COMMUNION
SPIRITUELLE.
Article du Dictionnaire de
Spiritualité
I.NATURE.
Dans le
langage des auteurs spirituels modernes, l’expression « communion spirituelle »
est parfaitement claire. Elle désigne l’union de l’âme à Jésus-Eucharistie,
réalisée non par la réception du sacrement, mais par le désir de cette
réception. « Communier spirituellement, c’est s’unir à Jésus-Christ présent
dans l’eucharistie, non pas en le recevant sacramentelle ment, mais par un
désir procédant d’une foi animée par la charité (DTC,art.
Communion spirituelle, col. 572-573). Cette notion dérive en droite ligne de
l’enseignement du concile de Trente, qui, reprenant la division depuis
longtemps classique des trois manières possibles de communier, sacramentaliter tantum, spiritualiter
tantum, sacramentaliter et spiritualiter,
décrit ainsi ceux qui font la communion spirituelle : « alios tantum spiritualiter, illos nimirum, qui veto propositum
illum coelestem panem edentes, ide viva, quae per dilectionem operatur (Gal. 5, 6),
fructum ejus et utilitatem
sentiunt » (sess. 13, c. 8).
Chez
les théologiens du moyen âge et les grands scolastiques, les formules : manducatio spiritualis, usus spiritualis sacramenti sont
prises en des acceptions diverses et donnent lieu à des distinctions
nombreuses, qui ne sont pas toujours absolument concordantes. Ainsi, être uni
au Christ par la vie de la grâce, c’est manger sa chair. En ce sens saint
Augustin avait écrit : « Hoc est ergo manducare illam escam et illum bibere potum,
in Christo manere et illum manentem in se habere » (PL 35, 1614). De même la
manducation de la manne, figure de l’eucharistie, contient un désir implicite
du sacrement et l’on se demande si c’est vraiment une communion spirituelle (S.
Th., 3 q. 80 a. 1 ad 3 ; Salmantic., De Euchar. Sacram., disp. 2, dub. 1). De même encore
le baptême, qui est ordonné à l’eucharistie, suppose un désir implicite de
l’eucharistie et les enfants à leur baptême en reçoivent les
fruit. « Sicut ex fide Ecclesiae credunt, sic ex intentione Ecclesiae desiderant
Eucharistiam, et per consequens recipiunt rem ipsius (S. Th., 3 q. 73 a. 3).
Nous
ne nous attarderons pas à ces sens secondaires ou dérivés et nous nous en
tiendrons au sens premièrement indiqué, puisque, seule cette communion
spirituelle constitue une pratique de piété, susceptible d’une méthode, d’une
technique déterminée.
Quels éléments comporte la communion spirituelle ainsi définie?
Elle est constituée essentiellement par un désir.
C’est ce que dit saint François de Sales : « Mais quand
vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe,
communiez au moins de coeur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à
cette chair vivifiante du Sauveur» (Introduction à la vie dévote, 20 part., chap.
21). Scaramelli est du même avis : « Cette réception
mentale consiste, d’après saint Thomas, dans un vif désir de participer à ce
très auguste mystère» (Méthode de direction spirituelle, 3ème
traité, art. 10, chap. 7). Rodriguez développe ce
point avec une insistance de termes qui ne manque pas de verdeur et qui est
même un peu excessive : « La communion spirituelle consiste à avoir un ardent
désir de recevoir ce sacrement adorable... Car de même que quand on a une
grande faim, on dévore les viandes des yeux, de même il faut dévorer des yeux
de l’esprit cette viande céleste : il faut, quand le prêtre ouvre la bouche
pour recevoir le corps de Jésus-Christ, ouvrir en même temps la bouche de
l’âme, avec un désir ardent de recevoir cette manne divine, et il faut en
savourer longtemps les douceurs dans son esprit (Pratique de la Perfection
Chrétienne, 2e part., traité 8, chap. 15).
C’est un désir du sacrement de l’eucharistie.
Aussi les théologiens disent généralement que la
manducation de la manne n’est pas « proprie spiritualis manducatio hujus sacramenti », elle est
seulement « figurata et materialis
manducatio », les sacrements de la nouvelle Loi
n’étant pas institués alors (Suarez, In 3 D. Th., disp. 62, sect. 1). C’est
pourquoi aussi les anges, au jugement de saint Thomas, s’ils peuvent manger
spirituellement le Christ pour autant qu’ils lui sont unis par la charité et la
vision béatifique, ne peuvent pas manger spirituellement le sacrement, qui
suppose la possibilité de le recevoir réellement ; au sens propre, ils ne font pas
la communion spirituelle (S. Th., 35 q.80 a.3).
C’est un désir inspiré par la charité.
L’Instructio sacerdotis, publiée à la suite des oeuvres de saint Bernard,
mais qui n’est pas de lui, l’avait déjà noté expressément : « Spiritualiter tantum sumit quisque fidelis, qui est de membris Ecclesiae, perseverans in
charitate » (PL 184, 789). Théologiens et auteurs
spirituels sont d’accord et c’est, nous l’avons vu, l’enseignement du concile
de Trente. « Est auteur observandum ex conc. Trid., sess. 13, c. 8, non
omne desiderium, seu propositum
hujus sacramenti censeri spiritualem sumptionem ejus, sed solum illud
quod ex fide viva proficiscitur
» (Suarez, loc. cit.). La communion spirituelle requiert donc l’état de grâce
et nous verrons les conséquences de cette condition pour les effets de la
communion spirituelle. Quant aux dispositions qu’implique cette foi vive, cette
charité, dont parle le concile, ce sont celles qui sont indiquées, plus loin et
dont les formules remplissent les livres de piété sous la rubrique : Actes
avant et après la communion.
Ce désir doit-il être explicite? ou
le désir implicite est-il suffisant?
Beaucoup de théologiens affirment qu’il suffit de
recevoir l’eucharistie in voto implicito
en certains cas pour en obtenir les fruits spirituels ; c’est qu’ils traitent
la question à propos de la nécessité de l’eucharistie et qu’ils veulent concilier
cette nécessité avec l’impossibilité pratique, pour les enfants morts après le
baptême par exemple, de désirer explicitement le sacrement eucharistique (M.
de la Taille, Mysterium Fidei, Paris, 1931, p.
565-571). Mais ce désir implicite ne constitue évidemment pas la communion
spirituelle au sens d’exercice de piété on nous le définissons ici, et on ne
peut guère concevoir que la communion spirituelle proprement dite n’implique
pas le désir explicite de l’eucharistie (DTC, Com. spir.,
col. 573).
HISTOIRE.
La communion spirituelle n’est pas une pratique
inventée par la spiritualité moderne. S’il ne faut pas prendre au pied de la
lettre certaines formules de saint Augustin et y transférer la signification
que nous y mettons de nos jours (Batiffol, Etudes
d’histoire et de théologie positive, 2e série, Paris; 1905, p. 242), on peut
déjà trouver dans les écrits de l’évêque, d’Hippone les linéaments d’une
théorie qui deviendra vite traditionnelle. La distinction entre sacramentum et res sacramenti est à l’origine de
la doctrine montrant que ce sont des réalités séparables en fait et qui peuvent
être reçues l’une sans l’autre. C’est notamment dans son commentaire de saint
Jean que la question de la communion spirituelle est au moins touchée, si elle
n’est pas spécifiquement envisagée (M. de la Taille, op. cit.,
p. 568). A propos du Christ, pain descendu du ciel, saint Augustin souligne le
désir que doit avoir de ce pain l’homme intérieur. « Panis
quippe iste interioris hominis quaerit esuriem » (In Joannem tract. 26,
PL 35, 1606). De Moïse, d’Aaron, de Phinées, qui
mangèrent la manne, symbole de l’eucharistie, il loue la faim spirituelle et admire
les fruits dont elle fut récompensée. « Quia visibilem
cibum spiritaliter intellexerunt, spiritaliter esurierunt, spiritaliter gustaverunt, ut spiritaliter satiarentur » (ibid., col. 1614). Surtout il montre que si
celui qui mange le pain de vie ne meurt pas, cela tient à la vertu du sacrement
et non au signe sensible. « Sed quod pertinet ad
virtutem sacramenti, non
quod pertinet ad visibile sacramentum : qui manducat intus, non foris ; qui manducat in corde,
non qui premit dente »(ibid.,
..col. 161.2).
En approfondissant cette distinction, et dans la
mesure où on sera fidèle au réalisme augustinien, on comprendra de mieux en
mieux comment on peut recevoir les effets du sacrement sans recevoir le
sacrement lui-même ; on sera sur le chemin de la communion spirituelle
proprement dite; ce sera l’oeuvre des théologiens postérieurs. Un prédicateur
médiéval de renom, Raoul l’Ardent, écrit : « Duo quippe sunt modi manducandi corpus Christi, unus sacramentalis,
alius spiritualis... Spiritaliter vero accipit corpus bonus, qui etsi non sacramentaliter
quandoque accipit, tamen fide et caritate in corpore Christi est... » (Hom. 51
in die Paschae, PL 155, 1850).
Guillaume de Saint-Thierry
distingue très nettement la « manducatio spiritualis corporis Christi »et la « corporalis
manducatio corporis Domini ». Il montre comment la
chair du Christ est une nourriture de vie « quant tune avidis
faucibus sumimus, cum dulciter recolligimus, et in
ventre memoriae recondimus quaecumque pro nobis fecit et passus est Christus » (De corp.
et sang. Domini, PL 180, 352-353). Comment ne pas citer aussi ce passage du
même auteur, disciple et ami de saint Bernard ? « Sacramentum
enim sine re sacramenti sumenti
mors est ; res vero sacramenti, etiam praeter sacramentum, sumenti
vita aeterna est. Si autem vis, et vere vis, omnibus horis,
tant diei quant noctis, hoc
tibi in cella praesto est. Quoties in commemorationem ejus qui pro te passus est, hoc
facto ejus pie se fideliter
fueris affectus, corpus ejus manducas et sanguinem bibis » (Ep. ad Fratres
de Monte Dei, PL 184, 258).
Avec sa précision habituelle, saint Thomas affirme que
l’effet du sacrement peut être réalisé dans l’âme, même si l’on reçoit
l’eucharistie seulement in voto, comme c’est le cas
dans la communion spirituelle. « Effectus sacramenti potest ab, aliquo percipi, si sacramentum habeat in voto,
quamvis non accipiat in
re...; ira etiam aliqui manducant
spiritualiter hoc sacramentum, antequam
sacramentaliter sumant »
(3a q. 80 a. 1 ad 3).
Les théologiens postérieurs développeront la même
doctrine, qui trouvera sa consécration au concile de Trente. Les auteurs
spirituels auront surtout le souci d’organiser cette doctrine en pratique de
piété. Sainte Thérèse la recommande à ses filles (Chemin de la Perfection, ch.
37) et saint François de Sales, à Philothée (Intr. à
la vie dévote, 2e part., chap. 21). Ils ne sont que l’écho d’une tradition qui
s’était déjà fait entendre dans l’Imitation de Jésus-Christ (liv. 4, ch. 10).
On trouve des recommandations analogues dans les ouvrages du Vén. Louis Du Pont (De la perfection du chrétien dans
l’état ecclésiastique 28è traité, chap. 14), de Rodriguez
(op. et loc. cit.), de saint Alphonse de Liguori (La véritable épouse de
Jésus-Christ, ch. 18), etc... Parmi les modernes, le P. Faber
(The blessed Sacrament) a consacré de suggestives pages à cette dévotion,
qui est universellement recommandée dans les livres et manuels de piété.
FONDEMENT
THÉOLOGIQUE.
La valeur de la communion spirituelle repose en somme
sur deux principes
Premier principe: la foi en la présence du Christ dans
l’eucharistie comme source de vie, d’amour et d’unité. - On ne peut bien
comprendre le désir de l’eucharistie, si on n’accepte pas le principe de la
valeur sanctifiante de l’eucharistie: C’est parce que l’on croit à la présence
réelle et vivifiante du Christ dans l’eucharistie, qu’on désire recevoir le
sacrement. C’est parce que l’on croit au caractère spécial de ce sacrement,
qui est d’augmenter la vie de la grâce, d’intensifier la charité, de fortifier l’unité
qui nous lie au Corps Mystique, que l’on désire cette union au Christ. C’est
parce que l’eucharistie, selon la promesse de Notre-Seigneur, est le pain de
l’âme, un aliment de vie, une nourriture spirituelle, que l’on veut
effectivement s’en nourrir. Toute la liturgie eucharistique, en nous rappelant
cette pensée, nous invite à y voir le caractère propre du sacrement. Et c’est
pourquoi le désir de l’eucharistie ou la communion spirituelle est totalement
différent de l’union par la foi au Christ, enseignée par les protestants, ainsi
Luther pour qui l’eucharistie n’a pas d’autre valeur que d’exciter la confiance
en l’imputabilité des mérites du Christ, sans réellement produire un
accroissement de grâce dans nos âmes (DTC, art. Luther, col. 1305).
Deuxième principe : l’efficacité du désir peut
suppléer l’acte sacramentel. - C’est un principe admis en beaucoup de cas que
le désir supplée l’acte, quand celui-ci ne peut être accompli en lui-même
(Suarez, loc. cit., disp.62, sect.1). Ici sans doute
l’efficacité du désir n’est pas ex opere operato, comme dans la communion
sacramentelle, mais, ex opere operantis ; le désir
tend déjà à la réalisation de ce qu’accomplit la communion ex opere operato. La
fin, dit saint Thomas, est contenue dans le désir. « Finis habetur in desiderio et in intentione » (S. Th., 3 q. 72 a. 3). Par le
désir, la communion est en quelque sorte accomplie ; sans doute elle ne l’est
pas matériellement ; mais, puisqu’il faut distinguer dans le sacrement le signe
(sacramentum) et la réalité (res sacramenti), le
désir atteint la réalité sans passer par le signe. « Res
alicujus sacramenti haberi potest ante perceptionem sacramenti, ex ipso voto sacramenti percipiendi » (S.
Th., ibid.). Ainsi que le développe avec netteté le P. de la Taille, le
mouvement sincère et efficace de l’âme vers la vie est déjà un mouvement de
vie. Celui qui tend vers la vie du Christ dans l’eucharistie la trouve, car le
Christ ne manque pas à ceux qui le cherchent (op. cit.,
p. 565).
EFFETS.
Quels sont donc les effets de la communion
spirituelle?
Les effets produits sont de même nature que dans la
communion eucharistique, donc augmentation de la grâce sanctifiante, grâces
d’amour, de vie, de pureté, d’unité... « On rapporte de sainte Angèle de Mérici que lorsqu’on lui interdisait la communion de chaque
jour, elle y suppléait par de fréquentes communions spirituelles à la messe, et
elle se sentait parfois inondée de grâces semblables à celles qu’elle aurait
reçues si elle avait communié sous les espèces sacramentelles. Aussi
laissa-t-elle à son Ordre comme un legs pieux, une pressante recommandation de
ne point négliger cette sainte pratique »(Méditations
sur l’Eucharistie, par le Frère Philippe, Paris,
1867, p. 459).
Ces effets sont produits ex opere operantis et non ex opere operato : l’opinion commune
est fermement admise, en dépit de quelques discussions ou distinctions
subtiles.
Ces effets peuvent être supérieurs à ceux qui sont
produits dans la communion sacramentelle, si les dispositions sont très pures,
mais à égalité de dispositions, ils sont évidemment moins abondants que dans la
communion eucharistique. « Il peut arriver que vous fassiez cette
communion spirituelle avec une telle ferveur, que vous méritiez autant de
grâces que le prêtre en obtient par la communion sacramentelle, bien que, pour
lui, des dispositions semblables unies à la réception du sacrement aient pour
résultat des grâces plus abondantes » (Vén. L. Du
Pont, op., et loc. cit.). Le P. Faber
cite beaucoup de traits - dont l’authenticité aurait sans doute besoin d’être
contrôlée - qui mettent en lumière l’efficacité de ce désir de l’eucharistie
chez les saints (The blessed
Sacrament, t. 2, liv. 4, sect. 6).
D’après beaucoup d’auteurs, la communion spirituelle
pour être fructueuse requiert l’état de grâce (Rodriguez,
op. et loc. cit.). Celui qui communierait en état de péché mortel et dans la
disposition d’y rester, pécherait gravement (Suarez, op. et loc. cit.). Mais il
n’est pas nécessaire de se confesser, un acte de contrition parfaite suffit. En
cas de contrition imparfaite, il n’y aurait pas de péché ; il y aurait même un
bon désir, mais les fruits attachés à la communion spirituelle ne seraient pas
produits (DTC, art. Com. spi, col. 573).
PRATIQUE.
Comment la communion spirituelle doit-elle être
pratiquée?
Les actes de la communion spirituelle sont du même
ordre que ceux qui précèdent, accompagnent et suivent la communion
sacramentelle. Ils sont bien décrits dans ce passage de Scaramelli
: « toute personne pieuse doit d’abord concevoir un sincère repentir de
ses péchés et purifier par cette douleur le tabernacle de son coeur, où elle
désire recevoir et faire reposer le divin Sauveur. Ensuite elle fera un acte de
foi vive sur la présence réelle de Jésus-Christ dans cet auguste mystère. Puis
elle considérera, comme nous l’avons dit pour la communion sacramentelle, la
grandeur et la majesté de ce Dieu caché sous le voile des saintes espèces :
qu’elle réfléchisse à l’amour immense, à la grande bonté avec lesquels il
désire s’unir à nous ; qu’elle jette aussi ses regards sur sa faiblesse et sa
propre misère. Après ces considérations elle doit faire des actes d’humilité et
de désir ; d’humilité, à la vue de sa propre indignité ; de désir, à cause de
l’amabilité infinie de Dieu. Enfin, puisqu’il ne lui est pas donné de s’unir à
son bon Sauveur par la réception réelle de l’eucharistie, qu’elle s’en approche
en esprit et s’unisse à lui par le doux lien d’un
amour paisible et tranquille. Elle terminera la communion spirituelle en remerciant
et en louant le Seigneur ; car, quoique Jésus-Christ ne soit pas descendu
réellement dans son coeur, il était cependant bien disposé à cette union
d’amour et la désirait avec toute l’ardeur de la charité. Elle lui demandera
donc les grâces dont elle se reconnait indigne, et
s’appliquera sérieusement à produire les actes qu’elle a coutume de faire après
la réception de cette nourriture divine » (Méth. de dir. spin, 3ème
traité, art. 10, ch. 7).
La communion spirituelle peut être faite aussi souvent
que l’âme le désire. « Potest enim quilibet devotus
omni die et omni hora, ad spiritualem
Christi communionem salubriter
et sine prohibitione accedere
» (Imitation de Jésus-Christ, liv. 4, ch. 10). « La bienheureuse Agathe de
la Croix était animée d’un tel amour pour le Saint Sacrement, qu’elle serait
morte, dit-on, si son confesseur ne lui avait pas enseigné la pratique de la
communion spirituelle ; et lorsqu’elle la posséda, elle avait coutume de la
répéter jusqu’à deux cents fois dans un jour » (Faber,
op. cit., trad. de Bernhardt, t. 2, p. 295).
Le moment privilégié pour faire la communion
spirituelle est le temps de la messe, où, si l’on ne peut communier sacramentellement,
on peut toujours s’unir à la communion du prêtre et faire les actes de la communion
spirituelle. L’assistance à la messe est la meilleure préparation à cette communion,
qui nous fait participer d’une manière étroite et personnelle au sacrifice de
Notre-Seigneur.
Les avantages de la communion spirituelle ne doivent
permettre ni d’en exagérer ni d’en minimiser l’importance. Elle tire sa valeur
de la communion sacramentelle, mais les richesses du trésor eucharistique ne
doivent pas faire négliger l’appoint spirituel de ce désir intérieur du coeur.
Et c’est le sens à retenir sans doute de la parole adressée à l’humble soeur
Paula Maresca par le Seigneur Jésus, qui lui montrait
deux vases précieux, l’un d’or et l’autre d’argent. « Dans le vase d’or,
dit-il, je conserve vos communions sacramentelles et dans le vase d’argent, vos
communions spirituelles » (S. Alph. de Liguori, La
véritable épouse de J.C., chap. 18).
Mgr Louis de BAZELAIRE.