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Philosophie
Psychologie

 

Philosophie Morale

Deuxième partie

Par l’abbé Jean Marie Robinne, FSSP

 

II.1. La Patrie.

 

C’est la terre des pères, la société naturelle historique. On ne choisit pas plus sa patrie que ses parents. C’est un être physique inscrit dans la réalité géographique, c’et une communauté de valeurs enracinée dans l’histoire.

 

 

II.2. La Nation.

 

            C’est l’ensemble de la population d’un état, dans la mesure où elle désire former une communauté et où elle se montre attachée à un héritage.

« Une cité ne se forme pas à partir de gens pris au hasard. L’absence de communauté éthnique est un facteur de guerre civile tant que les citoyens ne sont pas arrivés à respirer d’un même souffle. Parmi les peuples qui ont acceptés des étrangers pour fonder une cité ou pour les agréger à la cité, la plupart ont connu des guerres civiles. » Aristote

            Pour qu’il y ait une nation il faut une volonté de vivre ensemble et un désir de préserver l’héritage reçu.

 

 

II.3. L’Etat.

 

            C’est l’ensemble de l’organisation politique et juridique d’une nation. L’état sera donc une société complète et parfaite, composée d’une multitude de familles, de groupes intermédiaires ordonnés à la réalisation du bien commun.

           

Une société complète a pour fin le Bien commun en général et pour mission la civilisation qui embrasse l’humanité, l’homme sur le plan intellectuel et moral.

           

Une société parfaite parce qu’elle est indépendante. Toutes les sociétés participantes (intermédiaires) lui sont subordonnées. Par conséquent cette société doit posséder tous les moyens nécessaires pour remplir les obligations qui relèvent de sa mission. Si elle subordonne toutes les sociétés intermédiaires elle ne doit cependant pas se substituer à elle dans leur gouvernement interne. Il faut encore ajouter que l’état n’est pas le résultat de l’association d’individus isolés mais de groupes naturels.

            L’état (comme la famille) est donc une société nécessaire à l’homme qui ne peut pas en restant seul réaliser la perfection de sa nature.

 

            Une société organique, c'est-à-dire qui résulte immédiatement, non pas de la réunion des individus isolés mais de l’union stable et hiérarchique de groupes sociaux inférieurs.

Ces groupes, en constituant l’état, ne perdent pas l’autonomie relative qu’ils ont connus. Le rôle de l’état sera donc de régler avec sagesse le jeu des libertés physiques (donc des autonomies).

            L’anarchie menace l’état quand il gouverne au nom d’un parti ou qu’il cesse d’exercer sa fonction directrice. A l’opposé parait le despotisme quand l’état prétend brimer ou étouffer les libertés des corps intermédiaires. L’état n’a pas plus la fonction d’enseigner et d’éduquer qu’il n’a celle de régenter la religion ou d’orienter la presse.

 

            Une société inégale car il y a une hiérarchie. L’état doit être une société inégale et accepter l’inégalité pour éviter l’anarchie. Composé de personnes juridiques inégales, l’état se doit d’admettre, de garantir, de protéger l’ordre hiérarchique de ces groupes.

            « L’égalité qui fascine nos contemporains est la définition de la mort sociale. Quels échanges y avaient-ils dans une société d’égaux sinon ceux d’un commerce versatile, fallacieux et vain. L’échange exige la différenciation et la différenciation exige à son tour la hiérarchie, au sommet de laquelle l’échange se convertit en don (…) L’appareil de l’état moderne envahit progressivement toutes les conduites humaines depuis la naissance du citoyen à sa mort. » Marcel de Corte

            « L’état travaille au bonheur des hommes mais il veut en être l’unique agent er arbitre. Il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilité leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leurs industries, règle leurs successions, divise leur héritage. Que ne peut-il leur ôter complètement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est ainsi que tous les jours il rend utile et rare l’emploi du libre arbitre » Tocqueville.

            L’inégalité organique ne doit pas supprimer ce que l’on appelle l’égalité civile qui signifie que tous les citoyens sans discrimination ont droit à la reconnaissance et à la protection de leurs droits naturels. L’égalité civile c’est légal respect des droits inégaux. L’état ne doit pas empiéter sur les droits, les activités et les pouvoirs des communautés autonomes comme la famille, les collectivités, les communes, les associations professionnelles… qui constituent la société.

            Le socialisme étouffe les libertés en soumettant les individus et les groupes à un carcan étatique odieux.

« A l’époque de la révolution française nous avons procédé à l’élimination de tous les corps intermédiaires et nous ne cessons de le payer indéfiniment, la solitude de l’individu face à l’état est devenu insupportable » Ricoeur.

 

 

II.3.1. Les trois pouvoirs de l’état.

 

II.3.1.1. Le pouvoir législatif.

 

Il s’agit du pouvoir d’élaborer les lois que réclament les besoins permanents du pays et les circonstances diverses de la vie nationale. La loi est avant tout une œuvre de raison en vue du bien commun, son effet est rendre les hommes bons (Aristote). Au sens général la loi est une règle qui vise l’ordre à réaliser et pour cela elle émet un ordre. Une loi doit être possible, juste (une loi injuste est contradictoire et donc impossible), utile au bien commun et stable. Il n’existe pas de loi juste qui ne se rattache pas à la morale et pas de morale sans référence transcendantale.

            « Ce ne sont pas vraiment des lois celle qui n’ont pas été instituées en vue de l’intérêt commun de la cité toute entière mais dans l’intérêt de quelques uns, ces gens là sont des factieux et non pas des citoyens. Et ce qu’ils appellent le juste droit ne sont que des mots vides de sens. » Platon

            « Je vois que la loi n’est pas une invention de l’esprit humain ni un décret des peuples, mais quelque chose d’éternel qui gouverne le monde entier montrant qu’il est sage d’interdire ou de prescrire…cette loi est l’esprit de Dieu. » Cicéron

On peut rajouter qu’est naturelle celle qui a partout la même force et qui par conséquent ne dépend pas de telle ou telle opinion.

 

II.3.1.2. Le pouvoir exécutif.

 

            Il procure l’exécution des lois portées par le pouvoir législatif. Il veille à leur observation et au maintien de l’ordre.

 

II.3.1.3. Le pouvoir judiciaire.

 

            Il règle les conflits entre les citoyens et punit les infractions aux lois de l’état. Le droit de punir est effectivement inclus dans le droit de commander. La vérité, raison d’être du pouvoir judiciaire, est le fondement du maintien de l’ordre social d’une façon conforme à la dignité de la personne humaine. La menace de la peine prévient la transgression de la loi et l’exécution de la peine répare l’ordre violé. Elle détourne le coupable de nouveaux crimes et détruit l’influence funeste du coupable sur les autres. La miséricorde excessive incite à la lâcheté et est injuste pour les gens honnêtes.

            « Il y a des rigueurs pleines d’humanité » Tocqueville