Histoire des trois Ave Maria
Par l'abbé J. Olivier,
D’après un opuscule
anonyme, 1950, ed. N-D de
la Ste Trinité
Ière partie : Histoire de la dévotion des trois Ave
Maria
I. ORIGINES DE
CETTE DEVOTION
FONDEMENT
THEOLOGIQUE
Si l’on veut
remonter à l’origine première de cette dévotion, à la fois simple et sublime,
des Trois Ave Maria, il faut pénétrer jusques dans les profondeurs du mystère
de l’adorable Trinité.
C’est de toute
éternité que les trois Personnes divines se sont complu à prédestiner Marie,
leur chef-d’œuvre de prédilection.
Un pieux auteur
nous représente ces trois Personnes adorables saluant, tour à tour, la divine
Marie. Il s’exprime ainsi : « Ave, c’est le mot de Dieu le
Père, étonné, pour ainsi dire, et ravi de la beauté de son ouvrage… — Ave,
c’est le mot de Dieu le Fils, du Verbe éternel, sagesse et intelligence du
Père, miroir parfait de sa parfaite beauté, splendeur éternelle de son éternelle
lumière… Ave, c’est le mot de Dieu le Saint-Esprit : Ave,
mon Epouse incomparable, mon unique, ma belle, choisie entre toutes les filles
de l’homme, sanctifiée dans les desseins de l’éternelle miséricorde, préservée
par la divine attention du Père et du Fils, et par mes jalouses préférences… »[1]
Puis, le même auteur nous montre les choeurs angéliques faisant écho à cette triple et divine salutation : « Et cet Ave parlé, modulé, chanté dans le sein de l’adorable et indivisible Trinité, a débordé de son sein, dans le ciel, comme les eaux surabondantes de Dieu, et tous les échos du paradis le répètent. »[2]
*
* *
Des hauteurs du
ciel, ce triple Ave descend sur la terre, apporté par l’archange
Gabriel, à la plus humble et à la plus parfaite des créatures. Saint Gabriel se
présente à Marie comme l’ambassadeur, « l’envoyé de Dieu, missus a Deo ».
Il parle donc au nom de Dieu, c’est-à-dire au nom des trois Personnes
divines : Père, Fils et Saint-Esprit. Son salut, son Ave, équivaut
ainsi à une triple salutation, à un triple Ave.[3]
De plus, en
étudiant la Salutation angélique, nous y trouvons une triple louange en
l’honneur de Marie. Le céleste ambassadeur s’exprime en ces termes : « Je
vous salue, PLEINE DE GRACE, — LE SEIGNEUR EST AVEC VOUS, — vous êtes BENIE
ENTRE TOUTES LES FEMMES : Ave, gratia plena, — Dominus tecum, — benedicta
tu in mulieribus. »
Dans chacune de
ces trois louanges, nous pouvons découvrir un rapport plus spécial, plus
immédiat, avec chacune des Personnes divines : avec Dieu le Père, qui a
comblé sa Fille bien-aimée, de toutes grâces, dès l’instant de sa
Conception Immaculée — avec Dieu le Fils, dont elle allait devenir la Mère :
Dominus tecum ;
— avec Dieu le Saint-Esprit, qui a enrichi sa divine Epouse des plus
abondantes bénédictions, par lesquelles Marie est élevée au-dessus de toutes
les femmes et de toutes les autres pures créatures.
On peut donc
dire que l’Ave de Gabriel équivaut à trois, puisqu’il le prononça
au nom de chacune des trois Personnes divines. Voilà une des origines et un des
premiers fondements de notre sainte pratique des Trois Ave Maria, qui
nous montre la divine Marie dans ses rapports intimes avec chacune des trois
Personnes de l’adorable Trinité.
*
* *
FONDEMENT
HISTORIQUE
Appuyé sur des
données historiques et sur les pieuses révélations faites à la Vénérable Marie
d’Agréda, dans sa Cité mystique, nous sommes
en droit de conclure que les Trois Ave Maria ont dû être pratiqués dès
les temps apostoliques, spécialement à partir de la glorieuse Assomption
de la Bienheureuse Vierge.
Voici, en
effet, ce que dit la Vénérable Marie d’Agréda, dans
sa Cité mystique, tant estimée par Dom Guéranger : « Saint
Pierre et Saint Jean, étant entrés dans le petit oratoire où le corps de la
Vierge Immaculée était étendu, sans vie, sur un lit d’honneur, ils virent une
grande lumière qui l’environnait, et ils entendirent la musique céleste des
anges qui chantaient[4] :
« Ave Maria, gratia plena,
Dominus tecum. »
Et il y en avait d’autres qui redisaient, après chaque Ave Maria répété trois
fois : « Vierge avant le divin enfantement, — Vierge pendant
le divin enfantement, — Vierge après le divin enfantement. »
Et, dès lors, continue la Vénérable, plusieurs fidèles de la primitive Eglise
eurent de la dévotion pour ce divin éloge de la très pure Marie ; depuis
ce temps-là, il est arrivé, par tradition, jusqu’à nous qui le connaissons, et
la sainte Eglise l’a confirmé.[5]
On reconnaît
clairement, ici, la pratique des Trois Ave Maria, recommandée dans le
but d’obtenir, par la triple virginité de Marie, une parfaite pureté d’esprit,
de cœur et de corps. Cette même pratique, approuvée et indulgenciée par l’Eglise,
est actuellement encore, avec quelques variantes, très répandue en Espagne,
patrie de la Vénérable Marie d’Agréda.
Ainsi, d’après
cette sainte religieuse franciscaine, célèbre dans toute l’Espagne au XVII,
siècle, notre pieuse dévotion serait des plus anciennes dans l’Eglise,
et remonterait aux temps apostoliques.
Au concile de
Clermont, tenu en 1095 sous Urbain II, les Trois Ave Maria furent
spécialement recommandés à tous les fidèles pour le succès de la croisade. De
la France, cette pratique s’étendit peu à peu dans le monde entier.
« Plusieurs
saints du Moyen-Age, dit le R. P. Piel
de Churcheville, Mariste, avaient connu la dévotion des
Trois Ave Maria ; Saint Bruno (1030-1101) a probablement
institué, chez les Chartreux, l’usage de les réciter tous les jours avant
Matines. En effet, les fils de saint Bruno disaient certainement ces trois Ave,
avant l’époque ou Pie V révisa le bréviaire romain ;
or, la liturgie, chez les Chartreux, on le sait, n’avait jamais varié. »
Dans d’autres
monastères, on devait les dire : avant et après l’office de
la nuit. Ainsi, les Ordonnances de Bursfeld (XIIIème siècle) prescrivent trois fois la
Salutation angélique « avant les veilles de la nuit », et cela « tête
nue, le corps prosterné, ou du moins incliné ». Le même manuscrit constate
que cet usage était en vigueur dans les anciens monastères de la Gaule : « Idem
prœstabant in Gallia nostri
Casalini. » Enfin, les laudes matinales achevées,
les Ordonnances de Bursfeld recommandent encore à tous
de dire, à genoux, trois fois, la Salutation angélique avant de se retirer.
Ailleurs, on les récitait après Matines et après Complies.
Les Trois Ave Maria, sous une forme ou sous une autre, étaient donc déjà très répandus, quand la Très Sainte Vierge, dans sa bonté miséricordieuse pour nous, en fit l’objet d’une révélation spéciale à la grande contemplative sainte Mechtilde. Nous allons rapporter en entier cette révélation, parce qu’elle enseigne la sainte dévotion des Trois Ave Maria, telle que nous aimons à la propager.
II. REVELATION DES TROIS « AVE MARIA »
A
SAINTE MECHTILDE
AVEC
PROMESSE DE LA BONNE MORT
Sainte Mechtilde, vierge de l’Ordre de saint Benoît, amie et émule
de la grande sainte Gertrude, est célèbre, elle aussi par les communications
divines dont elle fut favorisée. Elle vécut dans la seconde moitié du XIIIème siècle. (1241-1297). Ses révélations
sont consignées dans un livre admirable intitulé : le Livre de la Grâce
spéciale. Celle relative aux Trois Ave Maria se trouve au chapitre
XLVII de la première partie.
Nous donnons
ici une traduction nouvelle, et aussi littérale que possible, de cette
révélation, d’après l’édition latine des Pères Bénédictins :
« DES
TROIS AVE MARIA A RECITER, PAR LESQUELS CHACUN PEUT
AVOIR L’ASSISTANCE DE LA GLORIEUSE VIERGE MARIE, A L’HEURE DE LA MORT. »
« Pendant
que Mechtilde priait la glorieuse Vierge de l’assister
à l’heure de sa mort, « Je le ferai CERTAINEMENT, hoc UTIQUE faciam », répondit la divine Vierge ; mais
toi, de ton côté, je veux que tu récites, chaque jour, trois Ave Maria.
« Par le
premier tu demanderas que, — comme Dieu le Père, selon la munificence de sa
toute-puissance, a exalté mon âme sur un trône de gloire sans égale, au point qu’après
lui je suis la plus puissante au ciel et sur la terre, ainsi je t’assiste, à l’heure
de la mort, pour te fortifier, et repousser loin de toi toute puissance ennemie ».
« Par le
second Ave Maria, tu demanderas que, — comme le Fils de Dieu selon les
trésors de son inscrutable sagesse m’a ornée merveilleusement de science et d’intelligence,
et m’en remplit tellement que je jouis de la connaissance de la Bienheureuse
Trinité plus que tous les saints ensemble, et que, comme un soleil brillant, j’éclaire
tout le ciel par la clarté dont il m’a embellie, — ainsi je t’assiste, à l’heure
de la mort, pour remplir ton âme des lumières de la foi et de la vraie sagesse,
de peur que ta foi ne soit obscurcie par les ténèbres de l’ignorance et de l’erreur.
« Par le
troisième Ave Maria, tu demanderas que, — comme le Saint-Esprit m’a
remplie entièrement des douceurs de son amour et m’a rendue si aimable et si
aimante, que, après Dieu, je suis la plus douce et la plus miséricordieuse, —
ainsi je t’assiste à l’heure de ta mort, en remplissant ton âme d’une telle
suavité de l’amour divin, que toute peine et amertume de la mort se change pour
toi en délices[6] ».
Telle est la
révélation relative aux Trois Ave Maria faite par la Reine du ciel, avec
promesse de la bonne mort pour ceux qui y seront fidèles tous les jours. En
effet, bien que la promesse ait été faite à sainte Mechtilde,
elle convient à tous ceux qui emploieront le même moyen recommandé par la
divine Mère pour obtenir une bonne mort, comme le titre du chapitre le donne à entendre. Le texte latin est plus formel encore,
car les Trois Ave Maria y sont donnés comme un moyen efficace d’obtenir
la grâce suprême de la bonne mort, pour chacun en particulier. « De
tribus Ave Maria dicendis, PER QUÆ POSSIS gloriosam Virginem Mariam habere prœsentem in fine vitæ. »
Du reste, nous verrons dans la suite les saints, particulièrement saint Léonard
de Port-Maurice et saint Alphonse de Liguori, l’interpréter ainsi.
Une autre
remarque importante à faire, c’est que, d’après les savants Bénédictins, la
grande sainte Gertrude aurait contribué, pour la plus grande part, à la
rédaction du Livre de la Grâce spéciale, d’après les récits de son amie
et confidente, ce qui donne à ce livre une autorité de plus.
Sainte Gertrude
connaissait donc les Trois Ave Maria. Elle-même eut plusieurs
révélations concernant les trois grands privilèges de Marie Immaculée : Puissance,
Sagesse, Miséricorde, — honorés par les Trois Ave Maria, d’après la
première révélation faite à sainte Mechtilde.
Quoi qu’il en
soit, notre sainte dévotion, grâce au livre de sainte Mechtilde,
qui compta bientôt un grand nombre de copies, se répandit de plus en plus dans
les monastères, puis, de là, parmi les fidèles.
Cette pratique,
révélée par la Très Sainte Vierge, a donc pour objet d’honorer les trois grands
privilèges de Puissance, de Sagesse et de Miséricorde, qui
lui furent conférés par les trois Personnes divines, et pour but très spécial d’obtenir
la grande grâce de la persévérance finale ou de la bonne mort, la plus
précieuse pour nous de toutes les grâces.
Bien qu’il y ait d’autres manières de réciter les Trois Ave Maria, — car cette pratique a eu des formes nombreuses et variées — celle de sainte Mechtilde mérite toutes nos préférences. Sans doute, les autres méthodes où se trouvent les Trois Ave Maria, sont toutes bonnes et saintes, avec leurs buts particuliers, mais celle que nous recommandons, après sainte Mechtilde et sainte Gertrude, a été apportée directement du ciel par la Bienheureuse Vierge elle-même, et donnée par cette divine Mère comme un moyen choisi par elle pour obtenir la grâce suprême de la bonne mort. De plus, aucune autre pratique n’est plus directement ordonnée à honorer cette divine Mère dans ses relations avec les trois Personnes de l’adorable Trinité.
III.
LA PRATIQUE ET L’ENSEIGNEMENT DES SAINTS
DE
SAINTE MECHTILDE JUSQU’A NOS JOURS
Nombreux sont
les saints et illustres personnages qui ont pratiqué et recommandé la salutaire
dévotion des Trois Ave Maria, à la suite et à l’exemple de sainte Mechtilde et de sainte Gertrude. Nous ne pourrons faire que
les mentionner en passant.
Un illustre
enfant de saint François, le Docteur séraphique, SAINT BONAVENTURE, devenu
général de l’Ordre, fit, au Chapitre général tenu à Pise en 1262, une
ordonnance d’après laquelle « les Frères Mineurs (ou Franciscains)
exhorteraient le peuple à saluer la glorieuse Vierge Marie, Mère de Jésus, par
Trois Ave Maria, au son de la cloche qui se fait entendre après
Complies, parce que, suivant la tradition, c’est l’heure où elle fut saluée par
l’Ange ». Cette pratique, absolument distincte, dans le début, de l’Angelus, qui d’ailleurs n’existait pas encore, se
confondit peu à peu avec lui.
Les Trois Ave
Maria, propagés par saint Bonaventure, et par quelques autres saints,
spécialement par saint Léonard de Port-Maurice, sont
donc devenus une DEVOTION FRANCISCAINE. Aussi, l’Ordre de saint François s’est-il,
EN TOUT TEMPS, signalé par son zèle en faveur le notre sainte pratique.
Ainsi, à l’aube
du XVème siècle, nous
trouvons encore la grande SAINTE COLETTE DE CORBIE (1380-1447), l’illustre
réformatrice franciscaine, qui faisait réciter les Trois Ave Maria à ses
religieuses Clarisses, comme remède et antidote contre les trois concupiscences
du monde.
Notre SAINTE
JEANNE D’ARC, contemporaine de sainte Colette (1412-1431)
avait aussi la plus grande dévotion à ce qu’on appelait l’Ave Maria, qui
est devenu notre Angelus actuel, et qui se composait
alors uniquement des trois Ave Maria.
Trois siècles
plus tard vivait ST JOSEPH DE LA CROIX, franciscain (+ 1734). Cet illustre
saint connut, par révélation, qu’un étudiant ecclésiastique souffrait de
violents maux de tête pour avoir négligé de réciter les Trois Ave Maria
habituels. Il le guérit, en lui faisant promettre de n’y plus manquer.
L’ORDRE DOMINICAIN, qui a surtout pour mission de propager le
saint Rosaire, ne fut pas, non plus, étranger à notre sainte pratique. Nous
voyons même que deux saintes religieuses dominicaines furent favorisées de révélations
spéciales à ce sujet.
Le Père Ignace
de Carnago, capucin du XVIIIème
siècle, rapporte, dans un petit traité des Trois Ave Maria, un récit d’un
Père Hippolyte, dominicain, d’après lequel : « La Très Sainte Vierge
a demandé, dans une révélation à une sainte religieuse dominicaine, LA
VENERABLE FRANÇOISE VACCHINA, de réciter, chaque jour, trois Ave Maria, pour
obtenir : 1° de rester toujours consacrée à son culte et à son service ;
2° d’éviter tout péché ; 3° de faire, en tout, la sainte volonté de Dieu. »
L’autre sainte
religieuse dominicaine, la Vénérable Mère MARIE VILLANI, morte en odeur de
sainteté, en 1670, à Naples, avait une dévotion singulière pour les Trois Ave
Maria ; elle s’en servait, spécialement, pour offrir le Cœur de Marie
au Cœur sacré de Jésus, le Cœur de Jésus au Cœur très saint de Marie, et son
propre cœur à ceux de Jésus et de Marie. Or, un jour d’Assomption, pendant que
la sainte religieuse récitait ainsi ses Trois Ave Maria, la divine Marie
lui apparut et lui fit entendre ces consolantes paroles : « Non
seulement tu obtiendras, par ce moyen, tout ce que tu solliciteras, mais encore
je te promets d’être la protectrice spéciale en la vie et en la mort, de ceux
qui, comme toi, pratiqueront ces salutations. Je les délivrerai de tout péril
intérieur et extérieur et leur ferai expérimenter mon assistance, qui sera toujours
prompte à les favoriser. »
Cette
révélation est citée dans un Traité de la dévotion et de l’Office de la
Sainte Vierge par ST JEAN EUDES, encore un saint qui fut un ardent apôtre
des Trois Ave Maria.
SAINT GRIGNION
DE MONTFORT, un des plus grands dévots à la Très Sainte Vierge, faisait réciter
les Trois Ave Maria avant de commencer le Rosaire, pratique aujourd’hui
généralement adoptée. De plus, il mentionne, à plusieurs reprises, les trois
grands privilèges de la Très Sainte Vierge : Puissance, Sagesse, Miséricorde,
honorés par les Trois Ave Maria.
SAINT STANISLAS
KOSTKA récitait chaque jour, matin et soir, les Trois Ave Maria, en se
tournant vers un sanctuaire célèbre de la Madone.
Un autre fils
de la célèbre Compagnie, SAINT JEAN BERCHMANS, récitait chaque jour trois Ave
Maria, spécialement le soir, avant de prendre son repos, pour se mettre, durant
la nuit, sous la protection de la Reine du ciel.
Arrivons, sans
plus tarder, aux deux plus grands promoteurs des Trois Ave Maria.
Le premier en
date est SAINT LÉONARD DE PORT-MAURICE, franciscain, un des plus
célèbres missionnaires des temps modernes (1676-1751) et qui vient d’être
constitué Patron des Missionnaires. Pendant plus de cinquante ans, il parcourut
presque toute l’Italie, ainsi que la Corse, qui en faisait alors partie. Dans
toutes ses missions, comme dans ses livres de piété, il insiste fréquemment sur
les Trois Ave Maria, à réciter dévotement le matin et le soir.
Il aimait à
répéter inlassablement le mot d’ordre suivant :
- « Tous
les jours, soir et matin — (Attention ! tous, car la chose est très
importante, — tous les jours, soir et matin, récitez Trois Ave Maria, en
l’honneur de l’Immaculée Conception ; faites ensuite un acte de
contrition, avec le ferme propos de ne plus pécher. Oh ! quelle sainte pratique de piété ! C’est un moyen
très efficace d’assurer votre salut. »
Il écrivait à un religieux :
- « Suggérez,
mon Père, à tous ceux que vous voyez, de réciter, matin et soir, les Trois Ave
Maria, que j’ai tant recommandés, pour honorer l’Immaculée Conception et
pour remercier la Très Sainte Trinité ce tous les dons faits à notre auguste
Reine ; qu’ils fassent ensuite un acte de contrition sur les péchés
passés, avec un ferme propos de ne plus pécher à l’avenir. »
Citons,
maintenant, SAINT ALPHONSE DE LIGUORI, le grand Docteur des temps modernes, qui
fut, avec saint Léonard de Port-Maurice, un des plus
ardents apôtres des Trois Ave Maria, et qui mérite d’en être appelé le
Docteur, car, par son génie pratique, il fixa la manière de les réciter, et en
établit, à tout jamais, l’excellence et l’efficacité. Il en parle en plus de
quinze endroits de ses œuvres et jusque dans sa Théologie morale.
Ecoutons-le :
- « Parmi
les pénitences généralement utiles à tous, citons, en particulier, celle-ci :
Trois fois la Salutation Angélique, le matin et le soir, en disant : « Marie,
ma Mère, venez à mon aide aujourd’hui, pour que je ce commette pas de péché. »
« Quant à
moi, ajoute-t-il, j’ai coutume d’imposer comme pénitence, ou tout au moins de
conseiller cette pratique à tous ceux qui n’en ont pas l’habitude. »
Et plus loin :
« Que le confesseur ait grand soin, surtout auprès des enfants, d’insinuer
la dévotion envers la Mère de Dieu, et de les porter à réciter, chaque jour, le
Rosaire et Trois Ave Maria, matin et soir, en ajoutant toujours cette
prière : Marie, ma bonne Mère, préservez-moi du péché mortel. » — (Praxis
eonfessarii.)
- « Ne
nous lassons jamais d’inspirer à tous, aux dévots et aux pécheurs, la
dévotion à la divine Marie, particulièrement en se recommandant à la Bienheureuse
Vierge le matin et le soir, par Trois Ave Maria, afin qu’elle les
préserve du péché mortel. » — (Avis aux prêtres).
- « Au
sujet de l’Ave Maria, que la première pratique de cette prière, soit de
dire, matin et soir, en se levant et en se couchant, Trois Ave Maria, la
face contre terre ou au moins à genoux. » — (Gloires de Marie, 2ème
partie).
A la suite de
saint Alphonse de Liguori, nous pourrions mentionner
tous les Saints et Bienheureux Rédemptoristes, car leur fondateur fit, des
Trois Ave Maria du matin et du soir, un point de règle, pour chaque
jour. D’ailleurs, tous, à son exemple, ont prêché et recommandé cette sainte
pratique aux pieux fidèles. Citons particulièrement le célèbre SAINT GERARD
MAJELA, qui la propagea de tout son pouvoir (1726-1756).
Nommons encore
un illustre saint moderne, SAINT JEAN-BAPTISTE ROSSI, chanoine régulier, qui
vécut à Rome et mourut en 1764 après avoir été, lui aussi, un ardent apôtre des
Trois Ave Maria ; il se servit de ce moyen, dit son historien, pour
faire « d’innombrables conversions ».
Nous ne pouvons
que mentionner, à la hâte, quelques autres saints et illustres personnages des
temps modernes, spécialement :
LE VENERABLE
LOUIS-MARIE BAUDOIN, fondateur des Ursulines de Chavagnes
(1765-1835), qui adressa ces paroles à un gentilhomme : « Récitez
chaque jour trois Ave Maria ; si vous êtes fidèle à payer ce tribut
d’hommage à Marie, je vous promets le paradis » ;
LE VENERABLE
PERE CHAMPAGNAT (+ 1840), fondateur des Frères Maristes, recommandait beaucoup
les Trois Ave Maria. Aussi est-ce la coutume, dans les Juvénats et
Noviciats de son Institut de les réciter matin et soir, en commun, à haute
voix.
LE SAINT CURE D’ARS, qui propagea les Trois Ave Maria au moyen d’une
feuille de propagande, où l’on recommandait cette pratique, avec une autre
prière à la Très Sainte Vierge, pour obtenir une bonne mort
(+ 1859) ;
SAINT GABRIEL
DE L’ADDOLORATA, qui voulait qu’on récitât souvent dans la journée, les Trois Ave
Maria (1838-1861)
LE BIENHEUREUX
PERE ANTOINE-MARIE CLARET, fondateur de la
Congrégation des Fils du Cœur Immaculé de Marie fut le plus grand missionnaire
de l’Espagne au XIXème siècle. Comme
remède contre les habitudes vicieuses, il recommandait, en premier lieu, les
Trois Ave Maria du matin et du soir (1870) ;
SAINT JEAN
BOSCO, qui en fit un point de règle pour tous ses enfants (1815-1888) ;
La séraphique
vierge, SAINTE GEMMA GALGANI, une des grandes
extatiques modernes, qui récita tous les jours ses Trois Ave Maria, les
mains sous ses genoux (1878-1903).
Parmi les
personnages célèbres, zélateurs des Trois Ave Maria, nommons encore le PERE
JOSEPH DU TREMBLAY, capucin, au XVIIème
siècle ; le pieux Mgr DE SEGUR ; le savant Mgr GAUME, dans son Catéchisme
de persévérance ; l’illustre PERE MARIE-ANTOINE
DE LAVAUR, capucin, surnommé le « Saint de Toulouse », qui attribuait
les succès de ses missions aux Trois Ave Maria et fut même notre
collaborateur dans la propagande de cette salutaire dévotion ; le BIENHEUREUX
JOSEPH COTTOLENGO, si célèbre en Italie (1786-1842) ; — le vénéré PERE
VALENTIN PAQUAY, franciscain belge mort en odeur de sainteté, en 1905 ; —
le pieux Frère NORBERT DE MARIE, mort saintement à 18 ans, au Noviciat des
Frères des Ecoles Chrétiennes à Montréal (Canada), en 1910.
Certes, voilà plus d’autorités qu’il n’en est besoin pour appuyer et recommander une pratique qui a encore pour elle, nous allons le voir, l’autorité de l’Eglise.
IV. LES PAPES ET
LES TROIS « AVE MARIA »
Un très grand
nombre de Papes depuis GREGOIRE IX, au XIIIème
siècle, jusqu’à Benoît XV, et Pie XI ont approuvé et encouragé la récitation
des Trois Ave Maria, dans ses multiples variantes.
JEAN XXII,
attache des indulgences à cette pratique. JULES II compose trois salutations à
la Reine de Miséricorde, avec Trois Ave Maria, qu’il recommande à tous
les fidèles.
BENOIT XIV lui-même,
surnommé le plus savant des Papes, récite chaque jour ses Trois Ave Maria
en l’honneur de Notre-Dame du Bon Conseil, pour implorer ses lumières et sa
protection.
Arrivons, sans
tarder, à l’immortel PIE IX, qui fut le premier à réciter les Trois Ave
Maria pour l’Eglise, après la sainte Messe, dans sa chapelle privée,
pratique que Léon XIII étendit ensuite à toute l’Eglise. Pie 1Xaccorda encore
300 jours d’indulgence à la récitation des Trois Ave Maria devant
certaines images ou statues célèbres de la Très Sainte Vierge. Il en fut de
même de Léon XIII et de Pie X.
Mais il était
réservé à LEON XIII, de glorieuse mémoire, de sanctionner à tout jamais la
pratique des Trois Ave Maria, tels que nous les propageons, en accordant
200 jours d’indulgence, une fois le jour, à tous les fidèles du monde entier
qui réciteraient les Trois Ave Maria du matin et du soir, avec l’invocation
qui fait partie de cette pratique : « O ma Mère, préservez-moi
aujourd’hui du péché mortel. »
A partir de ce
moment, les Trois Ave Maria prirent une extension extraordinaire, qui
fait, chaque jour, de nouveaux progrès.
A peine monté
sur la Chaire de Pierre, PIE X voulut donner une marque de bienveillance à une
dévotion si pieuse et si salutaire.
Par l’entremise
de son secrétaire d’Etat, le cardinal Merry del Val, Sa Sainteté Pie X, par une lettre en date du 27
septembre 1903, daignait approuver de nouveau la dévotion des Trois Ave Maria, et accorder la BENEDICTION
APOSTOLIQUE à tous ceux qui observent cette pieuse pratique.
De plus, au
lendemain des fêtes mariales en l’honneur du jubilé du dogme de l’Immaculée
Conception, Pie X daignait encore accorder 300 jours d’indulgences à
chaque récitation des Trois Ave Maria du matin et du soir, à la
condition d’ajouter, après chaque Ave Maria, cette formule que saint
Alphonse recommandait surtout aux âmes religieuses : « Par votre
Immaculée Conception, ô Marie, purifiez mon corps et sanctifiez mon âme ».
Ce saint
Pontife daigna encore approuver la Neuvaine, dite efficace, des
Trois Ave Maria et la recommander aux fidèles en leur accordant, par un
précieux autographe, la Bénédiction Apostolique. Cette même faveur fut
renouvelée par Benoît XV, qui voulut bien accepter une statue de Notre-Dame
des Trois Ave Maria, dont il fit remercier par son secrétaire d’Etat, le
Cardinal Gasparri (25 mars 1916).
Enfin, le même
Pape BENOIT XV daignait accorder à cette dévotion des Trois Ave Maria,
devenue mondiale, LA CONSECRATION OFFICIELLE la plus haute par l’érection de l’ARCHICONFRERIE UNIVERSELLE des Trois « Ave Maria ».
(Bref du 30 juillet 1921).
A son tour, Sa
Sainteté Pie XI daigna accorder dans une audience privée, la Bénédiction
Apostolique pour tous les Directeurs, leurs auxiliaires et les membres de l’Archiconfrérie.
IIème partie : Pratique de la dévotion
des trois Ave Maria
I. LES TROIS
« AVE MARIA » DU MATIN ET DU SOIR
Cette sainte
dévotion consiste, essentiellement, d’après la révélation de la Bienheureuse
Vierge à sainte Mechtilde, à réciter, tous les
jours, trois Ave Maria pour remercier les Trois Personnes de la
Sainte Trinité des admirables privilèges de Puissance, de Sagesse et de
miséricordieuse Bonté qu’elles ont départis à notre divine Mère, et obtenir,
par son intercession, la grande grâce de la bonne mort.
Chacun doit
veiller à dire avec piété et dévotion ces Trois Ave Maria, tous les jours de
sa vie, autant que possible, sans y manquer jamais, par sa faute ou par négligence,
afin de mériter, chaque jour, la protection de la Reine du ciel, et de s’assurer
ainsi sa miséricordieuse assistance pour l’heure redoutable de la mort.
On peut réciter
ces Trois Ave Maria plusieurs fois par jour, par dévotion, ainsi que
font quelques-uns, et même chaque fois qu’on entend les heures sonner ;
mais, d’après l’usage introduit et recommandé par les saints, spécialement par
saint Léonard de Port-Maurice et saint Alphonse de Liguori, il convient de les réciter, le matin, en se
levant, et le soir, avant de prendre son repos.
De plus, pour
gagner les indulgences, il est en général nécessaire, comme nous l’avons vu, d’ajouter
certaines invocations. Ainsi on peut dire, à la fin des Trois Ave Maria :
« O ma Mère, préservez-moi aujourd’hui du péché mortel. »
Telle était la
méthode que, d’une manière générale, le grand docteur saint Alphonse de Liguori recommandait à tous les fidèles, dévots ou
pécheurs, enfants ou vieillards ; et il voulait qu’on n’y manquât jamais,
tant il y attachait d’importance au point de vue de la vie chrétienne.
Cependant, à
certaines personnes pieuses et surtout aux religieuses, il conseillait de dire,
après chaque Ave Maria : « Par votre Conception Immaculée, ô
Marie, purifiez mon corps et sanctifiez mon âme. »
Ces deux
méthodes étant également bonnes, libre à chacun d’adopter celle qui a ses
préférences, mais, d’une manière générale, nous recommandons la première, plus
à la porté de tous, et plus conforme à la pratique des Trois Ave Maria révélée
par la Très Sainte Vierge à sainte Mechtilde.
Le principal
est de s’acquitter pieusement, chaque jour, autant que possible matin et soir,
de la pratique adoptée.
Le moment le
plus favorable pour réciter les Trois Ave Maria est celui du lever et
celui du coucher. De la sorte, on ne serait pas exposé à les oublier. On
pourrait encore, pourvu toutefois que l’on soit bien fidèle à sa prière du
matin et du soir, les réciter immédiatement après celle-ci.
Si malgré tout,
par négligence ou sous prétexte d’un travail pressant, on était tenté d’omettre
sa prière ordinaire du matin ou du soir, au moins que les fidèles n’omettent
pas la récitation si courte des Trois Ave Maria, pour se mettre sous la
protection de la Très Sainte Vierge pendant le jour et pendant la nuit.
Beaucoup de
bons chrétiens et de pauvres pécheurs ont dû leur salut éternel, on n’en peut
douter, à leur fidélité constante à cette salutaire pratique. Nous en
avons rapporté un très grand nombre d’exemples.
La perfection
de cette pratique demande qu’on récite les Trois Ave Maria à genoux, et même, si l’on veut, « profondément incliné »,
comme le demandait saint Léonard de Port-Maurice, ou
encore « la face contre terre », selon la pratique conseillée par
saint Alphonse de Liguori.
Toutefois, il suffit de les réciter à genoux, ou même, si l’on en est empêché, dans une autre position convenable, même étant couché. L’essentiel, nous l’avons dit, est de réciter les Trois Ave Maria avec piété, en l’honneur ce la divine Marie et en vue d’obtenir sa maternelle protection pendant la vie et à l’heure de la mort. S’il en est ainsi, cette bonne Mère ne manquera pas à sa promesse. En vertu de sa Puissance, de sa Sagesse et de sa Miséricorde, elle obtiendra aux fidèles dévots des Trois Ave Maria, toutes les grâces nécessaires, soit pour être préservés du péché mortel, soit pour se convertir, faire une bonne mort et ainsi aller au ciel.
II.
LA NEUVAINE DES TROIS « AVE MARIA », OU
« NEUVAINE A NOTRE-DAME DE LA TRINITE »
Les Trois Ave
Maria en l’honneur de la Sainte Trinité et des trois privilèges de Marie
Immaculée sont une pratique si agréable à cette divine Mère qu’elle s’est plu
très souvent à exaucer ceux qui se servaient de cette prière pour lui demander
des grâces, soit spirituelles, soit temporelles.
C’est même de
là que provient l’origine de la Neuvaine des Trois Ave Maria appelée
plus justement aujourd’hui : « Neuvaine à Notre-Dame de la Trinité. »
Cette Neuvaine a obtenu de la Très Sainte Vierge tant de faveurs que la voix
populaire l’a appelée « Neuvaine efficace ».
Parmi ces
grâces, un grand nombre sont réputées miraculeuses,
comme des conversions soudaines et extraordinaires, ou des guérisons
instantanées, arrivées contre tous les pronostics des médecins.
Faute de temps ou pour un autre motif, les Trois Ave Maria récités pendant neuf jours, à telle ou telle intention, peuvent suffire ; mais pour des grâces importantes, il est avantageux de recourir à notre Neuvaine complète. Car c’est surtout à cette Neuvaine proprement dite que sont dues, les grâces les plus innombrables et les plus surprenantes.
Toutefois, on s’imaginerait
faussement que, par cette prière, on obtiendra toujours et infailliblement ce
qu’on demande. Elle est efficace, mais non infaillible, car : 1°
souvent, on demande ce qui n’est pas le plus avantageux pour l’âme ; 2°
on ne prie pas toujours avec assez de conformité à la volonté de Dieu, avec
assez d’humilité et de persévérance, toutes conditions indispensables pour qu’une
prière soit vraiment bien faite.
Plus grande
aussi sera la confiance en la Puissance, la Sagesse et la Miséricorde de la
Vierge Immaculée, plus nombreuses et signalées seront les grâces reçues.
Nous
recommandons encore avec instance la persévérance dans la récitation de ces
neuvaines, jusqu’à ce que la grâce demandée soit obtenue, ou jusqu’à
manifestation complète de la volonté de Dieu dans un autre sens.
Il ne faut donc
jamais perdre confiance, car, si l’on prie bien, on obtiendra
toujours quelque chose, et si ce n’est pas ce qu’on aura demandé (et qui n’est
pas toujours le meilleur), ce seront souvent des grâces plus grandes, spirituelles
et même quelquefois temporelles.
Lorsqu’il s’agit
de grâces importantes, nous conseillons de faire au moins trois neuvaines
consécutives, ou plutôt, de ne pas cesser jusqu’à obtention de la faveur
demandée ou d’une autre équivalente ou plus avantageuse.
Voici la
formule de cette Neuvaine :
NEUVAINE A NOTRE-DAME DE LA TRINITE
1. — O Marie,
VIERGE PUISSANTE, « Virgo potens », Vous à qui rien n’est impossible… par
cette Puissance même dont vous a gratifiée le Père Tout-Puissant,
je vous en conjure, assistez-moi dans la nécessité où je me trouve. Puis donc
que vous pouvez me secourir, ne m’abandonnez pas, ô vous qui êtes l’Avocate des
causes les plus désespérées !
Il me semble
que la gloire de Dieu, votre honneur et le bien de mon âme, sont attachés à la
concession de cette faveur.
Si donc, comme
je le pense, elle est conforme à la très aimable et très sainte Volonté de
Dieu, je vous en prie, ô TOUTE PUISSANCE SUPPLIANTE, « Omnipotentia
supplex », intercédez pour moi auprès de
votre Fils qui ne peut rien vous refuser.
Je vous le
demande de nouveau, au nom de la Puissance sans borne que le Père céleste vous
a communiquée, à Vous sa fille bien-aimée, et en l’honneur de laquelle
je vous dis, en union avec sainte Mechtilde, à qui
vous avez révélé la salutaire pratique des Trois Ave Maria :
AVE MARIA, etc.
2. — Divine,
Vierge, qui êtes appelée le TRONE DE LA SAGESSE : « Sedes sapienthe », parce
que la Sagesse incréée le Verbe de Dieu, a résidé en vous…, vous à qui cet
adorable Fils a communiqué toute l’étendue de sa science divine, dans la mesure
où la créature la plus parfaite pouvait la recevoir, vous connaissez la
grandeur de ma misère et quel besoin j’ai de votre assistance.
Confiant dans
votre divine Sagesse, je m’abandonne entre vos mains, afin que vous disposiez
tout avec force et douceur, pour la plus grande gloire de Dieu et le plus grand
bien de mon âme.
Daignez donc me
venir en aide, par les moyens que vous savez être les plus propres à atteindre
cette fin.
O Marie, Mère
de la divine Sagesse, daignez je vous en .supplie, m’obtenir la grâce précieuse
que je sollicite : je vous le demande au nom même de cette sagesse incomparable
dont le Verbe, votre Fils, vous a illuminée, vous sa Mère très aimée, et
en l’honneur de laquelle je vous dis, en union avec saint Léonard de Port-Maurice, le plus zélé prédicateur de vos Trois « Ave
Maria » :
AVE MARIA, etc.
3. — O bonne et
tendre Mère, vraie MERE DE MISERICORDE, « Mater Misericordiæ »,
vous dont l’Esprit d’Amour embrasa le cœur d’une tendresse sans limite pour
les pauvres humains, je viens vous supplier d’user envers moi de votre bonté
compatissante.
Plus ma misère
est grande, plus elle doit exciter votre compassion.
Je le sais, je
ne mérite aucunement la grâce précieuse que je désire, moi qui vous ai si
souvent contristée en offensant votre divin Fils. Mais, si été coupable, très
coupable, je me repens sincèrement d’avoir blessé le Cœur si tendre de Jésus et
le vôtre.
D’ailleurs, n’êtes-vous
pas, comme vous l’avez révélé à l’une de vos servantes, sainte Brigitte, « la
Mère des pécheurs repentants » ? Pardonnez-moi donc mes ingratitudes
passées, et, considérant uniquement votre Bonté miséricordieuse, ainsi que la
gloire qui en reviendra à Dieu et à vous, obtenez-moi, de la miséricorde
divine, la grâce que j’implore par votre intercession.
O vous, qu’on n’a
jamais implorée en vain, « ô clémente, ô miséricordieuse, ô douce Vierge
Marie », « o clemens, o pia, o dulcis Virgo
Maria ! » daignez, daignez me secourir, je vous en conjure, par
cette misiéricordieuse bonté dont le Saint-Esprit
vous a remplie pour nous, vous son épouse tendrement aimée, et en l’honneur de
laquelle je vous dis, avec saint Alphonse de Liguori,
l’apôtre de votre miséricorde et le docteur des Trois « Ave Maria » :
AVE MARIA, etc.
[1] AVE, Salutations à Marie Immaculée, par l’Abbé J. Sagette, chap. I.
[2] Ibid.
[3] « Nous pouvons conclure avec vérité qu’aucune des Personnes divines n’est exempte du salut apporté par l’Ange à la Vierge Marie ; que, au contraire, toutes trois l’ont répété de concert et comme à l’envi… (Cf. l’Evangile du Pater et de l’Ave, p. 27, par le chanoine Quiévreux).
[4] Cette musique céleste a duré trois jours, d’après le récit de saint Jean Damascène.
[5] Cité mystique, troisième partie, livre VIII, chap. XX, n° 747.
[6] Le livre de la Grâce spéciale ou Révélations de sainte Mechtilde traduites sur l’édition latine des Pères Bénédictins de Solesmes, pp. 159, 160.