoir des hallucinations de années après avoir
arrêté les prises de drogue (ce qui prouve que les molécules de LSD continuent
à survivre et à agir au niveau des récepteurs cérébraux). Nul drogué
« sur-conscient » n’est devenu un homme supérieur, n’a fait de
découverte en neurosciences (et pourtant certains professeurs de psychologie
et d’anthropologie de l’université de Los Angeles étaient de ces « sur-conscients »),
mais combien ont pu se blesser ou se tuer pour s’être vu pousser des ailes, et
avoir voulu imiter Superman s’envolant par la fenêtre ! Finalement les
notions de sur-conscience et d’expériences psychédéliques semblent
être des arguments publicitaires en faveur de lit vente libre de la drogue, très
à la mode dans les médias en Amérique dans les années 1970, et ici dans les
années 1990 – soit avec vingt ans de retard !
Il est impossible, lorsqu’on
parle de « musiques jeunes », de passer sous silence le problème de
la drogue et la philosophie du gauchisme.
Autrefois, en France, la
danse populaire comportait des musiques communes à tous les pays d’Europe
(valse, polka, marche, quadrille), des musiques considérées comme folkloriques
ou provinciales (tango, paso-doble, mazurka, bourrée). Rumba, samba, biguine,
blues et jazz, musiques afro inventées par les noirs d’Amérique et des
Antilles, étaient parfaitement admises dans la bonne société. Brusquement, en
une dizaine d’années (de 1960 à 1970), on décida d’éliminer les musiques
populaires européennes et de les remplacer par les « musiques
jeunes » à base de tam-tam. La France ne danse plus, elle trépigne !
Ce détournement de la sensibilité populaire s’explique.
En effet, dans les années
1950-1960 est né aux États-Unis d’Amérique le mouvement hippy, dit « de la
contre-culture » - c’est-à-dire s’opposant à la culture traditionnelle et
se développant à côté d’elle. Il a pour objet la lutte pour la
« libération sexuelle » - d’abord, et ensuite la libération de toutes
les minorités : Amérindiens, Noirs, homosexuels, etc. - et aussi pour le
droit de vendre et de consommer de la drogue. On a alors affirmé que la musique
rock était le véhicule des slogans de l’idéologie du mouvement contestataire.
Or en Amérique tout est bon pour faire de l’argent, et les mouvements politique
ou religieux finissent toujours par devenir le moyen de gagner des dollars, et le
succès attire toujours des gangsters, des mafieux, des financiers, et même des
politiciens !
Le rock est arrivé en France
dans les années 1960 avec le mouvement gauchiste (libéral, en américain). Le gauchisme résulte de
la synthèse du marxisme, du freudisme (psychanalyse) et du behaviorisme (Watson et Dewey en sont les papes). Cette idéologie
sévissait dans les milieux trotskiste, maoïstes, communistes révolutionnaire et
dans les facultés des sciences humaines. Elle peut se résumer en un seul
article : « il est interdit d’interdire ». Désormais, il n’y a
plus de Bien ni de Mal, mais seulement des plaisirs sensuels. Leurs contraires,
les inconvénients, les « bavures » seront vite répares grâce à l’argent
et aux progrès techniques... Il est
alors naturel que la drogue et les perversités de toutes sortes fourmillent
dans les milieux de la culture rock, de la culture rap, de la culture techno,
enfin de la culture tam-tam – surtout si cela rapporte.
Si dans les années 1950-1970, le rock était a base de mélodies
populaires anglaises réactivées par
le tam-tam, très vite, vers 1980-1990, le mouvement contestataire américain se
transforma en mouvement d’ « afro-centrisme » (afin de favoriser
l’ « intégration » des Noirs américains). Les « musiques
jeunes » (c’est leur nouvelle appellation dans les médias) se
simplifièrent alors dans leur composition, avec une accentuation de la
dominante rythmique : d’où la naissance du rap des « gens de
couleur », « indansable » pour les Blancs, « trop
empotés » !
Enfin, au cours de la
dernière décennie, les dirigeants du « show-biz » ont compris que les
« jeunes » attirés par ce genre de culture avaient des goûts
simplissimes et ne recherchaient en réalité que l’excitation, et au besoin par
la drogue. On s’était aperçu que l’ivresse, l’euphorie, l’exaltation, voire
l’orgasme de la transe ou de la drogue constituaient leur bonheur suprême.
D’où l’invention de la techno et autres « musiques nouvelles », qui
ne sont que bruit rythmé par le tam-tam et ou les cymbales. Comme l’homme
« moyen » des pays de vieille civilisation a une personnalité trop
structurée pour tomber en transe, dans les « rave parties » (de :
to rave, délirer), qui sont de véritables sabbats modernes tolérés par nos
gouvernements (mais pour quelles raisons ?), il est prévu une
« facilitation » par prise d’ecstasy, drogue démocratique et
relativement bon marché.
Le mouvement contestataire
soixante-huitard qui devait nous libérer de tous les tabous et des
« séquelles des anciens régimes », c’est-à-dire de la civilisation
même, a conduit tout naturellement à la culture « tam-tam - drogue », en
l’espace d’une génération. On s’aperçoit alors qu’il fait partie du mondialisme,
dont le but est de créer un gouvernement mondial jacobin, centralisé, dirigé
dictatorialement par des financiers. Une fois détruites, toutes les nations et
leurs civilisations, seront remplacées par une population homogénéisée de
consommateurs standardisés jouissant d’une seule « culture »
fabriquée par le « show-biz » américain, et caractérisée par le
tam-tam, les Mac Do, le jean, le volapük -
et bien sûr, la drogue.
Depuis les années 1970,
partout en France, dans les magasins, les marchés, les piscines, les
patinoires, les écoles, sur les ondes hertziennes, on n’entend que les battements
du tam-tam afro-américain. La valse, musique française traditionnelle, a
disparu. La musique, comme les arts en général, et la religion forment la
sensibilité d’un peuple, en lui structurant le cerveau droit. Or, selon le
peintre Georges Mathieu, de l’Académie des Beaux-Arts, depuis 1930 on n’a cessé
de démolir peinture, architecture et sculpture[6]. Cette action des artistes
« modernes » et « contemporains » a été encouragée par le
Parti Communiste et son porte-parole Gramsci dans l’intention de désorienter
les gens[7].
Nous sommes depuis peu sous un
gouvernement non pas laïc, mais résolument athée, selon les déclarations de ses
dirigeants. Aussi, de tous côtés, on cherche à réduire l’Eglise Catholique au
rang des sectes (Moon, Krishna, scientologie etc.). Ce qui veut dire qu’on
cherche il faire l’ablation du cerveau droit de la France. En fait, cette opération chirurgicale
sera impossible.
Ce qui est faisable, c’est
la déstructuration du cerveau droit pour le ramener au cerveau sauvage. Il nous
faut rappeler ici que, selon les ethnologues, le sauvage est un ancien
civilisé qui a perdu sa civilisation,
sa « mémoire extra-cérébrale », alors que le primitif, lui, a sa
propre civilisation, sans doute analogue à celle de nos ancêtres des temps très
anciens, mais figée dans une certaine étape de développement. Le primitif a des
tabous et donc une morale.
Le sauvage, lui, n’a aucun
scrupule, aucun préjugé. Il jouit d’une liberté totale, même celle de vous
dépouiller de vos biens selon son bon plaisir et sa force ou de vous tuer sans
raison. Cette espèce humaine existe bien puisqu’un certain paléontologue
l’appelle « homo necans » (necare, en latin, veut dire tuer), descendant de l’homo sapiens : il est
fils du Progrès.
Or les deux cerveaux droit
et gauche travaillent en synergie : on raisonne bien en fonction de son
instruction (cerveau gauche), mais aussi de son éducation, de son cœur (cerveau
droit). La déstructuration du cerveau droit retentira donc inéluctablement sur
la mentalité, sur l’intellect, sur le niveau scientifique et donc sur le niveau
de vie d’un peuple... On voit bien que la France commence à
manquer de cadres compétents.
Certains esprits
politiquement incorrects se demandent si nos records de chômage ne résultent
pas de l’incompétence de nos populations ; on n’ose pas encore dire que
c’est dû à l’« ensauvagement » des hommes. Le taux d’illettrisme, un
des plus forts du monde, laisse quand même penser que le Q.I. (quotient
intellectuel) de la France a fortement baissé.
Bien sûr, la responsabilité
des « méthodes globales de lecture » et l’incompétence des
enseignants sont évidentes. Mais, il semble bien qu’on doit prendre aussi en
considération les défauts intellectuels des élèves : il est certain que
les sauvages ou ensauvagés ne s’adaptent pas facilement au monde moderne, qui
est fondé sur le progrès technique, et exige une certaine discipline de
comportement et de pensée, très difficile a acquérir : les Européens ont
mis environ quatre siècles pour y arriver.
Nous ne sommes pas seul à
penser que les jeunes générations sont soumises à une politique d’ensauvagement :
la télévision et les contre-cultures fabriquent des barbares, telle est la
conclusion d’une étude sociologique dite au professeur Harouel[8].
Notre enquête relative aux effets de
la musique tam-tam sur les enfants, avec l’aide des neurosciences, qui aboutit
à la même conclusion, le confirme : l’idéologie gauchiste, en « effaçant
les séquelles des ancien régimes »
(sic !) – la grammaire, l’orthographe, la musique européenne, la
peinture, la gastronomie, enfin tous les arts traditionnels, la morale et la
religion chrétienne – nous transforme en sauvages ! Une fois qu’on aura détruit
tout ce qui fait la civilisation, on se trouvera évidemment en pleine
sauvagerie. Les preuves de cette sauvagerie sont fournies par l’accroissement
des actes de violence, par l’apparition des zones de non-droit dans les pays de
culture tam-tam, dont la sensibilité des populations est réglée par le show-biz
américain.
Sur le plan individuel, le
diagnostic de sauvagerie se fait sur la constatation de la réapparition de la
personnalité hystérique. Il s’agit de sujets excessivement nerveux et
bruyants, se tenant difficilement en place, et qui, dans les crises de colère
ou de désespoir, se roulent par terre, broutant le tapis, grinçant des dents,
mordant l’entourage comme Guillaume, duc de Normandie (1027-1087) et bien
d’autres personnages du Moyen Age. Ils sont capables de violence et de cruauté
envers les hommes et les bêtes, ce qui montre que leur cerveau reptilien
fonctionne en toute liberté, sans le frein des tabous de la civilisation. Les
faits divers des journaux sont remplis de ces turpitudes.
D’autre part, on sait que la
personnalité hystérique est fragile, sujette à des accès d’abattement ; ce
qui explique sans doute l’augmentation du taux de suicide chez les jeunes, en
particulier les jeunes adeptes de la culture tam-tam... […]
Comment faire pour prévenir l’ensauvagement des enfants ?
C’est très difficile, hélas.
Il faudrait assumer soi-même la responsabilité et l’éducation de ses propres
enfants.
Complètement ? Ce n’est
plus possible, d’une part parce que les deux parents travaillent par nécessité,
et d’autre part parce que l’Éducation nationale et tout ce qui est
« culturel » ou « cultureux » (médias, associations etc.) sont
infiltrés et noyautés par les gauchistes.
On supprimera tout ce qui
est manifestement empoisonné : radio, télévision, musique tam-tam,
manifestations politiques ou culturelles... mais on donnera des
antidotes : l’éducation religieuse traditionnelle (c’est encore possible,
après toutefois enquête personnelle, car l’habit ne fait plus toujours le
moine) et surtout une éducation artistique aussi étendue que possible :
leçons de musique ou de danse classique, audition de concerts, d’opéras, et
enfin l’écoute de la musique classique et européenne qui n’est pas plus chère
que celle de la musique tam-tam. Il faut surtout s’intéresser à ses propres
enfants, les écouter et répondre spécialement à chacun d’eux, à titre individuel,
en conversation privée en tête-à-tête, leur donnant ainsi les meilleures leçons
sur la désinformation du « monde moderne », les meilleures leçons de
sagesse et de maturité.
Le
Bien et le Mal,
comme le Beau et le Laid, s’apprennent aussi, et en famille. La famille demeure
le meilleur instrument d’éducation, c’est à dire de l’initiation aux usages et
aux croyances, donc de la transmission de la sensibilité et des goûts d’une
nation.
Docteur Minh Dung NGHIEM
Ancien interne des hôpitaux de Paris.
Ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Paris.
[1] Jean-Marie Albertini, La pédagogie n’est plus ce qu’elle sera, Seuil, Paris, 1992.
[2] Minh Dung Nghiem, Musique, intelligence et personnalité, ed. Godefroy de Bouillon, Paris, 1999.
[3] Sectionnement de la commissure, c’est à dire des fibres nerveuses reliant les deux lobes cérébraux.
[4]
Sur la distinction entre sauvage et primitif, cf. infra, conséquences
de la culture tam-tam.
[[5]]
L’article original comportait ici un paragraphe peu en accord avec
l’enseignement de l’Eglise catholique. Il n’est pas indispensable à la
compréhension générale de l’article. Nous le donnons ci-dessous pour
information et par honnêteté intellectuelle. Mais nous exprimons de sérieuses
réserves à son sujet. Voir à ce sujet la note d’introduction. (NDLR)
[Cette
inhibition du cerveau reptilien est fondée sur les tabous, interdits arbitraires
qui, en contrôlant la sexualité, ont permis la fondation de la famille –
instrument idéal de l’éducation des enfants ; en atténuant l’agressivité,
ils ont rendu possible la vie sociale et enfin, en limitant la recherche du
plaisir sensuel (en freinant le centre hédonique), donné aux hommes du temps
pour d’autres occupations tout aussi intéressantes (se cultiver par exemple).
Le
tabou consiste à interdire un comportement ou un contact apparemment naturel
(Cf. le Décalogue par exemple), en faisant croire que toute infraction entraînerait
une punition immédiate : la mort subite ! (dans l’Ancien testament, Oza fut foudroyé au moment même où il touchait l’Arche d’Alliance
chancelante afin de l’empêcher de tomber). Salomon Reinach, qui a donné cette
interprétation du tabou, a cité de nombreux exemples tirés de l’observation des
Polynésiens au XIXème siècle. C’est par hasard, par chance ou par
révélation que les tabous choisis se sont finalement montrés profitables pour
le groupe humain qui les a adoptés. Sinon, les lois de la sélection naturelle
se chargent de l’éliminer au profit d’autres groupes mieux inspirés. Ce n’est
que par la suite que l’on dût imaginer des châtiments, lorsque la foi dans la
puissance du sacrilège eut diminué, et inventer des explications mythologiques
pour le justifier. Ces créations, logiques mais partant de l’irrationnel et de
l’imagination sont à la source de la mythologie, des poèmes, des chants, de la
morale, et donc des arts, de la civilisation.]
[6] Georges Mathieu, Le massacre de la sensibilité, éd. Odilon Media, Paris, 1996.
[7] Cf. François-Marie Algoud et Désiré Dutonnerre La peste et le choléra, Marx, Hitler et leurs héritiers, éd. de Chiré, B.P. 1, 86190 Chiré-en-Montreuil.
[8] Jean-Louis Harouel, Culture et contre-cultures, éd. Presses Universitaires, Paris, 1994.