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La joie immuable
(17 mai 1939)
L'Ascension, fête de
la joie et de l'espérance.
Elles sont toujours chères à Notre
regard et plus chères encore à Notre cœur, ces assemblées de jeunes époux venus
pour recevoir la bénédiction du Père commun des âmes, une bénédiction qui entend
être et est réellement un signe et un gage de la bénédiction de Dieu.
Mais il Nous est plus agréable encore de vous
accorder audience à la veille de l'Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
L'Ascension, c'est la fête de la joie pure, de l'espérance sublime, des saints
désirs ; et la solennité de vos noces, chers époux, semble un reflet de cette
fête, puisque dans le mariage chrétien que vous avez célébré au saint autel,
tout semble susciter et annoncer la joie, l'espérance, les désirs, les
projets. Afin que ces sentiments, qui ont réjoui et qui réjouissent encore vos
coeurs, soient profondément sincères et durables, unissez-les à ceux que vous
suggère la fête de demain.
Que votre joie soit pure comme celle des Apôtres,
qui, après avoir assisté à
C'est sur ces motifs, très chers enfants, que doit
reposer votre joie pour être vraie et pure ; et comme ces motifs ne sauraient
jamais manquer, votre joie ne sera jamais sujette aux changements des joies
éphémères que promet le monde : Pacem
meam do vobis, non quomodo mundus dat, ego do vobis, avait dit Jésus. « Je
vous donne ma paix, je ne la donne pas comme la donne le monde » (Jean, xiv, 27).
Fondée sur l'espérance la plus sûre, la joie de ce
jour se perpétue et se dilate dans le cœur des fidèles : « Je vais vous
préparer une place au ciel » (Jean, xiv,
2) dit Notre-Seigneur ; et Il ajoutait
: « Vous recevrez la force du Saint-Esprit, qui descendra sur vous » (Actes, i, 8). Promesses magnifiques : la
promesse du ciel et la promesse des dons du Saint-Esprit. Tout cela doit animer
votre foi, alimenter et renforcer votre espérance, élever vos pensées et vos
désirs. C'est la prière de l'Eglise dans la sainte liturgie. « Accordez-nous,
Dieu tout-puissant, nous vous en supplions, à nous qui croyons que votre Fils
unique, notre Rédempteur, est monté aujourd'hui au ciel, accordez-nous d'y
habiter aussi nous-mêmes en esprit »[1] et, parmi les vicissitudes de ce
monde, fixez nos cœurs là où sont les vraies joies : inter mundanas varietates ibi nostra fixa sint corda, ubi vera sunt
gaudia[2].
Nous vous bénissons, chers époux, au nom de ce même Jésus
qui bénit les Apôtres et les premiers disciples lors de sa montée au ciel : dum benediceret illis, recessit ab eis et ferebatur
in coelum (Luc, xxiv, 51).