Allons à Joseph !
par l'abbé J. Olivier
La dévotion à saint Joseph semble
être inséparable d’une tendre et solide dévotion à Notre Seigneur Jésus-Christ
et à la Très Sainte Vierge Marie. En effet, Jésus et Marie ont aimé saint
Joseph, l’ont honoré et lui ont obéi. Saint Joseph les nourrissait du fruit de
son travail ; enfin, il mourut entre leurs bras. Quelle belle vie, quelle
douce mort ! Et quel n’est pas à présent dans le Ciel le crédit de ce
grand saint
Aux cours des siècles, la
confiance de l’Eglise envers saint Joseph n’a fait que croître. Protecteur
providentiel du Christ, il continue à être celui de son Corps mystique et
semble porter sur les humbles la sollicitude qu’il avait pour Jésus lui-même.
« Allez à Joseph « , disait le Pharaon aux Egyptiens. Ne nous semble-t-il
pas entendre la voix de l’Eglise qui nous dit : « allez à Joseph »,
adressez-vous à lui avec confiance ? Que n’obtiendra-t-il pas d’un Dieu
fait homme qui a bien voulu le regarder comme son père et lui obéir sur la
terre ?
Saint Bernard de Clairvaux, au XIIème siècle, découvrait avec justesse la
grandeur de saint Joseph : « Celui que de nombreux rois et prophètes
ont désiré voir et n’ont pas vu, qu’ils ont désiré écouter et qu’ils n’ont pas
entendu, il fut donné à Joseph, non seulement de le voir et de l’entendre, mais
encore de le porter, de guider ses pas, de le prendre dans ses bras, de le
couvrir de baisers, de lui donner à manger et de veiller sur lui ».
Au XVème
siècle, saint Bernardin de Sienne découvre davantage encore la gloire de saint Joseph.
Il s’exprimait avec une rare pénétration : « Comment un esprit
clairvoyant peut-il penser que le Saint-Esprit ait uni, d’une union si étroite
à l’âme d’une Vierge si grande, quelqu’autre âme sans
que celle-ci lui fut semblable par la pratique des vertus ? Je crois donc
que saint Joseph fut le plus pur des hommes en virginité, le plus profond en
humilité, le plus ardent en amour de Dieu et en charité, le plus élevé en
contemplation ».
Sainte Thérèse d’Avila, au XVIème siècle, avait choisi saint Joseph pour
patron de son ordre. Voici comment elle en parle dans le sixième chapitre de sa
vie : « Je choisis le glorieux saint Joseph pour mon patron et me
recommande à lui en toutes choses. Je ne me souviens pas d’avoir jamais rien
demandé à Dieu par son intercession que je ne l’aie obtenu. Jamais je n’ai
connu personne qui l’ait invoqué sans faire des progrès notables dans la vertu.
Son crédit auprès de Dieu est d’une merveilleuse efficacité pour tous ceux qui
s’adressent à lui avec confiance ».
Saint François de Sales a employé
son dix-neuvième entretien à recommander la dévotion envers saint Joseph et à
louer ses vertus, surtout sa virginité, son humilité, sa constance et son
courage.
Les Syriens et les autres
Orientaux font la fête de saint Joseph le 20 juillet, mais on la fait le 19
mars dans les églises d’Occident. Les Papes Grégoire XV et Urbain VIII
ordonnèrent, l’un en 1621
et l’autre en 1642, que cette fête fût d’obligation.
Les Papes n’ont pas manqué de
nous exhorter à recourir à saint Joseph et le bienheureux Pie IX, qui en 1870
proclama saint Joseph « Patron de l’Eglise Universelle », ne
craignait pas d’affirmer : « La dévotion envers saint Joseph est le
salut de la société contemporaine ». Léon XIII déclarait que « la
divine maison que Joseph gouvernait avec l’autorité du père, contenait les
prémices de l’Eglise naissante ». Le Pape Pie XII de glorieuse mémoire,
institua en 1955, la fête de saint Joseph Artisan et en fixa la date au 1er
mai. Le bienheureux Jean XXIII inséra le nom de notre glorieux Patron au sein
même du canon de la messe et Notre Saint Père le Pape Jean Paul II écrit en
conclusion de son Exhortation Apostolique Redemptoris
Custos : « Je souhaite vivement que la
présente évocation de la figure de Joseph renouvelle en nous aussi les accents
de la prière que mon prédécesseur, il y a un siècle, le Pape Léon XIII
recommanda d’élever vers lui. II est certain en effet, que cette prière et la
figure même de Joseph ont acquis un renouveau d’actualité pour l’Eglise de
notre temps, en rapport avec le nouveau millénaire chrétien ».
Une apparition de saint Joseph,
en Provence, dans le haut pays varois au XVIIème
siècle, a été reconnue par l’Eglise : le 7 juin 1660, Gaspard Ricard, un berger de
Cotignac, fait paître ses moutons sur les pentes du Bessillon.
En ce milieu d’une journée brûlante, il se repose avec ses bêtes, à l’ombre des arbres. Il est très éprouvé par la soif car il a
depuis longtemps épuisé sa gourde. Tout à coup, un homme surgit devant lui et,
montrant une pierre, lui dit : « Je suis Joseph, enlève-la et tu
boiras ».
D’un regard connaisseur, Gaspard évalue le poids de la
roche et objecte : « Je ne pourrai, elle est trop lourde ». Mais
le mystérieux visiteur réitère son ordre. Le pâtre obéit et il a la
stupéfaction de faire basculer le rocher au premier effort. Une eau vive se met
alors à ruisseler ! Alertée, la population de Cotignac accourt au lieu du
prodige et s’émerveille lorsque huit hommes essaient en vain de déplacer le
rocher. La crainte s’empare du berger qui s’écrie : « C’est saint Joseph
qui était là, c’est bien lui qui m’en a donné pouvoir ». Son émotion se
communique à toute la foule qui s’agenouille et rend grâce à l’Epoux de la
Vierge Marie pour ce signe et pour cette source, image des grâces abondantes
que le céleste Patriarche désire déverser sur ceux qui l’invoquent.
Les guérisons obtenues par l’application de l’eau de
la fontaine attirent les pèlerins sur les flancs du Bessillon
et le culte de saint Joseph, inexistant jusqu’alors dans la contrée, prend un
essor extraordinaire et se répand au-delà de la Provence. Une chapelle sera
rapidement édifiée à l’endroit du miracle et des pères oratoriens prendront en
charge la direction spirituelle des pèlerinages.
Le 31 janvier 1661, après enquête, Monseigneur Joseph Ondedei, évêque de Fréjus, reconnaît officiellement les
apparitions de saint Joseph et en approuve le culte. Cette même année et suite
à ces merveilleux événements, le roi Louis XIV consacre la France à saint Joseph,
chef de la Sainte Famille. A cette occasion, Bossuet, avec le talent qu’on lui
connaît, s’exprimera en ces termes : « Joseph a mérité les plus
grands honneurs parce qu’il n’a jamais été touché de l’honneur. L’Eglise n’a rien de plus illustre parce qu’elle n’a rien de
plus caché ».
Aux petits bergers de Fatima, la Sainte Vierge
annonce, lors de sa quatrième apparition, le 19 août
1917 : « Le
dernier mois … saint Joseph viendra avec l’Enfant Jésus pour donner la paix au
monde ». Et en effet, le 13 octobre, lors de la sixième et dernière
apparition voici suivant les termes de Lucie ce dont les enfants furent les
témoins : « J’ai vu Notre-Dame du Rosaire, revêtue d’un manteau bleu,
recouvrant le blanc très brillant de sa robe ; et, habillé d’un vêtement
rouge, saint Joseph ayant l’enfant Jésus sur les bras ».
Saint Joseph est le modèle par excellence des pères de
famille et des parents chrétiens, il est le patron des travailleurs et de tous
ceux qui souffrent, des prêtres, des ordres religieux et des âmes virginales.
Il veille particulièrement sur les enfants et sur la jeunesse. Il est de plus
le patron de la Belgique et enfin celui de la bonne mort. En ces temps de
grande dérive morale, il est plus qu’urgent de se tourner vers ce modèle de
pureté et de chasteté
Dans ses litanies, saint Joseph est honoré sous le
titre redoutable de Terreur des démons. Qui en
effet, après la Très Sainte Vierge Marie peut comme saint Joseph faire trembler
l’enfer et effrayer celui « qui rôde dans le monde en vue de perdre les
âmes » ?
Le 19 mars 1971, le Pape Paul VI s’adressait
aux pèlerins de Rome en déclarant saint Joseph, « protecteur de la famille »
et en exhortant les catholiques à recourir au saint Patriarche. Ces propos sont
plus que jamais brûlants d’actualité : « Nous savons tous combien la
famille a aujourd’hui besoin de protection et d’amour inviolable et sanctifiant :
saint Joseph, invoqué avec piété, ne laissera pas manquer de sa protection. Et
il voudra également protéger la Sainte Eglise, aujourd’hui si troublée et
affligée ».
Marthe Robin, la stigmatisée de Châteauneuf-de-Galaure,
dont la cause de béatification est introduite, a dit un jour à propos de saint Joseph
cette parole : « L’Eglise va le redécouvrir ! »
« Souvenez-vous, ô très chaste époux de Marie,
mon aimable protecteur, saint Joseph, que l’on n’a jamais entendu dire que
quelqu’un ait sollicité votre protection et imploré votre secours sans avoir
été exaucé. Je viens avec confiance me présenter devant vous et me recommander
à vous avec ferveur. Ne rejetez pas mes prières, ô fidèle gardien de Jésus, mais
écoutez-les avec bonté et daignez les exaucer. Ainsi soit-il. »