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Théologie
L'Eglise

 

Note sur l’appartenance des infidèles au Corps Mystique.

 

par l'abbé J.-M. Robinne

Notre foi nous enseigne qu’il n’y a qu’une seule Eglise, celle fondée par Notre Seigneur Jésus Christ. Cela n’importe quel enfant allant au catéchisme est capable de nous le dire. En revanche ce que cet enfant ne pourrait pas nous dire c’est si le Christ en tant que tête de l’Eglise est tête de tous les hommes. La réponse affirmative à cette question est affirmative et de plus de fide à cause du témoignage de saint Paul : " In hoc enim laboramus, et maledicimur, quia speramus in Deum vivum, qui est Salvator omnium hominum, maxime fidelium. " (I. Tim., 4, 10)

L’Eglise a condamné Jean Huss, pour qui l’Eglise ne contiendrait que les élus, et Quesnel selon qui l’Eglise ne contiendrait que les justes. (Cf. Concile de Constance, Session XV, 6juillet 1415, décret confirmé par le pape le 22 Février 1418. Denzinger 631 et 632. Voir aussi Clément XI, Const. Unigenitus Dei Filius, 8 septembre 1713. Denzinger 1422-1430)

Les membres du Corps Mystique, comme ils ne sont pas tous ensemble ni selon l’être de nature, ni selon l’être de grâce, sont membres soit en puissance soit en acte.

Or le Christ est la tête de tous les hommes selon qu’ils sont membres du corps mystique.

Ainsi le Christ est tête des tous les hommes, soit en acte soit en puissance.

S. Th. IIIa pars, Q.VIII, a.3

Quelques remarques supplémentaires :

1. Les infidèles sont membres de l’Eglise en puissance. Cette puissance a un double fondement. Premièrement et principalement la vertu du Christ qui est suffisante pour le salut de tout le genre humain. Secondairement le libre arbitre de l’homme voyageur.

2. Le fait de savoir si le Christ est en acte tête des hérétiques (formels) baptisés et occultes en raison du caractère baptismal qui demeure en eux.

Garrigou-Lagrange répond négativement contre Cajetan et Billot. Il faut voir qu’ils n’ont plus la foi infuse et donc n’appartiennent pas à la troisième classe dont parle saint Thomas (Cf. schéma infra)

L’Eglise est définie à juste titre comme la Congregatio fidelium, car la foi est le commencement et le fondement de la vie surnaturelle (sans être la première grâce)

Certes le Christ influe en eux quelque chose de spirituel permanent (le caractère) : mais ce n’est pas une réalité vitale, unissant dans un même objet cru ou aimé. Autrement, d’ailleurs, le Christ serait aussi la tête des damnés baptisés : ce que d’ailleurs concède Cajetan, mais que saint Thomas nie expressément à la fin de l’article que nous avons cité plus haut. Cette position (fréquente chez les modernes volontaristes) est l’extrême opposé de l’erreur de Huss et de Quesnel.
 

    On peut donc constater que d’une certaine manière l’Eglise catholique se trouve ailleurs que dans la Congregatio Fidelium mais en puissance uniquement.