| Histoire |
La
Sainte Vierge et la France
(Appendice
de l'ouvrage du P. Garrigou-Lagrange La
mère du Sauveur et notre vie intérieure)
Nous
achevons cet ouvrage un an après la défaite de juin 1940,
défaite qui a été la suite manifeste des fautes accumulées
par les gouvernants qui déchristianisaient la France, en désorganisant
le travail, la famille et la patrie. Comme l'a dit le maréchal Pétain
après ces douloureuses journées de juin 1940 : « L'esprit
de jouissance a détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié.
On a revendiqué plus qu on n'a servi. On a voulu épargner
l'effort; on rencontre aujourd'hui le malheur... Je hais les mensonges
qui vous ont fait tant de mal... Mais j'ai foi dans le relèvement
de la France... Son passé répond de son avenir. La patrie
demeure intacte tant que subsiste l'amour de ses enfants pour elle. La
France remettra en honneur les grandes vérités de la morale
chrétienne qui ont formé la base solide de notre civilisation.
»
La
défaite a eu du moins l'heureux résultat de nous délivrer
des mauvais bergers. Depuis un an on constate l'effort généreux
de beaucoup pour le relèvement intellectuel, moral et spirituel
de notre patrie dont, l'honneur est sauf.
Pour
retrouver la vitalité et les saines énergies nécessaires
à ce relèvement, nous avons besoin du secours de Dieu, nous
l'obtiendrons par l'intercession de Marie, en, nous rappelant ce qu'elle
a fait pour la France au cours de notre histoire, lorsque tout paraissait
perdu. Rappelons d'abord les centres de prière de notre patrie.
Les
sanctuaires anciens et nouveaux de Notre-Dame
Depuis
le haut moyen-âge, l'ancienne France était constellée
de sanctuaires de la Sainte Vierge. Il suffit de rappeler les principaux
: Notre-Dame de Paris, commencée au début du VIe
siècle, continuée sous saint Louis ; Notre-Dame de Chartres,
plus ancienne encore ; Notre-Dame de Rocamadour, où allèrent
prier Blanche de Castille et saint Dominique ; Notre-Dame du Puy, que visita
saint Louis ; Notre-Dame de la Garde à Marseille ; Notre-Dame de
Fourvière à Lyon ; beaucoup de sanctuaires connus sous le
nom de Notre-Dame du Bon Secours, Notre-Dame de Pitié, Notre-Dame
de la Délivrance, Notre-Dame de Recouvrance, Notre-Dame de Toutes-Aides.
Que de miracles et de grâces accordés au cours des siècles
en ces lieux de pèlerinages !
Les
sanctuaires plus récents de Notre-Dame du Laus, dans les Alpes,
de Notre-Dame de la Salette, Notre-Dame de Lourdes, Notre-Dame de Pontmain,
Notre-Dame de Pellevoisin et combien d'autres, nous disent que la bénédiction
de Marie est toujours sur nous. Récemment, quarante-trois paroisses,
quarante-trois nouvelles Notre-Dame ont été construites
autour de Paris.
C'est
elle aussi qui a inspiré autrefois sainte Geneviève, patronne
de Paris, et Jeanne d'Arc, la sainte de la patrie.
Aux
moments les plus difficiles, elle a suscité des Ordres religieux,
comme celui de Cîteaux, illustré par saint Bernard ; celui
de saint Dominique, fondé à Toulouse ; elle a donné
au Carmel de France une admirable vitalité, ainsi qu'à beaucoup
de congrégations religieuses fondées avant ou après
la tourmente révolutionnaire, et qui souvent portent son nom.
Comme
le rappelait Pie XI, en proclamant en 1922 Notre-Dame de l'Assomption patronne
principale de notre patrie, la France a été justement, appelée
« le royaume de Marie », car elle lui fut consacrée
par Louis XIII, qui ordonna que chaque année des fonctions solennelles
se fassent le 15 août en la fête de l'Assomption. Dans
le même discours, Pie XI rappelait que trente-cinq de nos églises
cathédrales sont placées sous le vocable de Notre-Dame
; il évoquait, comme une réponse du ciel à la piété
française, les apparitions et les miracles de Marie sur notre sol
et saluait en Clovis et plusieurs de nos rois les défenseurs et
les promoteurs de cette dévotion à la Mère de
Dieu.
Dans
un livre récent, La Vierge Marie dans l'histoire de France, 1939,
écrit par M. A.?L. de la Franquerie, on trouve l'exposé des
interventions multipliées de la Sainte Vierge pour le salut de notre
patrie. Comme le dit dans la préface de ce livre S. Em. le cardinal
Baudrillart : « On tourne les pages de cet ouvrage, on s'étonne,
ou se demande : est-ce possible ? Et puis le regard. descend au bas de
ces pages vers d'abondantes références, vers des lectures
innombrables, vers les sources, vers une érudition de première
main… Nous devons aussi à M. de la Franquerie un étonnant
tableau, à travers les âges, un éclatant et merveilleux
bouquet des vertus religieuses et de la piété mariale en
France. C'est le flux et le reflux incessant un mouvement entraînant
l'autre, de la nation qui invoque et du ciel qui exauce. Vision d'espérance
pour le présent et pour l'avenir. »
Nous
rappellerons les principaux documents recueillis par M. de la Franquerie,
ceux relatifs aux grandes périodes de notre histoire, pour
souligner les principales interventions de la Sainte Vierge en notre
faveur.
De
Clovis et de saint Remi jusqu'à la mort de Jeanne d'Arc
Ce
que nous savons du sanctuaire de Ferrières dans le Sénonais,
que visita Clovis, à la reconstruction duquel il contribua, et où
venait prier sainte Clotilde, montre assez clairement l'action de Marie
dans la conversion de Clovis et l'établissement de la royauté
chrétienne[1].
Les paroles de saint Remi qui nous ont été conservées
et qu'explique son testament sont bien connues : « Le royaume de
France est prédestiné par Dieu à la défense
de l'Eglise romaine qui est la seule véritable Eglise du Christ…
Il sera victorieux et prospère tant qu'il sera fidèle à
la foi romaine. Mais il sera rudement châtié toutes les
fois qu'il sera infidèle à sa vocation[2].
» Cette prophétie s'est incessamment réalisée.
De
tous les rois de France, le plus fidèle à cette vocation
fut incontestablement saint Louis, qui eut pour la Sainte Vierge la plus
grande dévotion, comme le montrent les églises qu'il
fit construire en son honneur (cf. op. cit ., pp. 63?75). Il venait souvent
prier Marie à Notre-Dame de Paris et quand il eut construit
la Sainte-Chapelle, attenante à son palais, pour y recevoir
les précieuses reliques de la Passion du Sauveur, sa piété
ne séparant pas la Mère du Fils, il tint à ce que
la crypte, de la chapelle soit dédiée à la Sainte
Vierge. Avant sa première croisade, il vint s'agenouiller à
Notre-Dame de Pontoise devant l'image miraculeuse pour lui consacrer
le sort de la France, de son armée et de sa personne (p. 70). Au
cours de la croisade, au milieu des pires dangers, le calme ne l'abandonna
jamais. C'est au prestige de sa sainteté qu'il dut aussi l'universelle
influence qu'il exerça sur ses contemporains et put mener à
bien les réformes fondamentales qu'il imposa. Pendant la dernière
croisade, à laquelle il prit part, il mourut de la peste à
Tunis, le samedi 25 août 1270, en manifestant une dernière
fois sa piété pour la Mère de Dieu (p. 74).
Son
fils, Philippe III le Hardi, se montre son digne héritier. Mais
dans la suite les fautes de Philippe le Bel à l'égard du
pape Boniface VIII sont châtiées comme l'avait annoncé
saint Remi. Ses trois fils lui succèdent sur le trône sans
laisser d'héritier. La couronne passe à la branche des Valois
et la guerre de Cent ans commence du fait que le roi d'Angleterre refuse
de reconnaître la loi salique qui régit l'ordre de succession
au trône de France (op. cit., pp. 77-79).
Pendant
toute cette période, les Valois règnent, connaissant
le plus souvent la défaite malgré leur incontestable
courage, et ne cessant d'invoquer le secours de Marie, jusqu'au jour où,
les fautes enfin expiées, la Reine du ciel interviendra par Jeanne
d'Arc pour maintenir inviolée la loi salique et sauver la France
du joug de l'Angleterre, qui aurait pu nous entraîner dans l'hérésie,
car elle passa au protestantisme au siècle suivant.
Sous
Philippe VI de Valois et sous Jean le Bon, les désastres vont s'amplifiant,
c'est la déroute de Crécy, puis celle de Poitiers. Le roi
Jean est fait prisonnier. Le peuple se jette aux pieds de Marie. Humainement,
la France est perdue; en 1360, elle est presque réduite à
l'état de province anglaise. La situation est désespérée,
Marie y pourvoit. L'armée anglaise se dispose à mettre le
siège devant Chartres, lorsqu'un ouragan des plus violents ne lui
permet pas d'avancer. Le roi d'Angleterre voit dans ce fléau l'intervention
de Notre-Dame de Chartres et fait la paix, qui ne dure guère.
Sous
Charles V le Sage, qui a une foi profonde et une grande piété
envers Marie, Bertrand du Guesclin et Olivier de Clisson réorganisent
l'armée et libèrent une grande partie du territoire du joug
anglais.
Mais
le règne de Charles VI est marqué par l'invasion anglaise,
la trahison de la reine, Isabeau de Bavière, et celle du duc de
Bourgogne, la guerre civile, la famine, la folie du roi met le comble au
désarroi général. Finalement. le roi meurt en
1422. La situation paraît désespérée.
Le
peuple supplie la Sainte Vierge de venir au secours, et Charles VII n'a
plus d'autre espoir. C'est le moment où Jeanne d'Arc vient nous
sauver de l'invasion anglaise : « Je suis venue au roi de France
de par la bienheureuse Vierge Marie ! » dira-t?elle à ses
juges; et de fait il n'est pas de grand événement de la vie
de la Pucelle auquel Marie ne soit mêlée. Sur son étendard,
deux noms sont inscrits : « Jhésus-Maria ! » A Orléans,
c'est après avoir prié Marie, près de la chapelle
de Notre-Dame des Aides, que Jeanne remporte sur les Anglais la grande
victoire qui sauve la France. Aussitôt après, elle fait chanter
le Te Deum dans l'église de Notre-Dame des Miracles. Elle renouvelle
le pacte conclu à Tolbiac; elle demande son royaume à Charles
VII, qui le lui donne. Elle-même l'offre à Jésus-Christ,
qui par elle le remet au roi (cf. op. cit., p. 100). Ce pacte proclame
la royauté universelle du Christ sur le monde et particulièrement
sur notre patrie.
Mais
après le sacre du roi à Reims, le reste de la mission
de Jeanne d'Arc : l'achèvement de la délivrance de la France
et la reconnaissance de la royauté du Christ, ne pouvait s'accomplir
que par son martyre, qui est le point culminant de la vie de Jeanne et
la preuve de la sainteté de sa mission scellée par son sang.
Après la délivrance du territoire, Charles VII tient
à venir faire hommage de ses victoires à Notre-Dame
du Puy, au pied de laquelle il était venu si souvent prier au temps
de ses malheurs. Jeanne d'Arc avait catégoriquement affirmé
que, « nonobstant sa mort, tout ce pourquoi elle était venue
s'accomplirait » (op. cit., p. 107).
Depuis
la mort de Jeanne d'Arc jusqu'aux martyrs de la Révolution
Louis
XI réunit à la Couronne : le Berry, la Normandie, la
Guyenne, la Bourgogne, l'Anjou, le Maine et la Provence. Malheureusement,
il commet un abus de pouvoir doublé d'un crime, il participe
au meurtre du prince évêque de Liège. Saint François
de Paule annonce alors au roi qu'il a un an pour expier son crime. Louis
XI, pendant cette année, se livre à une rude pénitence,
fait construire une chapelle réparatrice, et meurt le jour annoncé.
Son crime était pardonné, mais l'expiation devait suivre
: sa descendance fut rejetée : son fils Charles VIII n'eut pas d'héritier
salique et le trône passa à son cousin Louis XII. Saint Remi
avait écrit dans son testament, au sujet du roi infidèle
à sa vocation : « Que ses jours soient abrégés
et qu'un autre reçoive la royauté » (op. cit., p. 118).
C'est la seconde fois que cette prophétie se réalise,
elle se réalisera encore et prochainement.
Louis
XII témoigne sa reconnaissance à Marie pour plusieurs faveurs
qu'il avait reçues. François Ier fait de même
après l'éclatante victoire de Marignan, il construit à
Milan une église en l'honneur de la Mère de Dieu. Mais la
protection divine l'abandonne quand il favorise la renaissance païenne,
pactise avec les protestants, érige en dogme le droit à l'erreur.
Il est fait prisonnier à Pavie (1525). Il se repent, offre une réparation
à la Sainte Vierge en trois églises, de Bayonne, du Puy,
de Paris ; mais il retombe dans ses erreurs et de nouveau la protection
divine lui fait défaut, la prophétie de saint Remi se réalise
une fois de plus : coup sur coup, six sur sept de ses enfants meurent,
et le pays est mûr pour les guerres de religion.
La
situation s'aggrave avec Catherine de Médicis. Les protestants ne
tardent pas à ravager la France, à incendier et détruire
les églises, les monastères, mais ils ont compté sans
Marie ; c'est à la dévotion de la France à la Sainte
Vierge que le protestantisme doit sa défaite. L'un des premiers
attentats des Huguenots avait été une sacrilège
profanation d'une statue de la Sainte Vierge. Par contre, le traité
de Péronne, qui organise la Ligue, est confié à Celle
qui triompha toujours de l'hérésie. Sous son influence, l'âme
de la France se réveille. Les princes de la maison royale sont les
premiers à s'inscrire. Chaque ligueur s'engage par serment
: « A maintenir la double et inséparable unité
catholique et monarchique du saint royaume de France telle qu'elle fut
fondée miraculeusement au baptistère de Reims, par saint
Remi ; telle qu'elle fut restaurée miraculeusement par Jeanne d'Arc
; telle qu'elle est inscrite dans la loi salique.
«
A faire dans ce but le sacrifice de leurs biens et de leur vie… »
Finalement,
après bien des luttes, c'est aux pieds de Notre-Dame que vient échouer
l'hérésie Dans la conversion d'Henri IV, qui revient au catholicisme,
et par son sacre à Notre-Dame de Chartres (op. cit., p. 130).
Avec
son premier ministre Sully, il restaure complètement le royaume,
réduit les impôts, réorganise l'agriculture, relève
le commerce et l'industrie, favorise les entreprises coloniales, et grâce
à son appui, Champlain fonde Québec. A la fin de son règne,
la France était redevenue le pays le plus riche, le plus prospère,
le plus peuplé.
Après
Henri IV, Louis XIII, le juste, modèle du roi très chrétien,
consacre la France à Marie. Ayant appris la ferveur avec laquelle
on récitait le Rosaire à Paris dans l'église des Frères
Prêcheurs tous les samedis pour le royaume, il fait pratiquer la
même dévotion dans son armée, pour triompher des protestants.
La
victoire sur les Calvinistes soutenus par l'Angleterre est si éclatante
que l'Université de Paris, le 1er novembre 1628, déclare
: « Nous attestons hautement que la plus grande partie de notre France
infectée par la peste de l'hérésie a été
assainie par le Rosaire de saint Dominique » (cf. op. cit., p. 144).
Louis
XIII, ayant été ainsi exaucé, fonda Notre-Dame des
Victoires, le 9 décembre 1629.
Le
5 septembre 1638, la naissance de Louis XIV est l'occasion déterminante
de l'acte officiel par lequel Louis XIII consacre la France à la
Sainte Vierge et institue la procession solennelle du 15 août.
Le
règne même de Louis XIII s'achève dans la gloire et
une pléiade de saints est donnée à la France : saint
François de Sales, sainte Jeanne de Chantal, saint Vincent de Paul,
sainte Louise de Marillac, saint Jean Eudes. Tout le renouveau chrétien
du XVIIe siècle, comme le grand siècle lui-même,
sont issus directement du règne de Louis le Juste et de son acte
de consécration de la France à Marie.
L'auteur
de l'ouvrage que nous résumons conclut (p. 166) : « En consacrant
la France à la Sainte Vierge,Louis
XIII donnait à la Reine du ciel un droit de propriété
total et irrévocable sur notre pays, et Marie ne peut pas abandonner
définitivement au Pouvoir de Satan ce qui lui appartient spécialement,
sans encourir du même coup, une diminution définitive de sa
toute-puissance d'intercession, de sa souveraineté et de sa
royauté, ce qui est une impossibilité. »
Louis
XIV vint à Chartres le 25 août 1643, dès le début
de son règne, pour le placer sous la protection de Marie ; il renouvela
cette consécration chaque année et, même au temps de
ses erreurs, il conserva une réelle dévotion à la
Mère de Dieu ; c'est ainsi qu'il s'imposa l'obligation de réciter
quotidiennement le chapelet. Comme le montre Mgr Prunel
dans son livre, La Renaissance catholique en France au XVII° siècle,
l'épiscopat eut dans son ensemble une vie profondément digne
et apostolique, il prit pour modèle saint François de Sales.
Les Ordres religieux furent réformés : bénédictins,
cisterciens, augustins, dominicains, rivalisent d'ardeur pour refaire
une France nouvelle. Saint François de Sales et sainte Chantal fondent
la Visitation, les carmélites sont introduites en France par Mme
Acarie, le cardinal de Bérulle institue l'Oratoire, saint Jean Eudes
la congrégation des Eudistes, saint Vincent de Paul les Prêtres
de la Mission et les Filles de la Charité. M. Olier établit
le séminaire de Saint-Sulpice et peu à peu s'organise un
séminaire en chaque diocèse. A la fin du règne de
Louis XIV, le Bx de Montfort, fondateur de la Compagnie de Marie
et des Sœurs de la Sagesse, évangélise le Poitou, l'Anjou,
la Vendée, et en ces contrées inculque aux âmes une
profonde dévotion au Sacré-Cœur et à Marie, qui les
protégera contre les habiletés des philosophes du XVIIIe
siècle et contre l'impiété révolutionnaire,
d'où l'héroïsme de ces populations pendant les guerres
de Vendée, sous la Terreur.
Le
tableau de la renaissance catholique en France au XVIIe siècle
serait incomplet si l'on ne parlait pas de l'évangélisation
du Canada par les religieux et les religieuses françaises,
qui de Québec rayonnent dans toutes ces régions ; c'est ainsi
qu'en 1642 commence à s'établir Montréal sous le nom
de Ville-Marie (cf. G. Goyau, L'Epopée française an
Canada).
Saint
Vincent de Paul envoie des Lazaristes évangéliser Alger,
Bizerte, Tunis et même Madagascar. Des jésuites français,
des carmes, des capucins, partent pour la Chine et le Tonkin. Le séminaire
des Missions étrangères est fondé et aussi la Congrégation
du Saint-Esprit, pour former également des missionnaires.
Ce
renouveau catholique au XVIIe siècle montre les fruits
de la consécration du royaume de France à Marie, consécration
renouvelée par Louis XIV lorsqu'il plaça son règne
sous la protection de la Mère de Dieu.
Dans
son Histoire du culte de la Sainte Vierge en France (I, pp. 128 ss.), Hamon
remarque : « Jusqu'au XVIIe siècle, la dévotion
à Marie va toujours croissant, et là, plus que jamais, elle
resplendit de toutes parts... (Mais peu après) l'esprit religieux
et par une conséquence nécessaire l'amour de la Sainte Vierge,
s'affaiblirent sous la Régence, diminuèrent sous le souffle
glacé du Jansénisme ; les jours néfastes de la
France se préparaient. »
Débauché
et sans convictions religieuses, le Régent laissa les incrédules
et les libertins préparer le terrain aux sociétés
secrètes et battre en brèche les traditions les plus sacrées.
Les premières loges maçonniques s'installent en France
et vont essaimer dans tout le royaume, formant un réseau formidable
et secret qui minera sourdement l'édifice et le fera s'écrouler
lors de la Révolution. La prophétie de saint Remi va se réaliser
de nouveau.
Comme
le confirment des travaux récents sur les sociétés
secrètes, avec une duplicité et une adresse sataniques la
Maçonnerie flatte l'orgueil, l'ambition, la jalousie, se sert des
esprits chimériques. Elle pousse ses adeptes aux plus hautes charges
et mine peu à peu toutes les administrations, jusqu'à
l'armée et la marine. Tous les philosophes du XVIIIe
siècle sont ses adeptes, et l'Encyclopédie est la somme
de ses erreurs. Elle travaille sans relâche à la déchristianisation
de la France.
A
la mort de Louis XV, les loges, par la bouche de Turgot, cherchent à
obtenir la suppression du sacre, pour laïciser la royauté très
chrétienne. On calomnie gravement la reine.
Louis
XVI s'aperçoit que la tourmente commence ; le 10 février
1790, il renouvelle le vœu de Louis XIII en consacrant la France au Cœur
immaculé de Marie.
Plus
tard, en opposant son veto au décret de déportation
des prêtres, il comprend qu'il joue sa couronne et s'expose à
la mort ; mais devant l'émeute déchaînée, il
répond fièrement aux meneurs : « Plutôt renoncer
à la couronne que de participer à une semblable tyrannie
des consciences. » Il meurt plutôt que de trahir la mission
confiée par Dieu à sa race.
La
Révolution est alors le signal des crimes les plus atroces ; dans
sa haine satanique contre Dieu, elle va beaucoup plus loin que ceux qui
l'ont déclenchée, elle les mène et veut déchristianiser
à jamais la France. Satan semble triompher. Mais sa victoire ne
peut être définitive : la France a été
consacrée à Marie. C'est un des grands motifs qui permettent
d'espérer sa résurrection, lorsque l'expiation aura été
suffisante.
Au
point de vue de la foi, qui est celui de Dieu, ce qu'il y a de plus grand
sous la Terreur c'est évidemment le martyre de beaucoup de victimes
qui consommèrent leur sacrifice en invoquant la Sainte Vierge, telles
les martyres d'Orange et les carmélites de Compiègne, les
ursulines de Valenciennes.
Comme
l'a montré M. Gautherot dans son livre L'Epopée vendéenne,
après la résistance la plus héroïque et souvent
victorieuse, c'est en chantant le Salve Regina, le Magnificat ou les cantiques
populaires à la Sainte Vierge, que les Vendéens versèrent
leur sang.
En
dix ans, le BI de Montfort avait remué si profondément, à
la fin du XVIIe siècle, ces provinces de l'Ouest, que
les petits-fils de ses auditeurs se levèrent d'un bond pour défendre
leur foi, portant sur la poitrine le scapulaire du Sacré-Cœur et
le chapelet à la main. Si bien que, de son propre aveu, Napoléon
a négocié le Concordat parce qu'il n'aurait pu venir à
bout de ces provinces sans y rétablir la religion. Chouans et Vendéens
sauvèrent ainsi la religion en France, malgré leur défaite.
Mgr
Freppel, dans son Panégyrique du Bx de Montfort prononcé
à Saint-Laurent-sur-Sèvre le 8 juin 1888, concluait : «
On peut dire que la résistance de la Vendée à l'œuvre
satanique de la Révolution sauva l'honneur de la France… Contre
le désordre révolutionnaire issu des utopies dangereuses
d'un Jean-Jacques Rousseau et des philosophes du XVIIIe siècle,
elle défendit, au prix de son sang, cet ordre social chrétien,
qui avait fait, pendant des siècles, l'honneur et la force de la
France. Surtout, c'est grâce à la résistance acharnée
et indomptable de la Vendée que la France put recouvrer ses libertés
religieuses. Infructueux en apparence, leur sacrifice ne restera pas stérile.
Car s'il est vrai que le sang des martyrs de vient une semence féconde
et que Dieu mesure son pardon à nos expiations ; si, quelques années
après cette guerre de géants, comme l'appelait un homme qui
s'y entendait, vous avez vu vos autels se relever, vos prêtres revenir
de l'exil et l'Eglise de France se relever de ses ruines, plus forte que
jamais, c'est que le sang des justes avait mérité toutes
ces restaurations. »
Depuis
la Révolution jusqu'à nos jours
C'est
en la fête de l'Assomption, le 15 août 1801, que Pie VII ratifia
le Concordat, et le 8 septembre suivant, autre fête de la Sainte
Vierge, le Premier Consul y apposa sa signature. Marie résolut de
sauver la France, dont la résurrection avait été achetée
par les plus pures victimes sous la Terreur.
Les
régimes politiques qui, dans la suite, ne voulurent pas reconnaître
les droits de Dieu et nos devoirs, s'écroulèrent misérablement
pour montrer que Dieu seul peut donner la stabilité et la durée.
Marie
manifesta son action par la restauration ou la fondation d'instituts religieux
pleins de zèle, en suscitant de vaillants défenseurs de la
foi, et par des interventions personnelles comme celles de la Salette,
de Lourdes et de Pontmain.
Tout
d'abord, l'abbé Emery restaure Saint-Sulpice, où se forment
la plupart des grands évêques de la première moitié
du XIXe siècle ; peu à peu reparaissent en 1808
les Frères des Ecoles chrétiennes, en 1814 les Jésuites,
en 1815 les Missions étrangères, la Trappe, en 1816 les Chartreux,
en 1837 les Bénédictins avec Dom Guéranger, en 1839
les Dominicains avec le P. Lacordaire.
Puis
surgit un nombre considérable de congrégations nouvelles,
en particulier celles des Maristes, des Oblats de Marie Immaculée,
des Marianistes, des Pères du Sacré-Cœur de Bétharram,
celles des Dames du Sacré-Cœur, des religieuses de l'Assomption,
des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny, des Oblats et des Oblates de saint
François de Sales, celle du Bon Pasteur d'Angers, etc.
Dès
1825, à Lyon, Pauline Jaricot organise l'œuvre du « Rosaire
vivant » et trois ans après fonde la Propagation de la
Foi.
Pour
évangéliser la classe ouvrière restée sans
défense depuis que la Révolution avait supprimé les
corporations, qui assuraient aux ouvriers la sécurité dans
l'honnêteté, d'admirables œuvres sont fondées : les
conférences de Saint-Vincent-de-Paul, établies par Ozanam,
l'Institut des Frères de Saint-Vincent-de-Paul, les cercles ouvriers,
les œuvres de patronage. Pour assister les pauvres et les vieillards, plusieurs
congrégations sont fondées, en particulier en 1840 les
Petites Sœurs des Pauvres, qui assistent aujourd'hui quarante mille
vieillards, et ensuite les Petites Sœurs de l'Assomption.
La
France a repris aussi depuis la Révolution sa noble mission d'évangéliser
le monde entier, par les anciens Ordres restaurés, par les fondations
nouvelles des Missions africaines de Lyon, des Pères Blancs
du cardinal Lavigerie, des Missionnaires de la Salette, des Missionnaires
Franciscaines de Marie.
La
Sainte Vierge a suscité encore d'éminents défenseurs
de la foi comme Joseph de Maistre, de Bonald, Lacordaire, Montalembert,
Louis Veuillot, Dom Guéranger, le cardinal Pie, qui vit dans la
proclamation du dogme de l'immaculée Conception le signe certain
des prochains triomphes de l'Eglise et de la France.
Marie
est enfin personnellement intervenue de façon exceptionnelle plusieurs
fois au cours du XIXe siècle.
En
1830, au moment où les secousses de la Révolution agitent
le sol de la patrie et renversent le trône, la Sainte Vierge apparaît
à une humble fille de Saint-Vincent de Paul, encore novice, Catherine
Labouré, et lui révèle la médaille miraculeuse
qui porte l'inscription : « O Marie conçue sans péché,
priez pour nous qui avons recours à vous ! » Elle prélude
ainsi à la proclamation du dogme de l'immaculée Conception,
aux apparitions de Lourdes et aux prodiges qui en seront la conséquence.
Sur cette médaille sont aussi représentés le
cœur sacré de Jésus, entouré d'une couronne d'épines,
et le cœur immaculé de Marie, percé d'un glaive.
En
1836, la Sainte Vierge inspire à son serviteur l'abbé Desgenettes,
curé de Notre-Dame-des-Victoires, l'idée de l'archiconfrérie
de son Cœur Immaculé, pour la conversion des pécheurs.
Cette paroisse à partir de cet instant est transformée; et
aujourd'hui cette archiconfrérie compte plus de cinquante millions
de membres répartis dans l'univers entier.
En
1842, la Sainte Vierge suscite un grand mouvement pour la conversion des
juifs, en apparaissant telle qu'elle est sur la médaille miraculeuse
au jeune israélite Alphonse Ratisbonne, pendant qu'il visitait en
curieux l'église de Saint-André delle Fratte à Rome
et ne pensait nullement à se convertir. Marie lui fait signe de
s'agenouiller, il sent une force irrésistible, qui le convertit
instantanément et lui fait ardemment désirer le baptême.
Comme son frère aîné Théodore, Alphonse Ratisbonne
entre peu après dans les Ordres et tous deux fondent l'Institut
des Prêtres et des Religieuses de Notre-Dame de Sion dont l'action
est très efficace en France et s'étend fort loin à
l'étranger, notamment au Brésil.
En
1846, Marie apparaît à deux enfants à la Salette, elle
leur donne un message pour « son peuple ». « Elle ne
peut plus, dit-elle, retenir le bras de son Fils. » Elle énumère
les fautes qui vont provoquer les châtiments divins, si l'on ne se
repent pas ; elle signale comme des crimes« le blasphème,
la profanation du dimanche, la violation de l'abstinence et du jeûne,
l'oubli de la prière. » L'avertissement de la Mère
de miséricorde est peu compris, mais cette indifférence ne
lasse pas son amour.
Le
8 décembre 1854, le jour même de la proclamation du dogme
de Immaculée Conception, l'évêque du Puy posait la
première pierre de la statue gigantesque qu'il voulait élever
à Notre-Dame de France sur le mont Corneille et qui fut faite avec
deux cent treize canons pris sur l'ennemi pendant l'expédition de
Crimée par le maréchal Pélissier.
En
1858, Marie apparaît à Lourdes dix-huit fois à Bernadette,
elle se nomme « l'Immaculée Conception » comme pour
dire : je suis la seule créature humaine qui ait échappé
complètement à la domination infernale. En vertu de ce privilège
qui lui assure la victoire sur l'ennemi de notre salut, elle nous apporte
le pardon de son Fils en disant : « Priez et faites pénitence.
»
Ce
deuxième avertissement est encore peu entendu. Aussi la France ne
tarde-t?elle
pas à connaître en 1870 l'invasion allemande
et la guerre civile. Il en coûte de n'avoir pas suivi les conseils
de la Vierge de la Salette et de Lourdes.
Cependant,
de divers côtés, plusieurs personnes reçoivent alors
l'inspiration du vœu national au Sacré-Cœur dont la basilique de
Montmartre perpétue le souvenir.
Le
17 janvier 1871, Marie se montre à des enfants à Pontmain
et leur dit : « Priez, mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de
temps. Mon Fils se laisse toucher. » Or, c'est un fait certain qu'à.
partir du moment où la Vierge apparaît à Pontmain l'ennemi
ne fait plus un pas en avant sur le sol français. Deux mois plus
tard la paix était faite, et six mois après la Commune était
vaincue, la France était sauvée.
En
1876, à Pellevoisin, Marie se montre à Estelle Faguette
paralysée et phtisique, elle la guérit, et lui fait entendre
qu'elle veut aussi guérir la France, dont Satan a fait, au point
de vue spirituel, une phtisique et une paralysée, par de fausses
doctrines et des lois impies. Débarrassée de ces chaînes,
la France doit revenir à la santé, à la prière,
aux traditions séculaires de la foi. Marie, en même temps,
demande la diffusion du scapulaire du Sacré-Cœur, car les mérites
de son Fils sont la source du salut, et elle promet son assistance.
Malgré
ces interventions surnaturelles, le travail satanique opéré
par les loges pour la déchristianisation de notre patrie continue.
Mais la générosité des âmes les plus croyantes
est telle, que la France est plus encore victime que coupable ; la qualité,
l'emporte sur la quantité dans les plateaux de la balance du bien
et du mal. Aussi Marie n'abandonne pas son royaume. La France est encore
sauvée malgré une nouvelle invasion allemande en 1914.
Lors de la victoire de la Marne, l'arrêt subit des troupes allemandes
reste humainement inexplicable, puisqu'elles possédaient une artillerie
très supérieure en nombre et en puissance à la nôtre
et que nos troupes étaient privées de munitions[3].
Depuis
1918, nous avons encore commis bien des fautes, qui méritaient
une nouvelle leçon de la Providence. Le Maréchal Pétain,
nous le rappelions plus haut, les a résumées au lendemain
de la défaite de juin 1940, en disant : « L'esprit de
jouissance a détruit ce que l'esprit de sacrifice a édifié.
Je hais les mensonges qui vous ont fait tant de mal… » ? «
La lutte des classes considérée comme le grand moteur du
progrès universel est une conception absurde, qui conduit les
peuples à la désagrégation et à la mort,
soit par la guerre civile, soit par la guerre étrangère...
La vie n'est pas neutre : elle consiste à prendre parti hardiment.
Il n'y a vas de neutralité possible entre le vrai et le faux, entre
le bien et le mal. » Il faut réorganiser « le travail,
la famille et la patrie ».
Le
robuste bon sens qui s'exprime en ces lignes et qui touche au génie,
est avec la grâce de Dieu le principe du relèvement de la
France si profondément meurtrie.
Ce
relèvement a été prévu par plusieurs âmes
saintes, et en particulier, il y a vingt ans, par une simple ouvrière
dont les écrits furent réunis en une plaquette en 1936[4].
Toutes
ces grâces accordées par Marie au cours des siècles
depuis près de deux mille ans pour rétablir la paix parmi
les peuples lui ont fait décerner le titre de Reine de la paix.
C'est pour nous une nouvelle raison de demander au Souverain Pontife la
consécration du genre humain au Cœur Immaculé de Marie pour
obtenir aux peuples et à ceux qui les dirigent les grâces
de lumière, d'attrait, d'union, de stabilité et de force,
qui, dans les temps si troublés où nous sommes, sont indispensables
pour la pacification du monde, que Dieu seul peut réaliser.
Formule
d'oblation de soi-même à Marie
pour qu'elle-même nous offre pleinement à son Fils
Il
convient que les âmes intérieures, surtout les âmes
consacrées, qui vivent de la vraie dévotion à la Sainte
Vierge, telle que l'a exposée le Bx de Montfort, s'offrent
à Marie, pour qu'elle-même les offre pleinement à son
Fils selon sa parfaite prudence et l'étendue de son zèle
maternel. Nous n'irons ainsi ni trop vite par présomption, ni trop
lentement par manque de générosité. On peut pour cela
se servir par exemple de cette formule :
«
Sainte Mère de Dieu, je m'offre à vous, pour que de vous-même
m'offriez pleinement et sans réserve à votre Fils selon l'étendue
de votre zèle et selon votre prudence parfaite, qui connaît
bien mes limites, ma faiblesse, ma fragilité, mais qui connaît
aussi toutes les grâces qui me sont offertes et les desseins de Dieu
sur chacun de nous. ? Daignez m'offrir de plus en plus et je m'offre moi-même
à l'amour miséricordieux et consumant du Sauveur, qui
détruit tout ce qui en nous doit être brûlé,
et qui surtout nous attire de plus en plus en nous vivifiant et en nous
incorporant à Lui. Préparez-nous, sainte Mère de Dieu,
à cette rencontre vivifiante de notre amour purifié
et de celui de votre Fils, préparez-nous à cette rencontre
qui est le prélude de la vie du ciel, et faites-nous comprendre
que plus nous nous offrons ainsi à Lui sans réserve, plus
Il nous prend pour nous vivifier et nous faire travailler avec lui à
la régénération des âmes. Ainsi soit-il. »
On
voit, pour finir, comment il faut répondre à la question
: Peut-on trop aimer la Sainte Vierge ? Il faut répondre comme
un Petit catéchisme de la Sainte Vierge très bien fait :
« Non, si Marie est un chemin vers Dieu, plus on l'aime, plus on
aime Dieu, et le véritable amour de la Sainte Vierge, qui est un
amour, non d'adoration, mais de vénération, doit toujours
grandir. »
Celle
simple ouvrière écrivait le 19 novembre 1920 :
«
Il faut faire confiance à la France ; elle se relèvera par
ses propres moyens, sans l'appui des nations qui l'ont aidée dans
la guerre parce que leur existence était en jeu, et qui aujourd'hui
nous font une guerre indigne de notre confiance et de notre amitié.
Je crois que ce qui se trame contre nous tournera plus tard à l'avantage
d'une France assagie et visiblement guidée par Dieu vers les destinées
qu'il lui prépare. Comment un pays appauvri, ruiné, pillé,
pourra-t-il se relever ? Le bon Dieu a ses moyens à, lui. C'est
à nous de vivre au jour le jour en nous mettant entre ses mains.
» ? Le 20 mars 1925, la même personne écrivait : «
Oui, je pense que Notre-Seigneur est le Maître et que ceux qui nous
ruinent seront un jour balayés par un vent de révolte et
de colère provoqué dans ce pays par leur bêtise et
leur infamie. Il faut que Dieu revienne chez nous, qu'il y soit le maître
adoré et que les suppôts de Satan ne puissent plus empêcher
les enfants de le connaître et de l'aimer. Il faut qu'on oblige les
éducateurs de la jeunesse à lui enseigner le Décalogue,
qu'il y a un Dieu et une autre vie. »
Le
18 janvier 1926, la même plume écrivait : « Les temps
difficiles que nous traversons et, qui menacent, de devenir plus durs encore,
me font adresser à Notre-Seigneur de plus ardentes prières.
? L'homme de génie que sa divine sagesse a promis à la France
chrétienne et fidèle à son amour sera accueilli avec
joie, même par ceux qui sont aujourd'hui ses adversaires. ? Je crois
que, pour cela, il faut que nous passions par telles épreuves, qu'il
soit nécessaire de bouleverser toutes nos institutions pour rétablir
l'ordre, rendre à ce malheureux pays une organisation qui lui manque
et rétablir son crédit. »