| Liturgie |
| Novus Ordo |
I. L'Instruction
« Memoriale Domini »
1. En célébrant le mémorial du Seigneur, l'Église
affirme par ce rite sa foi et l'adoration du Christ, présent dans le sacrifice
et offert en nourriture à ceux qui participent à la table eucharistique.
3. Par ces éléments de renouveau, le signe du banquet
eucharistique et l'accomplissement fidèle du mandat du Christ sont devenus plus
manifestes et vivants. Mais en même temps, ces dernières années, la
participation plus complète à la célébration eucharistique, exprimée par la
communion sacramentelle, a suscité çà et là le désir de revenir à l'ancien
usage de déposer le Pain eucharistique dans la main du fidèle, lequel se
communie lui-même en le portant à sa bouche.
4. Dans certains endroits et dans certaines
communautés, cette façon de faire est pratiquée, bien que le Saint-Siège n'ait
pas encore donné l'autorisation demandée et que parfois cette pratique ait été
introduite sans que les fidèles y aient été préparés convenablement.
5. Il est certes vrai qu'en vertu d'un usage ancien,
les fidèles ont pu autrefois recevoir cet aliment divin dans la main et le
porter eux-mêmes à
6. Cependant, les prescriptions
de l'Église et les textes des Pères attestent abondamment le très profond
respect et les très grandes précautions qui entouraient
7. De plus, le soin et le
ministère du Corps et du Sang du Christ étaient confiés d'une façon toute
spéciale aux ministres sacrés ou aux hommes désignés à cet effet :
« Après que celui qui préside a récité les prières et que le peuple tout
entier a acclamé, ceux que nous appelons les diacres distribuent â tous ceux
qui sont présents, et portent aux absents, le pain, le vin et l'eau sur
lesquels ont été données les grâces »[5].
8. Aussi, la fonction de porter
9. Compte tenu de la situation actuelle de l'Église
dans le monde entier, cette façon de distribuer
10. Par ailleurs, cet usage ne
blesse en rien la dignité personnelle de ceux qui s'approchent de ce sacrement
si élevé, et il fait partie de la préparation requise pour recevoir le Corps du
Seigneur d'une façon très fructueuse[6]. Ce respect exprime bien qu'il
s'agit non pas « d'un pain et d'une boisson ordinaires »[7], mais du Corps et du Sang du
Seigneur, par lesquels « le peuple de Dieu participe aux biens du
sacrifice pascal, réactualise l'alliance nouvelle scellée une fois pour toutes
par Dieu avec les hommes dans le Sang du Christ, et dans la foi et l'espérance
préfigure et anticipe le banquet eschatologique dans le Royaume du Père »[8].
11. De plus, cette façon de
faire, qui doit déjà être considérée comme traditionnelle, assure plus
efficacement que
12. Aussi, devant les demandes formulées par un petit
nombre de Conférences épiscopales, et certains évêques à titre individuel, pour
que sur leur territoire soit admis l'usage de déposer le Pain consacré dans les
mains des fidèles, le Souverain Pontife a-t-il décidé de demander à tous les
évêques de l'Église latine ce qu'ils pensent de l'opportunité d'introduire ce
rite. En effet, des changements apportés dans une question si importante, qui
correspond à une tradition très ancienne et vénérable, non seulement touchent
la discipline, mais peuvent aussi comporter des dangers qui, comme on le
craint, naîtraient éventuellement de cette nouvelle manière de distribuer
Placet : 567
Non placet : 1 233
Placet juxta modum : 315
Réponses non valides : 20.
Placet : 751
Non placet : 1 215
Réponses non valides 70.
Placet : 835
Non placet : 1185
Réponses non valides : 128.
14. Ces réponses montrent donc qu'une forte majorité
d'évêques estiment que rien ne doit être changé à la discipline actuelle et que
si on la changeait cela offenserait le sentiment et la sensibilité spirituelle
de ces évêques et de nombreux fidèles.
16. Aussi, le Saint-Siège exhorte-t-il vivement les
évêques, les prêtres et les fidèles à respecter attentivement la loi toujours
en vigueur et qui se trouve confirmée de nouveau, en prenant en considération
tant le jugement émis par la majorité de l'épiscopat catholique que la forme
utilisée actuellement dans la sainte liturgie, et enfin le bien commun de
l'Église.
17. Mais là où s'est déjà introduit un usage différent
- celui de déposer
18. De plus, en pareils cas, pour
que cet usage s'établisse comme il faut, les Conférences épiscopales prendront,
après prudent examen, les décisions opportunes, par vote secret et à la
majorité des deux tiers. Ces décisions seront ensuite soumises au
Saint-Siège, pour en recevoir la nécessaire confirmation[12], accompagnées d'un exposé précis
des causes qui les ont motivées. Le Saint-Siège examinera chaque cas
attentivement, en tenant compte des liens existant entre les différentes
églises locales, ainsi qu'entre chacune d'elles et l'Église universelle, afin
de promouvoir le bien commun et l'édification commune, et afin que l'exemple
mutuel accroisse la foi et la piété.
19. Cette instruction, rédigée par mandat spécial du
Souverain Pontife Paul VI, a été approuvée par lui-même, en vertu de son
autorité apostolique, le 28 mai 1969, et il a décidé qu'elle soit portée à la
connaissance des évêques par l'intermédiaire des présidents des Conférences
épiscopales.
Nonobstant
toutes dispositions contraires.
À Rome, le 29 mai 1969.
Benno, Card. Gut, Préfet
A. Bugnini, Secrétaire
Le 6 juin suivant, une lettre du Cardinal Gut,
Préfet de
II. La Lettre
de
En réponse à la demande présentée par
Votre Conférence Épiscopale sur la permission de distribuer la Communion en
déposant l'Hostie dans la main des fidèles, je suis en mesure de vous
transmettre la communication suivante :
Tout en rappelant ce qui fait l'objet de
l'Instruction ci-jointe, en date du 29 mai 1969, sur le maintien en vigueur de
l'usage traditionnel, le Saint-Père a pris en considération les motifs invoqués
à l'appui de Votre demande et les résultats du vote qui est intervenu à ce
sujet. Il accorde que, sur le territoire de Votre Conférence Épiscopale, chaque
Évêque, selon sa prudence et sa conscience, puisse autoriser dans son diocèse
l'introduction du nouveau rite pour distribuer la Communion, à condition que
soient évités toute occasion de surprise de la part des fidèles et tout danger
d'irrévérence envers l'Eucharistie.
Pour cela, on tiendra compte des normes
suivantes :
NOTA. On
remarquera utilement que :
a) cette phrase : « On pourra cependant
adopter aussi une manière plus simple, en laissant le fidèle prendre
directement l'Hostie dans le vase sacré » est omise au n. 21 de De
sacra Communione et de cultu mysteria eucharistici extra Missam (21 juin
1973) ;
b)
cette pratique est formellement interdite dans l'édition 2002 de Missale
Romanum, au n. 160 de
la Présentation générale ;
c)
cette interdiction est rappelée le 25 mars 2004 au n. 94 de Redemptionis Sacramentum [Nouvelle fenêtre].
[1] Cf. Conc. Trid., Sess. XXI, Doctina de communione sub utraque specie et parvulorum : DS 1726-1727 (930) ; Sess. XXII, Decretum super petitionem concessionis calicis : DS 1760.
[2] Augustinus, Enarrationes in Psalmos 98, 9 : PL 37, 1264.
[3] Cyrillus Hieros., Catecheses Mystagogicæ 5, 21 : PG 33, 1126.
[4] Hippolytus, Traditio Apostolica 37 : ed. B. Botte, 1963, p. 84.
[5] Iustinus, Apologia I, 65 : PG 6, 427.
[6] Cf. Augustinus, Enarrationes in Psalmos 98, 9 : PL 37, 1264-1265.
[7] Cf. Augustinus, Apologia I,
66 : PG 6, 427 ; cf. Irenæus,
[8] Sacra Congregatio Rituum, Instr. Eucharisticum mysterium, n. 3a : AAS 59 (1967) 541.
[9] Cf. ibid., n. 9 : p. 547.
[10] Cyrillus Hieros., Catecheses Mystagogicæ 5, 21 PG 33, 1126.
[11] Cf. Act. 20, 28.
[12] Cf. Conc. oec. Vat II, Decr. Christus Dominos, n. 38, 4 : AAS 58 (1966) 693.